Christianisme en Corée du Sud

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Le christianisme est aujourd’hui la principale religion de Corée du Sud, il rassemble 31,6 % des Sud-Coréens, contre 24,2 % pour le bouddhisme. Le christianisme est lui-même partagé entre 24,0 % de protestants et 7,6 % de catholiques[1]. La Corée du Sud compte ainsi la plus grande proportion de chrétiens en Asie, après les Philippines et le Timor oriental.

Les débuts de l’évangélisation[modifier | modifier le code]

Le christianisme a débuté son implantation en Corée au XVIe siècle, avec l’arrivée de Jésuites venus du Japon. Le christianisme s’est surtout développé sous l’action de lettrés coréens, au XVIIIe siècle. L’un des principaux est Lee Soung-hoon. Alors qu’il participait à une mission diplomatique à Pékin, il découvrit les ouvrages chrétiens du missionnaire Matteo Ricci et de ses compagnons, traduits en mandarin. Lee Song-hoon se fit baptiser et prit le nom de Pierre. Il retourna en Corée la même année où il prodigua la religion chrétienne à ses amis et à son entourage. La communauté comptait 4000 convertis lorsque, 10 ans plus tard, un premier prêtre venu de Chine, Jacques Chu, vint servir la communauté [2].

La répression[modifier | modifier le code]

La répression contre les communautés chrétiennes démarra en 1791, et en 1801, 300 chrétiens furent exécutés, dont Jacques Chu. Le premier prêtre coréen, André Kim, formé à Shanghai, fut décapité en 1846 à l’âge de 25 ans. Au total, entre 1791 et 1884, 8000 chrétiens furent exécutés en Corée, et 103 d’entre eux ont été canonisés par l’Église. Malgré les persécutions, la communauté catholique de Corée se développa, et atteignit 23 000 personnes en 1866 [2].

La tolérance[modifier | modifier le code]

La cathédrale Myeong-Dong, construite dans un style néogothique

En 1883, sous la pression internationale, le royaume de Corée accepte la liberté religieuse. Le missionnaire français Philippe Ridel fut libéré de prison et réorganisa l’Église. Il fonda le premier séminaire de Séoul en 1891. De même, la cathédrale de Séoul et des églises de province furent construites durant cette période[2].

Le développement de missions protestantes[modifier | modifier le code]

À partir de 1885, les missions protestantes s’établirent en Corée sous l’impulsion de missionnaires britanniques et américains. Les plus présents étaient les presbytériens et les méthodistes. Ils développèrent le christianisme à travers un réseau d’école, d’hôpitaux et d’œuvres de bienfaisance. Les missions protestantes bénéficièrent ainsi d’une image positive auprès de la population coréenne. En parallèle, ils cherchèrent à adapter l’évangile à la culture coréenne[3]. C’est ainsi que le missionnaire écossais John Ross traduisit la bible en coréen en 1887.

L’occupation japonaise[modifier | modifier le code]

Pendant l’occupation japonaise de la péninsule (1910-1945), les chrétiens firent peu à peu l’objet d’une répression de l’administration japonaise qui occupait la péninsule, et tentait d’imposer la religion traditionnelle du Japon, le shinto. De nombreux chrétiens furent impliqués dans le mouvement nationaliste coréen : la moitié des signataires de la déclaration d'indépendance de la Corée, en 1919, étaient chrétiens. À l'approche de la guerre, l'hostilité des Japonais envers le christianisme se renforça, et les missionnaires étrangers furent chassés de Corée en 1940[3].

L’expansion du christianisme après 1945[modifier | modifier le code]

Le christianisme en Corée du Sud a connu une nouvelle expansion à partir de 1945. L’occupation soviétique de la Corée du Nord en 1945 à poussé à l’exil la plupart des chrétiens. Il était estimé que les deux tiers des chrétiens coréens vivaient dans la partie nord du pays avant 1945. Cet exil a renforcé le christianisme en Corée du Sud, qui était restée jusque là plus traditionnelle. En parallèle, le christianisme apparaissait au gouvernement sud-coréen comme une protection idéologique au communisme. Comme au début de XXe siècle, le christianisme a continué son expansion en Corée du Sud, à partir de services sociaux (écoles, assistance aux pauvres…) ainsi que des aumôneries militaires et industrielles. Le christianisme a connu une expansion particulièrement forte dans les années 1970 et 1980, et a dépassé le bouddhisme en nombre de fidèles. Jusqu’aux années 1980, les églises protestantes ont progressé plus vite que les missions catholiques. À partir des années 1980, le catholicisme s’est fortement renforcé en Corée du Sud, notamment par l’implication de l’Église dans la lutte contre la dictature, et par le dynamisme provoqué par l’arrivée à la présidence du catholique Kim Dae Jung[3].

Situation actuelle[modifier | modifier le code]

Le christianisme est aujourd’hui la première religion de Corée du Sud, devant le bouddhisme. C’est la religion de nombreux dirigeants de Corée du Sud depuis 1945, dont le catholique Kim Dae-jung (1998-2003) et le presbytérien Lee Myung-bak (2008-2013). Le dynamisme du christianisme est aussi visible par le grand nombre de missionnaires (10 000), essentiellement protestants, partis prêcher à l’étranger. La Corée du Sud est ainsi le second pays missionnaire après les États-Unis. L’activisme des chrétiens dans un pays de tradition bouddhiste ne va pas sans provoquer de tensions. La communauté bouddhiste se plaint fréquemment de vandalisme commis sur les temples, ou de prosélytisme virulent à leur égard, même dans les centres culturels bouddhistes. Les bouddhistes se plaignent aussi de leur sous-représentation dans le monde politique, et du non-respect par les dirigeants de la neutralité de l'État en matière religieuse[4].

Parmi les communautés protestantes, les presbytériens sont les plus nombreux (2 300 000), suivis des méthodistes (1 500 000)[5], et d’Églises évangéliques coréennes, comme la Yoido Full Gospel Church, qui compte environ 750 000 membres. Le nombre de protestants s'est stabilisé en Corée du Sud depuis 1995, et comptait 8 600 000 fidèles en 2005. De son côté, le catholicisme est la religion de 5 100 000 Sud-Coréens, et affiche une forte progression depuis 1985[6].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Fiche de la Corée du Sud », The World Factbook (CIA) (consulté le 12 septembre 2012)
  2. a, b et c Christianisme : Guide illustré de 2000 ans de foi chrétienne, Ann-Marie B. Bahr, dir., Ullmann, 2009, p. 322-323 ISBN 978-3-8331-5313-6
  3. a, b et c Christianisme : Guide illustré de 2000 ans de foi chrétienne, Ann-Marie B. Bahr, dir., Ullmann, 2009,p. 414-415
  4. http://english.hani.co.kr/arti/english_edition/e_national/305984.html
  5. http://www.oikoumene.org/fr/eglises-membres/regions/asie/coree-du-sud.html?print=1_%255C%2522onfocus%253D%255C%2522blurLin
  6. http://world.kbs.co.kr/english/korea/korea_aboutreligion.htm

Sources[modifier | modifier le code]

  • Christianisme : Guide illustré de 2000 ans de foi chrétienne, Ann-Marie B. Bahr, dir., Ullmann, 2009, 448 p, (ISBN 978-3-8331-5313-6)