Château de Tournon (Savoie)

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Page d'aide sur les redirections Pour le château homonyme de Tournon-sur-Rhône, voir Château de Tournon.
Château de Tournon
Période ou style Médiéval
Type Château fort
Début construction XIIe siècle
Propriétaire initial Famille de Tournon
Destination initiale Résidence
Propriétaire actuel Famille Angleys
Coordonnées 45° 38′ 35″ N 6° 18′ 58″ E / 45.64306, 6.3161145° 38′ 35″ Nord 6° 18′ 58″ Est / 45.64306, 6.31611  [1]
Pays Drapeau de la France France
Anciennes provinces du Duché de Savoie Tarentaise
Région Rhône-Alpes
Département Savoie
Commune Tournon

Géolocalisation sur la carte : Savoie

(Voir situation sur carte : Savoie)
Château de Tournon

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Château de Tournon

Le château de Tournon, est un ancien château fort, au Moyen Âge, centre de la châtellenie de Tournon et au XVIe siècle du comté puis du marquisat de Tournon, remanié au XIVe siècle et aux XVIIe et XVIIIe siècles, qui se dressent sur la commune de Tournon une communes française, dans le département de Savoie et la région Rhône-Alpes.

Situation[modifier | modifier le code]

À l'ouest du bourg, au sommet de la Tourmotte plateau en forme de pentagone irrégulier, orienté sud nord, à 420 m d'altitude, dominant la vallée de l'Isère.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le site aurait été occupé par les Allobroges qui y auraient édifié une fortification, remplacés par les Romains qui y seraient restés quatre siècles.

Une famille de Tournon est présente dans différents actes au Xe et XIe siècles ; Bonnefroi de Tournon, en 1132[2], est cité dans l'acte de fondation de l'abbaye de Tamié. On relève Aymard de Tournon, en 1174, et Nantelme de Tournon, en 1233, cités comme témoins. La dernière mention de cette famille date de 1450.

Au Xe siècle est élevé un château à motte remplacé au cours du XIIe siècle par un château fort.

Au XIIIe siècle il est la propriété des comtes de Savoie qui en font le chef-lieu d'une châtellenie comprenant les paroisses de Montailleur, Saint-Vital, Cléry, Verrens, Plancherine, Gilly, Sainte-Hélène et les Millières.

En 1210 le comte Thomas Ier de Savoie est le maître de Tournon. À sa mort, en 1233, le château passe à son fils ainé Amédée IV de Savoie, qui le donne à son frère Boniface de Savoie, archevêque de Cantorbéry en 1252, qui gardera la seigneurie jusqu'en 1270. Le comte Philippe Ier de Savoie en hérite, puis il passe dans les mains d'Amédée V de Savoie, qui octroie des franchises à la ville de Tournon. Se succèdent Édouard de Savoie puis Aymon de Savoie qui le vend ainsi que le mandement le 20 mars 1333[3] à Rodolphe de Montbel, abbé de Saint-Michel-de-la-Cluse, pour la somme de 7 000 florins et qui le conservera jusqu'en 1357.

Nicolas Ravoyre, châtelain, nommé en 1315[2] y fait en 1317 des réparations ainsi qu'en 1321 après le siège qu'il eut à subir.

Le comte Amédée VI de Savoie le rachète, en 1357[3], en usant de son droit de rachat perpétuel et l'échange avec les fiefs de Lanslevillard, de Bessans, du péage de Lanslebourg et les terres de Coazze. En 1370, la toiture est emporté par une tempête. Amédée VII de Savoie, en 1383, y nomme comme châtelain, Aymon de Beaufort.

Jean de Serraval, successeur à la charge de châtelain d'Aymon de Beaufort, est autorisé, en 1381, à construire une tour, la tour de Serraval à l'origine du château moderne, l'apanage restant à la Maison de Savoie. En 1391, Viffred de Gilly, fils de Jacquemet de Gilly, est investi d'une tour ; le château est alors la possession d'Amédée VIII de Savoie.

Se succèdent, Louis er de Savoie de 1440 à 1455, puis son fils Louis de Genève de 1456 à 1465. Ce dernier se voit dans l'obligation de le céder à Amédée IX de Savoie qui le garde jusqu’à sa mort en 1472, puis, vient, Philibert Ier de Savoie de 1472 à 1482, Charles Ier de Savoie, qui cède, en 1483, à son frère, Jacques-Louis de Savoie, les revenus de la châtellenie, mais en conserve le droit de suzeraineté. Jacques-louis, mort en 1485, sans postérité, l'apanage fait retour à Charles Ier de Savoie qui le conserve jusqu’à sa mort en 1490. Le château est ensuite entre les mains de Charles II de Savoie de 1490 à 1496, Philippe II de Savoie de 1496 à 1497, Philibert II de Savoie de 1497 à 1504 et Charles III de Savoie de 1504 à 1520 et de 1530 à 1553. Il le vend, à la suite de la demande de la veuve de Jacque-Louis, Louise de Savoie, vicomtesse de Martigues, de rentrer en possession du château, le 11 décembre 1520 à cette dernière. Elle meurt en 1530, et le château fait retour au duc de Savoie.

Le duc Emmanuel-Philibert de Savoie l’aliène définitivement, en 1568[3] ou 1569[2], à Pierre Maillard, chambellan, gouverneur de la Savoie et lieutenant général de cavalerie. Il voit sa terre de Tournon érigée en comté, uni avec une part de la baronnie de Chevron. Il est fait comte de Tournon et chevalier de l'Ordre de l'Annonciade. Son fils est élevé au rang de marquis de Tournon par le duc Charles-Emmanuel Ier.

En 1596 il est aux mains des Sallier de La Tour, marquis de Cordon[4], à la suite de l'union intervenue entre Françoise de Gilly qui l'apporte en dot à son époux Humbert Sallier. Philibert Sallier, marquis de Cordon, y meut le 3 décembre 1708. Les Sallier le garderont jusqu'à la Révolution.

Il est vendu comme bien national le 14 fructidor an VII (31 août 1799) à Louis Meynier, Louis-Nicolas, officier de gendarmerie et Jean Rieux de Chambéry. Il passe ensuite à la famille Guigouf-Soundag, famille de soyeux lyonnais, puis à Charles-Emmanuel Perret, notaire à Verrens. Son fils Nicolas le vend, en 1859, à Jean-Marie Angleys, originaire de Termignon, fait baron, en 1842, qui le remet en état. Cette famille en est toujours propriétaire.

Description[modifier | modifier le code]

Une enceinte, flanquée par deux tours, la tour « Marine » et la tour « du Pont » ; cette dernière aujourd'hui disparue située au nord-est protégeait l'accès au château, enserre une haute et basse-cour, la chapelle du château, aujourd'hui l'église paroissiale, les communs, les écuries et un puits. Il reste de cette enceinte des vestiges, escarpe et contrescarpe, vers le nant des Ayes, ainsi qu'une poterne permettant d'accéder au nant.

La tour Marine avec ses murs épais, tournée vers le nant des Ayes, à laquelle on a accolé au XVIIIe siècle un autre bâtiment, a été rénovée et abrite actuellement la bibliothèque municipale, des salles de réunion et une salle polyvalente.

Le donjon, la tour Motte, du XIIe siècle, construit sur une motte, ceint de murailles, et dont il reste les substructions avait des murs de 2 m d'épaisseur. Des dépendances se dressaient au sud-est de la motte. Une porte, dit « porte du Comte Vert », permettait d'accéder au château roman.

La tour de Serraval du XIVe siècle de plan carré à quatre niveaux domine le bâtiment principal, elle est complétée, avant 1469, par un autre bâtiment dit de « la cuisine » et d'une tour renfermant un escalier à vis.

À la fin du XVIIe siècle Philibert Sallier de la Tour de Cordon, marquis de Cordon édifie le corps de logis principal. C'est en 1728 que fut ajoutée, au nord, donnant sur la cour d'entrée, la galerie sur portiques voûtés à l’italienne et l'aile est.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées trouvées sur Géoportail (France).
  2. a, b et c Michèle Brocard 1995, p. 291-293.
  3. a, b et c Georges Chapier 2005, p. 125-127.
  4. Sallier de La Tour.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • [Charles-Laurent Salch 1987] Charles-Laurent Salch, Dictionnaire des châteaux et des fortifications du Moyen Âge en France, Strasbourg, Éditions Publitotal,‎ 1987, 28e éd., 1288 p. (ISBN 978-2-86535-070-4), p. 1179.
  • [Michèle Brocard 1995] Michèle Brocard (ill. Edmond Brocard), Les châteaux de Savoie, Yens-sur-Morges, Éditions Cabédita, coll. « Sites et Villages »,‎ 1995, 328 p. (ISBN 978-2-88295-142-7), p. 291-293.
  • [Georges Chapier 2005] Georges Chapier, Châteaux Savoyards : Faucigny, Chablais, Tarentaise, Maurienne, Savoie propre, Genevois, Éditions La Découvrance, coll. « L'amateur Averti »,‎ 2005, 410 p. (ISBN 978-2-8426-5326-2), p. 125-127.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]