Louis de Silvestre

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Portrait de Louis de Silvestre, 1753, par Maurice Quentin de La Tour, musée Antoine Lécuyer, Saint-Quentin.

Louis de Silvestre, né le à Sceaux, mort à Paris le , est un peintre d’histoire et portraitiste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Troisième fils du graveur Israël Silvestre, Louis de Silvestre appartient à une famille dont les membres se transmirent le titre de maîtres de dessin des enfants de France. Charles Le Brun et Bon Boullogne avaient déjà fait un bon peintre de Louis, lorsqu’il part, afin d’y terminer ses études, pour Rome, où il est très bien accueilli par Carlo Maratta, dont la manière a eu beaucoup d’influence sur Silvestre, qui, à partir de ce moment, s’adonne exclusivement au style italien.

Après son retour à Paris, Silvestre entre à l’Académie royale, en 1702, et est nommé professeur en 1706. Les principales œuvres qu’il exécute à cette époque sont : la Guérison du paralytique à la porte du Temple, placée en 1703 à Notre-Dame, et le Portrait de Louis XV, peint en 1715, dans la galerie de Dresde.

Le prince électoral de Saxe, ensuite roi de Pologne, étant venu en France, le rencontre et lui propose de passer en Saxe, au service du roi Auguste II, son père. Silvestre accepte l’offre, obtient de Louis XV, le 23 avril 1716, d’aller à la cour du roi de Pologne, et part pour Dresde, où il est déjà en 1718. Auguste II et Auguste III, électeurs de Saxe et rois de Pologne, sont très admirateurs du talent de leur premier peintre et lui prodiguèrent, dans l’espace de trente ans, tous les honneurs : il est nommé premier peintre de la cour, puis directeur de l’Académie de Dresde, en 1727. Auguste III l’anoblit en 1741, et étend même cette faveur à son frère Charles-François.

Pendant ce temps, Silvestre exécute soit à Dresde, soit à Varsovie, de nombreux ouvrages, à fresque ou à l’huile, travaux auxquels sa femme, Marie-Catherine Hérault, prend part. Il devient leur premier peintre et il exécute pour eux les portraits du roi et de la reine, ainsi que ceux d’une foule de grands personnages. Il peint des œuvres plus importantes dans le palais de Dresde, notamment des sujets tirés des Métamorphoses d’Ovide, un plafond dans la chambre de parade et plusieurs autres plafonds dans le château de Zwinger. À la mort de Heinrich Fehling, à qui Auguste II avait confié la direction de l’Académie de peinture, de sculpture, de gravure et d’architecture de Dresde, lorsqu’il l’avait établie en 1697, Silvestre le remplace.

Durant son séjour à la cour de Dresde, Louis de Silvestre est estimé tant pour ses talents que pour sa personnalité, et il se fait des amis distingués. Le grand nombre d’ouvrages qu'il produit, les libéralités de ses maîtres lui assurent une fortune considérable, et, lorsqu’il se voit en état de vivre sans le secours de son travail[1], il demande sa retraite, et, l’ayant obtenue, revient en France. En 1752, il est nommé directeur de l’Académie de Paris. Il meurt au palais du Louvre.

« Quant à l’art, dit Mariette, ce n’étoit pas un peintre sans mérite ; mais sa manière n’avoit rien de neuf ni de trop piquant ; on ne voyoit guère en lui qu’un bon disciple de Bon Boulogne. »

Silvestre a formé en Saxe plusieurs élèves, entre autres Jean-Éléazar Schœnau, peintre, qui devint plus tard directeur de l’Académie et directeur de la manufacture de porcelaine de Meissen.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Arion jouant de la lyre, Paris, musée du Louvre
  • La Cène, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
  • La Mort d’Adonis, Dijon, musée Magnin
  • L’Entrevue de Neuhaus, Paris, musée du Louvre
  • Louis XIV reçoit à Fontainebleau le prince électeur de Saxe. 27 septembre 1714, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon
  • Saint Benoit ressuscite un enfant, Paris, musée du Louvre
  • Entrevue de l’impératrice Amélie, veuve de l’empereur Joseph Ier, avec son gendre Auguste III, roi de Pologne, et sa famille, à Neuhaus, en Bohême, le 24 mai 1737, avec une infinité de portraits de personnages du temps, galerie de Dresde
  • Portrait de la femme d’Auguste III, en princesse électorale
  • Hercule poursuit Nessus, qui s’enfuit avec Déjanire, galerie de Dresde
  • Auguste II, roi de Pologne, donnant la main à Frédéric-Guillaume Ier, galerie de Dresde
  • Portrait de Christian V, roi de Danemark, galerie de Dresde
  • Portrait de son frère Georges, mari de la reine Anne, galerie de Dresde
  • Portrait de Georges, fils de la princesse Lubomirska, plus tard princesse de Teschen, appelé le chevalier de Saxe, galerie de Dresde
  • Portrait du comte Kosel, fils de la baronne de Hoymb. Gravé par Tardieu, galerie de Dresde
  • Portrait du comte Rudoffsky, général en chef de l’armée saxonne, galerie de Dresde
  • Portrait du général comté Gastelli, galerie de Dresde
  • Portrait d’Antoine Rosdraziewsky, référendaire de la couronne de Pologne, galerie de Dresde
  • Portrait du général comte de Kœnigseck, galerie de Dresde
  • Portrait d’Auguste II, roi de Pologne, galerie de Dresde
  • Le même à cheval, galerie de Dresde
  • Portrait d’Auguste III, roi de Pologne, galerie de Dresde
  • Portrait d’Auguste III, roi de Pologne, palais royal de Varsovie
  • Portrait de Marie-Josèphe, femme du roi de Pologne Auguste II, figure jusqu’aux genoux, gravé par Schmidt, galerie de Von Marrées, Berlin
  • Un cavalier de la cour d’Auguste II, en masque avec une cornemuse (probablement un comte de Lynar), galerie de M. Von Marrées, Berlin
  • Allégorie sur l’éducation d’un prince de Saxe, Saint-Pétersbourg, musée de l’Ermitage
  • Allégorie sur la naissance d’un prince de la maison de Saxe, Saint-Pétersbourg, [musée de l’Ermitage

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il perdit, en revanche, toute sa fortune pendant la guerre de Sept Ans.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. de Champeaux, De la peinture décorative, Paris, Henri Laurens, 1890, p.  227.
  • Louis-Étienne Dussieux, Les Artistes français à l’étranger, Paris, Lyon, Jacques Lecoffre, 1876, p.  227.

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