Musée archéologique de Delphes

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Musée archéologique de Delphes
Αρχαιολογικό Μουσείο Δελφών
Aurige de Delphes
Aurige de Delphes
Informations géographiques
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Ville Delphes
Adresse Τ.Κ. 33054 Delphes
Coordonnées 38° 28′ 49″ N 22° 29′ 59″ E / 38.48028, 22.4997238° 28′ 49″ Nord 22° 29′ 59″ Est / 38.48028, 22.49972  
Informations générales
Date d’inauguration 1903
Collections Antiquités grecques
Superficie 2 270 m2
Informations visiteurs
Nb. de visiteurs/an 137 550 (2009)[1]
Site web Musée, ministère grec de la culture

Le musée archéologique de Delphes (en grec moderne : Αρχαιολογικό Μουσείο Δελφών) est un des principaux musées de Grèce, et un des plus visités. Il dépend du ministère grec de la culture (dixième éphorat des antiquités préhistoriques et classiques). Fondé en 1903, réaménagé à plusieurs reprises, il abrite les découvertes faites sur le sanctuaire panhellénique de Delphes datant de la Préhistoire à l'antiquité tardive.

Organisé en quatorze salles sur deux étages, le musée expose principalement des statues, dont le célèbre « Aurige de Delphes », des éléments d'architecture comme la frise du trésor des Siphniens ou des offrandes faites au sanctuaire d'Apollon pythien comme le sphinx des Naxiens. En plus des salles d'exposition recouvrant 2 270 m2, des réserves et des salles de conservation (mosaïque, céramique et métaux) occupent 558 m2. Un hall d'accueil, une cafétéria et une boutique complètent les services offerts aux visiteurs[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Premiers musées[modifier | modifier le code]

Un premier petit musée fut inauguré le 2 mai 1903, pour célébrer la fin de la première grande campagne de fouilles françaises et en abriter les découvertes. Le bâtiment fut dessiné par l'architecte français Albert Tournaire, financé par le philanthrope grec Andréas Syngrós et construit à l'emplacement qui est toujours le sien aujourd'hui, même s'il a beaucoup été transformé. Deux ailes encadraient un petit bâtiment central. L'organisation de la collection, attribuée à Théophile Homolle, le chef de l'expédition de fouilles, était rudimentaire. Les guides affirmaient son caractère esthétique, les visiteurs son aspect entrepôt. Dans les deux cas, cela révélait l'absence d'organisation chronologique ou thématique dans les six salles originelles. La qualité des œuvres présentées suffisait. L'originalité était cependant la reconstitution avec restaurations en plâtre des principaux monuments du site afin de présenter plus pédagogiquement les découvertes[3].

Dans les années 1930, alors que le musée connaissait un succès public international indéniable, il devint insuffisant pour accueillir les nouvelles découvertes provenant du site ainsi que le nombre croissant de touristes. De plus, sa muséographie (ou son absence de muséographie) et les restaurations en plâtre étaient de plus en plus décriées. Enfin, son aspect un peu trop « français » alors que l'heure était à l'insistance sur la « grécité » était critiqué. En 1935, la construction d'un nouveau bâtiment fut entamée. Elle dura trois ans. Le nouveau musée était, comme son prédécesseur, représentatif du style architectural de son époque. L'ouverture, avec une nouvelle muséographie due au professeur d'archéologie de Thessalonique Constantinos Romalos, se fit en 1939. La réorganisation des collections archaïques fut confiée au Français Pierre de La Coste-Messelière dont le travail fut déterminant dans la nouvelle présentation, sans les restaurations en plâtre des principaux trésors, dont celui des Siphniens qui devint l'attraction principale. Les antiquités étaient présentées de façon chronologique et cataloguées et étiquetées[4].

Cependant, l'exposition fut éphémère. Les antiquités furent cachées dès le début de la Seconde Guerre mondiale. Une partie fut enterrée à Delphes même, dans d'anciennes tombes romaines ou dans des fosses spécialement creusées pour l'occasion devant le musée. Les objets les plus précieux (les objets chryséléphantins et le taureau d'argent découverts trois mois avant le début du conflit ou l'aurige) furent envoyés à Athènes pour être dissimulés dans les coffres de la Banque nationale. Ils y restèrent dix ans. L'aurige fut exposé au musée national archéologique d'Athènes jusqu'en 1951. La région de Delphes était en effet au cœur de la zone de combats de la guerre civile. Le musée ne put rouvrir qu'en 1952 après avoir récupéré tous ses objets. Pendant six ans, les visiteurs purent parcourir l'exposition telle qu'elle avait été imaginée en 1939. Cependant, très vite, le musée se révéla insuffisant et il fallut entamer une nouvelle phase de construction fin 1958[5].

Le réaménagement intérieur du musée fut confié à l'architecte Pátroklos Karantinós et à l'archéologue qui venait de réorganiser le musée national archéologique d'Athènes Christos Karouzos, sous la supervision de l'éphore de Delphes, Ioanna Constantinou. Karantinós créa deux nouveaux halls d'exposition et fit entrer plus de lumière extérieure. La muséographie resta chronologique, mais une insistance plus grande se fit sur la sculpture, avec les statues de plus en plus désengagées de leur contexte architectural. La nouvelle exposition ouvrit ses portes en 1961[6]. Le musée devint un des plus visités par les touristes parcourant la Grèce : en 1998, il accueillit 300 200 visiteurs, soit presque autant que le musée national archéologique d'Athènes (325 000 visiteurs)[1],[6].

Musée actuel[modifier | modifier le code]

Façade du musée en 2005.

Entre 1999 et 2003, le musée a subi une nouvelle phase de travaux, confiés à l'architecte grec Alexandros Tombazis. Ce dernier imagina une nouvelle façade, dans un style contemporain et une nouvelle salle pour l'aurige. Le reste du musée fut modernisé et réagencé pour faciliter la circulation des visiteurs. La muséographie a quant à elle essayé de concilier la nécessité d'exposer les chefs-d'œuvre du musée avec la volonté de présenter les dernières hypothèses et découvertes en histoire grecque antique. Elle a aussi tenté de réévaluer les objets jusque là négligés, comme les frontons classiques du temple d'Apollon. Le nouveau musée rouvrit ses portes pour son centenaire et les Jeux olympiques[7].

Collections[modifier | modifier le code]

Les collections du musée de Delphes sont organisées chronologiquement en quatorze salles.

Salles 1 et 2[modifier | modifier le code]

Les deux premières salles sont consacrées aux époques et aux objets les plus anciens. La salle no 1 présente surtout des bronzes remontant aux VIIIe et VIIe siècle av. J.-C., offrandes au sanctuaire : boucliers ou trépieds. La salle no 2 regroupe la majeure partie des kouroi : statues masculines archaïques[8].

Salle 3[modifier | modifier le code]

Cette salle expose le sphinx des Naxiens et les frises du trésor des Siphniens[9].

Salle 4[modifier | modifier le code]

La salle no 4 est dominée par les statues dites de Cléobis et Biton, en marbre de Paros et réalisées vers 610 - 580 av. J.-C. à Argos. On peut aussi y voir des métopes du trésor de Sycione[10].

Salle 5[modifier | modifier le code]

Elle est consacrée aux offrandes les plus précieuses faites au sanctuaire : taureau en argent et statues chryséléphantines[10].

Salle 6[modifier | modifier le code]

On peut y voir les frontons du temple d'Apollon[11].

Salles 7 et 8[modifier | modifier le code]

Ces deux salles accueillent les objets provenant du trésor des Athéniens : la première principalement des vases, la seconde les métopes[12].

Salles 9 et 10[modifier | modifier le code]

Les objets exposés dans ces deux salles proviennent essentiellement du sanctuaire d'Athéna Pronaia[12].

Salle 11[modifier | modifier le code]

Parmi les objets du IVe siècle av. J.-C. dans cette salle, les « danseuses de Delphes » sont exposées avec l'omphalos qu'elles soutenaient[12].

Salle 12[modifier | modifier le code]

La salle no 12 abrite des objets hellénistiques et romains dont un célèbre Antinoüs[12] et un très bel Agias.

Salle 13[modifier | modifier le code]

C'est la salle de l'aurige[13].

Salle 14[modifier | modifier le code]

Cette ultime salle est consacrée aux dernières années du sanctuaire[13].

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b General Secretariat of the National Statistical Service
  2. Musée, présentation sur le site du ministère grec de la culture
  3. Colonia 2006, p. 17
  4. Colonia 2006, p. 18 et 24
  5. Colonia 2006, p. 24-25
  6. a et b Colonia 2006, p. 25
  7. Colonia 2006, p. 15 et 25
  8. Grèce continentale. Guide bleu., p. 411 et 414.
  9. Grèce continentale. Guide bleu., p. 414-415.
  10. a et b Grèce continentale. Guide bleu., p. 415.
  11. Grèce continentale. Guide bleu., p. 415-416.
  12. a, b, c et d Grèce continentale. Guide bleu., p. 416.
  13. a et b Grèce continentale. Guide bleu., p. 417.