Andilly (Haute-Savoie)

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Andilly
Blason de Andilly
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Haute-Savoie
Arrondissement Saint-Julien-en-Genevois
Canton Cruseilles
Intercommunalité Communauté de communes de Cruseilles
Maire
Mandat
Vincent Humbert
2014-2020
Code postal 74350
Code commune 74009
Démographie
Gentilé Andilliens
Population
municipale
790 hab. (2011)
Densité 130 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 04′ 15″ N 6° 04′ 14″ E / 46.0708333333, 6.07055555556 ()46° 04′ 15″ Nord 6° 04′ 14″ Est / 46.0708333333, 6.07055555556 ()  
Altitude Min. 577 m – Max. 857 m
Superficie 6,07 km2
Localisation

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Liens
Site web [1]

Andilly est une commune française, située dans le département de la Haute-Savoie en région Rhône-Alpes. Ses habitants sont appelés les Andilliens ou Andillois.

Le 20 décembre 1860, Andilly fut transférée du canton de Saint-Julien à celui de Cruseilles.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune d'Andilly est située à 6 kilomètres au nord-ouest de Cruseilles, sur le versant sud du col du Mont-Sion, au sommet des collines bocagères, qui grimpent depuis la vallée des Usses, traversées ici par le Nant trouble.

Les 607 hectares de la commune s'entendent en grande partie sur les pentes du Mont Sion (les Sons en patois local). D'une altitude de 860 mètres au Crêt des Rippes, c'est une haute colline de molasse recouverte de sédiments glaciaires. Depuis la construction de l'autoroute A41 entre Annecy et Genève, le mont Sion est traversé par un tunnel autoroutier de 3,4 km.

Le territoire est drainé par des ruisseaux dont les plus importants sont le « Nant trouble » et la « Férande ».

La commune est subdivisée en trois principaux hameaux : Charly, Jussy et Saint-Symphorien, étagés sur le versant sud du Mont Sion.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le mot « Sion » pourrait venir du celte « sedunum » signifiant « hauteur fortifiée ». Andilly pourrait venir du nom gaulois « Andius » latinisé en « Andilliacum ». Charly pourrait venir de « quadrivium » signifiant « carrefour ». Jussy pourrait venir de « deorsum » signifiant « village du bas ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Armes d'Andilly

Les armes d' Andilly se blasonnent ainsi : D'azur à trois fusées d'or rangées en fasce.

La commune a choisi d'être représentée par les armes de la famille d'un de ses plus illustres habitants, Jacques Fusier, (XVe siècle), vicaire général du diocèse de Genève.

Les 3 fuseaux du blason symbolisent l'union des 3 villages de la commune.

Note : On trouve une représentation avec trois ellipses en pal à la place des fusées. Cette représentation est certainement due à la lecture d'un blason sculpté érodé par le temps.

Faits historiques[modifier | modifier le code]

La présence humaine — des chasseurs-cueilleurs magdaléniens — est attestée dans la région dans un abri sous roche au Pas-de-l'Échelle, il y a 14 000 ans a une vingtaine de kilomètres du territoire d'Andilly. La première occupation du territoire communal — des agriculteurs-éleveurs — semble remonter au néolithique.

Quelques siècles avant notre ère, la présence gauloise est attestée.

La présence gallo-romaine est attestée par deux villas découvertes une près de la ferme du Touvet et une autre en contrebas de Jussy (fondations, tuiles, poteries et pièces). À cette époque le paysage agraire se forme. Tout près à Présilly, les fouilles archéologiques faites lors de la construction de l'autoroute A41 ont permis de mettre à jour les fondations d'un temple (fanum) constitué de 10 bâtiments.

Lors du haut Moyen Âge, la commune est soumise aux Burgondes qui ont fait de Genève leur capitale. Plusieurs sépultures burgondes datant de cette époque ont été découvertes à Charly et à Jussy.

Au hameau de Charly, une chapelle dédiée à saint Jacques, est construite.

Durant tout le Moyen Âge, la population varie entre 200 et 500 habitants, au gré des guerres et des épidémies, comme la peste noire de 1348 qui emporta un tiers des Européens, des mauvaises récoltes et des famines.

En 1454, l'église de Charly est reconstruite grâce au financement de Jacques Fusier, vicaire général du diocèse de Genève et natif de la commune. De style gothique tardif, elle est construite après la fin d'une épidémie de peste et dédiée à saint Sébastien, censé protéger de cette maladie.

Selon le cadastre de 1730, la plupart des foyers sont ceux de petits paysans exploitant en moyenne 2 à 3 hectares s'étendant sur une douzaine de parcelles dispersées, pratiquant une polyculture d'auto-subsistance fondée sur la culture de céréales transformées en pain ou en bouillie et disposant en moyenne de 2 vaches. Il existe alors 158 exploitations agricoles. Il y a cependant une réelle inégalité de revenus entre une poignée de propriétaires « laboureurs » relativement aisés et une masse de « brassiers » pauvres et corvéables. Il est aussi fait mention d'un tailleur, d'un cordonnier, de commerçants et de deux meuniers produisant de la farine et de l'huile. Il est aussi fait mention de battoirs à chanvre sur les ruisseaux du Nant trouble et de la Férande. Sur le territoire de la commune, on peut alors trouver deux églises — l'église paroissiale de Saint-Symphorien et l'église filiale de Charly — et la maison forte de Saint-Symphorien appartenant au seigneur de Cernex. Le chapitre de la cathédrale de Genève et la Chartreuse de Pomier possèdent aussi des terres et des logements sur la commune.

Lors de l'hiver 1748, un petit pâtre de 8 ans est dévoré par les loups dans un pré au-dessus des Mollies. Récemment, le 10 octobre 2008, un loup a dévoré un mouton sur le mont Sion (hameau Chez Grésat, commune de Cernex).

En 1787, suite à un incendie, l'église de Charly est surmontée d'un clocher à bulbe. À cette époque, grâce à l'abbé Pignarre, la pomme de terre commence à être cultivée apportant un complément alimentaire essentiel, alors que les surfaces consacrées aux cultures céréalières sont peu à peu remplacées par des prairies consacrées à l'élevage pour la production de lait et de fromages.

Au début du XIXe siècle, la situation de la future église paroissiale est âprement disputée. De 1806 à 1809, la tension est au maximum entre les habitants du bas (Saint-Symphorien et Jussy) et ceux du haut (Charly) où vivent plus de la moitié des habitants. Le curé de la paroisse, domicilié à Saint-Symphorien, refuse alors de célébrer la messe à Charly et d'y pratiquer les enterrements. Les morts sont enterrés en l'absence du prêtre. L'évêque et le préfet finissent par imposer un compromis, mais les tensions persistent, et deux portes distinctes permettront alors aux habitants de pénétrer dans l'église paroissiale sans se mélanger. L'église est finalement consacrée en 1846.

En 1860, avec le rattachement de la Savoie à la France, la commune devient française et le marché français lui est désormais ouvert sans limite. En 1864 puis en 1865, deux fruitières sont créées sur le modèle coopératif fribourgeois, à Jussy-Malbuisson et à Charly. La fabrication est faite par un fruitier professionnel. Grâce aux nouvelles voies de communications — la route impériale passe désormais à Jussy — les productions seront désormais plus facilement exportées vers les grandes villes.

Les tensions entre ceux du haut et ceux du bas reprennent de plus belle à partir de 1881, lorsque se pose l'obligation de construire la nouvelle école communale imposée par l'expansion démographique et par les nouvelles lois de Jules Ferry. Finalement une école est construite pour Charly et une autre pour Saint-Symphorien/Jussy.

Les tensions redémarrent en 1887, lorsque les habitants de Charly proposent la démolition de l'église paroissiale, en mauvais état et sa reconstruction plus près de leur village. Ils demandent également au préfet de changer le nom de la commune pour celui de Charly.

Lors de la Première Guerre mondiale, 28 hommes meurent au combat, ce qui représente plus de 6 % de la population. En 1921, le choix de l'emplacement pour la construction du monument aux morts est l'occasion de rouvrir les hostilités entre ceux du haut et ceux du bas. Finalement, deux monuments aux morts identiques sont construits dans les deux cimetières, chacun d'eux comportant 14 noms. La commune s'endette alors pour 25 ans. La bipolarité communale se retrouve au conseil municipal, où s'affrontent deux sections électorales et où siègent un même nombre de conseillers municipaux pour ceux du haut et ceux du bas. À 9 reprises, le maire est donc élu au bénéfice de l'âge, ouvrant la voie à une sorte de gérontocratie municipale ; en 1923, le nouveau maire Pierre Magnin de Saint-Symphorien est alors âgé de 91 ans.

Après la Seconde Guerre mondiale, les querelles s'apaisent et les sections électorales sont finalement supprimées en 1971, grâce à l'expansion démographique induite avec l'arrivée d'une nouvelle population d'origine extérieure attirée par le dynamisme de Genève et le statut de travailleur frontalier. La commune commence à subir un phénomène de rurbanisation et devient une commune dortoir accueillant 800 habitants.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2008 en cours Vincent Humbert    
2001
2008
Jean-Marc Humbert DVD  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 790 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1822 1838 1848 1858 1861 1866
379 387 396 560 602 671 615 681 654
1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901 1906 1911
630 608 608 651 534 507 459 438 418
1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962 1968 1975
371 367 337 331 296 296 320 341 363
1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011 - -
380 509 595 731 734 778 790 - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


  1. Source : Insee - Recensements de la Population - Dénombrement (1962-1999)
  2. Source : Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'huicassini.ehess.fr
  3. Sources : Recensements de la population - Code officiel géographique (1822)

Le dynamisme du canton de Genève et de la Haute-Savoie a attiré dans la commune à partir des années 1960, une population nouvelle et dynamique. L'agriculture ne représente plus l'activité principale, en 2009 il ne restait plus que 4 exploitations agricoles. La majorité des emplois est aujourd'hui assurée par Genève.

Le niveau de vie est élevé, mais la commune est devenue une ville dortoir, atteinte du phénomène de rurbanisation.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  3. a et b [PDF] Paroisse de Cruseilles : Sainte-Croix en pays de Cruseilles, « Église Saint-Symphorien d'Andilly », sur www.diocese-annecy.fr,‎ août 2012 (consulté en juillet 2013).
  4. « Chapelle de Charly », base Mérimée, ministère français de la Culture
  • Sources de la partie historique : Pierre Cusin, « L'histoire de la commune d'Andilly de 12 000 ans avant J.-C. à nos jours », Le Messager,‎ 14 mai 2009 (lire en ligne), d'après la monographie de Dominique Bouverat, éditions La Salévienne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Bouverat, Andilly. Charly, Jussy et Saint-Symphorien. Pages d'histoire, La Salévienne, 2013.
  • Michel Cusin-Brens, La rébellion de Charly, Echos Saléviens, 2002, n° 11, pp. 127-146.
  • Michel Germain, Jean-Louis Hebrard et Gilbert Jond, Dictionnaire des communes de Haute-Savoie, éditions Horvath.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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