Compagnie de Jésus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
(Redirigé depuis Pères Jésuites)
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jésuite (homonymie).
Compagnie de Jésus
(jésuites)
Image illustrative de l'article Compagnie de Jésus
Type Clercs réguliers
Création 1539
Reconnaissance canonique 1540
Fondateur(s) Ignace de Loyola
Spiritualité ignatienne
Liste des ordres religieux

La Compagnie de Jésus (Societas Jesu, SJ ou s.j.) est un ordre religieux catholique strictement masculin dont les membres sont des clercs réguliers appelés « jésuites ». La Compagnie est fondée par Ignace de Loyola et les premiers compagnons en 1539[1] et approuvée en 1540 par le pape Paul III. Au début du XXIe siècle, elle constitue numériquement, avec un peu moins de 17 000 membres en 2013, l'ordre religieux masculin pleinement intégré le plus important au sein de l'Église catholique, où elle n'est devancée que par l'ensemble divisé des branches franciscaines. Son actuel supérieur général est Adolfo Nicolás.

Comme les autres religieux, les Jésuites professent les trois vœux de pauvreté, de chasteté et d’obéissance mais prononcent également un quatrième vœu qui leur est propre, celui de l'obéissance absolue au pape. La Compagnie obéit à des « Constitutions » définies par Ignace de Loyola, suivant lesquelles les Jésuites sont supposés ne pas se distinguer par un habit différent de celui des séculiers, ni rechercher les honneurs. Leur histoire compte ainsi peu d'évêques ou cardinaux et le pape François, élu en mars 2013, est le premier pape jésuite.

La mission des Jésuites, précisée dès le début de leur existence, porte sur l'évangélisation, la justice sociale et l'éducation. La Compagnie a rapidement formé le premier corps enseignant de la catholicité moderne. Depuis le XVIe siècle, leur ministère s'exerce notamment en Europe, en Amérique latine, en Extrême-Orient et en Inde. Jean Lacouture voit en eux les « pionniers d'une aventure humaine au sein d'un monde pris en charge dans sa totalité », hommes d'action et d'initiative, et « découvreurs de mondes, d'êtres, de civilisations différents »[2].

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le sceau de la Compagnie, ou christogramme, IHS, représente les trois premières lettres de IHΣOYΣ (Iêsous), « Jésus » en grec[3].

La devise de la Compagnie : « Ad majorem Dei gloriam » (« Pour une plus grande gloire de Dieu »), rend compte de la diversité des tâches auxquelles s'adonnent les jésuites. Outre l'enseignement, qui s'étend à tous les niveaux, ils pratiquent la prédication, sont missionnaires, directeurs de conscience, enseignent la théologie, effectuent des recherches scientifiques, etc.

La spiritualité de la Compagnie repose sur les Exercices spirituels composés par Ignace de Loyola et se caractérise par une obéissance stricte, au pape en particulier, et un grand zèle apostolique.

Les jésuites se distinguent par une formation intellectuelle poussée. Alors que les autres ordres ne réclament qu'un an de noviciat avant la profession solennelle, le futur jésuite doit d'abord subir une probation de deux années, au bout desquelles il émet les premiers vœux qui constituent le premier degré, celui des « scolastiques » pour ceux qui se destinent à la prêtrise, celui des « coadjuteurs temporels approuvés » pour ceux qui seront employés aux offices domestiques.

Ils doivent ensuite consacrer cinq années à l'étude de la philosophie et des sciences (scolasticat), puis cinq années où ils doivent s'adonner au professorat, et quatre à cinq années encore à étudier la théologie, qui les mènent vers le sacerdoce. Enfin, chaque jésuite doit prononcer les quatre vœux, dont celui d'obéissance au pape[4].

Gouvernement[modifier | modifier le code]

La Compagnie de Jésus est organisée selon les Constitutions préparées par Ignace de Loyola à partir de 1541 et promulguées par la première congrégation générale, en 1558. Elles n'ont pas changé jusqu'en 1965[5].

Elle est dirigée par un Praepositus Generalis, c'est-à-dire un Supérieur général, communément appelé « Père général » ou « Général »[6], qui est élu jusqu'à sa mort ou à sa démission. Il est confirmé par le pape et dispose d'une autorité absolue sur la Compagnie : il nomme les Provinciaux (chargés des régions), les « Préposés aux Maisons professes », les « Recteurs des collèges et séminaires ». Sous ses ordres se trouvent des « assistants » dont les tâches sont réparties par zones géographiques ou par ministère (par exemple l'enseignement) et qui forment le Conseil consultatif auprès du Général. Les jésuites dépendent de leur supérieur provincial et non de l'évêque ordinaire[7].

Un vicaire général assisté d’un secrétaire de la Compagnie s'occupe de l'administration quotidienne de la Compagnie. L'« admoniteur » du supérieur général a un rôle privé et confidentiel. Il ne participe pas au gouvernement de la Compagnie.

La Compagnie est divisée en « provinces » géographiques, chacune sous les ordres d'un supérieur provincial qui est choisi par le Général et a autorité sur tous les jésuites et les ministères de sa zone. Il est assisté d'un socius, équivalent d'un secrétaire général chargé de l'administration. Chaque communauté est gouvernée par un recteur assisté d'un « ministre » (le mot latin signifie « serviteur »).

Le pouvoir du « Supérieur général » n'est pas sans contrôle : au-dessus de lui la « Congrégation générale » contrôle son administration et peut le révoquer si nécessaire. La Congrégation générale réunit tous les « assistants », les supérieurs provinciaux et les représentants élus par les profès. Elle se réunit irrégulièrement, le plus souvent pour élire un nouveau Supérieur général ou pour résoudre des problèmes majeurs concernant la Compagnie. Elle a aussi pour fonction d'édicter une législation de l'Ordre. La Curie générale de la Compagnie est située à Rome au Borgo Santo Spirito 4.

Les Jésuites sont supposés ne pas se distinguer par un habit différent de celui des séculiers, ni rechercher les honneurs : aux termes des Constitutions, ils promettent « de ne rien faire pour obtenir une prélature ou dignité en dehors de la Compagnie, et de ne pas consentir à ce que leur personne soit choisie pour une telle charge, autant qu’il dépendra d’eux, à moins d’y être contraints par l’obéissance envers qui peut leur commander sous peine de péché »[8]. Leur histoire compte ainsi peu d'évêques ou cardinaux et le pape François, élu en mars 2013, est le premier pape jésuite.

Histoire de la Compagnie de Jésus[modifier | modifier le code]

La fondation[modifier | modifier le code]

Les « Amis dans le Seigneur »[modifier | modifier le code]

Portrait d'Ignace de Loyola par Jacopino del Conte (vers 1600)

Converti après une jeunesse mondaine et un brillant début de carrière militaire, Ignace de Loyola (1491-1556), gentilhomme basque espagnol, ressent après diverses hésitations un appel à « aider les âmes », selon ses propres termes, et à servir le Christ. Il entreprend alors des études de théologie à l'université de Paris, puis rassemble peu à peu autour de lui des Amigos En El Señor (« Amis dans le Seigneur ») prêts à travailler « pour une plus grande gloire de Dieu », devise qui devait s'illustrer en latin : Ad maiorem Dei gloriam ou AMDG.

Le 15 août 1534, Ignace de Loyola et six autres étudiants de l'Université de Paris[9],[10], le Navarrais François Xavier, les Espagnols Alfonso Salmeron, Jacques Lainez et Nicolás Bobadilla, le Portugais Simão Rodrigues et le Savoyard Pierre Favre (premier prêtre ordonné de la Compagnie), se retrouvent à Montmartre sur le lieu du martyre de saint Denis.

Décidant de se consacrer à Dieu, de faire vœu de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, Ignace et ses compagnons partent en 1537 pour l'Italie afin d'obtenir la reconnaissance de leur ordre par le pape Paul III, qui les autorise à être ordonnés prêtres. Il leur accorde ensuite la bulle Regimini militantis ecclesiae en 1540, qui fonde officiellement la Societas Iesu (s.j.).

Dès le commencement se pose la question de l'admission des femmes dans la Compagnie. En 1545, à la demande de Paul III, Ignace de Loyola accepte la création d'une ramification féminine de la Compagnie[11]. Plusieurs femmes y prononcent donc leurs vœux, puis Ignace de Loyola présente ses arguments contre cette création et obtient en 1549 une dispense du pape qui permet de délier de leurs vœux ces quelques religieuses[12]. Il n'a donc jamais existé de « jésuitesses ». Une seule femme est admise dans la Compagnie, en 1555, sur la recommandation de François Borgia et avec l'accord d'une commission elle-même approuvée par Ignace de Loyola : Jeanne d'Autriche (1535-1573), princesse de Portugal (mère de Sébastien Ier, roi de Portugal), reçue sous le pseudonyme masculin de Mateo Sánchez[13].

Enfin, le 21 juillet 1550, le pape Jules III dans sa bulle Exposcit Debitum confirme la Compagnie.

La « Compagnie de Jésus »[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Étymologie de jésuite.
L'une des premières versions du christogramme : monogramme IHS surmonté d’une croix et coiffant un cœur transpercé par trois clous[14] — symboles de la crucifixion — puis dans les versions ultérieures seulement par les trois clous considérés comme l’expression des vœux de pauvreté, chasteté et obéissance[15].

Ignace souhaite que cette fraternité prenne le titre de « Compagnie de Jésus » pour rappeler en permanence l'engagement militant et sans réserve au service du Christ. Dans la bulle pontificale de fondation en 1540, on utilise cependant l'expression latine « Societas Iesu ». Le terme de « jésuite » n'apparaît que plus tard, vers 1545, et n'eut jamais de caractère officiel[16].

Lorsqu’il se réfère au groupe d’étudiants qui prononcent avec lui leurs vœux à Montmartre en 1534, Ignace de Loyola parle de ses « Amis dans le Seigneur[17] ». Ensuite, après la fondation officielle de la Compagnie en 1540, lorsque les « Amis » commencent à circuler en Italie et ailleurs, on leur donne différents noms : On parle de « Prêtres réformés » en Italie du Nord, d’« Apôtres » au Portugal (ce qui déplait au commentateur officiel des Constitutions, Jérome Nadal, qui rappelle qu’il n’y a que douze apôtres), d’« Ignaciens » en Espagne (Ignace s’y oppose), de « Paulistes » à Goa (par association au collège Saint-Paul fondé par François Xavier)…

Dans une lettre de janvier 1545[18], Pierre Canisius écrit : « À Cologne, c’est par le terme de jésuites que les membres de la Compagnie sont généralement connus[19]. » Le mot « jésuite » ne se retrouve pas dans les textes fondateurs de la Compagnie, et Ignace de Loyola ne l’emploie pas dans ses écrits. Pourtant, le terme se répand rapidement. Au concile de Trente, les procès-verbaux désignent déjà comme « jésuites » les membres de la Compagnie qui participent aux délibérations. En 1562, on cite Jacques Lainez en tant que Generalis Jesuitarum.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Une réforme de l'Église, espérée et attendue depuis des années, est rendue plus urgente encore par les succès de la Réforme protestante : C'est l'objet de la convocation du concile de Trente où les jésuites prennent une part importante, puis du mouvement de la Contre-Réforme.

À ses débuts, la Compagnie s'occupe d'activités missionnaires, pastorales et intellectuelles, mais elle se tourne dès 1547 vers l'enseignement, qui devient son activité principale vers la fin du XVIe siècle. Elle ouvre un collège à Rome en 1551 alors que des jésuites se trouvent déjà au Congo, au Brésil et en Angola. L'activité éducative s'étend aussi dans l'Empire ottoman, avec notamment le lycée Saint-Benoît, établi en 1583. La Compagnie forme ainsi rapidement le premier corps enseignant de la catholicité moderne[20]

À la mort d'Ignace de Loyola (1556), la Compagnie compte plus d'un millier de membres. En 1615, elle en regroupe 13 000 et en 1749, 22 500 dont 15 000[21] professeurs pour 649 collèges créés[22].

L'expansion[modifier | modifier le code]

Portrait de Matteo Ricci par le frère chinois Emmanuel Pereira

En Afrique[modifier | modifier le code]

En 1541, Saint François Xavier en route vers l'Asie fait halte au Mozambique[23]. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, des jésuites s'installent en Éthiopie et dans le Royaume de Kongo. À Luanda, ville fondée par les Portugais, ils fondent un collège, en 1574, le collège Saint-Paul.

En Asie et en Chine[modifier | modifier le code]

François Xavier débarque à Goa dès 1542 et y fonde le premier collège de jésuites, avant de se rendre au Japon où il arrive le 27 juillet 1549. Le daïmio Akechi Mitsuhide accorde aux jésuites le fief de Nagasaki en 1580, mais le Japon traverse une période d'instabilité politique et Toyotomi Hideyoshi leur retire ce fief dès 1587 avant de les expulser du pays.

Un seigneur japonais (Oda Nobunaga) et un prêtre jésuite (Luis Frois), estampe japonaise anonyme, c. 1600

À Goa, les jésuites se lancent dans une opération de christianisation massive, visible dès la fin du XVIe siècle.

En 1582, commence la mission jésuite en Chine. Le père Matteo Ricci ne tarde pas à être reconnu comme un pair par les mandarins, fonctionnaires lettrés chinois, et devient de fait le premier sinologue. Alexandre de Rhodes romanise l'alphabet vietnamien en 1623. Deux missionnaires jésuites, Johann Grueber et Albert Dorville, atteignent Lhassa au Tibet en 1661.

En Europe : Le temps de la Contre-Réforme[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs régions du monde, les jésuites ont à lutter contre l'influence protestante. Très engagés dans la Contre-Réforme, ils s'opposent à la révolution copernicienne. Les savants jésuites du Collège Romain accueillent favorablement les découvertes scientifiques de Galilée mais refusent d'y voir la preuve des théories de Copernic. Des échanges épistolaires virulents avec certains des membres du Collège - notamment Christoph Scheiner, le découvreur des taches solaires et l'astronome Orazio Grassi - finissent par aliéner la Compagnie au savant, malgré les efforts de conciliation du cardinal jésuite Robert Bellarmin, auteur en 1616 de l’exhortation à Galilée d'« abandonner l'opinion copernicienne », signée par ce dernier[24].

C'est dans les Pays-Bas espagnols (où les protestants des Provinces-Unies font sécession au cours du XVIe siècle) que les jésuites sont les plus nombreux proportionnellement à la population. En 1562, leur installation est autorisée dans le royaume de France, à la suite de leur invitation au colloque de Poissy.

Le sceau IHS accompagné des armes de Benoît XVI et du cardinal titulaire sur le fronton de l'église Saint-Ignace-de-Loyola

En 1580, les jésuites installent une maison professe à Paris, dans le quartier du Marais, qui accueille théologiens et scientifiques. Cette maison est aujourd'hui occupée par le lycée Charlemagne. On décide de construire une grande église à côté : l'église Saint-Louis (aujourd'hui Saint-Paul-Saint-Louis). En mai 1641, le cardinal de Richelieu y célèbre la première messe et la noblesse y vient écouter les sermons des prédicateurs. Madame de Sévigné assiste à toutes les messes dans cette église pour écouter les sermons du père Louis Bourdaloue. Les compositeurs français de l'époque, Marc-Antoine Charpentier et Jean-Philippe Rameau notamment, en sont les maîtres de musique.

En 1656-1657, à la demande des Jansénistes, Pascal attaque les jésuites dans Les Provinciales sur la question de la casuistique. Marc Fumaroli note à ce sujet :

« La modernité jésuite, à l'épreuve de la France, apparut à la fois choquante et démodée, et la fidélité jésuite à Aristote, à Cicéron, à saint Thomas, sembla impure et équivoque. Bien qu’ils fussent en fait, par leur encyclopédisme, les derniers tenants de l'Antiquité vivante, les jésuites passèrent pour traîtres à l'Antiquité. Bien qu'ils fussent par leur adaptation aux réalités du monde de la Renaissance, les premiers historiens, sociologues et ethnologues du catholicisme, ils furent tenus pour ses pires réactionnaires[25]… »

Les Missions d'Amérique[modifier | modifier le code]

Père jésuite au Brésil au XVIIIe siècle.
  • Malgré cela, certains colons continuent d'abuser des Indiens, les réduisant à l'état de serfs. En réaction, les ordres religieux développent une nouvelle manière d'évangéliser les Indiens : maîtrise et promotion des langues indigènes, étude et préservation des coutumes locales, mise en place d'une organisation sociale et progrès économique des communautés autochtones. Regroupant les Indiens autour de leurs monastères, ils les protègent des excès de l'encomienda, et les sédentarisent.
  • Dès leur arrivée au Pérou, en 1566, les jésuites s'inscrivent dans cette manière de faire. Ils développent le système des « Réductions ». Ce mot fait référence à la tentative de regrouper (reducere en latin) dans un même lieu une population indigène et de les sédentariser.
Les jésuites créent des missions pour les Indiens Mojos (ou Moxos), Chiquitos et Guarani. En misant sur le respect de toutes les dispositions protectrices des Indiens dans la législation espagnole, ils obtiennent le soutien des fonctionnaires espagnols.
Les jésuites s'installent au Mexique en 1572, à Québec en 1625 et parcourent, tel que le père Jacques Marquette, le vaste territoire de la Nouvelle-France et du Canada jusqu'aux Grands Lacs et le fleuve Mississippi. Entre 1634 et 1760, ils établissent une série de missions jésuites en Nouvelle-France dans le but de répandre la religion chrétienne parmi les Amérindiens locaux, ainsi que pour maintenir la paix entre les nations autochtones.
Ils participent également aux missions espagnoles de Californie. En Amérique du Sud, particulièrement au Brésil et au Paraguay, la mission jésuite suscite la réprobation des colons espagnols et portugais puisqu'elle s'oppose au système esclavagiste des encomiendas.
  • En 1592, une rébellion éclate en Équateur appelée « Révolution des alcabalas», en opposition à l'impôt du même nom décrété par la couronne d'Espagne. Cette révolution se résout après une médiation des jésuites. Elle est parfois vue comme le premier témoignage de l'émergence des Espagnols nés dans la colonie (les créoles) qui entrevoient déjà la possibilité de l'indépendance. Celle-ci ne se concrétisera que plus de deux siècles plus tard.
  • Les jésuites créent des réductions, centres dans lesquels les indigènes sont alphabétisés et christianisés, et par là soustraits aux planteurs. La première est créée dès 1609 chez les Indiens guaranis[26]. On doit aussi aux jésuites la fondation de plusieurs villes, dont São Paulo en 1554.
  • Mais les tensions entre les deux systèmes (encomiendas et réductions) et les rivalités entre l'Espagne et le Portugal, sur fond de disgrâce de la Compagnie de Jésus en Europe, font disparaître ces entreprises. La Compagnie doit faire face à de violentes persécutions dues à sa nouveauté, à son soutien inconditionnel au pape, à l'efficacité de son organisation centralisée, et à ses positions théologiques. Bien qu'elle soit influente auprès des souverains d'Europe et de la haute noblesse, que ses plus hauts dignitaires confessent, les intérêts économiques des colons finissent par l'emporter : l'ordre est dissous sur les terres espagnoles et portugaises en 1767. Les jésuites sont obligés de quitter les missions vers 1767. Les réductions sont alors détruites sauf dans les missions de Chiquitos et Mojos. Cependant le clergé diocésain ne réussit pas à en perpétuer l'esprit. Les missions connaissent alors un déclin progressif. Le film Mission a popularisé l'histoire de la fin brutale et tragique des réductions jésuites.

La Mission en Australie[modifier | modifier le code]

Les catholiques en Australie, au XIXe siècle, sont en grande partie issus d'une minorité appauvrie, souvent descendue des bagnards et réfugiés irlandais. Deux jésuites autrichiens arrivent à Adelaïde en 1848 et trois groupes de jésuites travaillent en Australie coloniale : des Autrichiens dans l'Australie-Méridionale et plus tard une mission indigène dans le nord ; et des Irlandais dans les colonies orientales. En 1901, les trois groupes fusionnent pour former la mission australienne. Les jésuites autrichiens établissent une école et une vigne à Sevenhill en Australie-Méridionale, et entreprennent des voyages extraordinaires à travers l'Outback pour visiter les fidèles. Ils appuient la bienheureuse Mary MacKillop quand elle est à tort excommuniée et coopèrent avec ses sœurs de Saint-Joseph du Sacré-Cœur (les Joséphites). Ils développent le système des « réductions » parmi les Aborigènes en Territoire du Nord, mais sans grande réussite.

Les jésuites fondent plusieurs écoles pour instruire les catholiques des colonies britanniques. Le lycée de Saint Xavier's College, Melbourne a été fondé ; et Saint Aloysius College, Milsons Point et Saint Ignatius College, Riverview à Sydney[27]. Les lycées de Saint Ignatius College Athlestone (Adelaïde) et de Loyola College, Mount Druitt (Sydney) sont construits pendant le XXe siècle.

Suppression et restauration[modifier | modifier le code]

L'inscription AMDG sur la porte de l'église Saint-Benoît à Istanbul, rappelant la restauration de 1687 après un incendie

En 1614, un jésuite polonais, chassé de sa congrégation, publie pour se venger le livret Monita secreta societatis Jesu, un faux livre d'instructions aux jésuites sur la manière de se comporter pour augmenter le pouvoir et les richesses de la Compagnie. Ce mythe imprègne les esprits, et notamment les esprits libéraux des XVIIIe et XIXe siècles.

En 1704 et 1742, à la suite de la Querelle des rites, le pape interdit les prétendus « rites chinois » que les missionnaires jésuites tolèrent en Chine parce qu'ils les estiment relever davantage de croyances sociales et familiales que véritablement religieuses.

En France, les jésuites subissent les attaques des jansénistes, gallicans et parlementaires, puis des philosophes de l’Encyclopédie auxquels ils répondent avec leur Journal de Trévoux et leur Dictionnaire de Trévoux. L’« affaire Lavalette » (scandale financier à la suite de la banqueroute du jésuite Antoine Lavalette) constitue une bonne occasion pour Louis XV d'ordonner par décision royale d'interdire la Compagnie et la bannir de France en 1763-4, ses deux cents collèges étant alors fermés. Déjà chassés du Portugal en 1759, ils le sont encore d'Espagne en 1767 et du duché de Parme et de Plaisance en 1768. Cependant le roi Stanislas, avant 1766, les accueille dans son duché de Lorraine, resté théoriquement indépendant du royaume de France.

L'opposition des cours européennes est si forte que le pape Clément XIV en vient, le 21 juillet 1773, à supprimer la Compagnie de Jésus partout dans le monde ; c'est le bref Dominus ac Redemptor. En Russie, la tsarine orthodoxe Catherine II interdit la promulgation de la bulle papale, et en Prusse le roi protestant Frédéric II fait de même, heureux de marquer sa désapprobation au pape, tout en profitant de l'aubaine que constituent tous ces savants et ces professeurs pour organiser l'enseignement et la recherche dans ses États.

La bulle débute par la clause ad perpetuam rei memoriam et on peut y lire : « Il est à peu près impossible que, la société des jésuites subsistant, l'Église puisse jouir d'une paix véritable et permanente ».

Lorsque la Compagnie fut dissoute en 1773, il y avait 23 000 jésuites dans le monde, répartis dans 39 provinces. La Compagnie avait alors 800 résidences, 700 collèges (avec une équipe enseignante de 15 000 personnes) et 300 missions[28].

Souvenir de la Mission prêchée à Servian (Hérault) par le R.P. Eyraud de la Compagnie de Jésus 4-25 décembre 1892

En 1814, la Compagnie est rétablie par le pape Pie VII, mais les attaques continuent tout au long du XIXe siècle :

  • en France, les jésuites (ils sont en 1878, au nombre de 1 514 répartis sur 46 établissements et 1 085 jésuites en 1861)[29] sont bannis à nouveau en 1880, puis en 1901 avec les autres congrégations. À la suite des décrets de Jules Ferry interdisant aux congrégations religieuses d'enseigner dans le pays[30], les Jésuites commencent à émigrer dès 1880 à Jersey : « Ils rachètent d'abord un hôtel sur la colline de Saint-Hélier dont ils font un scolasticat (La Maison Saint-Louis) qui accueillera 3 000 séminaristes comme les pères Pierre Teilhard de Chardin ou Henri de Lubac jusqu'en 1954. (…) Le père Marc Antoine de Chevrens, un Suisse arrivé de Chine, fait ériger en 1893 un observatoire pour étudier la force des vents ». Du fait de son équipement moderne pour l'époque, le site devient une installation de référence et sera convoité - sans succès - par les Allemands durant la Seconde Guerre mondiale ;
  • en Suisse, c'est seulement en 1973 que fut abrogée l'interdiction constitutionnelle de l'activité des jésuites. Cette interdiction, qui remontait à 1848, était le résultat de la guerre du Sonderbund, au début de la Suisse moderne. Avec le Kulturkampf pour toile de fond, le bannissement des jésuites avait été confirmé par les articles d'exception, lors de la révision constitutionnelle de 1874 ;
  • la Norvège est restée interdite aux jésuites jusqu'en 1956 ;
  • le Claim of Rights Act, voté par le Parlement d'Écosse en 1689 et encore en vigueur aujourd'hui, dispose que « les érections d'écoles et de collèges pour les jésuites, les chapelles et les églises allant contre le protestantisme et célébrant la messe publique, sont contraires au Droit »[31].

Ces bannissements n'empêchèrent pas la Compagnie d'investir de nouveaux champs. Les missions reprirent en Amérique du Nord ou à Madagascar. Les jésuites y fondèrent des universités au cours du XIXe siècle.

L'Époque contemporaine[modifier | modifier le code]

Neuf prêtres jésuites, dont cinq Français, font partie des Justes parmi les nations[32]. Maurice Schumann déclara à la BBC au sujet de Pierre Chaillet : « Vous avez été notre 18 juin spirituel ! ».

Des revues intellectuelles sont lancées comme Études et son supplément Recherches des sciences religieuses, Projet et la revue Jésuites de France en France, Relations au Québec, la Civiltà Cattolica en Italie, Geist und Leben en Allemagne et Choisir en Suisse.

L'ordre est espionné : le communiste Alighiero Tondi, infiltré en 1937 à la demande du Parti communiste italien, donna des informations à l'Union soviétique jusqu'à sa découverte en 1952[33].

Après la Seconde Guerre mondiale, les jésuites s'investissent en Amérique latine, au Tchad ou au Japon.

Leur implantation en Amérique Latine sera marquée dans les années 1980 par une série d'assassinats, notamment au Salvador :

  • Le père jésuite Rutilio Grande le 12 mars 1977
  • L'archevêque de San Salvador Óscar Romero le 24 mars 1980, qui avait été formé dès 1937 au Séminaire national, dirigé par les pères jésuites.
  • Six prêtres jésuites le 16 novembre 1989, à l'Université UCA, fondée par eux en 1965 et accueillant 8 000 étudiants [34].

Situation présente[modifier | modifier le code]

Ordres Religieux catholiques masculins 1954-2013.svg

La Compagnie de Jésus est présente - à travers 84 « provinces », 5 « régions indépendantes » et 10 « régions dépendantes »[35] - dans 112 pays et sur tous les continents[36]. Avec ses 16 986 membres - dont 12 107 prêtres, 1 331 frères, 2 842 scolastiques et 706 novices - en 2013[37], c'est numériquement le plus important ordre religieux[38] masculin[39] pleinement intégré[40] et le deuxième effectif religieux masculin au sein de l'Église catholique, juste derrière l'ensemble divisé des branches franciscaines[41],[42] et devant les salésiens[43],[44].

Comme pour la plupart des ordres religieux catholiques, leur nombre est en diminution : les jésuites étaient 36 000 en 1966[45] et encore 30 000 en 1973[39], 25 724 en 1984, 23 179 en 1994 et 20 170 en 2004[37]. En perte de vitesse en Europe, ils sont maintenant majoritairement répartis en Asie (3 800 en Inde), en Amérique latine et en Afrique. La Compagnie est également confrontée à la concurrence d'instituts religieux plus récents.

L'éducation demeure la principale activité des jésuites dont le nombre de missionnaires - 30% de la Compagnie[46] -, particulièrement en Asie et en Afrique, dépasse celui de tout autre ordre religieux[47], faisant des jésuites le premier ordre missionnaire mondial[46].

Son actuel supérieur, élu par la 35e congrégation générale de janvier 2008, est Adolfo Nicolás[48]. D'origine espagnole, il a succédé à Peter-Hans Kolvenbach qui, à sa propre demande, a été déchargé de sa mission (7 janvier 2008).

Le 13 mars 2013, le jésuite argentin Jorge Mario Bergoglio est choisi comme pape à l'issue du deuxième jour de conclave et prend le nom de François.

Famille ignatienne[modifier | modifier le code]

La « famille ignatienne » regroupe les différentes congrégations, communautés ou associations - tant religieuses que laïques - de spiritualité ignatienne mais relevant de statuts canoniques variables. Elles ont en commun la pratique des Exercices spirituels d'Ignace de Loyola[49]. Leurs effectifs oscillent, selon les cas, de quelques dizaines de membres à plusieurs dizaines de milliers. Leur nom se réfère souvent au fondateur des Jésuites ou à François-Xavier. On y trouve entre autres[50] :

Il existe également ce qui a été appelé la « famille ignatienne étendue » en 1995 lors de la trente-quatrième Congrégation Générale, qui comprend les chrétiens qui ne sont pas attachés à l'Église de Rome mais pratiquent la spiritualité ignatienne fut-ce partiellement. Parmi ceux-ci, on trouve des anglicans, des épiscopaliens, des luthériens, des méthodistes, des presbytériens, des mennonites, des quakers ou encore des membres le l'United Reformed Church[49].

Les publications[modifier | modifier le code]

En France, la Compagnie publie régulièrement ses travaux dans plusieurs revues dont les plus connues sont Études, Christus et Projet. Elle est également active dans l'enseignement scolaire (dix-sept établissements dont le lycée Saint-Louis-de-Gonzague à Paris) et supérieur (cinq établissements, dont les célèbres classes préparatoires du lycée privé Sainte-Geneviève à Versailles). Elle possède ses propres facultés de théologie et de philosophie, regroupées dans le Centre Sèvres, à Paris.

En Belgique, la Compagnie publie la Nouvelle Revue théologique[51]. Elle possède ses propres facultés de théologie et de philosophie, dont I.E.T. : la Faculté de théologie de la Compagnie de Jésus à Bruxelles[52].

Aux États-Unis, la compagnie de Jésus publie depuis 1909 la revue hebdomadaire America, considérée comme modérée, voire libérale, dans ses prises de position au sein de l'Église catholique[53].

La Compagnie est ainsi à l'origine de diverses publications :

Rôle dans l'enseignement[modifier | modifier le code]

Ignace de Loyola insiste pour que les membres de la Compagnie aient un bon niveau de culture générale. Très vite l'enseignement devient une activité importante : les jésuites produisent au cours des siècles un énorme travail de formation des élites dans leurs collèges et des écrits importants que ce soit dans le domaine de la Foi comme dans ceux des sciences ou de la réflexion socio-politique.

Dès la fin du XVIe siècle, ils sont condamnés par le Parlement de Paris pour un écrit de Mariana, un jésuite espagnol, qui publie en 1599 De Rege où est justifié le meurtre des rois tyranniques. Ainsi le précepte « Rendez à César ce qui est à César » n'est plus de mise  : les jésuites descendent dans l'arène de la chose publique. Leurs prises de position- souvent à l'avant-garde- leur vaudront de sérieuses remontrances  : comme dans l'affaire des « Missions » en Amérique latine (Réductions), dans l'affaire des « rites et du culte des ancêtres » en Chine ; et plus récemment avec les mises en garde adressées à Pierre Teilhard de Chardin pour ses perspectives théologico-scientifiques, ou aux partisans de la Théologie de la libération.

En Europe[modifier | modifier le code]

En 1548, à Messine (Sicile), s'ouvre la première maison de formation pour jeunes appelée « collège »: c'est le collège de Messine. En 1551, le Collège romain est ouvert, à Rome. À la mort du fondateur (1556), les jésuites dirigent 45 collèges ; en 1580, il existe 144 collèges jésuites, dont 14 en France. L'expérience vécue dans les premiers collèges est codifiée en une sorte de charte de l'éducation : le Ratio Studiorum.

Dans les années 1740, les jésuites dirigent plus de 650 collèges en Europe, et ils ont la charge de 24 universités et de plus de 200 séminaires et maisons d'étude.

En Amérique[modifier | modifier le code]

L'ordre des Jésuites fonde à Córdoba, en 1622, la première université argentine et, par la suite, différentes universités sur le continent.

Aux États-Unis, la tradition intellectuelle riche et diverse du catholicisme fait depuis longtemps partie intégrale de la vie académique de l'Université de Georgetown (États-Unis). Cette université de haut niveau continue à enrichir la vie intellectuelle de l'Église au moyen des nombreuses contributions de ses programmes, professeurs, et étudiants. La Société de Jésus a fait partie intégrante de l'université tout au long de son histoire. Alors que l'université et la communauté jésuite sont des entités distinctes et gouvernées séparément, elles sont unies par une longue tradition et un esprit commun d'apprentissage et de foi.

Les Jésuites qui vivent et travaillent à l'université sont un signe visible de son engagement progressiste, dans la lignée de son héritage catholique jésuite. Le président John J. DeGioia a créé un séminaire jésuite pour des membres du conseil de l'administration et autres officiers supérieurs de l'université pour discuter spécifiquement de la tradition catholique et jésuite, et de l'association de la tradition avec la mission pédagogique, la diversité et les futures initiatives.

L'Argentin Bergoglio, jésuite, est élu Pape en 2013.

Une opinion de Voltaire sur l'éducation qu'il avait reçue[modifier | modifier le code]

Voltaire, qui a souvent prêché le pour et le contre et que Faguet a qualifié de « chaos d'idées claires », a écrit contre les jésuites à de nombreuses reprises. Néanmoins, en tant qu'ancien élève du collège de Louis-le-Grand, où le père Charles Porée lui enseigna la rhétorique et sut l'encourager, Voltaire manifeste envers l'Ordre une certaine reconnaissance :

« J'ai été élevé pendant sept ans chez des hommes qui se donnent des peines gratuites et infatigables à former l'esprit et les mœurs de la jeunesse. Depuis quand veut-on que l'on soit sans reconnaissance pour ses maîtres ? Quoi ! il sera dans la nature de l'homme de revoir avec plaisir une maison où l'on est né, le village où l'on a été nourri par une femme mercenaire, et il ne serait pas dans notre cœur d'aimer ceux qui ont pris un soin généreux de nos premières années ? Si des jésuites ont un procès au Malabar avec un capucin, pour des choses dont je n'ai point connaissance, que m'importe ? Est-ce une raison pour moi d'être ingrat envers ceux qui m'ont inspiré le goût des belles-lettres, et des sentiments qui feront jusqu'au tombeau la consolation de ma vie ? Rien n'effacera dans mon cœur la mémoire du père Porée, qui est également cher à tous ceux qui ont étudié sous lui. Jamais homme ne rendit l'étude et la vertu plus aimables. Les heures de ses leçons étaient pour nous des heures délicieuses ; et j'aurais voulu qu'il eût été établi dans Paris, comme dans Athènes, qu'on pût assister à de telles leçons ; je serais revenu souvent les entendre. J'ai eu le bonheur d'être formé par plus d'un jésuite du caractère du père Porée, et je sais qu'il a des successeurs dignes de lui. Enfin, pendant les sept années que j'ai vécu dans leur maison, qu'ai-je vu chez eux ? La vie la plus laborieuse, la plus frugale, la plus réglée ; toutes leurs heures partagées entre les soins qu'ils nous donnaient et les exercices de leur profession austère. J'en atteste des milliers d'hommes élevés par eux comme moi ; il n'y en aura pas un seul qui puisse me démentir[54]... »

— Lettre au père de Latour ; à Paris, le 7 février 1746.

Voltaire a écrit plusieurs fois au père Porée, dont une lettre du 15 janvier 1729 où se trouve cette formule :

« Vous m’avez appris à fuir les bassesses, à savoir vivre, comme à savoir écrire. »

Une opinion de Pierre Larousse[modifier | modifier le code]

La devise de la Compagnie, Ad maiorem Dei gloriam, dont les initiales AMDG servaient d'épigraphe à la plupart des livres qui émanaient d'elle, inspire ces propos à Pierre Larousse :

« Au temps où florissaient à Montrouge et à Saint-Acheul les maisons d'éducation de la Compagnie de Jésus, la célèbre devise jouait un rôle important dans la discipline. Le révérend père fouetteur (ceux qui ont été placés sous sa main pourraient l'attester) avait fait graver les quatre initiales sur le manche du terrible martinet. La gent écolière était fouettée ad majorem Dei gloriam, gloire dont elle se serait sans doute fort bien passée[55]. »

Réseau Jeunesse ignatien[modifier | modifier le code]

Le Réseau Jeunesse ignatien fut fondé au début des années 1980[56]. Son but est de valoriser une pastorale ignatienne auprès de la jeunesse. Il est réservé aux jeunes de 17 à 30 ans.

Le Service jésuite des réfugiés[modifier | modifier le code]

Fondé en 1980, Le Service jésuite des réfugiés travaille dans 40 pays. Il a pour ambition d'accompagner, de servir et de défendre les droits des réfugiés ou des personnes déplacées contre leur volonté que ce soit à cause de conflits, de désastre humanitaire ou de violation des droits de l'homme.

Littérature et cinéma[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Films[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Ravier, Ignace de Loyola fonde la Compagnie de Jésus, Paris, DDB-Bellarmin, 1974, p. 82-99.
  2. Jean Lacouture, Jésuites, tome 1, Les Conquérants, Seuil, 1991, p. 8.
  3. Il fut ultérieurement réinterprété comme « Ièsous hèmôn sôter », « Iesus Hominis Salvator » (« Jésus Sauveur de l'homme ») ou « Iesum Habemus Socium » (« Nous avons Jésus comme compagnon »).
  4. cf. formule de l'Institut §3 (Lettre Apostolique Regimini militantis Ecclesiae du 27 septembre 1540 & Lettre apostolique Exposcit debitum du 21 juillet 1550) : [...] que chacun de nous soit lié... par un vœu spécial, de telle sorte que nous soyons tenus d'exécuter... tout ce qu'ordonnent le Pontife Romain actuel et les autres qui lui succéderont, concernant le bien des âmes et la propagation de la foi [...] ; « Il est bon de rappeler dans quelle intention la Compagnie a fait le vœu d'obéir, sans alléguer d'excuse, comme au Souverain Vicaire du Christ : il s'agissait d'être envoyé parmi les fidèles ou les infidèles, partout où il jugerait que ce serait utile pour une plus grande gloire divine et un plus grand bien des âmes », Septième partie des Constitutions, no 603 cf. Précisions sur le perinde ac cadaver.
  5. *Constitutions de la Compagnie de Jésus.
  6. Ou encore « pape noir » en référence à la couleur de son habit et au pouvoir illimité qu'on lui prêtait.
  7. Hours 2012, p. 73
  8. (Constitutions SJ, Part X, no 6 [817]
  9. Michel Servet Recherche Documents des Jésuites Ignace de Loyola, François Xavier, Pierre Favre, Simão Rodrigues, Alfonso Salmeron, Nicolás Bobadilla et de Michel de Villeneuve ("Servet") dans les registres de L'Université de Paris.(Acta rectatoria universitatis Parisiensis)
  10. pdf 2012 González Echeverría, F.J., "La naturalisation française de Michel de Villeneuve ( Michel Servet)", revue Principe de Viana, Pampelune( Espagne), Publications du Gouvernement de Navarre, 2012, no 255, p. 142 et 143. Acta rectatoria universitatis Parisiensis-Jèsuites
  11. J. W. O'Malley, I primi Ggesuiti, p. 85, Vita e pensiero, Milan 1999. ISBN 88-343-2511-7.
  12. Guerrino Pelliccia e Giancarlo Rocca (curr.), Dizionario degli Istituti di Perfezione, vol. IV (1977), col. 1146-1148, art. M.I. WetterEdizioni paoline, Milano, 1974-2003.
  13. Hugo Rahner, Ignace de Loyola et les femmes de son temps, tome I, Paris, Desclée De Brouwer, 1963, p. 95-122 ; cité par Annie Molinié-Bertrand, Alexandra Merle et Araceli Guillaume-Alonso, Les Jésuites en Espagne et en Amérique : Jeux et enjeux du pouvoir (XVIe-XVIIIe siècles), Presses de l'Université Paris-Sorbonne, 2007, 631 p. (ISBN 9782840504894), p. 357.
  14. D'autres versions initiales montrent plutôt une demi-lune flanquée de deux étoiles, symbolisant la Vierge Marie et les saints.
  15. IHS : le blason de la Compagnie
  16. Le terme de « jésuite » est antérieur à la fondation de la Compagnie. À la fin du Moyen Âge, en Europe, on rencontre déjà le mot latin jesuita dans le sens de « bon chrétien », disciple de Jésus. Au XIVe siècle, Ludolphe le Chartreux, dans sa Vita Christi, écrit : « Au ciel, nous serons appelés jésuites par Jésus lui-même, c'est-à-dire 'sauvés par le Seigneur' ». Par dérision, ceux qui se posent trop visiblement en « bons chrétiens » sont qualifiés de « jésuites ».
  17. Lettre du 24 juillet 1537, de Venise, dans MHSI, vol. 22, p. 119. Voir Étienne N. Degrez : Amis dans le Seigneur, dans Vies consacrées, vol. 78, 2006, p. 89-100.
  18. Lettre à l'empereur Oswald II, de Cologne, in Epistulae, Fribourg, 1896, p. 134.
  19. Il semble que les luthériens, ironisant sur le nom officiel de « Compagnie de Jésus », cherchent à rétablir le sens péjoratif du mot.
  20. Hours 2012, p. 73-74
  21. Hours 2012, p. 73
  22. Hours 2012, p. 74
  23. « http://www.abayezuwiti.com/vocation1.htm » (ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?). Consulté le 2013-03-29
  24. Bernard Faidutti, Copernic, Kepler et Galilée face aux pouvoirs : Les scientifiques et la politique, L'Harmattan,‎ 2010 (ISBN 9782296257191), p. 274,280
  25. Cité par Jean Lacouture, Jésuites, Seuil, 1991, t. I, p. 364.
  26. Voir le film Mission dénonçant l'esclavagisme et l'impérialisme des colons face aux Indiens.
  27. (en) « Jesuit AU »
  28. (en) Jean Delumeau, Catholicism between Luther and Voltaire, Burns & Oates,‎ 1977, p. 34
  29. cf. État des congrégations autorisées ou non, cf. Recensement spécial des communautés religieuses
  30. Quotidien La Croix, lundi 9 juillet 2012, p. 21
  31. http://www.legislation.gov.uk/aosp/1689/28/paragraph/p20
  32. (en) « Righteous ».
  33. (fr) Les « mesures actives » soviétiques contre Pie XII, Gérald Arboit, 5 janvier 2010, Centre français de recherche sur le renseignement
  34. [1]
  35. « Confirmation de la présence la plus massive des Jésuites en Asie du Sud », sur News.va,‎ 10 mai 2012
  36. (en) Katherine Marshall, Global Institutions of Religion : Ancient Movers, Modern Shakers, Routledge,‎ 2013 (ISBN 9781136673511), p. 153
  37. a et b « Augmentation des vocations jésuites. Un effet pape François ? », sur Zenit.org,‎ 24 mars 2014
  38. Michel Thériault, « Jésuites », dans Encyclopédie du Canada,‎ 2012 (lire en ligne)
  39. a et b (en) Giselle Lapitan, « The changing face of the Jesuits », sur Province Express,‎ 22 mai 2012
  40. (en) Chris Lowney, Heroic Leadership : Best Practices from a 450-Year-Old Company That Changed the World, Loyola Press,‎ 2010 (ISBN 9780829429824, lire en ligne), p. 57
  41. Jean Delumeau, « Jésuites ou Compagnie de Jésus », dans Encyclopædia Universalis,‎ 2013 (lire en ligne)
  42. En 2012, les trois branches principales des « frères mineurs » (OFM, OFM Cap. et OFM Conv.) comptent respectivement 14 123, 10 786 et 4 289 religieux, d'après (en) David M. Cheney, « Institutes of Consecrated Life », sur Catholic-Hierarchy,‎ 25 septembre 2013.
  43. (en) Robert J. Batule, « Bosco, St.John (1815-1888) », dans Encyclopedia of Catholic Social Thought, Social Science, and Social Policy: Supplement, vol. 3, Scarecrow Press,‎ 2012 (ISBN 9780810882751, lire en ligne), p. 38
  44. 15 573 religieux en 2012, d'après (en) David M. Cheney, « Salesians of Saint John Bosco », sur Catholic-Hierarchy,‎ 30 septembre 2013.
  45. (en) David M. Cheney, « Society of Jesus », sur Catholic-Hierarchy,‎ 17 août 2013
  46. a et b Caroline Pigozzi et Henri Madelin, Ainsi fait-il, Plon,‎ 2014, p. 107
  47. (en) « Jesuit », dans Encyclopædia Britannica,‎ 2013 (lire en ligne)
  48. « Les jésuites élisent Adolfo Nicolás comme supérieur général » sur Wikinews, 21 janvier 2008
  49. a et b (en) Ronald Modras, Ignatian Humanism, Loyola Press,‎ 2010 (ISBN 9780829429862), p. XV
  50. « Partenaires : La Famille Ignatienne », sur jesuites.be
  51. Site de la revue Nouvelle Revue théologique
  52. Site de la Faculté de théologie de la Compagnie de Jésus à Bruxelles
  53. Site de la revue America
  54. Voilà qui relativise ce que Voltaire écrira dans son Dictionnaire philosophique à l'article « Amour nommé socratique » : « [Si Sextus Empiricus] vivait de nos jours, & qu'il vît deux ou trois jeunes Jésuites abuser de quelques écoliers, aurait-il droit de dire que ce jeu leur est permis par les constitutions d'Ignace de Loyola ? », laissant croire qu'il s'agit de faits habituels.
  55. On retrouvera le passage dans Flore latine, [lire en ligne]
  56. http://www.rji.fr/qui-sommes-nous/
  57. Allociné

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Textes classiques[modifier | modifier le code]

  • Alexandre Brou, Les Jésuites de la légende, Retaux, 1906
  • Alexandre Brou, Cent ans de missions, 1815-1934 : les jésuites missionnaires aux XIXe et XXe siècles, éd. Spes, 1935
  • Jules Michelet et Edgar Quinet, Des Jésuites, [lire en ligne]
  • Henri Fouqueray, sj, Histoire de la Compagnie de Jésus en France, des origines à la suppression (1528-1762), 5 vol., Picard, 1910-1925
  • Joseph de Guibert, sj, La Spiritualité de la Compagnie de Jésus, BIHSI, Rome, 1953

Sources primaires[modifier | modifier le code]

  • Defonso(Il) de Andrade. Operarius 1648 ; règles que doivent suivre les missionnaires jésuites.
  • Jean-Pierre Camus. Missions ecclésiastiques 1643 ;
  • Joseph de Jouvancy. Historiae Societatis Iesu pars Quinta Rome, 1710. 436 p ;

Témoignage des jésuites en Méditerranée qui confesse dans la langue vernaculaire.

  • Lunig. Theatrum ceremoniale historico-politicum 1719-1720 ;

Traite des méthodes d’évangélisations très théâtrales des jésuites dans les missions.

  • Albertus Miraeus. Notitia Episcopatum Orbis Christiani Sive codex provincialis romanus, 1610 ;

Premier statisticien et premier géographe des missions.

Ouvrages et essais contemporains[modifier | modifier le code]

Articles[modifier | modifier le code]

  • Jean Delumeau, « Jésuites », article de l'Encyclopædia Universalis
  • Dominique Deslandres. « Des ouvriers formidables à l’enfer. Épistèmes et missions jésuites au XVIIe siècle », Mélanges de l’École française de Rome. Volume 111, 1999.
  • Dominique Deslandres. « les missions françaises intérieures et lointaines, 1600-1650. Esquisse géo historique », Mélanges de l’École française de Rome. Volume 109, 1997. pp. 505-538.
  • Bernard Dompnier. « L'activité missionnaire des jésuites de la province de Lyon dans la première moitié du XVIIe siècle : essai d'analyse des catalogi », Mélanges de l’École française de Rome. Volume 97, 1985. pp. 941-959.
  • Bernard Dompnier. « La France du premier XVIIe siècle et les frontières de la mission », Mélanges de l’École française de Rome. Volume 109, 1997, pp. 621-652.
  • Revue d’histoire de l’Église de France, tome 86, no 217, 7 décembre 2000. Actes du colloque de Rennes du 15-17.1999. 824 p.
  • Luce Giard, "Au premier temps de la Compagnie de jésus: du projet initial à l'entrée dans l'enseignement", Étienne Ganty et alii, Tradition jésuite. Enseignement, spiritualité, mission, Namur-Bruxelles, Presses universitaires de Namur - Éditions Lessius, 2002, p. 11-45.
  • Antonella Romano, "Modernité de la Ratio studiorum (Plan raisonné des études): genèse d'un texte normatif et engagement dans une pratique enseignante", Étienne Ganty et alii, Tradition jésuite. Enseignement, spiritualité, mission, Namur-Bruxelles, Presses universitaires de Namur - Éditions Lessius, 2002, p. 47-83.
  • Bernadette Majorana, « Une pastorale spectaculaire. Missions et missionnaires jésuites en Italie (XVIe siècle-XVIIe siècle) », Annales, 2002, no 2, pp. 297-320. [lire en ligne]
  • Bernard Pardonnat. « De la spiritualité à la pédagogie : l’expérience des jésuites », in AYANZINI (dir.), Pédagogie chrétienne, pédagogues chrétiens. Actes du colloque d’Angers des 28-29-30 septembre 1995. Éditions Dom Bosco, 1996. pp. 99-106.
  • Émile Poulat « Le répertoire des visites pastorales de la France », Archives des sciences sociales des religions. Volume 53. 1982.
  • Joachim Schmiedl, «Orden als transnationale Netzwerke der katholischen Kirche», European History Online, Institute of European History (en), Mayence 2011, consulté le 21 février 2013.
  • Jean Séguy. « Les jésuites Spiritualité et activités jalon d’une histoire », Archives des sciences sociales des religions, vol. 40, 1975, pp. 231-233..

Ouvrages généraux[modifier | modifier le code]

  • Pierre Chaunu, Église, culture et société ; Réforme et Contre-Réforme, SEDES, 1984
  • Jacques Le Goff et René Rémond, Histoire de la France religieuse, 4 vol., Seuil, 1988
  • Pierre Pierrard, Histoire de l’Église catholique, Desclée-Mame, 1995
  • Marc Venard (dir.), Histoire du christianisme, des origines à nos jours. T.IX, « l’âge de la raison (1620/30-1750). Desclée, 1997. 1214 p.

Ouvrages biographiques[modifier | modifier le code]

  • C.Berthelot du Chesnay, Les missions de Saint Jean Eudes. Contribution à l’histoire des missions en France au XVIIe siècle, 1967.
  • P. Boschet, Le parfait missionnaire ou la vie du R.P Maunoir, 1834 (première éd. 1697)
  • V. Boucard, « Un poète réaliste et satirique : Saint Grignion de Montfort » dans Bulletin de la société archéologique et historique de Nantes et de la Loire inférieure, 1952.

Montre l’importance des chants et des psaumes dans les missions et leur pédagogie.

  • Abbé Louis Kerbiriou, Les missions bretonnes : l’œuvre de dom Michel le Nobletz et de Père Maunoir, Legrand, 1935, 276 p.
  • Henri Perennes (Edit.), La vie du vénérable dom Michel le Nobletz par le vénérable père Maunoir de la Compagnie de Jésus, 1934, 445 p.

Recueil de témoignages de missionnaires[modifier | modifier le code]

  • Alain Croix, La Bretagne au XVIe et XVIIe siècles. La vie, la mort, la foi, tome 2, 1981, 1545 p.
  • A. Rétif, « Brève histoire des lettres édifiantes et curieuses ». Neue zeits chrift für missionwissenschaft, t.VII, 1951.

Ouvrages bibliographiques[modifier | modifier le code]

  • Pierre Delattre, Les établissements des jésuites en France depuis quatre siècles, Répertoire topo bibliographique, T.3, fasc.12, col.1101-1258, 1949.
  • Isabelle Leroy-Turcan, Jésuites et dictionnaire : promenade lexicographique parmi les volumes de la collection des Fontaines, Revue de la bibliothèque de Lyon, premier semestre de 2003, no 6.
  • C. Sommervogel, Bibliothèque de la Compagnie de Jésus, Heverté-Louvain, bibliothèque jésuite, collège philosophique et théologique, 1960.

Autres langues[modifier | modifier le code]

  • (en) William Bangert, A History of the Society of Jesus, Institute of Jesuit Sources, 1986 ISBN 0-912422-74-2
  • (en) James Brodrick, sj, The Origin of the Jesuits, Loyola Press, rééd. 1997 ISBN 0-8294-0930-0
  • (en) James Brodrick, sj, The Progress of the Jesuits, 1556-79, Loyola Press, 1986 ISBN 0-8294-0523-2
  • (en) Harro Höpfl, Jesuit Political Thought : the Society of Jesus and the State, c. 1540–1630, Cambridge University Press, 2004 ISBN 0-521-83779-0.
  • (en) Eric Nelson, The Jesuits and the Monarchy, Missouri State University, 2005 ISBN 978-0-7546-3888-9.
  • (en) John O'Malley, sj, The First Jesuits, Harvard University Press, 1993 ISBN 978-0-674-30313-3
  • (en) John O'Malley (dir.), The Jesuits : Cultures, Sciences and the Arts, 1540-1773 ; t. 1, 1999 ; t. 2, 2006, Toronto University Press
  • (en) Thomas Worcester (éd.), The Cambridge Companion to Jesuits, Cambridge, Cambridge University Press,‎ 2008, 361 p. (ISBN 9780521673969)
  • (en) Agustín Udias, Searching the Heavens and the Earth: The History of Jesuit Observatories (Astrophysics and Space Science Library), Berlin, Springer, 2003 ISBN 1-4020-1189-X

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]