Esclavage dans le judaïsme

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article a pour sujet les règles et pratiques juives concernant l'esclavage. Pour la participation des Juifs au commerce d’esclaves, voir Pratique de l'esclavage par les Juifs.

L’esclavage dans le judaïsme est le statut qui est donné aux esclaves selon les différents textes et la tradition du judaïsme. Une distinction nette est établie entre l’esclave israélite et l’esclave cananéen, soumis à des règlementations différentes. Les lois de l’esclavage et son éventuelle justification ont été discutées dans les Talmuds avant d’être codifiées par Moïse Maïmonide et Joseph Caro.

L'esclavage chez les Hébreux et les anciens Juifs[modifier | modifier le code]

L'esclavage est une institution que l'on trouve chez la plupart des peuples de l'Antiquité. Statut de celui qui n'est ni l'homme libre ni étranger bénéficiant de l'hospitalité, c'était la condition dans laquelle tombaient les membres des peuples vaincus, les individus débiteurs insolvables, ou les déshérités, obligés de se vendre pour subsister. Cette condition n'était pas nécessairement dure, elle pouvait être correspondre à celle de domestique à l'époque moderne.

L'esclavage est mentionné dans l'Ancien Testament puisque les Hébreux étaient eux-mêmes esclaves chez les Égyptiens. Après leur libération de la servitude, la loi donnée par Yahweh (Dieu) à Moïse leur impose d'accorder à leurs esclaves des protections particulières que l'on trouve formulées dans plusieurs livres de la Torah.

L’esclavage dans la Bible et selon les Sages[modifier | modifier le code]

Le code de l’alliance comprend deux ensembles de règles distincts pour l’esclave hébreu (eved ivri, Lévitique 25:39-43) et pour l’esclave étranger, provenant des peuplades alentours ou leur engeance, considéré comme une propriété héritable (Lévitique 25:44-46). Les derniers proviennent de populations vaincues ou vassales, les premiers se vendent du fait de leur extrême pauvreté ou de leur incapacité à payer leurs dettes.

Au Moyen Âge, Maïmonide, dans le Mishneh Torah, a énoncé les obligations du maître juif à l'égard de son esclave juif, le cas de l'esclave non juif étant devenu caduque puisque les Juifs n'avaient plus le droit, chez les chrétiens comme chez les musulmans de posséder des esclaves chrétiens ou musulmans. Un esclave juif, vendu par un tribunal, ne peut demeurer esclave au bout de la sixième année. Le maître n'a pas le droit de séparer l'esclave des siens qu'il a l'obligation de nourrir. Aucune fille ne peut avoir le statut d'esclave au-delà de l'âge de la puberté[1].

L'esclave cananéen (non-juif donc) appartient à son maître, pour toujours mais le maître ne dispose pas de la vie de l'esclave. Il ne doit pas travailler durant le Chabbat. Il peut recouvrer sa liberté en étant racheté ou en étant libéré par son maître. S'il subit du fait de son maître un dommage corporel permanent (perte d'un œil ou d'une dent), il doit être libéré. Quant au fait de tuer un esclave cananéen, c'est un meurtre. Il est interdit de ramener un esclave en fuite à son maitre (Deutéronome 23, 16) et le Choulhan Aroukh, (YD 267, 17) précise que c'est faire preuve de piété de ne pas maltraiter son esclave, de ne point l'humilier, de bien le nourrir et d'écouter ses doléances[1].

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a et b Wigoder 1993, article Esclavage

Bibliographie[modifier | modifier le code]