Guide touristique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour le métier de guide, voir Guide culturel.

Un guide touristique ou guide de voyage est un type de livre contenant des informations sur un lieu donné, qui peuvent être d'ordre pratique autant que culturel et historique, à l'usage des touristes.

Éditions papier[modifier | modifier le code]

Les premiers guides touristiques sont apparus au début du XIXe siècle, en Angleterre et en Allemagne : guide Reichard à partir de 1784, guide Allemagne en 1828 de Karl Baedeker (1801-1859), guides Murray de 1836 à 1901. Étienne Maignen[1] donne un bon aperçu de l'évolution de ces manuels tout au long du siècle.

En France, la première grande collection de guides touristiques fut les Guides Joanne, qui devinrent ensuite les Guides bleus (Hachette). Le développement du tourisme automobile incita la manufacture de pneumatiques Michelin à devenir éditeur de cartes et de guides touristiques. Leurs Guides verts, apparus après la Première Guerre mondiale, sont toujours édités.

Les Guides Verts ont beaucoup évolué : format moins allongé, illustration en couleurs plus importante, rédaction plus vivante, type « magazine ». Ils comportent une importante cartographie, particulièrement lisible, et de très nombreux plans.

D'autres guides, inégaux, faisant plus ou moins place à des sélections d'hôtels et de restaurants, sont apparus depuis les années 1970. Certains accueillent de la publicité, sollicitée éventuellement auprès des institutionnels (comités de tourisme, offices de tourisme), ce qui ne pousse pas à la critique. Plusieurs collections de guides ont eu une place importante sur les rayons voyages des librairies; certains concurrençant plus ou moins les guides bleus, tels les Guides Fodor, d'aures jouant précocement l'illustration, au début des années 1970, comme les Guides Aujourd'hui du groupe Jeune Afrique-éditions du Jaguar, traduits pour la plupart en plusieurs langues (régions de France, pays d'Europe, Afrique).

Le Guide du routard, lancé la même année que l'australien Lonely Planet s'adapte à l'évolution de sa clientèle, en principe jeune, pas très fortunée et curieuse, garde une place importante : cette collection connaît un succès durable et notoire.

Les Guides du Livre de Poche, lancés par Bernard de Fallois, dirigés par Jacques-Louis Delpal, en collaboration avec les Guides Bleus, firent l'objet de gros tirages au cours des années 1970. La difficulté de mettre à jour ces ouvrages copieux, vendus à bas prix, et le prix de revient d'ouvrages inédits a entraîné l'arrêt de la collection vers 1980.

Pierre Marchand, qui avait fondé le département Jeunesse de Gallimard et brillamment lancé la collection Découvertes, s'est intéressé aux guides touristiques, en s'inspirant quelque peu d'exemples américains. Nathan, avant de se recentrer sur le scolaire, joua la carte de guides culturels très illustrés (Guides couleurs Delpal), dont certains furent réédités sous label Minerva. De nombreux éditeurs régionaux ont publié des guides, à l'exemple d'Alsatia, d'Aubanel et d'Édisud. Les ouvrages paraissant sous label Ouest-France ont depuis longtemps dépassé les limites de la Bretagne.

Les guides Lonely Planet sont lancés en 1973. Autrefois réservés aux anglophones, ils sont de plus en plus souvent traduits, de même que les guides Let's Go (Dakota éditions) écrits à l'origine par l'Agence des étudiants d'Harvard. Ces deux guides indiquent les prix courants des hôtels et restaurants.

Le coût des mises à jour est, considérable. Il explique l'échec final de collections dont les titres se vendaient bien, mais dont le succès ne permettait pas de financer des actualisations sérieuses. Un guide bien conçu et documenté peut « tenir » plusieurs années, sauf catastrophes naturelles ou grands changements dans les pays décrits, mais les variations des prix imprudemment signalés avec précision, les changements de numéros d'appel téléphonique, de libellés de sites électroniques, etc., les font vite vieillir — et la navigation sur le net permet des vérifications avant même d'être sur place.

Par ailleurs, les lecteurs actuels peinent davantage que les touristes d'autrefois à lire des ouvrages copieux. Ils veulent des illustrations, des encadrés et des hors-textes permettant de « zapper ». Les gros Guides bleus, austères et riches en documentation, du milieu du XXe siècle, ne seraient guère vendables actuellement. En tous cas, ils seraient ruineux pour l'éditeur.

On peut, par ailleurs, discuter de la compétence de beaucoup d'enquêteurs-rédacteurs, souvent pigistes, pas forcément grands connaisseurs des pays qu'ils décrivent. Ainsi que d'une éventuelle « vénalité » (en fait : des renvois d'ascenseur), expliquée en grande partie par l'impossibilité de se faire rembourser les frais qui devraient normalement être engagés. Le travail de correction, bien fait dans le cas des Guides Verts, est souvent bâclé.

À l'heure actuelle, compte tenu du coût de l'impression, des droits photo et du prix d'une bonne cartographie, il est difficile de concevoir des collections sérieuses qui ne soient pas amorties par des éditions en plusieurs langues. Si possible quasi-simultanées, pour éviter que la traduction paraisse quand des choses ont déjà changé.

Cela oblige parfois à adaptation : les intérêts des touristes sont plus ou moins dissemblables en fonction de leur culture d'origine, la longueur du texte varie (il sera beaucoup plus long en allemand qu'en français, par exemple), ce qui pose des problèmes d'adéquation avec la mise en page initiale, notamment quand l'ouvrage est abondamment illustré. Beaucoup de guides parus en France révèlent leur origine anglo-américaine ou allemande.

De petits éditeurs locaux et, surtout, des éditeurs adossés à de grands quotidiens régionaux peuvent cependant tirer leur épingle du jeu, dans la mesure où ils ont la maîtrise de la diffusion locale et réassortissent les ouvrages dès que nécessaire.

Éditions électroniques[modifier | modifier le code]

De nouvelles formes de guides de voyage entièrement numériques voient aussi le jour, sous forme de guides collaboratifs en ligne construit sur le principe du Web 2.0, d'audioguides ou de guides pour appareils mobiles ou GPS. L'apparition des guides de voyage électroniques a engendré deux courants en termes de contenu: le contenu provenant "d'experts" (éditions en ligne des guides papier traditionnels ou spécialistes du voyage) et le contenu généré par les utilisateurs (notes, avis, articles).

Éditeurs de guides touristiques[modifier | modifier le code]

Éditions papier[modifier | modifier le code]

Éditions électroniques[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Étienne Maignen, « Rennes dans les guides de voyage du XIXe siècle », Bulletin et mémoires de la Société archéologique et historique d'Ille-et-Vilaine, vol. 112,‎ 2008, p. 129–162 (ISSN 1635-8279).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Wikivoyage, le guide de voyage libre