Beth Guvrin

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Beth Guvrin
Éleuthéropolis - Bethgibelin
Grotte en forme de cloche
Grotte en forme de cloche
Localisation
Pays Drapeau d’Israël Israël
Coordonnées 31° 36′ 47″ N 34° 53′ 54″ E / 31.613097, 34.898297 ()31° 36′ 47″ Nord 34° 53′ 54″ Est / 31.613097, 34.898297 ()  

Géolocalisation sur la carte : Israël

(Voir situation sur carte : Israël)
Beth Guvrin
Beth Guvrin

Beth Guvrin est une ancienne ville de la Shéphélah en Israël, entre la rivière Guvrin et la rivière Marésha, à proximité du kibboutz Beth Govrin. Elle est mentionnée par Flavius Josèphe sous le nom Beth Govri et par Hazal sous le nom Beth Gouvria. La signification de ce nom en araméen est la maison des Hommes. Selon le Midrash, il y avait des géants dans les grottes aux alentours du village, d'où son nom. À l'époque romaine, elle est renommée Éleuthéropolis. Le site était déjà identifié comme Baitogabra dans la Géographie de Ptolémée. Les Croisés l'appellent Bethgibelin. L'identification d'Edward Robinson d'un village arabe dépeuplé appelé Beit Jibrin avec la ville ancienne a été confirmée par des fouilles archéologiques.

Histoire[modifier | modifier le code]

Sous le règne d'Hérode le Grand (-37--4), Beth Govrin remplaça Marésha comme capitale de l'Idumée, qui comprenait alors la Shéphélah et la région au sud du mont Hébron jusqu'à la vallée de Beer Sheva et Arad. Lors de la Grande révolte juive (66-77), la population juive de la ville est massacrée par les troupes de Vespasien. 10 000 habitants sont tués et 1 000 sont réduits en esclavage. La ville sert de garnisons pour l'armée romaine.

Avec le temps, elle se transforme en une ville romaine. Un amphithéâtre est construit, ainsi que deux aqueducs : le premier achemine l'eau depuis le mont Hébron, le second est construit le long de la route qui mène de Jérusalem à la Shéphélah.

En 200, l'empereur Septime Sévère donne à la ville le statut de polis et change son nom en Éleuthéropolis (« la ville de l'homme libre »). À partir de là, elle devient une ville importante et gouverne une vaste région. Elle est citée dans une décision de Rabbi Juda Hanassi qui exempte les habitants de certaines villes de la contribution au teroumat hamaasser, ceci dans le but d'encourager les habitants juifs à rester dans ces villes.

Avec le début de la période byzantine (324-638), le statut de la ville se trouve encore renforcé. Elle gouverne un territoire très étendu, de la vallée de Beer-Sheva à la vallée des Térébinthes au nord, et de la mer Morte à l'est au littoral méditerranéen à l'ouest. Des églises et des monastères y sont construits. La ville apparaît dans la mosaïque de Madaba comme une grande ville protégée par des remparts.

La forteresse de Bethgibelin

Après la conquête de la région lors de la première Croisade, Baudouin Ier de Jérusalem attaque pendant l'hiver 1100 les Bédouins qui trouvaient refuge dans les grottes et écumaient la route entre Jérusalem et Jaffa. Il fait boucher les grottes et y mettre le feu[1]. Vers 1136, Foulques V d'Anjou y fait construire un château afin de défendre Hébron face aux incursions depuis la ville fatimide d'Ashkelon. N'ayant pas les moyens de s'emparer d'Ashkelon, une série de fortifications avaient été décidées pour encercler la ville. Ce plan d'encerclement inclut aussi les forteresses d'Ibelin (Yavné) et de Blanche-Garde (Gath). Pour les Croisés, le site s'appelle Bethgibelin, Begebelinus, ou Gibelin, et est identifié à Beer-Sheva[2]. La forteresse consiste en une tour centrale entourée d'une ligne de murailles avec quatre tours d'angle. La défense est complétées par un fossé. Elle réutilise des parties des murs et des tours nord-ouest de la ville de l'époque byzantine. Dans une deuxième phase de construction, un mur extérieur est ajouté pour défendre une zone plus large, donnant à la forteresse un plan concentrique[3].

En 1947-48, les habitants ont fui. Beaucoup sont maintenant réfugiés dans la région d'Hébron et dans le camp d'El Fawar au sud d'Hébron. Aujourd'hui, Beth Guvrin fait partie du parc national israélien de Beth Guvrin-Marésha.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Joshua Prawer, Histoire du royaume latin de Jérusalem, Paris, CNRS,‎ 2001 (ISBN 978-0-271-06541-4[à vérifier : isbn invalide]), p. 265 (I)
  2. Prawer 2001, p. 329 (I)
  3. David Nicolle (ill. Adam Hook), Crusader castles in the Holy Land 1097-1192, Osprey,‎ 2004 (ISBN 9781841767158[à vérifier : isbn invalide]), p. 13

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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