Yves Le Prieur

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Yves Le Prieur
Le Prieur 1920.jpg
Biographie
Naissance
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Formation
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Linguiste, traducteur, judoka, officier de marine, inventeurVoir et modifier les données sur Wikidata

Yves Le Prieur ( à Lorient, France - à Nice, France[1],[2]) est un officier de marine et un inventeur français, pionnier dans l'armement aéronaval (1911-1939), l'aviation (1919-1925), la plongée sous-marine (1925-1954) et le cinéma (1928-1931).

Biographie[modifier | modifier le code]

Yves Le Prieur sur le Duguay-Trouin, 1904

Enfance[modifier | modifier le code]

Yves Le Prieur naît à Lorient le 23 mars 1885. Il est le dernier des trois fils du premier mariage du commandant Edmond Le Prieur (1849-1919), officier de marine issu d'une lignée de marins de Cherbourg, avec Marie Kerihuel (1859-1893), fille de Me Pierre Kerihuel, notaire à Quimperlé et sœur de l'officier de marine Paul-Arthur Kerihuel.

Carrière dans la marine[modifier | modifier le code]

Après des études au lycée de Lorient[3], Yves Le Prieur entre à l'École navale en 1902 qu'il achève en 1904-1905 par une campagne sur le Duguay-Trouin, puis réalise son premier service en Extrême-Orient de 1905 à 1907 à bord du croiseur cuirassé Dupetit-Thouars et à bord du croiseur D'Entrecasteaux. C'est sur le Dupetit-Thouars en décembre 1905 en rade de Cam-Ranh (Annam), qu'il découvre la plongée sous-marine en allant évaluer sous l'eau la réparation nécessaire à la coque d'une chaloupe des douanes endommagée, il gardera de cette première plongée un souvenir émerveillé malgré le déplaisir que lui a causé le lourd scaphandre Rouquayrol-Denayrouze pieds plombés, endossé à cette occasion (énorme combinaison, tête enfermée dans le casque alimenté en air par une pompe manuelle à bord). Il plonge à nouveau un an plus tard, depuis le croiseur D'Entrecasteaux devant l'île de Haï-Nan, pour dégager une aussière d’acier enroulée autour d’une hélice que le scaphandrier du bord n'arrivait pas à libérer. En 1907 il est ensuite affecté à bord du Victor Hugo.

L'enseigne de vaisseau Le Prieur est envoyé deux ans au Japon comme élève-interprète (1908-1910), il y découvre les arts martiaux : élève de judo à l'École Kanō de Tokyo dont il est adepte de la philosophie d'équilibre physique et spirituel qui l'enthousiasme, il traduit en français le manuel de jiu-jitsu du Maître Yokoyama Sakujiro, publié à Paris en 1911 par les Éditions Berger-Levrault (réédité par Yugen éditions en 2013). Le 9 décembre 1909, Yves Le Prieur est le premier homme à voler dans le ciel japonais sur un planeur en structure de bambou et de toile qu'il a construit sur les plans des frères Voisin. L'exploit a lieu à Tokyo, près du lac Shinobazu, devant des ministres, des ambassadeurs, la presse et la foule enthousiaste.

Au bout des deux ans prévus, Le Prieur quitte le Japon fin mai 1910 et rentre en France par le Transsibérien. En août il est affecté à la Commission de Gâvres. Le 10 septembre 1910 il épouse Françoise Marie à Lorient, ils auront deux filles : Simone (1912-2015) et Monique (1918-1975) ; ils divorcent en 1921. Il épousera Anne-Marie Brasseur en secondes noces en 1944 (mariage dont ils n'auront pas d'enfants).

Inventions pour l'aéronavale et Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

En 1911 l'enseigne de vaisseau Le Prieur intègre l'école des officiers-canonniers à Toulon sur le croiseur Pothuau et les cuirassés Tourville et Mirabeau, le réglage de tir devient son principal centre de recherches. Brillant balisticien, en 1912 il invente et réalise les calculateurs et les conjugateurs de tir qui vont équiper les unités de la Marine qu'il expérimente à Lorient et à la Base Aéronavale de Saint-Raphaël, où ses travaux de balistique aéronavale le mèneront sa vie durant.

C'est alors que survient la Première Guerre mondiale, l'enseigne de vaisseau Le Prieur est envoyé à Malte et en Adriatique chargé d'équiper de ses conjugateurs de tir les cuirassés France et Paris, puis la plupart des bâtiments à la suite. En 1914 et 1915 il se consacre à perfectionner différents systèmes de tir, tant des canons d'artillerie navale que des canons de l'armement de terre. Nommé lieutenant de vaisseau en 1915, il est réclamé à la Base d'Hydravions de Cazaux où il travaille à améliorer la technique d'amerrissage. Il se penche aussi sur l'une de ses inventions qui l'aura le plus passionné en ces temps de guerre : le tir de fusées incendiaires depuis un avion en vol sur une cible aérienne. En mai 1916 les fusées Le Prieur - ou roquettes - sont expérimentées à Verdun contre les Drakens par l'aviation de chasse (les aviateurs Navarre, Guynemer, Nungesser en font partie), permettant ainsi de reprendre le fort de Douaumont ; les roquettes Le Prieur valent à leur inventeur d'être félicité par président Raymond Poincaré et d'être cité à la Légion d'honneur et à la Croix de Guerre, et le Major-Général Trenchard (en) lui remet la Military Cross à Cachy, quelques jours avant la Bataille de la Somme. Paul Painlevé, ministre de la Guerre, avec son ami le physicien Jean Perrin, charge alors le lieutenant de vaisseau Le Prieur (trente et un ans) de diriger le tout nouveau Bureau des Inventions rattaché au ministère de la Guerre (le Bureau des Inventions deviendra le CNRS en 1939). En 1917 il passe son brevet de pilote d'avions à la Base Aéronavale de Saint-Raphaël, pour éviter à d'autres de mettre leur vie en danger lors des essais aériens de ses inventions, où il met au point ses bombes ramées et ses bombes à flotteurs contre les sous-marins, ses affûts de DCA pour Hotchkiss.

Inventions pour la sécurité en avion[modifier | modifier le code]

En 1919 le lieutenant de vaisseau Le Prieur est demandé par Louis Breguet à Villacoublay pour transformer les bombardiers Breguet XIV en avions de transport civil.

En juin 1920 Albert de Carsalade le nomme directeur technique à la Précision Moderne qu'il vient de fonder, où Le Prieur se consacre surtout à ses inventions pour la sécurité de l'aviation (en 1920 le Gyroclinomètre permettant l'amerrissage des hydravions sans visibilité, et le Navigraphe, appareil correcteur des dérives en vol), tout en continuant ses travaux pour Hotchkiss ; ses conjugateurs mécaniques sont adoptés par la Marine en 1922. Il est élu à la toute nouvelle Académie de marine en même temps que Maxime Laubeuf, l'ingénieur inventeur du sous-marin moderne, ami de sa famille. Ses expériences d'inventeur l'empêchant de reprendre la mer, il quitte alors la Marine avec le grade de capitaine de corvette de réserve.

Le Prieur est aussi dessinateur et mélomane, ami du Groupe des Six, ami de Robert Delaunay et Sonia Delaunay, Fujita, Utrillo, du sculpteur François Sicard, de l'architecte Robert Mallet-Stevens et de nombreux cinéastes. En 1922, une amie de sa mère le présente à Georges Clemenceau qui s'intéressera à lui jusqu'à sa mort.

En 1925, Le Prieur participe à la mission aérienne De Goÿs acclamée par la presse (Paris-Gao, au-dessus du Sahara) avec son Navigraphe, correcteur de dérives en vol qui équipera les avions de l'Aéropostale et sera utilisé avec succès par Costes et Le Brix dans leur tour du monde en avion en 1928.

Le scaphandre autonome Fernez-Le Prieur[modifier | modifier le code]

À l'Exposition industrielle et technique de 1925 à Paris, Yves Le Prieur s'enthousiasme pour le petit appareil respiratoire pour plongeurs d'éponges et corail en Méditerranée, mis au point par l'industriel Maurice Fernez une dizaine d'années plus tôt, qui ravive ses souvenirs des plongées de midship en Extrême-Orient, il a l'idée immédiate d'y adapter une bouteille d'air comprimé, le léger appareil Fernez, juste un pince-nez et un embout buccal rattaché sous l'eau au tuyau du pompage manuel d'air en surface, laisse une grande mobilité aux plongeurs, puisqu'il est dépourvu du casque et de l'encombrante combinaison des scaphandres Rouquayrol-Denayrouze. Les deux hommes s'associent, Le Prieur adjoignant alors une bouteille d'air comprimé portative à l'appareil, qui va permettre aux scaphandriers légers de Fernez d'être également libres sous l'eau, indépendants de la surface. Le scaphandre autonome Fernez-Le Prieur est breveté en 1926. Très pris par son usine d'appareils respiratoires en atmosphères polluées, l'industriel Maurice Fernez laisse rapidement à Le Prieur, seul, de promouvoir tout ce que leur appareil de plongée offre désormais à la science et au sport : Le Prieur, inventeur pionnier pour l'aéronavale, devient aussi le pionnier enthousiaste de la plongée sous-marine moderne.

Afin de se rapprocher de la Base Aéronavale où ses travaux le conduisent depuis près de quinze ans dans le Var, il fait construire en 1926 à Saint-Raphaël une petite villa avec son port personnel, le Prieuré (dont Clemenceau est l'un des premiers éminents visiteurs). Il fait ses essais de plongée du scaphandre au Prieuré et y reçoit les premiers adeptes sportifs du scaphandre en Méditerranée.

Cette même année 1926 Henri-Claude Martin fait de lui le portrait en uniforme blanc, un sextant à la main, offert à sa mort par sa veuve à la Fédération française d'études et de sports sous-marins de Marseille.

Inventions pour le cinéma et la marine[modifier | modifier le code]

En 1928, le cinéaste Jacques de Baroncelli le demande en tant qu'ingénieur-conseil aux studios de Joinville (Société des Cinéromans) où il invente le procédé de la transparence pour le cinéma, dont il va proposer le brevet aux États-Unis en 1929 accompagné de Pathé et de Nathan (Le Prieur s'aperçoit en 1933 que son procédé a été utilisé sans qu'on l'en ait averti dans le film King-Kong). En 1928 Mme Sancholles-Henraux (parente du sculpteur François Sicard, ami de Georges Clemenceau) réalise un bronze de sa tête, conservé au musée des Beaux-Arts de Tours. Son ami l'architecte Robert Mallet-Stevens, épris lui aussi de Japon et de cinéma, lui dessine en 1928 une petite maison à Paris aux Buttes-Chaumont, rue Georges Lardennois, où il s'installe en 1930.

Partageant ses travaux entre Paris à la Précision Moderne et à la Base Aéronavale de Saint-Raphaël, il se tourne en 1931 vers des améliorations de son scaphandre autonome qu'il dote d'un masque à hublot (englobant les yeux, le nez et la bouche) où arrive l'air de la bouteille, plus pratique et moins dangereux que le système du Fernez à lunettes, pince-nez et embout buccal. Fort de son expérience cinématographique, il met au point des caissons étanches destinés à la photographie et au cinéma sous-marins. En balisticien éprouvé, il commence à mettre au point un fusil-harpon pour la chasse sous-marine.

En mai 1935, la Marine adopte le scaphandre autonome Le Prieur sur tous ses bâtiments, suivie par les sapeurs-pompiers de Paris (qui utiliseront aussi son « habit chauffant » de 1936 pour leurs plongées dans la Seine).

Avec le cinéaste scientifique Jean Painlevé, qui utilise le scaphandre autonome Le Prieur depuis 1933 pour filmer sous l'eau la faune sous-marine (Jean Painlevé utilisait avant le petit appareil Fernez à pompage extérieur), Yves Le Prieur fonde le au Prieuré le premier club de plongée sous-marine, le « Club des Sous-l'Eau » qui deviendra bientôt à Paris le « Club des Scaphandres et de la Vie Sous l'Eau », dont est membre, parmi une trentaine de plongeurs sportifs en scaphandre autonome, son ami Louis de Corlieu avec ses palmes de caoutchouc. Mais, des divergences d'opinions s'étant élevées entre Jean Painlevé et Yves Le Prieur (Le Prieur réprouvant la politique partisane : selon lui un parti politique, de quelque tendance qu'il soit, empêche la libre conscience personnelle éclairée, cause de débordements et de discordes de société, alors que Jean Painlevé, qui adhère aux idéaux communistes, lui reproche d'être fasciste), le club sera dissous à la fin de l'été 1936, après un an d'une vie aussi brillante qu'éphémère.

Jean Cocteau, initié par Yves Le Prieur à la plongée en scaphandre dans le petit port du Prieuré l'été 1937, prend l'inventeur pour modèle de sa pièce Les Parents terribles (1938) avec son « fusil-harpon sous-marin » (fabriqué par Gastinne-Renette en 1936). Ses appareils Nautilus pour la plongée sous-marine trouvent un grand succès auprès des enthousiastes méditerranéens et sont exposés au musée océanographique de Monaco ; particulièrement intéressé par le fusil-harpon Le Prieur, le plongeur et écrivain américain Guy Gilpatric le cite longuement dans son livre The compleat Goggler, publié à New York en 1938. À l'automne, Le Prieur est invité à donner une série de conférences avec projections de ses films sous-marins à l'Institut Océanographique de Paris qui auront un grand succès. Avec son ami Antoine de Saint-Exupéry il partage de nombreux intérêts techniques et philosophiques (comme la conviction des méfaits de la politique de parti). En 1939 il a une controverse avec le professeur Auguste Piccard au sujet du projet de bathyscaphe que ce dernier estime pionnier, en le comparant à la bathysphère de William Beebe qui avait déjà plongé à 923 mètres aux États-Unis en 1934.

En juillet 1939 Le Prieur organise une expédition d'exploration sous-marine archéologique dans le golfe de Fos avec les professeurs Petit, Prat et Denizot de la Faculté des Sciences de Marseille, mais le mauvais temps oblige à remettre les essais en septembre (que la guerre empêchera).

C'est au début de cet été 1939 que le jeune officier de marine Jacques Cousteau accompagné de sa jeune femme Simone (fille d'un ami de longue date du commandant Le Prieur, le commandant Henri Melchior qui dirige l'Air liquide), initié à la plongée sous-marine en 1937 par le commandant Philippe Tailliez, vient voir Le Prieur pour se faire présenter son scaphandre autonome, sa caméra sous-marine et sa cage à requins pour filmer en mer.

Seconde guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Capitaine de frégate de réserve depuis 1937, Le Prieur est rappelé sous les drapeaux en septembre 1939 (la guerre empêchant donc la poursuite de ses recherches sous-marines). Il est intégré à la Commission scientifique de la Marine du Centre d'Études de Toulon que dirige l'amiral Fenard - le Centre au complet, embarqué vers Alger le 22 juin 1940, est démobilisé dès son arrivée. Revenu à Toulon début août, Le Prieur s'installe au Prieuré pour la durée de la guerre, reprenant, sans moyens financiers, ses inventions diverses.

Peu après une deuxième visite de Jacques Cousteau au Prieuré en juin 1942 (avec sa femme Simone et son ami Frédéric Dumas), venu présenter à l'inventeur pionnier le scaphandre auquel il travaille avec Émile Gagnan, ingénieur de son beau-père à l'Air liquide. Pendant l'été 1942 Le Prieur est en mission secrète à Berne (à ses risques et périls). Il refuse de participer au sabordage de la Flotte de Toulon. Au retour d'un bref séjour à Paris en avril 1943, à l'invitation de Cousteau au gala de son premier film sous-marin (où Le Prieur est stupéfait de voir le public en uniforme SS), Saint-Raphaël subissant des bombardements qui ont endommagé le Prieuré, il se replie à Ampus (Var) où, le 14 mars 1944, il épouse son amie peintre Anne-Marie Brasseur - ils décideront de ne pas avoir d'enfants de son second mariage.

En 1945 (il a soixante ans), ses travaux ayant souffert des contretemps de la guerre, il apporte à son scaphandre un détendeur extrêmement sensible, mais il apprend alors que la Marine vient de remplacer son scaphandre de 1935 par celui de Cousteau et Gagnan. Il s'aperçoit aussi que sa renommée est sérieusement entamée au profit de celle du nouveau venu de la plongée sous-marine. En 1946 Cousteau publie chez Durel son livre Par dix-huit mètres de fond, qu'il dédie « Au Commandant Yves Le Prieur, pionnier, maître et ami » dont, malgré cet apparent hommage, Jacques Cousteau s'attribue progressivement tous les travaux antérieurs, jusqu'à éliminer les appareils Le Prieur exposés au musée océanographique de Monaco. Profondément écœuré mais réaliste, Le Prieur renonce à intenter un procès contre Cousteau qui a écarté sans façons tous ses autres concurrents (dont Georges Commeinhes). En 1952, alors qu'il préside l'Institut de Recherches Sous-marines de Cannes, Le Prieur s'associe avec Dimitri Rebikoff, jeune ingénieur inventeur du flash électronique et grand plongeur.

En 1953, après avoir vendu la maison des Buttes-Chaumont à Paris et le Prieuré, Le Prieur et sa femme s'installent à Nice dans leur villa Carpe Diem, sur la colline du Parc Impérial.

À Nice, il écrit son livre Premier de Plongée publié aux Éditions France-Empire en 1956. Travaillant à peindre la chapelle de Villefranche-sur-Mer et ne pouvant se trouver à Paris en octobre pour la présentation du livre de son ami, Jean Cocteau lui écrit le 3 octobre depuis St Jean Cap Ferrat : "Mon cher Le Prieur, Votre nom symbolise cette France qui donne toujours et récolte peu. Pas une usine de vitesse, pas un pilote, pas une chasse sous-marine qui ne vous doive. Lorsque j'étais enfant je rêvais de devenir "ingénieux". Le suis-je devenu ? Peut-être. Vous, sans l'ombre d'un doute. Et c'est un titre plus noble, si possible, que celui d'ingénieur. Car vous découvrez continuellement ce que l'avenir recouvre. Vous fouillez en quelque sorte le sol du futur. Les princes de votre royaume sont Léonard et Jules Verne. Votre vie de poète actif illustre sous l'angle de la Science la belle phrase de Picasso "Je trouve d'abord, après je cherche". Découvrir des trésors c'est, hélas, ainsi qu'on se ruine. Mais vous avez motorisé la roue de la Fortune. N'est-ce pas magnifique ?" (Service Historique de la Défense, Archives centrales de la Marine, Fonds Privés 157 GG² 10, correspondance avec Jean Cocteau).

Le commandant Le Prieur meurt à Nice le , « fier, de toutes mes entreprises de marin et d'inventeur, d'avoir été le premier d'entre tous à plonger dans l'eau, libre de tout lien avec le monde terrestre » (selon les termes de la dernière phrase de son livre Premier de Plongée). Après des funérailles officielles, il est inhumé sur les hauteurs de Nice, devant la mer.

La correspondance, les brevets, les carnets (carnet du Japon 1908-1910, cahier de la guerre 1914-1918, cahier de la mission de Goÿs Paris-Gao 1925), les photos et les papiers personnels du commandant Yves le Prieur ont été versés aux Archives de la Marine et sont consultables sur demande au Service Historique de la Défense du château de Vincennes.

Principales inventions[modifier | modifier le code]

  • 1915 : autocorrecteur de tir aérien, basé sur un systè me de girouette et de réglette but. C'est un correcteur de tir qui, aux commandes de l'armement défensif d'un avion biplace, permettait d'ajuster un adversaire en trajectoire transversale, parfois en permettant de toucher au but des avions ennemis situés jusqu'à une distance de 300 mètres. Entraînés d'abord à l'aérodrome de Cazaux (dans le département de la Gironde en Nouvelle-Aquitaine), les équipages de l'escadrille de chasse numéro 67 sont envoyés en service aérien à Verdun. Parmi ces pilotes de chasse il y a Jean Navarre, qui avec le correcteur de tir Le Prieur descend quatre avions ennemis le 3 avril 1916.
  • 1916 : fusées Le Prieur. Mises en service à partir du mois de mai 1916 et utilisées comme armement offensif à bord d'avions de chasse elles étaient destinées à la destruction des Zeppelins allemands qui bombardaient Paris. En juin 1916 Le Prieur part pour Cachy, sur le front de la Somme, afin d'équiper les avions de chasse avec ses fusées. Après quelques entraînements, l'adjudant Bloch obtient jusqu'à cinq victoires aériennes. Appelées fusées à leur époque elles sont en réalité déjà les roquettes qui seront utilisées jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, et même au-delà.
  • 1926 : scaphandre autonome manuel. Le Prieur, ayant assisté au Grand Palais, en 1925, à une démonstration que Maurice Fernez faisait de l’un de ses appareils de respiration subaquatiques (alimenté en air de surface par une pompe), proposa à Fernez de remplacer sa pompe et son tube respiratoire par une réserve d'air qui offrirait au plongeur l'autonomie et l'indépendance de la surface. Fernez accepta et un an plus tard, en 1926 ils brevetèrent ensemble leur scaphandre Fernez-Le Prieur. Les apports de Fernez incluaient un pince-nez, des lunettes dites « lunettes Fernez » et une soupape de non-retour pour l'échappement de l'air d'expiration du plongeur. L'apport de Le Prieur fut un détendeur de plongée manuel (ou manodétendeur) qu'il avait conçu et couplé à une bouteille d'air comprimé de la société Michelin[4], Le Prieur remplacera les lunettes et le pince-nez de Fernez par un petit masque à hublot, plus sûr, en 1931. Le poumon autonome du Prieur à valves manuelles pouvait fournir de l'air à deux plongeurs et délivrait de l’air uniquement à pression constante et en fonction de vannes commandées à la main. Ce détendeur manuel resta en usage jusqu'à l'arrivée en 1943 du détendeur automatique mis au point pendant la guerre par Émile Gagnan et Jacques Cousteau.

Premier de plongée[modifier | modifier le code]

  • Commandant Le Prieur, Premier de plongée, Éditions France-Empire, 1re édition Paris 1956, 2e édition Paris 1991
  • Commandant Le Prieur, Premier de Plongée, édition condensée pour la Bibliothèque Verte, Librairie Hachette, Paris 1967

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne, p. 253-254
  2. 1 000 Bretons : dictionnaire biographique
  3. « Les fusées du commandant Le Prieur », sur annuairedelaplongee.wordpress.com, 21 mars 2014 (consulté le 12 novembre 2015).
  4. (en) Nick Hanna, The Art of Diving : An Adventure in the Underwater World, Lyons Press, , 272 p. (ISBN 978-1-59921-227-2, lire en ligne), p. 25

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Emmanuel Salmon-Legagneur (dir.) et al. (préf. Yvon Bourges, anc. ministre, prés. du conseil régional de Bretagne), Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne : 1 000 noms pour les rues de Bretagne, Spézet, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, , 446 p. (ISBN 978-2-84346-032-6)
  • Étienne Taillemite, Dictionnaire des marins français, Tallandier, 2002, p. 329-330
  • Manuel de jujutsu de l'école Kano de Tokyo par Yokoyama Sakujiro & Oshima Eisuke, traduit du japonais par l'enseigne de vaisseau Le Prieur, réédité par Yugen éditions avec une préface de Lucien Levannier, 2013 (ISBN 9782954521107)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]