Vittefleur

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Vittefleur
Le lac de Caniel.
Le lac de Caniel.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Seine-Maritime
Arrondissement Dieppe
Canton Saint-Valery-en-Caux
Intercommunalité Côte d'Albâtre
Maire
Mandat
Franck Foiret
2014-2020
Code postal 76450
Code commune 76748
Démographie
Population
municipale
626 hab. (2014)
Densité 77 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 49′ 10″ nord, 0° 38′ 18″ est
Altitude Min. 2 m
Max. 100 m
Superficie 8,17 km2
Localisation

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Vittefleur est une commune française située dans le département de la Seine-Maritime, en Normandie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vittefleur est située dans le pays de Caux.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Witeflue en 1130 - 1164, Witeflo en 1180[1].

Traditionnellement, le r final, non étymologique, ne se prononce pas.

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale.

La nature du second élément -fleur que l'on retrouve ailleurs en Normandie dans Honfleur, Harfleur, Fiquefleur, Barfleur, Crémanfleur à Crémanville et la Gerfleur, a donné lieu à diverses interprétations par les toponymistes. Il s'agit soit du norois floth (pour René Lepelley[2]), c'est-à-dire, selon les conventions graphiques du vieux norois, flóð « marée montante courant » sans doute à l'origine du mot français flot « marée montante, flux »; du vieil anglais flod (pour François de Beaurepaire) qui a donné l'anglais moderne flood « marée haute, inondation »; du vieux saxon flōdh « flot, marée » (pour Albert Dauzat et Charles Rostaing[3]), alors qu'ils croient reconnaître le vieux norrois fljot « crique », c'est-à-dire en réalité fljót « grande rivière, fleuve » (cf. islandais fljót de même sens) dans Barfleur et qui conviendrait mieux sémantiquement. En effet, le sens de l'ancien normand fleu est bien établi dans un texte du XIIIe siècle qui mentionne le fleu de Lestre, c'est-à-dire « la rivière de Lestre » (cf. la Gerfleur, rivière du Cotentin et le Fleu-le-Roi, ruisseau à Ingouville, le Havre). Vittefleur n'étant pas situé au bord de la mer, mais au bord de la Durdent, il est probable qu'il s'agisse d'un nom alternatif pour cette rivière. En outre, ces derniers considèrent que l'élément -fleur dans Harfleur et dans Honfleur représente le vieil anglais flēot « eau qui coule, courant, rivière ». Cette explication a été reprise ultérieurement par Dominique Fournier pour expliquer Honfleur[4]. L'anglo-saxon flēot s'accorde tout aussi bien avec les mentions les plus anciennes du nom de Barfleur, attesté un siècle environ avant Vittefleur et dont l'élément -fleur apparait ainsi sous une forme plus proche de celle initiale. En effet, l'élément -fleur se retrouve dans des formes anciennes extrêmement variées -floth, -flueth, fluet ou encore flet, ce qui peut s'expliquer par la diphtongue instable du vieil anglais flēot[5].

Le premier élément Vitte- représente peut-être un anthroponyme scandinave ou anglo-saxon, Albert Dauzat propose le nom de personne Witta (comprendre vieux saxon?), c'est-à-dire plutôt le nom de personne anglo-saxon Hwitta, variante de Hwita[6]. L'association de cet anthroponyme anglo-saxon avec flēot, voire de flod, renforce cette hypothèse. François de Beaurepaire préfère associer cet appellatif aux noms de personnes germaniques Wido / Witto sans doute parce qu'ils sont plus fréquents et qu'on les retrouve selon lui dans Quittebeuf (Witeboe 1205), Yville-sur-Seine (Witvillam vers 1025), Ymare (Wimara vers 1240) et Iville / Vitot (Witot 1035 - 1047) pour lesquels il évoque aussi la possibilité d'un anthroponyme anglo-saxon Hwita[7]. Dans le cas d'un emploi de Wido, le [d] intervocalique aurait dû s'amuïr et on attendrait donc *Vifleur (ou *Ifleur, *Yfleur), d'ailleurs dans Yville-sur-Seine, Ymare, Iville et Vitot, le [d] s'est effectivement amui, tout comme dans le nom du village lorrain de Vionville (Wydonis villa en 1156[8]), où Wido est au cas régime. En revanche, la variante Witto convient mieux, on la rencontre au cas régime sous les formes Witon ou Guiton, confondues avec Uui ou Gui au cas sujet, c'est-à-dire Guy (issu de Wido). On peut citer à cet égard Gui, archevêque de Rouen (de 889 - vers 910), nommé également Witon ou Guiton. Witto semble aussi être contenu dans le nom du village lorrain de Vittonville (Witonisvilla 1161 - 1170)[9].

L'association de l'élément -fleur avec des noms de personnes est la plus fréquente par ailleurs, puisqu'on les identifie avec davantage de certitude dans Honfleur (Hunefleth en 1025, Hunefloth vers 1062; anthroponyme vieux norrois Húni, variante de Húnn, ou anglo-saxon Huna), Harfleur (Herolfluoth 1035; NP francique ou anglo-saxon Herulf ou Herolf), Barfleur (Barbefloth, Barbeflueth 1066 - 1077; NP roman Barbé) et Crémanfleur (NP vieux norrois *Kristmaðr, cf. vieux suédois Kristman ou germano-roman *Christman cf. Crémanviller, Vosges).

Albert Dauzat et Charles Rostaing proposent également pour expliquer l'élément Vitte-, un substantif vieux norrois viti « perche servant de signal » ou widde « distance, éloignement »[9] (comprendre vieux saxon ?). L'ancien scandinave viti « marque, signal, fanal » n'a pas été suggéré par d'autres toponymistes pour expliquer les toponymes normands Quittebeuf, Witeclive (nom disparu) et Vitéquet (on le retrouve dans l'ancien normand wirewite > verguillon « girouette », du vieux norrois veðr-viti). Apparemment, on ne conserve pas trace d'un substantif saxon ou anglo-saxon *widde qui pourrait être une création ad hoc de ces auteurs, car le redoublement du [d] est destiné à justifier de l'existence du [t] intervocalique (durcissement). En effet, le terme saxon ou anglo-saxon serait *wīde, forme substantivée de l'adjectif wīd > anglais moderne wide (cf. substantif vieux haut allemand wîti > allemand Weite, adjectif weit).

Jean Renaud proposent d'expliquer Wite- dans Witeclive par le scandinave hvítr, adjectif signifiant « blanc », nom remplacé postérieurement par la Côte Blanche, quartier d'Évreux[10], et René Lepelley envisage la même solution pour l'élément Vit(e)- dans Vitéquet, rocher dans le Cotentin, composé à partir du scandinave sker « rocher, récif ». Ces hypothèses reposent en partie sur le fait que les appellatifs scandinaves klif et sker sont du genre neutre, car hvítr donne hvítt au neutre. Peut-être cette solution conviendrait-elle également pour Vittefleur[11],[12] et Quittebeuf. On note en outre qu'il manque apparemment un toponyme normand du type *Vitteville ou *Guitteville qui pourrait éventuellement renforcer la thèse de l'emploi d'un anthroponyme Witto ou Hwit(t)a (cf. Crémanfleur / Crémanville; Honfleur / Honaville, Honneville; Harfleur - Hérouville; Barfleur / Barbeville). Ensuite, l'élément -beuf ne semble pas non plus avoir été combiné à un nom de personne (voir Elbeuf, Daubeuf, Criquebeuf, Vibeuf, Brébeuf ou Belbeuf). L'élément -beuf peut être féminin comme le vieux danois bóð dont il est issu, par exemple Belbeuf est attesté en 1044 sous la forme Bellebueth, belle étant l'adjectif français[13]. Pour Quittebeuf, la forme initiale aurait été *Hvítabóð.

Pour Vittefleur, aucun argument définitif ne permet de trancher en faveur de l'une ou l'autre des hypothèses, à savoir : soit le vieil anglais *Hwit(t)aflēot « la rivière qui passe sur la propriété de Hwit(t)a », soit l'ancien scandinave *Hvíttfljót « la rivière blanche (ou brillante) » influencé par le vieil anglais *Hwīteflēot de sens analogue.

Histoire[modifier | modifier le code]

Vittefleur a annexé Crosville en 1824.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
mars 2001 en cours Sylvie Houzard UMP  

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[15],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 626 habitants, en diminution de -1,26 % par rapport à 2009 (Seine-Maritime : 0,48 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
803 820 846 782 1 255 1 350 1 232 1 349 1 333
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 217 1 272 1 145 1 012 914 812 832 844 842
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
806 793 738 707 655 642 694 726 703
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
685 651 638 736 678 641 611 634 626
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Église Saint-Pierre-Saint-Paul.
  • Église Saint-Pierre [actuel lieu d'exposition] (Crosville).

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. François de Beaurepaire (préf. Marianne Mulon), Les Noms des communes et anciennes paroisses de la Seine-Maritime, Paris, A. et J. Picard, , 180 p. (ISBN 2-7084-0040-1, OCLC 6403150), p. 166
  2. René Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, éditions Charles Corlet et PUC 1994, p. .
  3. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1978. p. 727b
  4. Dominique Fournier, Dictionnaire des noms de rues et noms de lieux de Honfleur, éditions de la Lieutenance, Honfleur 2006. p. 124-125.
  5. Dominique Fournier, op. cit.
  6. Latin Learning And English Lore, edited by Katherine O'Brian O'Keeffe and Andy Orchard, p. 261 (lire en ligne) [1]
  7. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l'Eure, Paris, A. et J. Picard, , 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 132 et 211
  8. Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., p. 726a.
  9. a et b Albert Dauzat et Charles Rostaing, op. cit., p. 727b.
  10. Jean Renaud, Vikings et noms de lieux de Normandie. Dictionnaire des toponymes d'origine scandinave en Normandie, éditions OREP, 2009 (ISBN 978-2-915762-89-1)
  11. René Lepelley, op. cit.
  12. Jean Renaud, op. cit.
  13. François de Beaurepaire, op. cit.
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]