Verrerie de La Vieille-Loye

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Verrerie de La Vieille-Loye
Présentation
Type
Ancienne industrie
Destination initiale
Destination actuelle
Logements et exploitation agricole privés
Construction
Localisation
Pays
Région
Département
Commune
Coordonnées

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La verrerie de La Vieille-Loye est une ancienne importante verrerie française du XIIIe siècle, en activité de 1295 à 1931, à La Vieille-Loye près de Dole dans le Jura en Bourgogne-Franche-Comté.

Historique[modifier | modifier le code]

En 1295, cette verrerie est fondée dans le Val d'Amour de la forêt de Chaux (grosse productrice de bois au Moyen Âge avec entre autres les Baraques du 14 de la forêt de Chaux voisines...), à trois kilomètres en aval du village de La Vieille-Loye, près de Dole (alors capitale de la Franche-Comté, avec son château de Dole comme siège du Comté de Bourgogne des comtes palatins de Bourgogne) entre le Vignoble du Jura et le Vignoble de Bourgogne.

Au Moyen Âge, la verrerie produit de la gobeleterie en verre blanc : verre (récipient), flacons, pots à miel ou confitures, vases d'ornement, etc. Elle emploie des centaines de salariés organisés autour de nombreuses dynasties de souffleurs maîtres verriers.

À la suite des aléas de sa longue histoire, et des nombreuses guerres frontalières locales entre Royaume de France et Saint-Empire romain germanique, elle est plusieurs fois incendiée, détruite, fermée, abandonnée, reconstruite, agrandie, modernisée, et revendue à de nombreux propriétaires successifs...

Au XVIIe siècle, à la suite de l'invention et de l'industrialisation de la bouteille de vin en Angleterre par Kenelm Digby en 1632, la verrerie spécialise sa production dans la fabrication de bouteille de vin dite « anglaise ». La qualité du verre chauffé au four à bois de cette verrerie, est de qualité supérieur en netteté, à celle du verre chauffé au four anglais à houille, entre autres, qui produit des dépôts de goudrons en surface qu'il faut dissoudre à l'alcool et acide tartrique, et qui polluent les vins contenus dans les bouteilles. Elle exporte sa production dans le vignoble du Jura, en Bourgogne, dans le Lyonnais (province), à Genève, et dans toute la Suisse.

Au XVIIIe siècle, la verrerie produit près de 280 000 bouteilles par an, reconnaissables par leurs formes artisanales imparfaites. Elle crée et produit également les clavelins spécifiques au vin jaune, du vignoble du Jura voisin.

Au XIXe siècle, la révolution industrielle accentue sa production : le chemin de fer arrive à la verrerie, et l'industrie Solvay voisine, bâtit un empire industriel en déposant le brevet du procédé Solvay, en exploitant le sel du Jura, pour l'utilisation du carbonate de soude comme fondant en remplacement de la potasse, pour abaisser le point de fusion du verre et maintenir son état pâteux plus longtemps. De par la haute qualité réputée de sa production, 80 % du million de bouteilles produites annuellement au début du XXe siècle sont destinés aux grandes maisons de Champagne : Lanson, Heidsieck, Monopole, Pol Roger, Moët & Chandon, De Venoge, Roederer, Krug et Mercieretc., et 20 % pour les clavelins du vignoble du Jura voisin, avec technique de cachet de verre apposé à chaud.

Au XXe siècle, le phylloxéra anéantit le vignoble français, la Première Guerre mondiale, et la Grande Dépression de 1929, précipite la fin de cette industrie historique locale réputée, dont les fours à bois s’éteignent définitivement le 31 mai 1931, après plus de six cents ans d'activité. Elle est remplacée entre autres par l'industrie moderne de bouteille Saint-Gobain de Chalon-sur-Saône (et liste des entreprises du groupe Saint-Gobain). Les vestiges des bâtiments historiques de l'ancienne verrerie sont à ce jour reconvertis en logements privés et bâtiments d'exploitation agricole[1]. La verrerie de Passavant-la-Rochère fondée en 1475 au nord de la Franche Comté, est à ce jour la plus ancienne verrerie d'art traditionnelle en activité d'Europe, et un haut lieu de tourisme franc-comtois et vosgien.

Technique historique[modifier | modifier le code]

Les sables sont chauffés jusqu’à fusion en pâte de verre, dans des fours chauffés au bois. La patte est ensuite soufflée par des maîtres verriers souffleur de verre pour donner une forme à la bouteille dans un creuset en terre réfractaire, remplacé plus tard par des moules en bronze, puis par des moules mécaniques. La bouteille est reprise pour former le goulot, par adjonction d'un fil de verre en fusion, puis la bouteille est cuite durant quatre à cinq jours, dans un four à 600 °C.

Matières premières locales[modifier | modifier le code]

Quelques propriétaires successifs[modifier | modifier le code]

  • 1332 : Hugues de Vannans
  • 1364 : Perrenot le Verrier, puis ses fils après 1367
  • 1420 : Jean et Husson Bonnet
  • 1430 : Phelizot Pani et Jehan le Baigue, puis ses fils en 1482
  • 1648 : Constantin Duraquet
  • 1674 : Hercule Duraquet de Lorme, frère du précédent, construit la nouvelle verrerie de La Vieille Loye, au Grand Buisson
  • Charles-Hubert Duraguet de l'Orme
  • 1737 : Jacques Charles Dorlodot de Préville, qui la développe avec une production de 288 000 bouteilles par an
  • 1808 : Mr Rebatu
  • 1830 : Mr Carré
  • 1840 : Mr de Mondragon
  • 1842 : Mr Bouchet
  • 1845 : Jules Tombœuf et Philippe Neveu
  • 1885 : Émile Neveu
  • 1919 : Bigault du Grandrut, ultime propriétaire de la verrerie jusqu’à la cessation d'activité en 1931.

Quelques musées de bouteilles[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Daniel Bienmiller, De sable et de feu, Les Cahiers Dolois, revue des amis de la bibliothèque et des archives de Dole n° 12, 1997

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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