Double vitrage à film suspendu

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
coupe du vitrage

Le double vitrage à film suspendu[1] est un double vitrage qui permet l'optimisation des déperditions de chaleur et ainsi de limiter la consommation d'énergie d'un bâtiment. Introduit dans les années 1970, il repose sur l'introduction d'un film transparent de polyester entre deux vitrages. Ce procédé permet de proposer des cloisons vitrées offrant une très grande résistance thermique[2].

Historique[modifier | modifier le code]

La technologie de ce vitrage est le fruit des travaux engagés par le MIT dans les années 1970 afin de réduire la consommation d'énergie des bâtiments.

Depuis les années 1980, ces vitrages sont utilisés dans de nombreux projets passifs comme la rénovation de 6 500 fenêtres de l'Empire State Building à New York qui économise désormais plus de 400 000 dollars d'énergie par an[3].

Technologie[modifier | modifier le code]

Ce type de double vitrage se caractérise par la présence d'un film polyester tendu entre les deux vitrages, ce qui crée une double chambre thermique pouvant être remplie de gaz rares. Cela permet d'atteindre les performances thermiques du triple vitrage, mais avec les caractéristiques d'épaisseur et de poids d'un double vitrage. Le film intermédiaire est produit par pulvérisation cathodique qui consiste à déposer des multicouches de métaux précieux fins sur les faces extérieures et intérieures du film[4].

Données techniques[modifier | modifier le code]

Lors d'un contrôle de vitrage, cinq paramètres sont pris en considération :

La transmission lumineuse[modifier | modifier le code]

La transmission lumineuse[5] est le pourcentage de lumière transmise au travers du vitrage, plus ce coefficient est élevé, meilleur est le passage de la lumière. Plus il est faible, plus il réduit l'éblouissement. En fonction de l'application et de l'usage désiré, la transmission lumineuse doit être sélectionnée de façon très appropriée.

Le facteur solaire[modifier | modifier le code]

Le facteur solaire[6] indique la proportion d'énergie qui passe à travers le vitrage, il est donc significatif du confort d'été, plus ce coefficient est faible, plus la protection à la chaleur est importante. De plus, dans une pièce climatisée, un facteur solaire approprié contribuera à diminuer drastiquement les frais d'énergie liés à une consommation abusive de la climatisation.

La protection aux ultra-violets[modifier | modifier le code]

La transmission des ultra-violets[7] dans une pièce est responsable de plus d'un quart de la détérioration et de la décoloration du mobilier (canapé en cuir, meuble, tapis, tableaux, etc.). Le problème est d'autant plus vrai dans des musées, galeries d'arts, librairies où les objets de collections doivent être protégés durant une longue période. Les doubles vitrages classiques laissent passer trop d'UV provoquant ainsi des dommages rapides et irréversibles. Tandis que heat-mirror est conçu pour bloquer 99,5 % des UV et permet ainsi la protection des biens de la décoloration.

Déperdition thermique[modifier | modifier le code]

La déperdition thermique[8] des vitrages devient un enjeu majeur dans la course à la réduction des ponts thermiques, à l'horizon de 2020, les coefficients Ug seront bien en dessous des performances actuelles des doubles vitrages. Le coefficient Ug indique la puissance (en watts) qui traverse 1 m2 de vitrage pour une différence de température de 1 K, il s'exprime en W/m2/K. Plus Ug est faible, plus la paroi est thermiquement isolante. Il est significatif des économies d'énergie réalisées avec un chauffage ou une climatisation.

Réduction acoustique[9][modifier | modifier le code]

En théorie, une augmentation de 3 dB multiplie la source sonore par 2. Une augmentation de 10dB multiplie la source sonore par 10. Au niveau de la perception humaine, une diminution de 3 dB est perçue comme une différence sonore. Heat-mirror permet une réduction de 5 dB qui est perçue comme une augmentation significative du confort acoustique.

Exemple de calcul d'économie d'énergie[modifier | modifier le code]

Une baie vitrée de 2,5 m × 9 m soit 22,5 m2 est exposée à une température extérieure de 0°C et une température intérieure de 22°C.

  • Avec un double vitrage faiblement émissif où le Ug est de 1,1 W/m2/K, cette baie vitrée laissera s'échapper :

22 × 1,1 = 24,2 W/m2 soit 24,2 × 24 × 22,5 = 13,1 kWh
Donc cette baie vitrée laissera s’échapper 13,1 kWh en une journée.

  • Avec un double vitrage à film suspendu où le Ug est de 0,6 W/m2/K, cette baie laissera s'échapper :

22 × 0,6 = 13,2 W/m2 soit 13,2 × 24 × 22,5 = 7,13 kWh
Donc cette baie vitrée laissera s’échapper 7,13 kWh en une journée.

Les pertes thermiques d'un double vitrage à film suspendu sont donc deux fois plus faibles que celles d'un double vitrage classique.

Comparatif[modifier | modifier le code]

triple vitrage double vitrage
à film suspendu
double vitrage
TL Bon Bon Très bon
FS Bon Bon Très bon
Ug Très bon Excellent Bon
Épaisseur Importante Moyenne Moyenne
Poids Important Moyen Moyen

Exemple de réalisation[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Southwall, fabricant de films
  • Heat-Mirror, fabricant de double vitrage à films suspendus
  • [1], Présentation vidéo du vitrage