Venterol (Drôme)

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Page d'aide sur l'homonymie Pour l’article homonyme, voir Venterol (Alpes-de-Haute-Provence).
Venterol
Venterol.
Venterol.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Nyons
Canton Nyons et Baronnies

Nyons (avant mars 2015)

Intercommunalité Communauté de communes des Baronnies en Drôme Provençale
Maire
Mandat
Dominique Jouve
2014-2020
Code postal 26110
Code commune 26367
Démographie
Gentilé Venterolais
Population
municipale
698 hab. (2014)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 23′ 24″ nord, 5° 06′ 39″ est
Altitude Min. 298 m – Max. 1 165*/ m
Superficie 31,69 km2
Localisation

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Venterol

Venterol est une commune française située dans le département de la Drôme en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Les communes limitrophes de Venterol sont Nyons (chef-lieu du canton), Rousset-les-Vignes, Saint-Pantaléon-les-Vignes, Valréas (dans le département du Vaucluse), Vinsobres, Teyssières et Aubres. Au nord-ouest du village se trouve Novézan, le principal hameau. La Sauve, affluent de l'Eygues, prend sa source sur la commune de Venterol.

Venterol est une commune du parc naturel régional des Baronnies provençales.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Depuis la plus haute Antiquité le territoire de la commune de Venterol est occupé par l’homme, divers silex et autres pierres taillées témoignent de la présence de l’homme préhistorique. L’arrivée des grecs (de Phocée) à Marseille vers 600 ans av. J.-C., puis des Romains dans la Provincia confèrent alors au territoire de Venterol une certaine importance. En effet, la commune se trouve sur une voie de communication notable entre Vaison, Nyons et Le Pègue (Pagus Aletanus) célèbre pour son oppidum.

La Pax Romana permet à cet espace de se développer, les tuiles romaines qui jonchent le sol dans de nombreux quartiers, permettent d’imaginer un espace agricole dynamique. La découverte à la fin du XIXe siècle d’une stèle représentant la déesse Hygie et de nombreuses pièces gallo-romaines des IIIe et IVe siècles attestent la présence d’un sanctuaire religieux à l’ouest du village de Novézan. La fin de l’Empire romain plonge la région dans un période obscure où les barbares succèdent aux barbares.

De ce chaos naît la société féodale, c’est en 1060 que le nom de Venterol apparaît pour la première fois dans une charte : Venteriolum, et 1191 pour Novézan (Novaisano). En celte, le terme ven désigne une hauteur qui domine le paysage, un village perché. En latin, nova, novus signifie nouveau, nouvelle et sanus, sain, en bonne santé, on peut penser à un lieu qui s'est peuplé tardivement et qui par sa situation privilégiée était à l'abri des maladies.

Au XIIe siècle les seigneurs de Montauban couvrent leur territoire de châteaux et de donjons, c'est l'époque où les Baronnies connaissent une très grande indépendance vis-à-vis du pouvoir impérial. Le château de Venterol et le château Ratier sont alors construits.

Au XIVe siècle Venterol est une frontière. Elle dépend du Dauphiné puis du royaume de France, alors que les communes voisines de Teyssières, Aubres, Rousset-les-Vignes, Saint-Pantaléon-les-Vignes et Valréas dépendent du pape ou du comte de Provence. Cette situation durera jusqu’en 1791 avec le rattachement du Comtat Venaissin à la France. S’ajoute la présence de l’ordre des Chevaliers de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem qui possède une commanderie à Novézan et des possessions autour de Venterol en lien avec le Poët-Laval. La présence d'une frontière implique des contraintes (corvée pour sa surveillance, zone directement touchée en cas de conflit) et des avantages liés au commerce licite ou illicite.

Au XVIe siècle, les guerres de religion s’abattent sur le royaume. Venterol n’est pas épargné, entre 1562 et 1598 les combats menés principalement par le baron des Adrets, Dupuy Montbrun, le comte de Suze et René de Gouvernet furent particulièrement meurtriers. Les pillages, les massacres, et les destructions de récoltes sèment la misère parmi la population. Venterol étant, pour son malheur, à majorité catholique alors que la ville de Nyons, sa puissante voisine, était calviniste.

Le XVIIe siècle fut une période d’apaisement jusqu'à la révocation de l’Édit de Nantes en 1685 où la minorité protestante (20 % de la population environ) dut vivre sa foi dans la clandestinité et la persécution. Certains Venterolais quittèrent la commune pour des cieux plus cléments (Suisse, Piémont, Hollande).

Les édifices publics sont réparés voire construits, les églises de Venterol et de Novézan, la chapelle Sainte-Perpétue et le beffroi avec son campanile connaissent une nouvelle jeunesse. Par contre, le temple (construit à quelques arpents de Château Ratier sous le bon Roi Henri IV) sera totalement rasé.

Le XVIIIe siècle se caractérise par deux dates.

En 1709, le gel du siècle détruit les oliviers, privant la population de son principal revenu. L’huile d’olive de Venterol était commercialisée par des voituriers jusqu’à Lyon.

En 1789, la Révolution française apporte un souffle de liberté (disparition des privilèges…) mais aussi de l’insécurité avec une vive agitation contre-révolutionnaire jusqu'en 1801.

Le XIXe siècle est une période de grands changements. Tout d’abord, au niveau agricole, on passe d’une agriculture essentiellement vivrière à une agriculture commerciale. L’élevage du ver à soie et la production de garance tinctoriale s’ajoutent à l’huile et au vin.

Sur la commune, on produit, vers 1860, un peu plus de 20 tonnes de cocons ! Les rendements augmentent et la population atteint un millier d’habitants au tournant du siècle.

À cela s’ajoute une amélioration notable des voies de communication. On n’est plus obligé de passer en charrette dans le lit de la Sauve (en cas de crue la route pouvait être coupée pendant plusieurs jours.). En 1897, le train entre en gare de Venterol-Rousset, grâce à l’ouverture de la ligne Nyons-Pierrelatte.

Le XXe siècle commence par la terrible guerre de 1914-1918 durant laquelle trente jeunes Venterolais perdent la vie, cette saignée va accentuer l’exode rural.

Le village, dans les années trente, découvre la fée électricité. Peu à peu, les fermes connaissent aussi ce confort moderne. Les activités sont toujours tournées vers l’agriculture, cependant l’industrie du cartonnage de Valréas emploie de nombreuses femmes à domicile.

La Seconde Guerre mondiale fit moins de victimes mais marquera durablement les esprits. Le la commune est libérée du joug nazi (en même temps que Paris) après 4 ans de peur et de privations.

Dans les années 1950, la commune atteint péniblement les 400 habitants. Le gel des oliviers, en 1956, bouleverse le monde agricole. Les exploitants doivent se tourner vers d’autres cultures (lavande, maraîchage, arbres fruitiers…). Le classement en zone d’appellation Côtes du Rhône favorise la viticulture qui devient la principale culture. La mécanisation permet ce changement et les chevaux et autres mulets disparaissent du paysage. L'élevage (ovin et caprin) disparaît à l'exception de la Combe de Sauve. L'abricotier connaît son heure de gloire jusqu'à la crise de 1992.

Dans les années 1960, la démocratisation de l’automobile permet de vivre sur la commune tout en travaillant ailleurs.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1995 mars 2001 Robert Bertrand DVG Cadre retraité
mars 2001 mars 2009 Jean-Louis Moderat d'Otemar DVG Agriculteur
mars 2009 mars 2014 Marie-Claude Fournet DVG Directrice d'école retraitée
avril 2014 en cours Dominique Jouve DVG Ingénieur retraité, exploitant agricole
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[1]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[2],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 698 habitants, en augmentation de 8,22 % par rapport à 2009 (Drôme : 3,24 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
975 1 042 1 033 915 1 042 965 1 010 1 060 1 031
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 007 1 050 1 039 1 025 930 892 840 830 1 011
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
751 753 682 605 566 562 535 479 418
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2014
409 429 488 567 587 630 631 680 698
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2006[4].)
Histogramme de l'évolution démographique

Après avoir eu plus de mille habitants vers 1850, la population de la commune de Venterol déclina jusqu'en 1950. Depuis, le développement des transports et sa proximité avec Nyons et Valréas ont permis un accroissement significatif du nombre d'habitants.

Enseignement[modifier | modifier le code]

Venterol dépend de l'académie de Grenoble, circonscription de Nyons. Les élèves de la commune débutent leur cursus scolaire à l'école maternelle et primaire du village : l'école du bout du monde. Elle comporte 3 classes pour 25 enfants en maternelle et 45 en primaire[5]. La suite des études se déroule à Nyons, pour le collège et le lycée.

Santé[modifier | modifier le code]

Aucun professionnel de santé n'est installé à Venterol.

Cultes[modifier | modifier le code]

La paroisse catholique de Venterol dépend du diocèse de Valence, doyenné de Nyons[6]. La fête patronale de la Saint-Roch a lieu le 16 août. Le hameau de Novezan est sous la protection de saint Michel (29 septembre). La chapelle Sainte-Perpétue connaît depuis de très nombreuses années un pèlerinage vers le 7 mars.

Économie[modifier | modifier le code]

Agriculture[modifier | modifier le code]

Durant le XIXe siècle, l'économie de Venterol a profité du développement de la culture de la garance et de l'élevage du ver à soie[7]. Après une période difficile à la suite du gel des oliviers en 1956 et de la mévente des abricots à partir de 1992, les agriculteurs ont opté pour la production de raisins de cuve et ont replanté des oliviers.

La commune fait partie de la zone d'appellation olives de Nyons et huile d'olive de Nyons. Les vins produits sur la commune sont classés dans l'appellation Côtes-du-rhône et Côtes du Rhône Village.(AOC). Ces deux productions assurent aujourd'hui la prospérité de la commune.

Les établissements agricoles représentent plus de 70 % des entreprises de la commune[8].

Commerces et artisanats[modifier | modifier le code]

Le Bistrot de Venterol, installé dans un bâtiment communal, a but de « contribuer à la conservation et à l’animation du tissu économique et social en milieu rural par le maintien d’un lieu de vie du village »[9].

Le Café de la Poste, établissement historique, est un petit restaurant typique.

La boulangerie-pâtisserie "Aux saveurs de Guillaume" fonctionne dans un local communal.

Les artisans sont nombreux, exerçant dans les domaines : maçonnerie, peinture, électricité, plomberie, terrassements, travaux agricoles et publics, curage, brocante, réparation automobile, etc

Une agence postale est installée dans la mairie (ouverte le matin en semaine).

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Village médiéval fortifié perché.
  • La pierre carrée, haut lieu de pèlerinage.
Chapelle Sainte-Perpétue

Située au sud ouest du village, sur la route de Vinsobres, elle est ornée de fresques[10] du peintre local Cristobal Orti.

Le château Ratier

Novezan est une ancienne station romaine. Le château Ratier rappelle son passé historique. Il passe pour avoir été construit par les Voconces. Il aurait assisté au passage d’Hannibal et de son armée se dirigeant vers les Alpes ; de là, le nom de « touré d’annibaou » que lui ont donné, pendant des siècles, les générations passées. Les Romains s’en servirent et le mirent en état de défense. Ruiné par les Barbares, il fut reconstruit presque entièrement au XIIe siècle, mais il conserve encore dans son soubassement les restes de son architecture antique. Il a survécu au village de Ratier qu’il protégea au Moyen Âge, mais qui fut entièrement détruit pendant les guerres des XVe et XVIe siècles.

Novezan

Ce village perché succéda à l'ancien castrum non localisé. Le hameau dispose encore de son église paroissiale, vouée à saint Michel[11], qui renferme des joyaux.

Église paroissiale de Venterol

De forme classique, surmontée d'un campanile en fer forgé du XVIIe siècle, elle est vouée à Notre-Dame[12]. Le campanile est devenu le symbole de la commune.

Temple protestant

Comme de nombreuses commune de la région, la commune dispose d'un temple protestant. Un premier temple avait été construit, près du Château Ratier, après la promulgation de l'édit de Nantes. En 1685, le temple sera rasé, après la révocation de l'édit. Ce n'est qu'en 1787 que le nouveau temple a été édifié à la sortie du village de Venterol, près de la mairie actuelle.[13]Il n'abrite plus de culte depuis des décennies.

Le bâtiment a été rénové entièrement en 2014, devenant un lieu d'exposition très prisé.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Le Comité des Fêtes de Venterol organise chaque année plusieurs manifestations :

  • Carmentran, à la fin de l'hiver, qui sera jugé et brûlé à l'issue d'un défilé déguisé pour conjurer tous les méfaits survenus durant l'année ;
  • Le Tour des Crêtes, randonnée pédestre, se tient le premier dimanche de mai ;
  • La Fête Nationale est célébrée dans la nuit du 13 au 14 juillet ;
  • La Fête Votive, le week-end suivant le 15 août ;
  • La Fête des Primeurs, avec un concours des vins artisanaux de la commune, a lieu le samedi suivant le troisième jeudi de novembre ;
  • Nombreuses expositions d'art d'avril à octobre au Temple et dans la Galerie « Ombres et Lumière », poterie d'art, concerts et spectacles estivaux.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]