Valence-d'Albigeois

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Valence-d'Albigeois
Image illustrative de l'article Valence-d'Albigeois
Blason de Valence-d'Albigeois
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Occitanie
Département Tarn
Arrondissement Albi
Canton Carmaux-1 Le Ségala
Intercommunalité Communauté de communes Val 81
(siège)
Maire
Mandat
Christine Deymié
2014-2020
Code postal 81340
Code commune 81308
Démographie
Population
municipale
1 304 hab. (2014)
Densité 64 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 01′ 15″ nord, 2° 24′ 18″ est
Altitude 464 m (min. : 302 m) (max. : 520 m)
Superficie 20,47 km2
Localisation

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Liens
Site web Site officiel de la Mairie de Valence d'Albigeois

Valence-d'Albigeois (en occitan : Valença d'Albigés) est une commune française située dans le département du Tarn, en région Occitanie.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte.

Valence-d'Albigeois se situe à 27 km d'Albi et à 470 m d'altitude sur la route menant à Réquista (CD 903) qui était jadis la route naturelle pour aller d'Albi à Millau (des écrits le confirment depuis Louis XIV à 1940 en passant par la Révolution : rapports des responsables et ingénieurs de la voirie). En effet sa position sur un plateau au milieu d'un « relief en creux », comme disent les géologues, n'imposait pas aux équipages de bœufs et de chevaux qui tiraient de lourds charrois d'affronter des gorges profondes comme celle de Saint-Sernin. La commune est un chef-lieu de canton situé au nord-est du Tarn, qui touche le département de l'Aveyron.

Histoire[modifier | modifier le code]

La bastide de Valence fondée en 1278 par le sénéchal de Toulouse Eustache de Beaumarchais au nom du roi Philippe III (Le Hardi) à proximité d'une abbaye sise au lieudit Cambors appartenant au prieur d'Ambialet, reçut le qualificatif d'Albigeois en 1892 pour éviter la confusion avec les cinq autres « Valence » de France. Le nom lui fut donné au retour d'une expédition d'Eustache de Beaumarchais en Navarre. Eustache de Beaumarchais a exercé la charge de sénéchal de Toulouse de 1272 à 1295 : il était en cela le plus haut fonctionnaire royal.

Cette fondation s'inscrit dans le cadre général de ce mouvement planifié d'urbanisme du Moyen Âge qu'est la création de bastides. Si beaucoup de bastides ont conservé le nom primitif du lieu où elles ont été érigées, ou bien ont pris le nom de leur fondateur ou de son lieu d'origine, comme Arthès (Robert d'Artois) ou Beauvais (Jean de Marigny, évêque de Beauvais) nombre d'entre elles ont reçu un nom évoquant la nouveauté de leur fondation, comme Villeneuve ou Castelnau, ou les franchises et avantages accordés, comme Villefranche ou Sauveterre ; il y a bien des exemples d'un nom emprunté à une ville célèbre de l'étranger, espagnole comme Valence, et aussi comme Cordes (de Cordoue), Pampelonne, Grenade, Cadix ou Mirande (Miranda del Ebro), italienne conne Viterbe, Fleurance ou Boulogne, voire du Moyen-Orient, en souvenir des croisades, comme Damiatte (de Damiette, dont Saint Louis s'était emparé en 1248). D'autres, enfin, rappellent simplement la qualité royale de leur fondation, comme Réalmont ou Montréal (du Gers)...

La ville fut très tôt un des sièges de la Judicature du pays d'Albigeois (rive droite du Tarn) dans la sénéchaussée de Toulouse (la rive gauche appartenant à la sénéchaussée de Carcassonne. L'officier royal y rendait la justice, mais pas la justice criminelle et la justice civile jusqu'à trois livres, qui étaient le privilège attribués par l'acte de fondation aux consuls de Valence. Le même texte prévoyait qu'aucun habitant ne pouvait être soustrait à ses juges naturels et être appelé à répondre en justice en dehors de son lieu de résidence. Ces dispositions furent confirmées en 1351 par une ordonnance du roi Jean le Bon, délivrée pae son commissaire en Languedoc. La charte réservait encore au roi la construction et l'usage (soumis à redevance) d'un four banal pour y cuire le pain des habitants. La guerre avec l'Angleterre, avec pillages et dévastations, se termina par le traité de Brétigny faisant de Valence, à la suite d'un découpage du territoire (le duché d'Aquitaine étant alors possession de l'Angleterre) une « ville frontière », le Viaur notamment fixant les limites des territoires ! Un peu plus au nord, Réquista était possession anglaise !

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, la région de Valence s'illustra par des révoltes devant le paiement de l'impôt avec des épisodes rocambolesques et une résistance effrénée allant jusqu'à rosser les collecteurs et les sergents du guet... Les archives départementales du Tarn possèdent toutes les délibérations des consuls une cinquantaine d'années avant la Révolution et celles qui ont suivi (conseils municipaux) ce qui permet de faire le lien jusqu'à nos jours. Et, en tous cas, avoir une idée précise des troubles de cette époque[1].

En 1892[1], la commune de Valence prend le nom de Valence-d'Albigeois, évitant ainsi toute confusion avec les autres communes de même nom (Valence, dans la vallée du Rhône, Valence d'Agen, Valence-sur-Baïse, Valence en Charente et Valence-en-Brie).

Héraldique[modifier | modifier le code]

Article connexe : Armorial des communes du Tarn.
Valence-d'Albigeois

Son blasonnement est : D'azur à la lettre V capitale d'or, accompagnée de trois fleurs de lys du même.

Ce blason a été peint sur le plafond de la salle des Etats albigeois, dans l'actuelle mairie d'Albi, probablement vers 1740, avec la facilité (faute du vrai) d'utiliser l'initiale : V comme Valence, R comme Réalmont, etc. La non concordance de ces blasons avec ceux utilisés par ailleurs et antérieurement, incite à une certaine prudence. Par ignorance, il est utilisé à tort sur les papiers administratifs.

Le véritable blason (voir de nos jours façade du Centre de Secours), est "d'Azur à trois barres d'or". C'est le blason officiel, enregistré à l'Armorial Général d la France.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 2001 Roger Blanc UMP  
mars 2001 2010 Pierre Souyris PS  
janvier 2010 en cours Christine Deymié[2] PCF[3]  

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans.

Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[4]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[5],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 1 304 habitants, en augmentation de 2,03 % par rapport à 2009 (Tarn : 2,72 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
713 571 729 892 966 1 252 1 278 1 410 1 370
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 286 1 303 1 333 1 451 1 495 1 877 1 782 1 557 1 519
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 429 1 368 1 391 1 358 1 333 1 287 1 465 1 343 1 310
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 175 1 155 1 042 1 145 1 194 1 142 1 249 1 278 1 304
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[7].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les traces de la bastide initiale sont visibles d'après le dessin des boulevards extérieurs, à l'emplacement des murs et fossés disparus. De l'origine, ne subsistent que la base du clocher et la fontaine qui figure sur les plus anciens textes (Fontcouverte) et qui mériterait un soin particulier. Sur la place centrale, autrefois à « couverts » comme dans tant de bastides, des immeubles ont été construits, dont l'actuelle mairie, qui en réduisent notablement la superficie. En fait, depuis le Moyen Âge la grande extension des faubourgs a notoirement agrandi le village.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Eustache de Beaumarchais, sénéchal de Toulouse, fondateur de la bastide en 1278.
  • Jean Amat, premier consul en 1450.
  • César Auguste de Clergue de La Tonnié, premier consul en 1765.
  • Antoine Calmès de La Bessière, procureur du roi jusqu'en 1789.
  • Joseph Charles de Martrin d'Esplas, propriétaire, dernier consul de la bastide de Valence en 1789.
  • Léon de Martrin Donos, en religion dom François Régis, né à Valence le 13 octobre 1808, procureur général de l'ordre de la Trappe à Rome, fondateur et premier abbé de l'abbaye trappiste Notre-Dame de Staouéli en Algérie.
  • Benjamin Chatard, notaire à Valence, conseiller général du Tarn en 1870, président de la commission départementale de 1885 à 1889.
  • Joseph Paul-Boncour, homme politique français, élu conseiller général de Valence en 1931.
  • Jean de Cambiaire, maire en 1959, directeur de la caisse de Crédit Agricole du Tarn, puis de La Réunion.
  • Désiré Puel, maire en 1964, conseiller technique dans les ministères de l'Industrie puis de l'Intérieur (ministre Raymond Marcellin)
  • Hughes Rudd, journaliste « star » de la télévision américaine, présentateur des « Morning News » sur la chaîne de télévision CBS, et reporter international de la chaîne ABC, domicilié dans les années 1970 au village de Valence, chemin de la Gravarié.
  • Pierre Nespoulous, maire en 1971, conseiller général de Valence d'Albigeois, puis d'Albi, conseiller régional de Midi-Pyrénées, professeur à l'université de Toulouse
  • Nathalie Desplas Puel, originaire de Valence d'Albigeois, Docteur en sciences économiques en 2010, directrice du centre de recherche en tourisme et professeur d'économie touristique à l'université technologique de Monterrey, campus Chihuahua (Mexique).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Nespoulous, Valence, bastide en Albigeois, 395 p., éditions du Tarn Libre, Imprimerie coopérative de l'Albigeois, 2000. (histoire, de la fondation à nos jours)
  • Louis Malet : Le Ségala tarnais devant l'impôt au XVII° siècle, dans Bulletin de la société des Sciences, Arts et Belles Lettres du Tarn, 1987, p. 405-516 (révoltes de Valence.)
  • Émile Jolibois : État féodal de Valence, dans Revue du Tarn IV.
  • Délibérations des Consuls. Archives départementales du Tarn BB1 - 223 EdT.
  • Gustave Combès : La Congrégation des sœurs du Sacré Cœur de Valence d'Albigeois. Albi, ICSO, 1953, 145 p.
  • M. Rigobert, Chapelle Saint Étienne, Maison de Santé UMT Valence, 1990. Archives départementales du Tarn MS 295.

° Revue du Tarn no 223 automne 2011 : "Au cœur du Ségala tarnais" : plusieurs articles sur Valence et le Valencinois.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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