Troll (Internet)

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Une des deux origines possibles : Le troll, créature monstrueuse peu amicale ou agressive du folklore scandinave (ici tirant la queue d'une vache)

En argot Internet, un troll caractérise ce qui vise à générer des polémiques. Il peut s'agir d'un message (par exemple sur un forum), d'un débat conflictuel dans son ensemble[réf. nécessaire] ou de la personne qui en est à l'origine. Ainsi, « troller », c'est créer artificiellement une controverse qui focalise l'attention aux dépens des échanges et de l'équilibre habituel de la communauté[1].

Désigner un « troll » est un jugement subjectif, la désignation d'un élément sciemment perturbateur pour le discréditer et l'éviter. L’argumentation caricaturale et récurrente sont les « empreintes typiques d'un troll ». Ils sont la preuve d'une mécommunication, et d'une impossibilité d'échange dans la compréhension mutuelle, mais le « trollage »[2] présume en plus des provocations intentionnelles et le but de nuire.

Certains s'autorisent à distinguer deux formes de trolling : l'une "négative" et l'autre "positive". Le chercheur américain Jonathan Bishop[3] associe cette opposition à une évolution du phénomène, et notamment à la réappropriation du titre de troll par certains utilisateurs malveillants. « Il fut un temps ou le trolling se définissait par ‘trolling for the lol’, mais Anonymous a créé le ‘trolling for the lulz’. En d’autres termes, ils s’appelaient trolls pour justifier leurs tendances à harceler des individus pour leur propre plaisir malsain »[4].

Le troll est à distinguer du « flaming », qui consiste en l'envoi de messages délibérément hostiles et insultants avec l'intention de créer un conflit.

Origine du terme[modifier | modifier le code]

Autre origine possible : La cuillère est un leurre pour attraper le poisson à la pêche à la traîne (trolling).

L'usage en français du verbe « troller » ou du nom commun « troll » est un emprunt à l'argot Internet de langue anglaise. L'usage de ce terme en anglais (sur Internet) est prétendu remonter aux années 1980[5], mais la première mention avérée daterait d'un message de 1992 sur le groupe Usenet alt.folklore.urban[6]. Deux origines distinctes sont généralement proposées pour ce troll Internet :

Selon la première hypothèse, le mot ferait référence au troll, une créature monstrueuse peu amicale ou agressive du folklore scandinave. Ce terme serait alors emprunté au troll des langues scandinaves (notamment suédois ou norvégien), lui-même emprunté au vieux norrois trǫll ou troll attesté dans la littérature nordique du Moyen Âge[7]. Au sens figuré, le troll désigne aussi dans les pays scandinaves un individu ayant un comportement inapproprié, violent ou agressif[réf. souhaitée].

Selon la deuxième hypothèse, le mot dériverait du verbe anglais « to troll » ou du mot « trolling », qui font références à des techniques de pêche à la traine et à la cuillère. Ce verbe anglais to troll dérive peut-être du moyen français « troller, trôler », qui fait référence à des déplacements au hasard ou en vagabondant et s'applique à des techniques de chasse ou pêche[8]. L'usage de trolling en anglais, avec le sens figuré de « chercher à provoquer des réactions » est attesté vers 1972 dans l'armée américaine[9].

Le substantif « troll » est un des 150 nouveaux « mots, sens et expressions » ayant fait leur entrée dans l'édition du Petit Larousse illustré, parue le [10]. Il y est défini comme « un internaute qui empoisonne les débats sur internet avec des remarques inappropriées ou provocantes »[10].

Déroulement[modifier | modifier le code]

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Panneau d’interdiction de nourrir les trolls.

On dit qu’une discussion s’enflamme lorsque les échanges se multiplient entre les participants et que le ton monte. L’origine du conflit — si conflit il y a — n’est pas forcément un troll, ou tout du moins n’est pas forcément un troll « volontaire ». On ne parle de troll que lorsqu’on pense avoir décelé une volonté de polémiquer allant au-delà de la volonté d’avancer dans une discussion.

Les méthodes d’action du troll vont de la simple insulte au flood, en passant par diverses démarches, telles que :

  • ne jamais être d’accord sur quelque sujet que ce soit, ou à l’inverse l’être systématiquement. Le but n’est alors pas de donner son avis mais d’alimenter la polémique ;
  • ne jamais être d’accord avec un interlocuteur considéré comme gênant, le traitant de fake, d’inculte, de naïf, voire de troll ;
  • allusion à un débat voisin, mais hautement polémique (par exemple, allusion au conflit israélo-palestinien dans un débat sur la politique égyptienne) ;
  • attaques sur la forme (par exemple, commencer les réponses avec l’expression « c’est n’importe quoi », ou bien critiquer l'orthographe des autres pour les discréditer) ;
  • hors sujet ou argumentum ad hominem (attaques personnelles, détournement du fond du débat) ;
  • double discours ;
  • sous-entendus menaçants ;
  • insultes visant un groupe de personnes (définis par leur nationalité, religion, opinion politique, etc.) et permettant de déclencher de nouvelles interventions ;
  • procès d'intention ;
  • délation et/ou diffamation ;
  • bluff ;
  • sophisme ;
  • autodérision de façade pour camoufler des intentions malveillantes ;
  • moquerie fraternelle et private joke ;
  • mélange de flatterie envers les uns et injures envers les autres, pour s’attirer à la fois alliés et ennemis. Lorsque le but du troll est le jeu ou la provocation, il tente de maximiser son nombre d’adversaires. Au contraire, s’il est déterminé à nuire il va tenter d’avoir un maximum d’alliés et d’isoler sa victime ;
  • « parler par slogan » est aussi une méthode utilisée par le troll qui souhaite envenimer une discussion, la ramenant par là-même à une forme simpliste du débat de départ.

Le sujet « part en troll » si des participants au débat « tombent dans le piège » tendu par le troll et se lancent dans une discussion stérile éloignée du sujet initial. On a tendance à dire que l’unique solution se trouve dans la phrase « Don’t feed the Troll » (en français : « Ne nourrissez pas le troll »), c’est-à-dire : ignorez le troll ou ne lui donnez pas matière à polémiquer.

Un troll peut être perçu positivement ou négativement selon les situations et les personnes. Il est toujours pugnace, abandonne parfois le débat mais jamais le sujet qui l’obsède. Ainsi, un troll ignoré ou insatisfait tentera à plusieurs reprises d’enflammer la discussion. Le troll obsessionnel est attaché à un sujet et ramène toujours le débat à lui, en général un concept, une idée simpliste ou même un mot d’ordre. Généralement, si la discussion s’envenime suffisamment et que les arguments viennent à manquer, le troll ou l’un de ceux qui le nourrissent finit par atteindre le point Godwin. Mener leurs victimes jusqu’à ce point peut être vu par certains trolls comme l'aboutissement de leur action.

  • Il existe aussi le troll, comprenant une erreur (appelée fail en anglais), donnant naissance aux trolls faces (visages de trolls).

Limites[modifier | modifier le code]

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Certaines personnes dénoncent les abus d’utilisation du terme « troll » qui pourrait parfois servir à couper court à toute discussion et débat. Ainsi, un intervenant à un débat pourrait utiliser ce terme afin de discréditer les personnes qui remettent en cause ses thèses, en les accusant de vouloir polémiquer.

Ainsi, dans des échanges en ligne, certaines personnes n'hésitent pas à traiter de troll toute personne n'étant pas d'accord avec l'avis majoritairement représenté pour la discréditer (par exemple, l'auteur d'un commentaire négatif sur une vidéo très populaire est rapidement caractérisé comme un troll). Le troll se détachant d’une simple opposition d’idées par l’aspect volontaire de la polémique, il est parfois extrêmement difficile à découvrir. Ainsi, parfois, ce peut être l’accusateur qui est en fait un troll (voir la méthode hypercritique).

Sujets de troll classiques[modifier | modifier le code]

Dans la tradition d'Usenet puis du Web, certains sujets polémiques sont réputés pour les débats sans fin qu’ils engendrent. Ceux-ci, généralement fondés sur des préférences personnelles sur lesquelles il est impossible de trouver un compromis, peuvent être utilisés afin de lancer un troll. Par exemple, parmi les utilisateurs de systèmes UNIX ou GNU, les sempiternelles querelles entre les partisans de l’éditeur de texte vi et ceux de l’éditeur de texte Emacs en font un sujet de troll classique.

Il en est de même pour les préférences en matière d’environnement de bureau pour systèmes X11 (par exemple, les débats comparant GNOME, KDE ou XFCE), pour les préférences en matière d’ordinateur, de console de jeux (par exemple, PS3 contre Wii ou contre Xbox 360), de système d’exploitation (par exemple, Windows contre GNU/Linux ou contre Mac OS ; ou encore iOS contre Android), de navigateurs (Internet Explorer contre Firefox ou Safari ou Opera ou Chrome), d’écoles (Supinfo, eXia, ou Epitech contre EPITA), voiture à essence contre diesel, etc.

Le phénomène n’est pas limité aux sujets relatifs à l’informatique, ainsi chaque grand thème (société, économie, politique, sciences, sexe, racisme…) possède sa panoplie de sujets à trolls, qui finissent par être bien connus des usagers des forums concernés.

La plupart des sites de discussion et des listes de diffusion ont leurs débats-types, tellement ressassés qu’il n’est pas rare de voir des participants crier au troll dès que le sujet est mentionné, prenant parfois au dépourvu un nouvel utilisateur.

Typologie des trolls[modifier | modifier le code]

Dans leur Encyclopédie de la Web Culture[11], Lecocq et Lisarelli résument synthétiquement différentes typologies du troll.

En premier, la forme de trolling la plus répandue et la plus anodine : celle du troll de base, dit de « troll bête ». C’est un internaute qui généralement ne lit pas les articles, messages du sujets et commente sans réfléchir. Il est d’autant plus idiot qu’il ne comprend aucune forme d’humour ou d’ironie et a tendance à prendre tout au premier degré, quand il n’a pas en plus un certain penchant pour les théories complotistes.

Ensuite, vient le troll « ontologique » ou troll intelligent. Celui-ci est clairement guidé par de mauvaises intentions et constitue la définition la plus généralement utilisée du troll, cet individu qui provoque pour faire déraper la discussion, soit pour le fun, parce qu’il s’ennuie ou même sans aucune raison particulière.

Un autre type de troll, plus difficile à déceler dans les commentaires sévit pourtant sur le web. Le troll « flatteur » ou « flagorneur », est cet internaute qui fait semblant de s’extasier devant le talent de divers journalistes ou intellectuels médiatiques sur les forums des sites d’actualité. Le problème avec ces derniers est qu’ils sont généralement pris au sérieux.

Enfin, un cas du trolling plus particulier et dérangeant ; celui du troll « chasseur ». Il s’agit d’un procédé de trolling qui consiste à ce que certains trolls se réunissent pour délibérément pourrir la vie d’une victime qu’ils auront choisi. Véritable cas de chasse à l’homme sur le net, le troll hunting est une dérive sérieuse du web qui tend vers le harcèlement systématique ou stalking. L’ouvrage donne ici une vision globale de la typologie du trolling et permet de mettre en lumière l’existence de différentes tendances au sein d’un même phénomène. Ils précisent d’autant plus que les différents types de trolling évoqués sont « combinables ».

Des conflits d'intérêt dans le trolling sponsorisé[modifier | modifier le code]

En général[modifier | modifier le code]

Sharyl Attkisson (en) est l'un des nombreux journalistes d'investigation à avoir dénoncé la tendance croissante qu'ont certaines institutions à utiliser les trolls pour manipuler l'opinion publique ceci étant une manifestation de l'Astroturfing. Des équipes de trolls sponsorisés arrivent en meute sur un site pour écraser n'importe quel honnête discours et dénigrer n'importe qui en désaccord avec eux[12].

« Utile » en temps de guerre[modifier | modifier le code]

Un rapport commandité par l'Organisation du traité de l'Atlantique nord pointe le fait que les trolls peuvent être un outil de guerre pour démoraliser la population et insinuer de fausses informations à travers blogs, médias, réseaux sociaux et commentaires. Cela a été le cas lors de l'intervention militaire de la Russie en Ukraine[13].

Le trolling « intelligent » sur Wikipédia[modifier | modifier le code]

Un troll sur Wikipédia utilise un design de message dans lequel aucune émotion ne transparaît et où le message doit paraître vrai, afin de ne pas être supprimé. Cependant, il utilise un faux contexte pour pousser le lecteur vers ses propres conclusions qui sont souvent à l'avantage d'une entité bien définie[13].

Psychologie[modifier | modifier le code]

Le psychisme des trolls est depuis peu un sujet d'étude. Il en ressort une corrélation entre le comportement de troll et le sadisme, la psychopathie et le machiavélisme. Parmi ces traits, le sadisme est celui qui est le plus fortement lié à l'activité de troll. Cela conduit les auteurs d'une étude à décrire les trolls comme une manifestation sur Internet du sadisme ordinaire[14].

Sociologie[modifier | modifier le code]

Pour Antonio Casilli, le trolling peut être analysé et pensé comme un acte social, étant causé par et ayant pour but de modifier des dynamiques sociales : « On est troll pour provoquer des changements dans le positionnements des individus dans les réseaux. [...] Ces trolls sont là pour faire émerger de nouveaux contenus. »[15]

Quand une société est attaquée par des trolls, les membres les mieux intégrés ont paradoxalement des réactions moins extrêmes que les membres plus isolés voire marginaux. Ce phénomène est expliqué par le fait que les personnes les plus riches en capital social ne sont pas beaucoup affectées à leur échelle par les petites fluctuations du champ social que sont une poignée de trolls. A contrario, pour une personne ne possédant qu'une dizaine de contacts, quelques individus malveillants peuvent suffire à durablement perturber son réseau[15].

Les trolls peuvent aussi avoir comme effet de mieux souder une communauté. Face à l’agression, les membres veulent activement défendre la norme, qui est alors explicitée, affirmée et renforcée. Le troll est alors l'ennemi objectif commun qui fédère par nécessité, on se définit facilement comme l'inverse de l'attaquant. On voit aussi que les acteurs ne vont pas attendre de la structure qu'elle se défende d'elle-même contre les trolls. Par exemple sur un forum de discussion, on ne va pas forcément attendre la modération pour dénoncer un message malveillant qui attaque les normes du site. La logique de la défense devient donc horizontale, et il en va donc de même pour l'affirmation des valeurs propres de la communauté. Pour Casilli, cette réaction a pour effet final d' «enrichir la qualité du web. »[15]

Notion de communauté et  d’identité en ligne[modifier | modifier le code]

Le trolling est une pratique qui remet directement en  cause les notions d’identité et de communauté.

Notion d'identité[modifier | modifier le code]

Internet et les outils de communication numérique « donne[nt] une voix à tout le monde[16] » et complexifient le rapport à soi-même et aux autres. La question de l'identité est centrale dans nos relations aux autres[17] : elle est l'un des prérequis à l'établissement d'un lien avec d'autres individus. Au contraire, l'anonymat, rendant impossible toute contextualisation du message, « rend impossible un quelconque sentiment de communauté ». Sur Internet, l'expression plus ou moins claire de l'identité représente un critère d'appréciation de la fiabilité et de la sociabilité d'internaute. En effet, l'identité en ligne se révèle souvent bien plus opaque que dans la réalité. Le sociologue Dominique Cardon distingue, dans son ouvrage Le design de la visibilité : un essai de cartographie du web 2.0[18],deux types d'identité : l'identité réelle (extériorisation de soi) et l'identité virtuelle (simulation de soi). Hors du virtuel, de nombreux indices peuvent permettre d'identifier un individu : son nom, son physique, son âge, son sexe, son origine culturelle et sociale, son caractère, sa profession… sont autant d'exemples qui font partie de son identité et qui le distingue de ses semblables. Dans le virtuel, il y a moins d'éléments qui permettent de juger de l'identité d'un internaute, et la liberté accordée par les plate-formes laissent la possibilités aux utilisateurs de projeter ce qu'ils veulent.

L'identité en ligne est manipulable et tout un chacun est libre de sélectionner les informations qui sont le plus en adéquation avec la personnalité qu'il veut mettre en avant[19]. Cette possibilité de distorsion de la réalité peut être source de dérives, dont le trolling fait partie.

Notion de communauté[modifier | modifier le code]

Une communauté est un groupe de personnes qui sont réunies et œuvrent ensemble pour un but commun. Pour une définition plus précise, le Grand Dictionnaire Terminologique (GDT) de l'Office Québécois de la langue française décrit la communauté virtuelle comme un « ensemble de personnes reliées par ordinateur dans le cyberespace, qui se rencontrent et ont des échanges par l'intermédiaire d'un réseau informatique, tel Internet, et qui partagent un intérêt commun ». Les communautés, qu'elles soient en ligne ou non, se créent donc pour que ceux qui partagent un même intérêt puissent échanger et/ou agir ensemble. En prenant l'exemple des débats politiques[20], Scott Wright montre comment les plate-formes numériques permettent aux individus de participer à la vie démocratique de la communauté. L'existence des communautés passe donc, en premier lieu par des échanges entre leurs divers membres.

D'ailleurs, l'Homme n'a pas attendu l'émergence d'Internet pour évoluer en communauté. Dès le IVe siècle avant J.C., le philosophe Aristote écrit que « l'Homme est un animal politique » : l'homme est naturellement sociable et enclin à vivre parmi ses semblables, dans une société régie par des normes, lois et coutumes. Aristote, tout comme Anne Revillard, mettent en avant dans leurs travaux la nécessité de normes et règles pour régir la communauté. Ces normes sont « variables selon les groupes et en construction permanente »[21]. Tout individu voulant intégrer une communauté doit se conformer aux spécificités du groupe auquel il appartient, s'il veut y rester et être reconnu comme tel. Qu'il y ait une hiérarchie ou non, les communautés peuvent voir naître tôt ou tard des conflits. Le sociologue Georg Simmel considère le conflit comme normal et pense que, comme toute interaction entre les Hommes « il doit absolument être considéré comme une socialisation[22] ». Jean Duhaime, explicite la pensée de Simmel en expliquant que « lorsque des contraires s'opposent, plutôt que de s'ignorer ou de se rejeter totalement, ils sont effectivement en relation et visent déjà à surmonter leur dualisme par une sorte d'unité, quelle qu'elle soit[23]». En plus de considérer le conflit comme naturel au sein d'une communauté, Simmel avance l’idée que c'est précisément ce phénomène d'attractivité et de tensions qui donnent sa forme aux sociétés : « [elle] a besoin d'un certain rapport quantitatif d'harmonie et de dissonance, d'association et de compétition, de sympathie et d'antipathie pour accéder à une forme définie »[22]. La présence de normes dans les communautés est donc d'autant plus importante. Ceux qui transgressent les règles, les trolls par exemple, sont perçus comme des nuisibles. Les normes permettent dans un premier temps de « réguler les interactions entre les utilisateurs, elles définissent le degré d'acceptabilité des messages échangés »[17]. Un des questionnements auquel il faudra s'intéresser est la question de l'acceptabilité des actions menées par les trolls.

La dépendance des trolls à la communauté[modifier | modifier le code]

Le trolling, pour exister nécessite de deux éléments essentiels : une connexion à internet ainsi que l’existence de communautés en ligne.

En effet, Irene McDermott évoque un  “effet de désinhibition en ligne[16]” : le caractère éphémère et anonyme du web serait propice à l'expression de comportements perturbateurs, agressifs, intolérants etc. Aussi, les trolls se servent des communautés et de leur besoin d'échanger, de coopérer et débattre pour leurs activités. Leur volonté initiale est de perturber ces échanges et de déstabiliser les membres qui y participent. Pour ce faire, les trolls s'efforcent d'acquérir la culture et les normes des communautés pour mieux s'en jouer et les détourner comme le montre Anne Revillard : « Le troll participe au débat dans le but de perturber ceux-ci.  Le troll se fait passer pour quelqu’un d’honnête pour mieux tromper. (...) Son but est d'être pris au sérieux, pour que des débats se lancent autour de ses interventions. Le troll a donc pour effet de déstabiliser l'équilibre de la communauté, en poussant les gens à se détourner du sujet de discussion qui les rassemble dans ce groupe précis[17] ». Pour reprendre les mots de Michel Gensollen[24], les trolls utilisent les communautés virtuelles et les règles qui les régissent comme des « aires de jeux » et « détruisent pour exister »

L’effet du trolling sur les communautés[modifier | modifier le code]

Opposition entre intérêts communautaires et individuels[modifier | modifier le code]

L’un des effets du trolling est aller à l’encontre des intérêts de la communauté. Au lieu d’adhérer à la logique de coopération, de collaboration et de partage propre au fonctionnement des communautés, le troll sert ses propres intérêts en perturbant le fonctionnement de ces dernières. Cette comportement antisocial est d'autant plus facile à mettre en place que les communautés ont tendance à ne pas mettre de barrière à la participation (Anne Revillard).

Hostilité et dégradation des échanges sociaux en ligne[modifier | modifier le code]

Le trolling peut avoir un effet nuisible sur la communauté. Irene McDermott[16] décrit cette pratique comme étant destructrice pour les groupes sociaux en ligne. Les échanges entre les membres des communautés sont mis à mal par le troll. Selon la violence de ses intervention, le troll peut inciter les autres internautes à avoir des réactions auto-destructrices pour eux-mêmes ou pour la communauté. Dans l'article Trolling the trolls: online forum users’ constructions of the nature and properties of trolling[25], Alexander Coles et Mélanie Winter mettent en lumière les impacts négatifs du trolling sur les communautés :

  • création d'un environnement hostile,
  • détournement des activités des communautés (leurs échanges vont se concentrer sur le troll plutôt que sur le sujet initial qui les réunissait)
  • polarisation des opinions et croyances,
  • risques psychiques sur les “victimes” (diminution de l'estime de soi notamment)

Amusement et inversion des rôles[modifier | modifier le code]

A priori, le trolling peut être considéré comme une activité purement négative. Pourtant, des études sont parvenues à des conclusions plus modérées sur cette question.

Alexander Coles et Mélanie[25] ont établi que le trolling n’est pas uniquement une action négative qui corrompt le bon fonctionnement des communautés. Dans certains cas, notamment quand le troll échoue à provoquer les autres membres, il peut devenir une source d’amusement. Un autre élément paradoxal est une tendance à l'inversion des rôles : certains membres de communautés victimes de trolling, finissent par eux-mêmes adopter l'attitude des trolls en, pour reprendre l'expression, « trollant les trolls »[25], afin de les exposer et de s'amuser à leur tour. Cette tendance pourrait par ailleurs faire écho à la thèse soutenue par Georg Simmel dans le Conflit, dans laquelle il soutient qu' « un conflit entre deux individus peut très facilement modifier l'un d'entre eux, non seulement dans sa relation à l'autre, mais aussi en lui-même; et ceci... en posant des conditions préalables, en procédant à des modifications et à des adaptations internes parce qu'elles sont adéquates à la poursuite du conflit[22] ».

Le conflit comme élément unificateur[modifier | modifier le code]

Selon Georg Simmel, le conflit est à l’origine de l’unité et ce pour deux raisons principales. Tout d’abord, il part du principe que les individus défendent des idées qu’ils pensent bonnes pour l’intérêt commun et donc qu’ils le font dans le but d’unifier la société à l’image qu’ils défendent. Un conflit social oppose donc deux groupes d’individus soudés par des valeurs communes. Le conflit est donc source d’unité. Le trolling, étant une pratique visant à créer du conflit ou du moins à provoquer et générer de l’animosité au sein des communautés, peut contribuer, sous certains aspects à l’unité de la communauté trollée.

De plus, d’après Georg Simmel, lorsqu’un ennemi, ici le troll, est identifié au sein d’une communauté, les membres de la communautés vont faire bloc pour l’en éliminer. Ainsi le troll permet de fédérer les communautés.

Le troll créateur de débat[modifier | modifier le code]

Le troll est souvent caricaturé voire stigmatisé et confondu avec les spammers, haters, flooders ou autres flamers, mais le troll permet de mettre en lumière des questions d’ordres légal ou politique. Pour Antonio Casilli, « le trolling ne doit pas être considéré comme une aberration de la sociabilité sur Internet, mais comme l’une de ses facettes. Et les politiques ne peuvent le congédier ou le réprimer sans brider l’une des sources principales de changement et d’innovation de la sociabilité en ligne : le fait d’être confronté à des contenus, postures ou réactions inhabituels »[26] Anne Revillard écrit que le troll « est quelqu’un qui (…) participe aux débats dans le but de perturber ceux-ci. Il se fait passer pour un participant honnête et en profite pour donner de faux conseils, ou pour se moquer insidieusement des autres membres, à travers des messages provocateurs. Son but est d’être pris au sérieux, pour que des débats se lancent autour de ses interventions »[17]. Le troll a donc pour but ultime de faire réagir les autres membres des communautés, en aucun cas il ne désire les rebuter.

Le trolling a pris pour la première fois un aspect politique en 2008 lors du conflit opposant la communauté du site de troll 4chan à l’Eglise de Scientologie américaine. Il a ainsi permis de réellement structurer une communauté à des fins sociales et sociétales de grandes ampleurs.

Le trolling, une pratique acceptable ?[modifier | modifier le code]

Le raisonnement sur l’acceptabilité ou non du trolling dépend de prime abord du type de trolling

Le trolling « défensif »[modifier | modifier le code]

Le trolling que l’on pourrait qualifier de « défensif » semble être perçu comme acceptable par les communautés. Dans l’article Trolling the trolls: online forum users’ constructions of the nature and properties of trolling[25], les auteurs nous expliquent qu’il est possible d’observer des actions réalisées par des trolls qui s’attaquent à un troll ciblé et perçu comme « malveillant » pour prévenir les autres membres de la présence de ce troll non désiré au sein de la communauté.

Le trolling « destructeur »[modifier | modifier le code]

Toutefois il faut faire attention car le trolling peut s’avérer réellement nocif pour les communautés et la socialisation sous-jacente à l’existence de communautés en ligne. En effet, Anne Revillard explique dans Les interactions sur l'Internet[17] que lorsque les interactions fondées sur le trolling deviennent trop importante il y a un risque prépondérant de détourner la communauté de ce pourquoi elle a été créée à l’origine et donc de la détruire de l’intérieur. Le second risque évoqué par Anne Revillard est lié à la paranoïa croissante liée au risque de trolling. Les communautés particulièrement sujettes au trolling ont tendance à se méfier davantage des nouveaux arrivants qui peuvent être refusé à l’entrée de la communauté étant suspecté d’être des trolls potentiels. Tous ces risques qui freinent considérablement les principes de socialisation au sein des communautés en lignes fait du trolling une pratique pas acceptable voire dangereuse pour les communautés.

Le trolling « créateur »[modifier | modifier le code]

Toutefois, malgré les risques inhérents au trolling, lorsque celui-ci est fait pour les « bonnes raisons », il peut s’avérer positif. Antonio Casilli « explique que ces comportements en termes de processus social. On est troll pour provoquer des changements dans le positionnement des individus dans les réseaux. Parfois, il s’agit de contester certaines autorités et hiérarchies qui se créent dans les forums de discussion ou dans les communautés en ligne – ces trolls sont là pour faire émerger de nouveaux contenus »[26]. Ainsi le trolling permettrait d’enrichir les relations sociales entre les individus et de développer les échanges et leurs contenus. Toujours d’après Antonio Casilli, les trolls « ont un véritable rôle structurant au sein de chaque communauté – et qui plus est sur internet, où leur présence est permanente et démultipliée. En effet, l’identification négative dont ils font l’objet permet aux autres membres de la communauté de s’identifier positivement entre eux : en faisant front contre un adversaire commun, ils font corps : « face aux trolls, les autres sont porteurs de la norme sociale. » Le troll, en étant le mouton noir de la communauté, permettrait aux autres membres de se regrouper et de se souder davantage entre eux. Cette explication du trolling comme étant acceptable fait écho aux enseignements tirés de l’ouvrage de Georg Simmel développé dans la partie 3.

Ceci dit, cette vision du trolling comme une action permettant aux communautés de se souder contre un ennemi commun remet en question la définition même du troll. En effet, certains auteurs s’interrogent sur la pertinence de cette théorie puisque pour eux, un troll identifié comme tel, n’en est plus vraiment un. En effet, selon eux un troll perturbe une communauté en se faisant passer pour un membre lambda, c’est pourquoi les membres de la communauté réagissent à ses propos, parfois de façon très virulente. On peut effectivement être alors amenés à se questionner si, plus qu’une cohésion contre le troll identifié, il ne se dégage pas en fait un désintérêt du troll qui, en trollant, ne surprend plus personne ?

Politique[modifier | modifier le code]

Les trolls peuvent être utilisés à des fins politiques en agissant comme des lanceurs de débats polémiques ou en mettant en exergue des points sensibles des politiques à critiquer, parfois par le biais de mèmes ayant pour but d'être repris massivement. En cela certains partis politiques peuvent avoir intérêt à promouvoir des groupes de trolls pour orienter les discussions sur internet[27]. On peut citer par exemple :

  • Les trolls sur Facebook sont souvent minoritaires, mais sont promus par des organisations politiques bien organisées[28].
  • Les internautes pro-Trump, connus sous le nom de Trump's Troll Army ont été actifs lors de la campagne présidentielle américaine en 2016.
  • Lors des élections présidentielles françaises de 2017, des communautés de trolls se sont organisées comme outil de militantisme internet de l'extrême droite[29]. Reprenant les méthodes des trolls de la Trump's Troll Army, ceux-ci se sont manifestés par des "raids" ciblés pour décrédibiliser certains opposants.

Exemples de cas de trolling[modifier | modifier le code]

David Thorne est un des trolls les plus célèbres du web. L’australien s’est vu affublé du surnom de « king of trolls » après une affaire on ne peut plus étonnante. Il publie son échange par mail avec un service client qui lui réclame le paiement d’une facture. Clamant d’abord qu’il ne peut pas payer cette facture, il envoie le dessin d’une araignée (qu’il a fait lui-même) qu’il estime au montant de la facture et qui devrait faire office de paiement. S’en suit une discussion de plusieurs messages sur le nombre de pattes de l’araignée jusqu’à ce que Thorne mette fin à la discussion. Le dessin finira par être mis aux enchères à 10 000 dollars sur le site ebay.com. En 2009, Thorne écrit un ouvrage intitulé « The Internet is a Playground »[30] où il expose les messages de sa discussion célèbre. Le titre parle de lui-même quant à la conception qu’a Thorne du trolling et de son usage personnel des dimensions connectées.

En 2006, Jason Fortuny publie une petite annonce sur le site web américain Craigslist. Il se fait passer pour une femme qui recherche des hommes pour des rapports sexuels dominants et violents. Il reçoit 150 réponses et publie les photos, mails, noms et numéros de téléphone de ces hommes sur son blog. Du jour au lendemain, la vie de ces individus et de leurs familles a été bouleversée. Une des victimes porta plainte et Jason Fortuny, fut l’un des premiers cas de troll poursuivi en justice. Il fut condamné à payer 74 000 dollars dont seulement 5 000 dollars de compensation pour divulgation publique d’information privée. Il expliqua à l’époque au juge, sa passion pour le trolling, qu’il voit comme une forme d’expérimentation sociologique sur le comportement humain ; d’où le nom de son article sur son blog « The Craigslist experiment ». Le troll continuera à faire parler de lui dans de nombreux autres scandales.

Modération des commentaires[modifier | modifier le code]

Pour beaucoup de marques, d'entreprises ou d'organismes, la « chasse aux trolls » représente un enjeu considérable. En effet, alors que les plus grandes marques sont présentes sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, etc.) dans un but promotionnel et de publicité, certains de ces commentaires peuvent nuire à l'image de la marque[31], d'où l'utilité d'un système de modération des commentaires.

Le fonctionnement du système de modération des commentaires peut être de deux types. La modération a priori correspond à « un système où les commentaires d’internautes sont avalisés par le service de modération avant d’être publiés[32] ». Ainsi, il s'agit de vérifier de l'adéquation du commentaire aux règles fixées par l'entreprise ou autre organisme afin de le publier effectivement. Il s'agira pour le modérateur de décider, par exemple, de la non publication d'un commentaire ou partie de commentaire portant atteinte à la dignité humaine, à l'honneur, la pudeur ou la vie privée, aux droits d'auteur et de propriété intellectuelle, faisant acte de prosélytisme ou publicité, ou étant hors sujet et incompréhensible. Ce système de modération consiste ainsi à réserver un temps à la détection des trolls, dans le but de les empêcher d'agir. Ce système de modération a priori débouche alors sur une forme de censure, où il s'agit de « limiter l’interaction et de ralentir les échanges »[32].

Le système de modération peut fonctionner autrement, le « scrutage » des commentaires pouvant ainsi intervenir a posteriori, c'est-à-dire une fois le commentaire publié effectivement sur la plateforme. Ce système de modération a posteriori consiste donc en la suppression du message considéré comme indésirable et comporte ainsi, comme l'indiquent Degand et Simonson, des risques en termes d'image puisqu'il s'agit, durant un intervalle de temps plus ou moins long, de laisser des messages exagérés, insultant ou hors sujet polluer l'espace de discussion. Néanmoins, ce système de modération a posteriori est de plus en plus utilisé grâce aux solutions trouvées par les plateformes et entreprises pour limiter les commentaires de ce type. 

Au-delà des systèmes de modération a priori et a posteriori développées par les plateformes et les community managers eux-mêmes, beaucoup de ces plateformes ont développé un système de modération collective dans lequel ce sont les internautes eux-mêmes qui peuvent juger du caractère indésirable d'un commentaire. Selon Antonio Casilli, « c’est plutôt (cette) « modération communautaire » qui est souhaitée, où les membres eux-mêmes veillent au respect des règles du service informatique »[26]

Enfin, l'une des solutions envisagées par certaines plateformes comme YouTube consiste à rendre possible, dans les paramètres de configuration, la désactivation des commentaires. Ainsi, il s'agit d'empêcher la possibilité pour n'importe quel internaute de s'exprimer sur le contenu diffusé. PewDiePie, dans sa vidéo publiée sur YouTube en aout 2014 « Goodbye Comments » et visionnée plus de 12 millions de fois, explique pour quelles raisons il souhaite désactiver les commentaires : « I make video everyday for you bros […] and I think that the main problem here is the comments. I know I complain about comments a lot but it's basically my main way to communicate with you bros. I go to the comments and it's mainly spam, it's people self-advertising, it's people who want to provoc […] I don't want to see it, I just don't care […] so i'm gonna turn the comments off for ever[33] »

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Le troll [...] participe aux débats dans le but de perturber ceux-ci » « [...] le débat s’est focalisé sur lui pendant un certain moment, ce qui était son but. Le troll a donc pour effet de déstabiliser l’équilibre de la communauté, en poussant les gens à se détourner du sujet de discussion qui les rassemble dans ce groupe précis. » Anne Revillard, Les interactions sur l'Internet, Terrains & travaux 1/2000 (n° 1), p. 108-129.
  2. « Le trollage est une technique consistant à empêcher le bon fonctionnement d'un forum de discussion sur Internet en parlant de sujets provocateurs [...] »Définition de trollage sur L'Internaute.
  3. « Jonathan Bishop - Cyberstalking Expert », sur www.jonathanbishop.com (consulté le 10 décembre 2016)
  4. (en) Brown K.V, « From lol to lulz, the evolution of the internet troll over 24 years », Fusion.net,‎ (lire en ligne)
  5. Schwartz, Mattathias, « The Trolls Among Us », The New York Times, 2008.
  6. « Troll » dans Oxford English Dictionary, 2006
  7. Troll sur Online Etymology Dictionary ; voir aussi l'Troll#Étymologie pour détails et sources.
  8. Signification du français « troller » : « Troller », sur CNRTL
  9. L'expression « trolling for MiGs » utilisée par les pilotes de l'US Navy. John Saar, « Carrier War », Life, 1972 lire en ligne
  10. a et b Ch. G. (avec l'AFP), « Yuzu, wrap, troll... Les nouveaux mots du Petit Larousse 2017 », sur Le Parisien – Aujourd'hui en France, (consulté le 10 juin 2017).
  11. Titiou Lecocq et Diane Lisarelli, Encyclopédie de la web culture, Robert Laffont, , 264 p. (ISBN 2-221-12829-X), p. 153-157
  12. « Stonewalled: A NYT Best Seller | Sharyl Attkisson », sur sharylattkisson.com (consulté le 16 juin 2016)
  13. a et b « Internet Trolling as a hybrid warfare tool: the case of Latvia | StratCom », sur www.stratcomcoe.org (consulté le 16 juin 2016)
  14. (en) Erin E. Buckels, Paul D. Trapnell et Delroy L. Paulhus, « Trolls just want to have fun », Personality and Individual Differences, no Volume 67,‎ , p. 97–102 (lire en ligne)
  15. a, b et c admin, « Pour une sociologie du #troll », sur Antonio A. Casilli (consulté le 14 juin 2016)
  16. a, b et c (en) Irene McDermott, « Trolls, Cyberbullies, and Other Offenders : dealing with antisocial behavior on the Internet », Searcher,‎ , pp.7-11 (ISSN 1070-4795)
  17. a, b, c, d et e Anne Revillard, « Les interactions sur l'Internet », Terrains & travaux, no 1,‎ , p. 108–129 (ISSN 1627-9506, lire en ligne)
  18. Dominique Cardon, « Le design de la visibilité », Réseaux, no 152,‎ , p. 93–137 (ISSN 0751-7971, lire en ligne)
  19. Fanny Georges, « Représentation de soi et identité numérique, Abstract », Réseaux, no 154,‎ , p. 165–193 (ISSN 0751-7971, lire en ligne)
  20. Scott Wright, « ‪Les conversations politiques en ligne au quotidien : design, délibération et « tiers espace »‪ », Questions de communication, no 30,‎ , p. 119–134 (ISSN 1633-5961, lire en ligne)
  21. Anne Revillard, « Les interactions sur l'Internet », Terrains & travaux, no 1,‎ , p. 108–129 (ISSN 1627-9506, lire en ligne)
  22. a, b et c Simmel, Georg, 1858-1918. et Freund, Julien., Le Conflit, Circé, (ISBN 2908024837, OCLC 40136017, lire en ligne), pp. 110-111
  23. Jean Duhaime, « Le conflit comme socialisation selon G. Simmel », Congrès de l'ACFAS,‎ , pp.1-19
  24. Michel Gensollen, « Économie non rivale et communautés d'information, NON-RIVAL ECONOMY AND INFORMATION COMMUNITIES », Réseaux, vol. no 124, no 2,‎ 0000-00-00, p. 141–206 (ISSN 0751-7971, lire en ligne)
  25. a, b, c et d Bryn Alexander Coles et Melanie West, « Trolling the trolls: Online forum users constructions of the nature and properties of trolling », Computers in Human Behavior, vol. 60, no Supplement C,‎ , p. 233–244 (DOI 10.1016/j.chb.2016.02.070, lire en ligne)
  26. a, b et c Antonio Casilli, Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ?, Paris, Ed. du Seuil, , 319 p.
  27. Bellanger, Aurélien (2013) Le trolling politique : Comment une pratique du web 2.0 s’est-elle immiscée dans le débat et l’arène politique ?. Master 1 dissertation, Science Politique, Université de Montpellier, France.
  28. « Migrants: «Certains de vos commentaires sont insupportables», réagit la rédaction de France 3 Midi-Pyrénées », 20minutes.fr,‎ (lire en ligne)
  29. William Audureau, « Les trolls sur Internet, nouveaux « colleurs d’affiches » du Front national », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)
  30. (en) Thorne D., The internet is a playground, Tarcher/Penguin, , 368 p. (ISBN 978-1585428816, lire en ligne)
  31. Emmanuel Blosh, Communication de crise et médias sociaux : Anticiper et prévenir les risques d'opinion - Protéger sa e-reputation - Gérer les crises, Paris, Dunod,
  32. a et b Degand et Simonnot, « La modération des fils de discussion dans la presse en ligne », Les Cahiers du Journalisme,‎ , p. 56-72
  33. https://www.youtube.com/watch?v=4_hHKlEZ9Go&t=266s

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]