Loi de Poe

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La loi de Poe, du nom de son inventeur Nathan Poe, dispose que, sur Internet, sans indication claire de l'intention de l'auteur d'un écrit, il est difficile ou impossible de faire la différence entre un propos réellement outrancier et une exagération volontaire à des fins parodiques[1].

Désormais généralisée, la loi de Poe a d'abord été utilisée pour décrire le comportement de certains intégristes religieux dans les forums de discussions à propos du créationnisme : « Sans un smiley qui cligne de l'œil ou un autre moyen bien flagrant de bien marquer que c'est de l'humour, il est impossible de faire une parodie sans être attaqué directement par une personne qui confondrait l'humour avec une réalité »[2]. Les émoticônes permettent d'exprimer les intentions de l'auteur d'un message en ligne[3].

Impacts[modifier | modifier le code]

En 2017, le magazine technologique américain Wired a nommé la loi de Poe le phénomène internet le plus important de l'année[4].

Dans un article publié en 2009[5], le philosophe américain Scott F. Aikin a présenté des variantes de la loi de Poe. Pour chaque site web qui parodie l'extrémisme religieux, par exemple, il pense qu’il existe au moins un site web dont le contenu est identique mais pour des sujets sérieusement préconisés. Pour lui, il est dès lors impossible pour un visiteur de distinguer un site satirique d'un site sérieux sur la base de son apparence, à moins que le site satirique ne rende sa nature évidente. En conséquence, non seulement les parodies ne seraient pas reconnues comme telles, mais aussi le contenu sérieux serait régulièrement pris pour de la satire. Comme exemple de ce dernier, Aikin a cité le site web fondamentaliste chrétien ObjectiveMinistries.org, qui a proposé en 2001 un concours pour étudiants sur le thème de la "science de la création". Au vu de titres des contributions au concours qui figuraient parmi les gagnants (notamment « Mon oncle est un homme appelé Steve (pas un singe) », « Pokemon prouve que l'évolution est mauvaise » et « la création microévolutive d'une résistance aux antibiotiques latente dans les bactéries développée grâce à la prière »), ObjectiveMinistries.org, qui prétend se consacrer à la lutte contre les moqueries de Jésus-Christ sur Internet, et qui plaide notamment pour la fermeture du site de satire religieuse Landover Baptist Church[6], a visiblement été pris pour une ramification de Landover Baptist Church[5],[7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Scott F. Aikin, « Poe's Law, Group Polarization, and the Epistemology of Online Religious Discourse », Social Science Research Network,‎
  2. (en) Citation originelle de Nathan Poe sur christianforums.com
  3. (en-US) Megan Garber, « How to Tell a Joke on the Internet », sur The Atlantic, (consulté le )
  4. Ellis, Emma Grey (June 5, 2017). "Can't Take a Joke? That's Just Poe's Law, 2017's Most Important Internet Phenomenon". Wired
  5. a et b (en) Scott F. Aikin, « Poe's Law, Group Polarization, and the Epistemology of Online Religious Discourse », SSRN Electronic Journal,‎ (ISSN 1556-5068, DOI 10.2139/ssrn.1332169, lire en ligne, consulté le )
  6. « For this reason, this website was created to try and stop one of the more vile and dangerous misuses of the Internet: using it to mock Our Lord Jesus Christ, His teachings, and His followers. »
  7. (en) Scott F. Aikin, « Poe's Law, group polarization, and argumentative failure in religious and political discourse », Social Semiotics, vol. 23, no 3,‎ , p. 301–317 (ISSN 1035-0330 et 1470-1219, DOI 10.1080/10350330.2012.719728, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]