Astroturfing

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L'astroturfing désigne une technique de propagande utilisée à des fins publicitaires ou politiques ou encore dans les campagnes de relations publiques, qui ont pour but de donner une fausse impression d'un comportement spontané ou d'une opinion populaire. Cette tentative de manipulation fait référence à la pelouse artificielle de marque AstroTurf utilisée dans les stades. Elle consiste à simuler un mouvement citoyen, venu de la base (appelé grassroots movement en anglais américain).

L'astroturfing peut prendre de multiples formes, de la simple dissimulation de son appartenance à un parti ou de ses liens financiers avec une société, tout en prétendant apporter un témoignage indépendant, jusqu'à des formes plus complexes, utilisant des logiciels qui multiplient de fausses identités sur Internet.

Le but de ce type de campagne est faire passer un message en le présentant comme spontané, en masquant son caractère commandité. Les astroturfers tentent d'orchestrer des actions qui semblent provenir d'individus divers et dispersés géographiquement et utilisent des méthodes de désinformation. L'astroturfing peut être pratiqué par une personne seule selon un agenda préétabli ou par des groupes professionnels organisés, avec des appuis financiers de grosses entreprises ou d'organisations activistes ou non-lucratives. Très souvent, l‘organisation est gérée par des consultants politiques qui sont spécialisés dans la recherche en opposition.

Définition[modifier | modifier le code]

C'est une technique consistant en la simulation d'un mouvement spontané ou populaire à des fins d’ordre politique ou économique pour fabriquer l'opinion. Elle consiste à donner l’impression d'un sentiment majoritaire pour justifier une prise de position[1].

Exemples[modifier | modifier le code]

Chine[modifier | modifier le code]

Le 50 Cent Party et l'Internet Water Army sont des groupe créés par le gouvernement chinois pour poster en grande quantité des messages favorables au gouvernement. Leur nom viendrait des 50 centimes de yuan qui sont perçus par ses membres pour chaque message posté. Les effectifs de ces agents s’élèveraient à 300 000 personnes en Chine dont la plupart le font pour un complément de revenus.

Corée du Sud[modifier | modifier le code]

L'astroturfing aurait été utilisé en décembre 2012 en Corée du Sud dans le cadre d'une campagne de diffamation visant à écarter un candidat, avec 24 millions de tweets[2].

États-Unis[modifier | modifier le code]

L'opération d'espionnage et de guerre psychologique Earnest Voice, visant les pays sous influence des États-Unis, ont alimentés massivement les forums et les blogs locaux d'opinions pro-américaines pour légitimer la présence de l'Etat[3],[4].

France[modifier | modifier le code]

En France, les techniques d'astroturfing sont enseignées dans les écoles de sciences politiques[5],[6],[7] et largement utilisées par les partis politiques dominants pour influencer les résultats électoraux[8].

Libye[modifier | modifier le code]

L'opération Cyber Dawn en 2011 est un exemple d'astroturfing en Libye[9].

Russie[modifier | modifier le code]

Les web-brigades, des hackers volontaires ou des militants, fonctionnant en petites cellules coordonnés par le Kremlin, attaquent le web dans les intérêts nationaux de la Russie.

Royaume-Uni[modifier | modifier le code]

Le guide Online Covert Action du GCHQ révélé par Edward Snowden détail des techniques utilisées par les services du Royaume-Uni pour générer l'illusion de l'adhésion, notamment sur les réseaux sociaux[10].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]