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Astroturfing

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L'astroturfing (parfois aussi appelé similitantisme[1], contrefaçon de mouvement d'opinion[2] ou désinformation populaire planifiée[3], et parfois désinformation populaire orchestrée[3]) est une technique de désinformation recourant à de fausses organisations citoyennes, généralement financées par de grandes entreprises ou des partis politiques pour étayer leurs arguments ou revendications, ou pour contester et réfuter ceux qui les contredisent.

L'astroturfing utilise pour cela des techniques de propagande (manuelles ou automatisées) à des fins publicitaires, idéologique, politiques ou de relations publiques mensongères. Ces techniques visent ici à donner une fausse impression d'un comportement spontané ou d'une opinion citoyenne en faveur ou contre une idée, une personne, un projet, etc.

Cette méthode d'influence a pris une ampleur nouvelle avec l'arrivée d'Internet, des réseaux sociaux et de leurs algorithmes (Twitter notamment) ; ces progrès technologiques ont fait de ce qui était une technique d'ingénierie sociale détournée, affinée par l'industrie du tabac en une fabrique du doute ou du mensonge, une puissante arme idéologique et politique (de « piratage cognitif »), dont le but est de fabriquer le consentement, de simuler le soutien populaire et de corrompre le débat public[4],[5] et de tirer profit de l'intelligence artificielle générative qui facilite le buzz et la propagation rapide et à grande échelle de fausses nouvelles (infox).

Outre les graves problèmes d'éthique des affaires et de politique qu'il soulève, l'astroturfing est aussi indirectement devenu une menace importante pour la légitimité et la crédibilité des vrais mouvements citoyens.

Historique et origine du terme astroturfing

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C'est le sénateur du Texas Lloyd Bentsen qui utilise le terme astroturfing pour la première fois, en 1986, après avoir constaté que de nombreux courriers qui lui étaient prétendument envoyés par des citoyens, étaient en réalité une campagne de lobbying d'une compagnie d'assurances[6],[7],[8].

Ce mot (astroturfing) fait référence à un faux gazon (pelouse artificielle de marque AstroTurf (en) utilisée dans les stades) ; c'est un jeu de mots basé sur l'expression « grassroots movement » qui en anglais américain désigne un mouvement citoyen spontané ; Grassroots signifiant littéralement « racine de l'herbe », exprimant l'idée d'authenticité, d'ancrage citoyen. Ici, la référence à une pelouse synthétique dénonce par analogie l'artificialité et le caractère mensonger, trompeur, de ces pseudo-mouvements citoyens (qui peuvent être de faux mouvements de colère, de protestation ou de soutien à une personnalité, un projet, ou une idéologie)[9].

Historiquement, il s'agissait d'abord, pour des industriels, d'utiliser des médias traditionnels, notamment en détournant les rubriques « courrier des lecteurs » de la presse locale et nationale, pour y faire passer des textes produits par de faux « citoyens inquiets » ou de fausses « organisations expertes » diffusaient en réalité des messages biaisés ou mensongers en faveur de ces industriels[10].

Puis avec l'essor du débat en ligne (Web2.0), ce sont tous les médias audiovisuels, puis les réseaux sociaux qui sont devenus les cibles des astroturfers (ingénieurs sociaux). En particulier, les forums et certaines sections de commentaires de blogs ou de journaux et autres médias numériques sont devenus des cibles privilégiées, permettant de publier anonymement des messages préparés, et de saturer l'espace public et une part croissante de l'infosphère de points de vue biaisés ou mensongers, favorables aux intérêts de commanditaires puissants, et défavorables à leurs détracteurs[10].
Cette présence a ensuite été automatisée grâce à des logiciels (bots) de gestion de persona (Persona Management Software), capables de générer de multiples profils fictifs dotés d'historiques et d'adresses IP distincts afin d'étouffer les débats authentiques[11], puis l'IA est utilisé pour écrire de faux messages en quantité industrielles. Sur Internet, l'usage de faux profils individuels (Sock Puppets) est s'est répandu : ils servent à publier de faux avis de consommateurs, attaquer des adversaires politiques ou dénigrer des concurrents, parfois dans le cadre de campagnes où la rémunération des employés dépend du nombre de messages publiés sans être détectés[12].

Parallèlement, une autre technique consiste à créer ou artificiellement gonfler des groupes de façade (Front Groups) présentés comme défendant l'intérêt général alors qu'ils sont financés par des lobbys politiques ou économiques ; ces groupes sont notamment connus pour s'opposer à des législations sanitaires ou environnementales et/ou au consensus scientifique ; ils le font en amplifiant des points de vue marginaux, en semant le doute et/ou en produisant de fausses recherches[13],[9].

Définition

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L'astroturfing est une stratégie insidieuse de communication ou de propagande qui consiste à simuler artificiellement un mouvement citoyen ou populaire afin d'influencer l'opinion publique. Il vise à donner l'illusion d'un soutien citoyen massif, spontané ou largement partagé à une idée, une organisation ou une cause, alors qu'il s'agit en réalité d'une opération orchestrée par des acteurs le plus souvent politiques[14], ou économiques, idéologiques ou religieux, par exemple pour ou contre une politique publique visant à limiter le tabac, l'alcool ou les pesticides, le réchauffement climatique, la circulation des armes, les impôts). L'opération est généralement orchestré par une officine spécialisée, une agence de communication ou un service interne de communication.

L'astroturfing repose sur le secret et la dissimulation de l'identité ou des intérêts réels des initiateurs[9] (par exemple en cachant les financements, les commanditaires directs et indirects ou des affiliations partisanes), pour conférer une crédibilité artificielle aux messages diffusés et de justifier certaines prises de position[15],[16],[17].

Selon Justine Lalande, doctorante au Département de communication sociale et publique de l'Université du Québec, c'est « une tactique qui consiste à usurper des mouvements citoyens afin de soutenir des intérêts particuliers. Outil de désinformation, de lobbying, mais aussi de relations publiques, l'astroturfing englobe un ensemble de stratégies de communication. On viendra ainsi masquer les commanditaires d'un message ou d'une organisation pour faire croire qu'il provient des citoyens « ordinaires » »[18].

L'astroturfing peut prendre de multiples formes, du simple envoi en masse de faux courriels ou courrier de lecteurs à un journal (technique revendiquée par Edward Bernays dans Propaganda), jusqu'à des formes plus complexes de fabrique du doute ou de fake-news, souvent en utilisant des logiciels qui multiplient de fausses identités et faux comptes sur Internet[19] et/ou des intelligences artificielles rédigeant de faux messages.

Le but de ce type de campagne est de faire passer des messages (par exemple visant à discréditer le réchauffement climatique)[20] en les faisant passer pour authentique et spontané, en masquant leur caractère commandité. Les astroturfers tentent d'orchestrer des actions qui semblent provenir d'individus divers et dispersés géographiquement et utilisent des méthodes de désinformation. L'astroturfing peut être pratiqué par une personne seule ou par des groupes professionnels organisés, avec des appuis financiers de grosses entreprises ou d'organisations activistes ou non lucratives. Très souvent, l‘organisation est gérée par des consultants politiques et/ou en communication, spécialisés dans la recherche en opposition.

En faisant croire à une mobilisation démocratique et citoyenne (ascendante, down-up) pour ou contre un projet, l'astroturfing est en réalité d'une démarche non démocratique descendante (up-down)[21]. Outre qu'il met en évidence de graves dérives en termes d'éthique des affaires, l'astroturfing est aussi devenu une menace importante pour la légitimité des vrais mouvements citoyens[22], notamment parce qu'il sabote les pratiques délibératives, et sape toute possibilité de communication stratégique délibérative (y compris quand elle est promue dans les entreprises par leur RSE interne)[23].

Dans ce contexte, certains auteurs estiment que des blogueurs, journalistes ou critiques qui accepter des produits gratuits, voyages ou avantages divers sans en informer leur public pratiquent une forme d'astroturfing, dans la mesure où cela masque l'influence réelle de l'organisation qui fournit ces incitations[24].

Détection et contre-mesures

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Jusqu'à la fin des années 2010, la littérature scientifique contenait peu d'articles sur la détection de l'astroturfing[25], mais omettre de divulguer le véritable commanditaire d'un message altère l'authenticité de la communication ; et mentir contredit les valeurs démocratiques et pluralistes ; ce qui a incité des élus, techniciens, chercheurs, hackers éthiques, et des ONG ont mis au point des méthodes de détection d'actions d'astroturfing[26].

Parfois, ce sont des erreurs commises par les commanditaires et/ou leurs relais (les agences de communication pratiquant la manipulation ou leurs IA et leurs bots) ; des indices ou preuves de référencement abusif ou de fake-news, qui démontrent l'existence d'une manipulation de la vérité.
Parfois, comme dans le cas du scandale Cambridge Analytica, l'opération est spontanément dénoncée par des lanceurs d'alerte ou par des fuites ou des hackers éthiques.

Sinon plusieurs moyens de détection peuvent être utilisés :

  • recherche de preuves ou d'indices de la réalité du groupe se prétendant comme nombreux et représentatif (parfois les associations ou personnes citées ou émettant les messages n'existent simplement pas (persona sont créées de toutes pièces), ou leur identité a été volée à d'autres, ou ce sont des adresses mails récupérés à l'occasion d'une pétition, ou les porte-parole ne s'expriment que via les réseaux sociaux, ou ne répondent jamais, ou leur site disparait après la clôture de leur campagne ;
  • recherche d'anomalies telles que répétitions anormales de messages (contenus ou formes identiques ou très proches), diffusés anormalement rapidement, parfois dans un grand nombre de langues (avec mêmes erreurs de traduction ou mêmes fautes d'orthographe) et simultanément par de multiples comptes ; utilisation de nombreux identifiants sur une même plateforme ; renvois circulaires entre sources se citant mutuellement, anomalies temporelles (salves de publications ou de partages anormalement rapides et prolongés), ainsi qu’une difficulté inhabituelle à interagir avec les émetteurs ; réveils de comptes dormants, etc. Par exemple, des anomalies telles que des salves anormalement rapides de messages, des réactions anormalement rapides peuvent alerter, et des moyens informatique spéciaux peuvent permettre de détecter des patterns, temporalités et durées anormales de campagnes de retweets (ainsi, l’Institute for Strategic Dialogue (ISD) notait le 20 avril 2022 que le compte de @Samuel_Lafont (Stratégie numérique et levée de fonds pour @Reconquete_off @ZemmourEric) qui comptait alors environ 54 000 abonnés a réussi à partager une pétition 24 fois en moins de cinq minutes[9] ;
  • l'analyse du cadrage des messages (emphasis framing analysis, technique étudiant quels thèmes sont mis en exergue dans les messages, et comment (l'« angle » du message) : derrière d'apparentes bonnes intentions et des appels à l'intérêt général et au bien commun, les faux mouvements citoyens utilisent un cadrage du message en réalité aligné sur des intérêts privés, ce qui les rend parfois détectables, voire oriente vers leurs commanditaires[27]. Par exemple, à propos du gaz de schiste, le lobby des industries fossiles insistera sur les emplois créés, la compétitivité ou la liberté d'entreprendre (cadrage économique) et pourrait chercher à discréditer ses opposants et la science du climat, alors que des mouvements citoyens authentiques cadreront plutôt leur discours sur les risques pour la santé environnementale, pour le climat, pour la ressource en eau, potable notamment (cadrage écologique et de santé publique), et pour la justice sociale, selon leurs préoccupations directes (santé, environnement, justice sociale). L'étude comparée des cadrages utilisés par différents acteurs, a par exemple permis de détecter des incohérences et d'identifier par exemple des campagnes pro-fracking (pour l'exploitation de gaz de schiste aux Etats-Unis puis en Europe), en réalité sans base citoyenne réelle.

Nota: l'astroturfing cherche à faire croire à un consensus qui n'existe pas. Il cherche aussi à exploiter la crainte de « déclassement informationnel »[9]. Ce faisant, il renforce la défiance envers les médias traditionnels et isole les individus dans leurs bulles informationnelles. Pour s’en protéger, une bonne « hygiène informationnelle » est recommandée, qui inclut le repérage des indices cités ci-dessus et il est recommandé de questionner systématiquement l’origine, le moment et le canal de diffusion d’un message, ainsi que l’identité et les intérêts possibles de ses promoteurs, pour y déceler l'existence éventuelle d'un agenda caché[9].

Campagnes internationales ou nationales thématiques

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Dans le domaine de la santé et de la consommation

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  • contre la législation anti-tabac, durant plusieurs décennies, des exemples de campagnes financées par l'industrie du tabac (dite Big Tobacco, avec Philip Morris notamment), pour créer de faux collectifs citoyens de fumeurs ou pseudoscientifiques ont été documentés et dénoncés, notamment par Oreskes & Conway (2010) qui classent l'industrie du tabac comme exemple archétypique des marchands de doute, dont les méthodes éprouvées depuis des décennies sont encore utilisées par l'industrie des énergies fossiles[28] ;
  • contre les restrictions au commerce de l'alcool, des alcooliers utilisent encore les techniques de Big tobaco pour freiner les lois et minimiser les risques[29]

Agriculture, agroalimentaire et environnement

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  • Walmart a fait créer de faux blogs, de faux fans et de faux groupes[30]
  • dans le domaine des OGM et des Pesticides (glyphosate notamment), l'entreprise Monsanto a utilisé l'astroturfing pour contrer les critiques, et disqualifier les scientifiques observant des effets négatifs pour la santé ou l'environnement, ce qu'ont révélé en 2017 les « Monsanto Papers », montrant notamment que Monsanto a payé une agence de consultant pour fabriquer des e-mails et créer le « Center for Food and Agricultural Research », un faux institut dont l'objet était d'attaquer les chercheurs et journalistes critiques des impacts de Monsanto et de certains de ses produits. Le Center for Food & Agricultural Research (CFFAR) était un site Internet présenté comme une coalition de recherche et de politique publique consacrée aux questions de santé, de sécurité et de durabilité liées à la production alimentaire et textile, mais dont l'origine et la structure organisationnelle demeuraient opaques[31]. Selon Jay Byrne (ancien responsable de la stratégie Internet de Monsanto), le CFFAR était l'une des plateformes vers lesquelles les internautes recherchant des informations sur les OGM étaient réorientés. Ce site a attiré l'attention lors de la convention de la Biotechnology Industry Organization en 2000, après qu'il ait contribué à diffuser des biographies diffamatoires et fabriquées visant des critiques de Monsanto (ex : Michael Hansen et Steven Druker). La page d'accueil, illustrée par des images de paysans du « Tiers Monde », proposait des fiches sur les méthodes de production alimentaire, mais seule celle consacrée à l'agriculture biologique était disponible, reprenant des arguments hostiles inspirés de Dennis Avery mettant en avant des risques sanitaires et de faibles rendements. L'essentiel du site visait toutefois à une opération « Stop Anti-GM Violence » et à un sous‑site « Vandalwatch.org » accusant des ONG comme Greenpeace ou l'Institute of Agriculture and Trade Policy de violences, de terrorisme et d'intimidation, via des récits largement inventés. L'objectif apparent était de délégitimer les opposants aux biotechnologies et de faire pression sur leurs bailleurs de fonds, en assimilant leur soutien à une complicité avec des actes de vandalisme[31]. Ce site a été promu par des sources anonymes ou sous pseudonyme (dont via l'adresse « Andura Smetacek », ensuite identifiée comme un relais de communication lié à Monsanto), mais il a aussi été repris par des bibliographie et des sources académiques l'ayant pris pour une ressource légitime[31].
    L'année suivante (2018), l'entreprise a versé au moins 200 000  à une société de conseil irlandaise en relations publiques (Red Flag Consulting), pour mettre en place un faux groupe d'« agriculteurs de base » dispersés en Europe pour s'opposer à une éventuelle interdiction du glyphosate par l'UE[32].
  • Dans le domaine du climat, le déni du réchauffement climatique (ou de la responsabilité humaine) a été largement financé et coordonné par l'Atlas Network (et d'autres entités), par un grand nombre de think tanks climatosceptiques et de faux groupes citoyens pour le gaz de schistes et les énergies fossiles, et le financement de collectifs anti‑éolien par l'industrie fossile.

Partis politiques et société

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Dans les années 2010, la pratique à grande échelle de l'astroturfing dans les milieux angloaméricains conservateurs et en particulier du libertarianisme de droite a été mise en évidence par le scandale Facebook-Cambridge Analytica : des informations personnelles volées à des dizaines de millions d'internautes ont été détournées pour profiler des électeurs afin d'influencer leurs intentions de vote en faveur d'hommes politiques ou de partis ayant payé Cambridge Analytica pour cela. Une plateforme logicielle intelligente dénommée « Ripon », créée au Canada par AggregateIQ[33]), a contribué à des manipulations à grande échelle de l'information, visant à orienter les votes des électeurs, aboutissant à l'élection de Donald Trump, au vote du Brexit et à des élections sous influence dans une vingtaine de pays au moins (dont en Inde).

Bell Canada

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Au Canada, le géant des télécommunications Bell Canada a été reconnu coupable en 2015 par le Bureau de la concurrence d'avoir encouragé ses employés à rédiger des évaluations et des commentaires positifs au sujet des applications gratuites de la compagnie, sans préciser qu'ils étaient employés. Ils ont dû verser 1,25 million de dollars en dommages[37].

En 2008, trois Montréalais « créent » un blog visant à promouvoir le vélo comme mode de transport dans la ville de Montréal appelé : À vélo citoyens. Le blog reçoit en « primeur » le prototype du BIXI, ce vélo-partage, ce qui est confirmé quelques jours plus tard par la Ville. Or, tout se révèle faux, le blog est une création de l'agence de communication Morrow Communications[38].

Le Parti des 50 centimes et l' Internet Water Army (en) sont les deux plus grandes communautés d'astroturfers en Chine.

  • Le Parti des 50 centimes est un groupe créé par le gouvernement chinois pour poster en grande quantité des messages favorables à sa politique[39]. Son nom aurait pour origine les 50 centimes de yuan qui sont perçus par ses membres pour chaque message posté[40]. Les effectifs de ses agents sont évalués en 2008 à 300 000 personnes en Chine[41], dont la plupart seraient étudiants[42].
  • L'Internet Water Army rassemble en 2025 plus de 280 000 personnes rémunérées par des entreprises chinoises pour publier massivement des commentaires en ligne pour influencer les réseaux sociaux. La police chinoise lutte d'ailleurs contre ces diffuseurs de « fake news »[43]. Ces personnes opèrent généralement en passant par les plates-formes en ligne les plus prisées du pays comme le site de microblogage Sina-Weibo, la messagerie WeChat ou Taobao (principal site chinois de vente en ligne)[44].

Lors de la pandémie de Covid-19, une campagne d'astroturfing des autorités chinoises est suspectée sur Twitter, au vu de l'activité de milliers de comptes publiant presque exclusivement des messages soutenant la réponse de la Chine à l'épidémie, et partageant des messages de désinformation comme ceux accusant les États-Unis d'être à l'origine de la pandémie[45].

Ces stratégie d'astroturfing, fondée sur la saturation de messages via faux comptes et bots, s'apparente à des techniques de piratage visant à créer artificiellement l'impression d'un mouvement de masse.

Corée du Sud

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L'astroturfing a été documenté dans le cas, en , en Corée du Sud, d'une campagne de diffamation visant à écarter un candidat, avec 24 millions de tweets[46].

États-Unis

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Earnest Voice

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L'opération d'espionnage et de guerre psychologique Earnest Voice, visant les pays sous influence des États-Unis, a alimenté massivement les forums et les blogs locaux d'opinions pro-américaines pour légitimer la présence de l'État[47],[48].

Purdue Pharma

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À la fin de la crise du VIH/sida, un nouveau type de militantisme consumériste en médecine est apparu : pour la première fois, des patients américains et des associations ont réclamé moins de régulation de la FDA (ici accusée de freiner l’accès à des traitements vitaux)[49]. L’industrie pharmaceutique en a profité pour financer des groupes d’« astroturfing » (tel l’American Pain Foundation pour promouvoir l’usage élargi des opioïdes, en diffusant des guides favorables et en mobilisant les patients pour défendre ces médicaments[49]. Parallèlement, les courants libertariens de droite et néolibéraux, hostiles à la régulation publique et influents depuis la présidence de Reagan, ont encouragé la FDA et la DEA à être plus conciliante envers l’industrie pharmaceutique, facilitant notamment l’approbation de l’OxyContin. Ces dynamiques combinées — activisme pro‑opioïdes et croisade néolibérale contre la régulation — ont contribué à institutionnaliser un consensus favorable aux opioïdes tout en renforçant, paradoxalement, la répression des drogues de rue et la massification de l’incarcération[49].
L'entreprise pharmaceutique Purdue Pharma a utilisé l' astroturfing pour pousser les ventes de son médicament controversé : l'OxyContin, provoquant la crise des opioïdes[50]. Lorsque l'OxyContin est arrivé sur le marché en 1996, Purdue Pharma a ciblé de nombreux patients par le biais de dépliants et de brochures sous le couvert de Partners Against Pain. Partners Against Pain était présenté comme une coalition indépendante de médecins, de patients, et de prestataires de soins de santé, qui étaient tous alliés pour sensibiliser à la douleur. Bien que Partners Against Pain semblait être une organisation indépendante, elle était en fait créée et financée par Purdue Pharma[51].

Opération Clean Turf

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En 2013, le bureau du procureur général de l'État de New York a entrepris une enquête appelée Operation Clean Turf qui a abouti à un règlement de 350 000 dollars avec 19 entreprises et à un accord pour qu'elles cessent de vendre de faux avis à des entreprises afin qu'elles les publient sur des sites d'évaluation en ligne, tels que Yelp et Citysearch. Les entreprises incriminées étaient des fournisseurs tiers de fausses évaluations et qui se présentaient comme des sociétés d'optimisation des moteurs de recherche (SEO) offrant des services de gestion de la réputation en ligne.

Dans le cadre de l'enquête, des représentants du bureau du procureur général ont passé des appels téléphoniques à des entreprises en se faisant passer pour des clients potentiels cherchant à renforcer leur réputation en ligne. Ils voulaient de l'aide pour réfuter les critiques négatives publiées sur Internet. Un certain nombre de sociétés de référencement ont immédiatement proposé d'écrire de fausses critiques et de les publier sur des sites comme Yelp et Citysearch, et même de faire connaître la fraude en faisant de la publicité sur Craig's List pour trouver des personnes capables de « publier de nombreuses critiques positives sur les principaux sites d'évaluation [sic]. » Les propriétaires d'un spa ont passé une annonce : « J'ai besoin de quelqu'un qui soit un expert de Yelp pour poster des avis positifs… » Une boîte de nuit a fait savoir qu'elle recherchait des rédacteurs pour poster des avis « sans être signalés ». Finalement, 19 entreprises se sont vu infliger des amendes s'échelonnant de 2 500 à 100 000 $, pour un total de 350 000 $. En outre, toutes les entreprises ont assuré qu'elles cesseraient leurs activités[52].

Barrier Breakers 2016

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Barrier Breakers 2016 est un comité d'action politique créé pour la campagne présidentielle de 2016, rémunéré et composé d'une douzaine de personnes dont des anciens journalistes, des blogueurs, des spécialistes des affaires publiques et des designers qui publient du contenu positif concernant la candidate démocrate Hillary Clinton sur les réseaux sociaux. Son activité est assimilée à de l'astroturfing[53],[54].

En , dans la commune de Cholet, le quotidien Ouest-France révèle que le maire Gilles Bourdouleix a demandé à des soutiens politiques lors des réunions publiques d'intervenir avec des questions rédigées à l'avance qui « mêlent remerciements, critiques de la presse ou considérations sur le respect de la loi que représente le maire de Cholet »[55]. En octobre de la même année, le cabinet du maire rédige un faux courrier des lecteurs censé critiquer la presse régionale locale ; l'affaire a été révélée à la suite d'un envoi, par erreur, aux rédactions d'Ouest-France et du Courrier de l'Ouest[56].

En , lors de l'affaire Benalla, les partisans d'Emmanuel Macron s'appuient sur une étude de Désinfo Lab pour sous-entendre que l'émotion publique suscitée par l'affaire serait en réalité une opération d’astroturfing pilotée par la Russie à des fins de déstabilisation. Plusieurs études concurrentes permettent de démontrer qu'il s'agissait bien d'un mouvement spontané, rappelant la difficulté d'attribution en matière d'astroturfing et de désinformation[57].

En 2019, lors du procès Baupin, l'ancienne ministre Cécile Duflot est victime d'une campagne coordonnée d'astroturfing sur Twitter[58].

En , un collectif de journalistes identifie des officines israéliennes (Team Jorge) et tunisiennes (Ureputation, Digital BIg Brother), dont les techniques reposent sur des outils de création massives de faux comptes sur les réseaux sociaux, et qui revendiquent ces approches[59],[60],[61].

En , Le Monde révèle que l'équipe de campagne d'Éric Zemmour a créé des milliers de comptes Twitter afin de gonfler artificiellement la présence de leur candidat sur le réseau social durant l'élection présidentielle de 2022. L'objectif était de diriger les internautes vers des sites gérés par l'association des amis d'Eric Zemmour et d'assurer un afflux d'adhérents et de dons[62],[63].

Au Japon, les groupes citoyens pro-nucléaire, recrutés et financés par l'industrie nucléaire et la bureaucratie, peuvent être considérés comme un cas d'astroturfing[64].

En 2008, McDonald's a admis avoir payé 1 000 personnes pour qu'elles fassent la file lors de l'arrivée du sandwich Quarter Pounder afin de mousser les ventes et de créer un engouement[65].

L'opération Cyber Dawn en 2011 est un exemple d'astroturfing en Libye[66].

Le boycott lancé en à l'encontre de trois marques a été permis et soutenu par une importante campagne d'astroturfing[67],[68].

Lors des élections présidentielles roumaines de décembre 2024, le candidat pro-russe Călin Georgescu a utilisé l'astroturfing pour manipuler l'algorithme de TikTok et gonfler artificiellement sa popularité[69].

Les web-brigades, des hackers volontaires ou des militants, fonctionnant en petites cellules coordonnées par le Kremlin, attaquent le web dans les intérêts nationaux de la Russie[70].

Royaume-Uni

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Le guide Online Covert Action du GCHQ, révélé par Edward Snowden, détaille des techniques utilisées par les services du Royaume-Uni pour générer l'illusion de l'adhésion, notamment sur les réseaux sociaux[71].

En 2016, durant la campagne pour le référendum sur le Brexit, la société Cambridge Analytica a mis en place des techniques de propagande qu'elle a réutilisées durant la campagne présidentielle de Donald Trump[72].

Notes et références

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  1. Mathieu Gobeil, « Soyez averti, des intérêts privés se cachent parfois derrière un masque citoyen », sur Radio-Canada.ca, (consulté le ).
  2. Commission d’enrichissement de la langue française, « contrefaçon d'opinion », sur FranceTerme, ministère de la Culture (consulté le ).
  3. a et b « désinformation populaire planifiée », Grand Dictionnaire terminologique, Office québécois de la langue française (consulté le ).
  4. (en) Keller, F. B., Schoch, D., Stier, S., et Yang, J., « Political astroturfing on twitter: How to coordinate a disinformation campaign », Political communication, vol. 37, no 2, 2020, p. 256-280 [lire en ligne].
  5. (en) Akshata Balasaheb Badade et Rajesh Kumar Dhanaraj, « Astroturfing: Understanding and Addressing the Influence of Fake Grassroots Movements Across Diverse Domains on Social Media Platforms », Springer Link, Springer Nature,‎ , p. 527–538 (ISBN 978-981-96-3942-7, DOI 10.1007/978-981-96-3942-7_40, lire en ligne, consulté le ).
  6. « Expliquez-nous… L'astroturfing », sur Franceinfo, (consulté le ).
  7. « Entendu - Astroturfing - 28 Minutes (20/02/2023) - Regarder l'émission complète », sur Arte (consulté le ).
  8. Régis De Rath avec Maurizio Sadutto, « Vivons cachés : l'Astroturfing, la propagande à l'ère des réseaux sociaux », sur RTBF, (consulté le ).
  9. a b c d e et f (en-US) Jean-Marc Huissoud et Yannick Chatelain, « Désinformation politique : quelques clés pour se protéger », sur The Conversation, (consulté le )
  10. a et b (en-GB) Adam Bienkov, « Astroturfing: what is it and why does it matter? », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  11. (en-GB) George Monbiot, « The need to protect the internet from 'astroturfing' grows ever more urgent », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  12. (en) Cheng Chen, Kui Wu, Venkatesh Srinivasan et Xudong Zhang, « Battling the internet water army: detection of hidden paid posters », CrossRef, ACM,‎ , p. 116–120 (ISBN 978-1-4503-2240-9, DOI 10.1145/2492517.2492637, lire en ligne, consulté le )
  13. (en-GB) George Monbiot, « The denial industry », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le )
  14. Kovic, M., Rauchfleisch, A., Sele, M., & Caspar, C. (2018). Digital astroturfing in politics: Definition, typology, and countermeasures. Studies in communication sciences, 18(1), 69-85.|url=https://www.hope.uzh.ch/scoms/article/view/j.scoms.2018.01.005
  15. Charles Ponsard, « Astroturfing. Enjeux pratiques et détection » [PDF], sur bdc.aege.fr, AEGE - Réseau d'experts en intelligence économique, (consulté le )
  16. Justine Lalande, « L'astroturfing, ou l'art de créer de faux mouvements populaires »
  17. Jerry Zhang, Darrell Carpenter et Myung Ko, « Online Astroturfing: A Theoretical Perspective », AMCIS 2013 Proceedings,‎ (lire en ligne, consulté le )
  18. Justine Lalande, « L'astroturfing, ou l'art de créer de faux mouvements populaires » Accès libre, sur theconversation.com, (consulté le ).
  19. « Une armée de faux compte fait la propagande de la Chine sur Twitter », sur ladn.eu, (consulté le ).
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Pages connexes

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Liens externes

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Bibliographie

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