Voyage d'études

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Voyage d'études[1] est un roman inachevé de l'écrivain français Jules Verne.

Historique[modifier | modifier le code]

Jules Verne vers 1895[2].

En 1903, Théophile Cart prononce un discours à Amiens, à l’origine de la création d’un groupe espérantiste dont Charles Tassencourt, ami de Jules Verne, devient le président. En 1904, Tassencourt et Joseph Delfour proposent à Verne la présidence d’honneur du groupe, et l’écrivain promet d’écrire un roman vantant les mérites de l’espéranto[3]. Il y décrit l’espéranto comme « un idiome simple, flexible, harmonieux, se prêtant également à l’élégance de la prose et à l’harmonie du vers. Il est capable d’exprimer toutes les pensées et même les sentiments les plus exquis de l’âme. En outre, par ses éléments, il est la langue internationale par excellence »[4].

Ainsi, il s’attelle à l’écriture et laisse provisoirement en blanc les passages devant être traduits ultérieurement en espéranto. Jules Verne n'a écrit que les cinq premiers chapitres de l'ouvrage avant sa mort en 1905. Son fils Michel a repris le manuscrit original et l'a complété, en éliminant toutes les mentions au sujet de l'espéranto, et l’a publié en 1919 sous le titre L'Étonnante Aventure de la mission Barsac[5].

Résumé[modifier | modifier le code]

Le texte raconte l'histoire d'une commission parlementaire française envoyée au Congo afin de décider si la colonie doit être représentée au Parlement par un sénateur et un député. André Deltour commande l'expédition, à laquelle, outre les deux élus français Isidore Papeleu et Joseph Denizart, se joignent un géographe réputé, Louis Merly, et le Russe Nicolas Vanof, qui vient se rendre compte sur place de l'expansion de la nouvelle langue universelle (l'espéranto) créée par le docteur Louis-Lazare Zamenhof, dans la ténébreuse Afrique...

Les premiers chapitres sont connus par leur contenu intégral présent dans le manuscrit de Jules Verne, numérisé par la bibliothèque municipale de Nantes. Les chapitres suivants n’ont qu’un titre provisoire, retrouvés dans d’autres notes préparatives de 1903[6].

Personnages[modifier | modifier le code]

  • André Deltour, ingénieur des Ponts et Chaussées, 35 ans.
  • Louis Merly, secrétaire général de la Société de géographie, sportif émérite, 25 ans.
  • Isidore Papeleu, député de la Haute-Vienne, 42 ans.
  • Joseph Denizart, député de la Seine-Inférieure.
  • Nicolas Vanof, délégué de la Société internationale espérantiste, russe, 30 ans.
  • H. Regnault, gouverneur général de Libreville.
  • Razzi, Kazembé du Kimongo.
  • Linvogo, 30 ans, guide de la caravane, appartenant à la tribu des Bakotas[7].
  • Trost, 27 ans, sergent d'origine française.
  • Césaire, 30 ans, sergent d'origine française.

Il est à noter que « Nicolas Vanof » est un pseudonyme utilisé par un collectif d’écrivains dans les revues espérantophones Literatura Foiro et Heroldo de Esperanto.

Éditions[modifier | modifier le code]

En 1981, la ville de Nantes prit possession de nombreux textes inédits de Jules Verne, parmi lesquels figurait Voyage d'études. Les chapitres originaux du roman ont été publiés dans le tome 3 des Manuscrits nantais, en 1991.

En 1993, Le Cherche Midi éditeur publie également le projet de roman inachevé dans le recueil San Carlos et autres récits inédits.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le manuscrit de Jules Verne est disponible en ligne sur le site de la bibliothèque municipale de Nantes.
  2. Photo prise par Charles Herbert vers 1895. Sur le bureau, on peut apercevoir la revue du groupe Espérantiste, dont Jules Verne fut le président d'honneur en 1902.
  3. Daniel Compère, La Vie amiénoise de Jules Verne, Amiens, CRDP, 1985
  4. Jacques Attali, Demain, qui gouvernera le monde ?, Fayard/Pluriel, (ISBN 978-2818502099)
  5. coll., San Carlos et autres récits inédits, Paris, Le Cherche Midi éditeur, coll. « La Bibliothèque Verne », , 288 p. (ISBN 2-86274-267-8), p. 208–210.
  6. (eo) Abel Montagut, Verne patro kaj Verne filo: kien Esperanto malaperis?, Libera Folio, [« Verne père et Verne fils : où est passé l’espéranto ? »], .
  7. Son nom est inspiré par celui d'un chef de M' Koul dans le pays M' Fan que Paul Crampel a rencontré au Congo. Cf. Alexandre Tarrieu, Dictionnaire des personnes citées par Jules Verne, vol. 2 : A-M, éditions Paganel, 2021, p. 239

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Volker Dehs, Dernières impressions d'Afrique. L'ultime « Voyage extraordinaire », bulletin de Société Jules-Verne, no 98, 2e trimestre, 1991.
  • Christian Porcq, Ballade pour un "Voyage" orphelin, bulletin de la Société Jules Verne no 98, 2e trimestre, 1991.
  • Jacques Davy, Notice, in San Carlos et autres récits inédits, Le Cherche midi,1993, p. 208-211. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (eo) Abel Montagut, Le dernier roman. Le manuscrit interrompu, bulletin de la Société Jules-Verne, no 174, .
  • Lionel Dupuy, Jules Verne espérantiste !, SAT-Amikaro, Paris, 3e édition, 2014.