Tarak Ben Ammar

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Tarak Ben Ammar
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (72 ans)
TunisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
طارق بن عمّارVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Edmund A. Walsh School of Foreign Service (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Père
Fratrie
Enfant
Autres informations
Site web

Tarak Ben Ammar (arabe : طارق بن عمّار), né le à Tunis, est un producteur de cinéma, distributeur de films et homme d'affaires tunisien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

Il entreprend une carrière cinématographique après avoir étudié au lycée catholique international de Rome puis les relations internationales à l'université de Georgetown à Washington[1].

Producteur et distributeur[modifier | modifier le code]

En 1974, de retour en Tunisie, Tarak Ben Ammar décide de se lancer dans le cinéma, il crée Carthago Films à Monastir et fondent des studios localisés à Ben Arous[2]. Une soixantaine de films y sont tournés en dix ans : de nombreuses superproductions américaines dont La Guerre des étoiles, Les Aventuriers de l'arche perdue de Steven Spielberg, Jésus de Nazareth de Franco Zeffirelli, mais aussi certains de ses propres films comme La Traviata, Deux Heures moins le quart avant Jésus-Christ ou Pirates de Roman Polanski (200 millions de dollars investis en Tunisie et 20 000 emplois créés[3]). Ayant compris que le cinéma ne peut être qu'international donc universel, il développe des productions et des co-productions en Europe et aux États-Unis. Il collabore avec des réalisateurs comme Zeffirelli, Polanski, Brian De Palma et Mel Gibson entre autres[1]. En 25 ans, pour un budget total de plus de 500 millions de dollars, Tarak Ben Ammar produit plus de cinquante films de facture internationale[3].

Ayant produit en 1983 une série de douze épisodes sur la chute de l'Empire romain, Anno Domini, avec Silvio Berlusconi[4], il s'associe avec ce dernier en 1989, afin de renforcer son potentiel dans la production internationale, et crée une nouvelle société, Quinta Communications (it), au capital de 130 millions de francs français. À son actif figure une production de dizaines de films, téléfilms et séries télévisées[5]. En 2002, il prend le contrôle de Quinta Industries, entreprise spécialisée dans la post-production[6].

En février 2004, il crée une division distribution[7] chargée de diffuser les films produits ou co-produits par Quinta Communications, ainsi que les films dont il a acquis les droits sur différents territoires européens. Cette division négocie avec succès un contrat de distribution pour La Passion du Christ de Mel Gibson[8],[9].

En 2005, il s'associe aux frères Weinstein, anciens dirigeants mythiques de la division Miramax de Disney, pour fonder une nouvelle mini-major américaine, la Weinstein Company[10]. Il fait également l'acquisition en 2007 de la société Eagle Pictures, spécialisée dans la distribution de films holywoodiens[11].

En 2008, en partenariat avec le groupe Mediaset, il annonce son arrivée dans le capital de la chaîne maghrébine Nessma[12]. Il co-produit également le film de Rachid Bouchareb, Hors la loi[13], retenu dans la sélection officielle du Festival de Cannes 2010et nommé aux Oscars.

En 2010, il co-produit un film dirigé par Julian Schnabel, Miral[14], qui fait l'ouverture officielle de la Mostra de Venise. En 2011, il co-produit le film Et maintenant, on va où ?[15] dirigé par Nadine Labaki et qui gagne le prix François-Chalais au Festival de Cannes. Durant la même année, il produit le film Or noir dirigé par Jean-Jacques Annaud[16]. En 2012, peu avant la cérémonie d'ouverture de la Mostra de Venise, Ben Ammar acquiert les droits italiens du film réalisé par Mira Nair, L'Intégriste malgré lui[17]. Il participe par ailleurs au financement de la Cité du cinéma de Luc Besson, qui est inaugurée en septembre 2012[18].

En mai 2013, il s'associe à Naguib Sawiris pour investir dans le financement de la production et la distribution de films et de séries TV pour les marchés internationaux et arabes, ainsi que pour l'acquisition d'entreprises dans le secteur des médias[19].

En mai 2015, Tarak Ben Ammar est nommé au conseil de surveillance de Vivendi[1]. En janvier 2016, il entre au conseil de surveillance de la chaîne d'information européenne Euronews[20].

Toujours en 2016, il devient président du conseil d'administration du holding Nessma[réf. nécessaire], dont il est actionnaire à hauteur de 40,89 % (avec son groupe Prima TV (it)) en association avec la société Mediaset, actionnaire à hauteur de 34,12 % et la société Karoui & Karoui Luxe, actionnaire à hauteur de 24,99 %[21].

En 2017, il co-produit, à travers sa filiale Eagle Pictures et aux côtés de MGM Television et de Barbary Films, la mini-série américaine à succès La Vérité sur l'affaire Harry Quebert[22], une adaptation du roman policier de Joël Dicker vendu à plus de trois millions d'exemplaires[23], dans le cadre d'une association entre un major américain et des producteurs européens en vue de produire une œuvre destinée simultanément aux deux marchés[24].

Toujours en 2017, Tarak Ben Ammar est derrière la décision du limogeage du producteur Harvey Weinstein[25]accusé d'agressions sexuelles par de nombreuses actrices. Il prend ensuite les commandes de la Weinstein Company[26] et y réalise une opération de sauvetage financier[27] conclue avec le fonds d'investissement Lantern Capital Partners[28].

En 2019, Tarak Ben Ammar s'associe à Gary Barber, le fonds d'investissement Lantern Capital Partners et Cineworld, l'un des plus importants circuits de salles de cinéma dans le monde, pour fonder le studio indépendant Spyglass. Ce studio « aura l'agilité et l'attractivité d'un studio indépendant et les moyens d'une major » selon Tarak Ben Ammar[29]. En septembre de la même année, le film American Skin produit par Tarak Ben Ammar et réalisé par Nate Parker remporte le prix du meilleur film à la Mostra de Venise dans la section Sconfini[30].

En 2020, ses comptes en banque, son appartement de Val-d'Isère et des œuvres d'art sont saisis à la suite de la liquidation de la holding Quinta Industries, durant laquelle des irrégularités ont conduit à la condamnation de Ben Ammar et Quinta Communications à payer 3,5 millions d'euros, somme qui n'a pas été versée après le dépôt de bilan de la société en 2018[31].

Autres activités[modifier | modifier le code]

De juin 1996 à 1998, il est le manager de Michael Jackson et produit sa tournée mondiale (50 concerts)[32].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Tarak Ben Ammar est le fils de Mondher Ben Ammar et d'une mère corse[1], par ailleurs neveu de Wassila Bourguiba[3], deuxième épouse du président Habib Bourguiba.

Il est par ailleurs le père de la mannequin franco-tunisienne Sonia Ben Ammar[33].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Producteur[modifier | modifier le code]

Producteur exécutif[modifier | modifier le code]

Distributeur[modifier | modifier le code]

Nominations[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Bruna Basini, « Tarak Ben Ammar, l'arme anti-Netflix de Bolloré », sur lejdd.fr, (consulté le ).
  2. Nicolas Charbonneau, « Tarak Ben Ammar : les confidences d'un géant du cinéma », Tunis Plus, no 2,‎ octobre-novembre-décembre 2008, p. 38-40 (lire en ligne, consulté le ).
  3. a b c et d Tallel Bahoury, « Tarak Ben Ammar fait peur au cinéma français ! », sur webmanagercenter.com, (consulté le ).
  4. Chérif Elvalide Sèye, « Tarak Ben Ammar : un Tunisien règne sur le cinéma français », sur webmanagercenter.com, (consulté le )
  5. (en) With Quinta Communications (Sorted by Popularity Ascending) sur l’Internet Movie Database.
  6. Emma Delava, « Quinta, chronique d'une chute annoncée », Cahiers du cinéma, no 675,‎ , p. 59 (ISSN 0008-011X).
  7. « Quinta Distribution », sur africine.org (consulté le ).
  8. « La Passion du Christ sortira en France », sur nouvelobs.com, (consulté le ).
  9. Jean-Luc Douin, « Nouvelle expansion pour l'Hollywood tunisien », sur lemonde.fr, (consulté le ).
  10. Sophie Dacbert, « Tarak Ben Ammar entre dans la Weinstein Co. », Le Film français, no 3101,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. (en) Nick Vivarelli, « Ben Ammar builds Euro empire », sur variety.com, (consulté le ).
  12. « Tarak Ben Ammar et Mediaset investissent dans Nessma TV », sur strategies.fr, (consulté le ).
  13. « La conférence de presse du film Hors-la-loi au festival de Cannes 2010 », sur africultures.com, (consulté le ).
  14. (en) John Hopewell, « Miral, Law good for Quinta », sur variety.com, (consulté le ).
  15. « Et maintenant, on va où ? - Nadine Labaki - 2011 », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le ).
  16. « L'Entretien - Tarak Ben Ammar, producteur du film L'Or noir », sur france24.com, (consulté le ).
  17. (en) John Hopewell, « Italy’s Eagle buys Mira Nair's Venice opener », sur variety.com, (consulté le ).
  18. « La Cité du cinéma de Luc Besson en 5 chiffres », sur nouvelobs.com, (consulté le ).
  19. « Naguib Sawaris et Tarak Ben Ammar s'associent dans la production ! », sur espacemanager.com, (consulté le ).
  20. « Présentation générale de Euronews », sur french-corporate.com (consulté le ).
  21. « Le président du Conseil d'administration de Nessma Broadcast dévoile les informations financières et fiscales du groupe Nessma », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le ).
  22. « La Vérité sur l'affaire Harry Quebert en première mondiale à CANNESERIES ! Rendez-vous le 7 avril 2018 à Cannes ! », sur canneseries.com, (consulté le ).
  23. Bertrand Monnard et Anne-Marie Philippe, « Joël Dicker, une machine à best-sellers », sur parismatch.com, (consulté le ).
  24. Caroline Sallé et Enguérand Renault, « La Vérité sur l'affaire Harry Quebert, une série US made in Europe », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. « Dans les coulisses de la chute d'Harvey Weinstein : "On l'a viré dans l'heure" », sur lci.fr, (consulté le ).
  26. Marwan Chahla, « Scandale Weinstein : Tarak Ben Ammar aux manettes de TWC », sur kapitalis.com, (consulté le ).
  27. (en) Mike Fleming Jr., « Weinstein Company Board Member Tarak Ben Ammar On How Marathon Negotiation Session Spared A Bankruptcy Plunge », sur deadline.com, (consulté le ).
  28. (en) « Dallas-based Lantern Capital has agreed to buy Weinstein Co., keep the studio running », sur dallasnews.com, (consulté le ).
  29. Enguérand Renault et Caroline Sallé, « Spyglass, un studio renaît sur les cendres de Weinstein », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  30. (en) Mike Fleming Jr., « Nate Parker's ‘American Skin' Wins Venice Sconfini Section Best Film Prize », sur deadline.com, (consulté le ).
  31. Jamal Henni, « Le producteur de cinéma Tarak ben Ammar poursuivi par ses créanciers », sur capital.fr, (consulté le ).
  32. « Michael Jackson était entouré de "médecins charlatans" », sur europe1.fr, (consulté le ).
  33. « "La bombe" franco-tunisienne Sonia Ben Ammar est "la prochaine star du tapis rouge à observer" selon Vogue », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le ).
  34. (en) « Awards », sur imdb.com (consulté le ).
  35. « Tarek Ben Ammar », sur lsa-conso.fr (consulté le ).
  36. « Ordre national du mérite », Journal officiel de la République tunisienne, no 48,‎ , p. 1566 (ISSN 0330-7921, lire en ligne [PDF], consulté le ).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Les 100 personnalités de la diaspora africaine : Tarak Ben Ammar », Jeune Afrique, nos 2536-2537,‎ 16-29 août 2009, p. 53 (ISSN 1950-1285).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]