La Passion du Christ

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La Passion du Christ
Titre original The Passion of the Christ
Réalisation Mel Gibson
Scénario Benedict Fitzgerald
Mel Gibson
D'après les évangiles selon Jean, Matthieu, Marc et Luc
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis et Drapeau de l'Italie Italie
Durée 127 minutes
Sortie 2004

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Passion du Christ (The Passion of the Christ) est un film américain écrit, produit et réalisé par Mel Gibson sorti en 2004. Ce film retraçant les dernières heures de la vie de Jésus de Nazareth, entièrement tourné dans les langues supposées être parlées en Judée au Ier siècle (araméen, hébreu et latin), connut un succès mondial. Toutefois les historiens soulignent le fait qu'à l'époque, la langue de communication avec les Romains était non pas le latin, mais le grec. Il fut l'objet d'une vive critique[1], tant sur la question de l'antisémitisme, que sur le respect des réalités historiques, et la violence du spectacle.

En 2016, Randall Wallace, scénariste du film Braveheart, annonce que Mel Gibson travaille à la mise en scène d'une suite représentant la résurrection du Christ[2].

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film relate les douze dernières heures de la vie de Jésus de Nazareth, la Passion. Il montre Jésus priant au mont des Oliviers et résistant à la tentation de Satan. Capturé par les autorités juives, Jésus est ensuite flagellé après sa dénonciation par Judas auprès du Grand Prêtre Caïphe et de sa cour. On voit ensuite son jugement par le préfet romain Ponce Pilate et son passage devant Hérode aboutissant à sa condamnation à mort. Le film est entrecoupé de flash back sur les moments principaux de la vie publique du Christ, comme le Sermon des Béatitudes. Le film s'achève par la montée de Jésus au Calvaire, sa crucifixion avec Marie et Marie-Madeleine pour témoins, puis sa résurrection.

La question de l'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Geza Vermes, ce film de Mel Gibson attise la haine antisémite. Cet historien reproche au réalisateur d'avoir méconnu le contexte historique dans lequel ont été rédigés les évangiles ; ce contexte éclaire certains propos du Nouveau testament qui peuvent passer pour antisémites aujourd'hui, et qui répondaient à d'autres intentions. Ainsi, les évangiles atténuent la responsabilité de Ponce Pilate dans la mise à mort de Jésus, et font porter cette responsabilité presque tout entière sur les Juifs. Mais, explique l'historien, les rédacteurs des évangiles étaient extrêmement suspects aux yeux des autorités romaines, qu'ils devaient donc ménager[3]. De plus, selon l'historien, Jésus, jugé selon les lois juives, n'était nullement passible de la peine de mort ; il n'était pas coupable, en particulier, de blasphème. En revanche, Jésus inquiétait bel et bien le pouvoir colonial romain. Le film de Mel Gibson selon G. Vermes ne prend pas en compte les acquis de la recherche historiographique et se contente de reproduire un discours chrétien anti-juif deux fois millénaire[4].

Des organisations juives ont accusé Mel Gibson d'évoquer de vieux stéréotypes antisémites dans son film "La Passion du Christ", ce reproche s'inscrivant dans une longue liste d'accusations portées contre M. Gibson pour le même motif selon l'agence Reuters[5].

La question de l'historicité des faits évoqués dans le film[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Geza Vermes, le film "La Passion du Christ" est "dans l'erreur historiquement" ("historically wrong")[6].

L'historien Antoine de Baecque titre un article consacré à "la Passion du Christ" : "une bêtise absolue du point de vue historique[7]".

Critique[modifier | modifier le code]

Paul Verhoeven, cinéaste et membre du Jesus Seminar, affirme que le film manque de réalisme historique dans La Passion du Christ : "on n'y apprend pas à connaître Jésus, on ne sait pas ce qu'il défendait". Selon Paul Verhoeven, Mel Gibson fonde son film sur "une pensée religieuse dogmatique" : "les non-chrétiens finiront en enfer".

P. Verhoeven juge par ailleurs que le christianisme de M. Gibson relève d'un "catholicisme psychotique" au sens où "dans la Passion du Christ, on ne rencontre pas de Dieu bienveillant ou de miséricorde. Son Dieu à lui n'est pas très éloigné de la cruelle divinité mexicaine Quetzalcóatl, qui exigeait en permanence des sacrifices humains" ; le cinéaste hollandais souligne le caractère extrêmement sanglant de la scène de la crucifixion[8].

Succès[modifier | modifier le code]

Le film de Mel Gibson connaît un succès mondial. En juillet 2010, il est classé quatorzième film le plus rentable de l’histoire du cinéma américain avec plus de 370 millions de dollars de recettes[9] et le 51e au niveau mondial avec près de 612 millions[10]. Il est nommé pour trois oscars, l’Oscar de la meilleure photographie, Oscar de la meilleure musique de film, Oscar du meilleur maquillage, mais ne reçoit aucune récompense.

Le film sort en DVD, VHS, et D-VHS aux États-Unis le 31 août 2004 et plus de 2,4 millions d’articles sont vendus en une journée.

Lieux du tournage[modifier | modifier le code]

Le film a été tourné à Matera et Craco (Basilicate) et aux studios Cinecittà (Rome).

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Anecdotes[modifier | modifier le code]

  • Le film La Passion du Christ est sorti le mercredi des Cendres de l'année 2004, jour du début du Carême chez les catholiques.
  • Mel Gibson affirme avoir été acteur dans le film, on voit ainsi sa main dans le film, tendant un clou destiné à crucifier Jésus.
  • Selon Mel Gibson, « le tournage a été assez douloureux. Tout le monde est tombé malade, Jim Caviezel s’est démis l’épaule sur la croix et a même reçu des coups de fouets lors de la scène de la flagellation. Tout le monde a plus ou moins souffert durant le tournage[11] ».
  • Le révérend père Jean-Marie Charles-Roux fut aumônier des équipes de tournage du film[12].
  • Pedro Sarubbi, qui incarne le rôle de Barabbas, trouve la foi au cours du tournage. Il fait le récit de sa conversion dans un livre intitulé Da Barabba à Gesù - Convertito da un sguardo (De Barabbas à Jésus, converti par un regard), publié en 2012[13].
  • Coïncidence étonnante, Jim Caviezel venait tout juste d'avoir 33 ans quand il entama le tournage du film. L'âge du Christ lors de la Passion.
  • La Film a entièrement été tourné en Italie, dans les célèbres studios Cinecitta (où fut reconstituée Jérusalem) et dans la région de Matera (pour les scènes de crucifixion), ville vieille de plus de 2 000 ans où fut notamment tourné L'Evangile selon Saint Matthieu de Pier Paolo Pasolini en 1965.
  • Interpète de Jésus, Jim Caviezel dut se soumettre à des séances de maquillage dépassant les sept heures pour les dernières scènes du film, relatant la crucifixion du Christ.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.interbible.org/medias/2004/passion.htm
  2. Jésus revient : Mel Gibson prépare une suite pour La Passion du Christ
  3. Geza Vermes, "Celluloid brutality", The Guardian, 27 fév. 2004, "To admit to them that Rome was fully to blame for the death of the crucified Jewish Christ would have made the fresh converts politically suspect. Christians were an unpopular sect".
  4. Geza Vermes,https://www.theguardian.com/world/2004/feb/27/religion.film
  5. "Mel Gibson fires back at anti-Semitism claim", 12 avril 2012, http://www.reuters.com/article/usa-melgibson-antisemitism-idUSL2E8FCDNA20120412 ; à propos de "la Passion du Christ" spécifiquement : "In the past, Jewish groups accused Gibson of evoking age-old stereotypes about Jews in 2004's "Passion of the Christ,"
  6. G. Vermes, http://www.theguardian.com/world/2004/feb/27/religion.film
  7. Par Antoine de BAECQUE et Annette Lévy-Willard, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, documentaristes, débusquent les contre-vérités du film : «Une bêtise absolue du point de vue historique», Libération, 31 mars 2004, http://www.liberation.fr/evenement/2004/03/31/gerard-mordillat-et-jerome-prieur-documentaristes-debusquent-les-contre-verites-du-film-une-betise-a_474414
  8. P. Verhoeven, Jésus de Nazareth, trad. par A-L Vignaux, 2015, p. 44.
  9. (en) Les films les plus rentables, sur le site Box Office Mojo, consulté le 22 juillet 2010
  10. (en) Classement sur le site Box Office Mojo, consulté le 22 juillet 2010
  11. La Nef no 146 de février 2004.
  12. Le Christ dans toutes les Passions
  13. « Il se convertit en jouant Barrabas dans le film La Passion du Christ », Aleteia,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]