La Passion du Christ

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La Passion du Christ
Titre original The Passion of the Christ
Réalisation Mel Gibson
Scénario Benedict Fitzgerald
Mel Gibson
D'après les évangiles selon Jean, Matthieu, Marc et Luc
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis et Drapeau de l'Italie Italie
Durée 127 minutes
Sortie 2004

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Passion du Christ (The Passion of the Christ) est un film américain écrit, produit et réalisé par Mel Gibson sorti en 2004. Ce film retraçant les dernières heures de la vie de Jésus de Nazareth, entièrement tourné dans les langues parlées en Judée au Ier siècle (Araméen, Hébreu et Latin), connut un succès mondial. Devenu l'un des films les plus rentables du cinéma, il fut l'objet d'une très vive critique[1], tant sur la question de l'antisémitisme, dont s'est défendu Mel Gibson, que sur le réalisme du spectacle de la violence. Le film a été tourné à Matera et Craco (Basilicate) et aux studios Cinecittà (Rome).

Synopsis[modifier | modifier le code]

Le film relate les douze dernières heures de la vie de Jésus de Nazareth, la Passion. Il montre Jésus priant au mont des Oliviers et résistant à la tentation de Satan. Capturé par les autorités juives, Jésus est ensuite flagellé après sa dénonciation par Judas auprès du Grand Prêtre Caïphe et de sa cour. On voit ensuite son jugement par le préfet romain Ponce Pilate et son passage devant Hérode aboutissant à sa condamnation à mort. Le film est entrecoupé de flash back sur les moments principaux de la vie publique du Christ, comme le Sermon des Béatitudes. Le film s'achève par la montée de Jésus au Calvaire, sa crucifixion avec Marie et Marie-Madeleine pour témoins, puis sa résurrection.

Succès[modifier | modifier le code]

Le film de Mel Gibson connaît un succès mondial. En juillet 2010, il est classé quatorzième film le plus rentable de l’histoire du cinéma américain avec plus de 370 millions de dollars de recettes[2] et le 51e au niveau mondial avec près de 612 millions[3]. Il est nommé pour trois oscars, l’Oscar de la meilleure photographie, Oscar de la meilleure musique de film, Oscar du meilleur maquillage, mais ne reçoit aucune récompense.

Le film sort en DVD, VHS, et D-VHS aux États-Unis le 31 août 2004 et plus de 2,4 millions d’articles sont vendus en une journée.

La question de l'antisémitisme[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Geza Vermes, ce film de Mel Gibson attise la haine antisémite. Cet historien reproche au réalisateur d'avoir méconnu le contexte historique dans lequel ont été rédigés les évangiles ; ce contexte éclaire certains propos du Nouveau testament qui peuvent passer pour antisémites aujourd'hui, et qui répondaient à d'autres intentions. Ainsi, les évangiles atténuent la responsabilité de Ponce Pilate dans la mise à mort de Jésus, et font porter cette responsabilité presque tout entière sur les Juifs. Mais, explique l'historien, les rédacteurs des évangiles étaient extrêmement suspects aux yeux des autorités romaines, qu'ils devaient donc ménager[4]. De plus, selon l'historien, Jésus, jugé selon les lois juives, n'était nullement passible de la peine de mort ; il n'était pas coupable, en particulier, de blasphème. En revanche, Jésus inquiétait bel et bien le pouvoir colonial romain. Le film de Mel Gibson selon G. Vermes ne prend pas en compte les acquis de la recherche historiographique et se contente de reproduire un discours chrétien anti-juif deux fois millénaire[5].

Des organisations juives ont accusé Mel Gibson d'évoquer de vieux stéréotypes antisémites dans son film "La Passion du Christ", ce reproche s'inscrivant dans une longue liste d'accusations portées contre M. Gibson pour le même motif selon l'agence Reuters[6].

La question de l'historicité des faits évoqués dans le film[modifier | modifier le code]

Selon l'historien Geza Vermes, le film "La Passion du Christ" est "dans l'erreur historiquement" ("historically wrong")[7].

L'historien Antoine de Baecque titre un article consacré à "la Passion du Christ" : "une bêtise absolue du point de vue historique[8]".

Critique[modifier | modifier le code]

Paul Verhoeven, cinéaste et membre du Jesus Seminar, souligne l'absence de réalisme historique dans La Passion du Christ : "on n'y apprend pas à connaître Jésus, on ne sait pas ce qu'il défendait". Mel Gibson fonde son film sur "une pensée religieuse dogmatique" : "les non-chrétiens finiront en enfer".

P. Verhoeven juge par ailleurs que le christianisme de M. Gibson relève d'un "catholicisme psychotique" au sens où "dans la Passion du Christ, on ne rencontre pas de Dieu bienveillant ou de miséricorde. Son Dieu à lui n'est pas très éloigné de la cruelle divinité mexicaine Quetzalcóatl, qui exigeait en permanence des sacrifices humains" ; le cinéaste hollandais souligne le caractère extrêmement sanglant de la scène de la crucifixion[9].

À savoir[modifier | modifier le code]

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.interbible.org/medias/2004/passion.htm
  2. (en) Les films les plus rentables, sur le site Box Office Mojo, consulté le 22 juillet 2010
  3. (en) Classement sur le site Box Office Mojo, consulté le 22 juillet 2010
  4. Geza Vermes, "Celluloid brutality", The Guardian, 27 fév. 2004, "To admit to them that Rome was fully to blame for the death of the crucified Jewish Christ would have made the fresh converts politically suspect. Christians were an unpopular sect".
  5. Geza Vermes, http://www.theguardian.com/world/2004/feb/27/religion.film
  6. "Mel Gibson fires back at anti-Semitism claim", 12 avril 2012, http://www.reuters.com/article/usa-melgibson-antisemitism-idUSL2E8FCDNA20120412 ; à propos de "la Passion du Christ" spécifiquement : "In the past, Jewish groups accused Gibson of evoking age-old stereotypes about Jews in 2004's "Passion of the Christ,"
  7. G. Vermes, http://www.theguardian.com/world/2004/feb/27/religion.film
  8. Par Antoine de BAECQUE et Annette Lévy-Willard, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, documentaristes, débusquent les contre-vérités du film : «Une bêtise absolue du point de vue historique», Libération, 31 mars 2004, http://www.liberation.fr/evenement/2004/03/31/gerard-mordillat-et-jerome-prieur-documentaristes-debusquent-les-contre-verites-du-film-une-betise-a_474414
  9. P. Verhoeven, Jésus de Nazareth, trad. par A-L Vignaux, 2015, p. 44.
  10. La Nef no 146 de février 2004.
  11. Le Christ dans toutes les Passions
  12. « Il se convertit en jouant Barrabas dans le film La Passion du Christ », Aleteia,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]