Sri Chinmoy

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Chinmoy Kumar Ghose
Description de cette image, également commentée ci-après

Sri Chinmoy

Naissance
Drapeau du Bangladesh Bangladesh, Shakpura
Décès (à 76 ans)
Drapeau des États-Unis États-Unis, New York
Nationalité Bengali
Profession
Activité principale
  • Écrivain
  • Musicien
Autres activités
Athlète
Distinctions
Statue « harmonie » à Prague
Signature de Chinmoy Kumar Ghose

Sri Chinmoy, né Chinmoy Kumar Ghose ( à Shakpura (Bangladesh) - à New York (États-Unis)), est un guru indien, promoteur de la méditation, auteur d'ouvrages inspirés par le courant hindouiste de la bhakti, artiste prolifique (il aurait écrit environ 1 500 livres, 115 000 poèmes, 20 000 chansons, créé 200 000 peintures et donné environ 800 concerts pour la paix dans le monde) et athlète[1]. Sri est un titre honorifique que l'on donne aux divinités et aux gurus en Inde.

Biographie[modifier | modifier le code]

Chinmoy Kumar Ghose naît dans le petit village de Shakpura (Bengale oriental, aujourd'hui Bangladesh) en 1931, il est le plus jeune d'une famille de sept enfants. En 1944, après la mort de ses parents, Shashi Kumar Ghose et Yoga Maya Bishwas Ghose, il est alors âgé de 12 ans, entre à l'Ashram de Sri Aurobindo, une communauté spirituelle à Pondichéry (sud de l'Inde)[2],[3]. Il y passe les 20 années suivantes en pratiques spirituelles — incluant de longues heures de méditation, la pratique de l'athlétisme, l'écriture de poésies, essais et chants spirituels. Il y gagne le titre de coureur le plus rapide pendant 12 années consécutives[2].

La popularité de Sri Chinmoy l'a amené à rencontrer plusieurs personnalités religieuses ou politiques, ici avec la princesse Diana en 1997 au Palais de Kensington

En 1964, il s'établit à New York, tout d'abord en travaillant pour le consulat de l'Inde, grâce à quelques relations et malgré son absence de formation dans ce domaine, puis en ouvrant son premier centre en 1966 à Porto Rico[2]. Il donne ses premières conférences en 1968, lors d'une tournée aux États-Unis où il est accueilli dans les plus grandes universités, puis en 1970 en Europe[2].

Il devient vite populaire, et attire quelques célébrités autour de lui, comme les musiciens Carlos Santana et John McLaughlin[4] — dont le Mahavishnu Orchestra de ce dernier était dédié à Chinmoy — et l'athlète Carl Lewis[5].

À partir d'avril 1970, et pendant plus de 30 ans, il organise un club de méditation à l'ONU bi-hebdomadaire réservé au personnel et aux représentants des ONG. Ces sessions s'appelaient « Les méditations de la paix de Sri Chinmoy à l'ONU ».

Philosophie[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il lui était demandé de résumer sa philosophie, Chinmoy répondait « Amour, dévotion et soumission au Tout Puissant »[6]. Chinmoy puisait ses préceptes dans l'hindouisme traditionnel avec l'accent mis sur la dévotion (Bhakti) à sa personne, en tant que guru et avatar, et à Dieu. Mais sa popularité, parmi les maîtres spirituels indiens dans les années 1970, était également due au fait, plus original, qu'il ne prônait pas seulement les pratiques méditatives et les rituels religieux, mais la pratique du sport et de la musique comme compléments à la réalisation de soi.

Athlétisme[modifier | modifier le code]

Sri Chinmoy, selon le concept de « l'esprit sain dans un corps sain », a ajouté aux pratiques méditatives, la pratique du sport[7], et en particulier de la course à pied et de l'haltérophilie[8].

Course à pied[modifier | modifier le code]

Sri Chinmoy fait une démonstration en 2004 sous la supervision de Bill Pearl

En 1977, une équipe de marathon est créée par ses soins, organisant des événements de course, de natation et de cyclisme dans le monde entier[9], des courses amusantes aux ultra-marathons[10],[11],[12]. Son précurseur était le Liberty Torch Run en 1976, un relais dans lequel 33 coureurs ont marqué le bicentenaire américain en couvrant 8 800 miles en 7 semaines dans 50 états[13]. Ce concept est élargi en 1987 pour devenir la course de la paix Sri Chinmoy Oneness-Home (en) (la course de Sri Chinmoy pour l'unité), puis la World Harmony Run (course pour l'harmonie mondiale)[14]. La course de la paix se tient généralement tous les deux ans et la première est lancée en avril 1987 devant le World Trade Center de New York[15],[16].

En 1985, Chinmoy, avec le maire d'Oxford, inaugure le premier Sri Chinmoy Peace Mile, qui est un parcours d'un mile (1 609 m) dédié à la paix, mesuré dans le parc Cutteslowe (en)[17]. Oxford donne ainsi aux joggeurs un moyen de mesurer leurs progrès. Il existe maintenant de nombreux « miles de la paix » dans le monde entier.

Beaucoup de disciples de Chinmoy courent quotidiennement pour la santé et la condition physique. Chinmoy lui-même a continué à pratiquer la course jusqu'à la fin de la soixantaine, avant qu'une blessure au genou n'entrave sa capacité à courir. Ensuite, il porte son attention sur le tennis et l'haltérophilie[18],[19].

À partir de 1996, Sri Chinmoy fonde également les courses de 6 et 10 jours Self-Transcendence, qui se déroulent simultanément dans le Queens chaque avril, et la course de 3100 miles Self-Transcendence, décrite par le New York Times comme le "Mont Everest des ultramarathons"[20], elle-même issue d'un 2 700 miles des années précédentes. Cette course de 3 100 miles (4 989 km), qui se déroule entre le mois de juin et d'août chaque année sur une période maximale de 52 jours, est la course à pied certifiée la plus longue au monde[21].

Haltérophilie[modifier | modifier le code]

Chinmoy commence l'haltérophilie en 1985, à l'âge de 54 ans. Son haltérophilie comprend une gamme de machines conçues pour accroître sa force et sa capacité. Son message au public dans ses efforts d'haltérophilie était que tout était possible si l'on pouvait mettre de côté les limites de l'esprit[22],[23],[24]. Il est par exemple crédité pour avoir soulevé plus de 450 kilos avec un seul bras dans les années 1980[25]. Selon d'autres sources, il s'agirait de 100 kilos environ avec une seule main, à New York en 1988[26]. Bill Pearl (en), cinq fois Mister Univers, a joué le rôle de maître de cérémonie dans plusieurs des présentations de performances de Chinmoy. Lors d'une de ces présentation d'exercices d'haltérophilie de Sri Chinmoy en 1999, Bill Pearl écrit : « Aujourd'hui, vous allez voir des exploits de force physique étonnants que moi-même - et je suis dans ce domaine depuis cinquante-cinq ans - n’essaierait même pas d'effectuer »[27]. Chinmoy a déclaré que sa motivation à effectuer de tels soulevés était d'inspirer les autres, en particulier ceux d'une génération plus âgée. En 2006, il a déclaré : « Si je peux inspirer quelqu'un en ce monde, alors je sens que ma vie a une signification. Avec mon haltérophilie, j'offre ma force physique pour inspirer les gens »[28].

Dans un programme créé en 1998 intitulé « Lifting up the world with a Oneness Heart » (soulever le monde avec un coeur d'unité), Chinmoy a soulevé des personnes d'inspiration alors qu'elles se tenaient sur une plate-forme au-dessus de la tête. Chinmoy a décrit sa motivation : « Je les soulève pour montrer mon appréciation pour leurs réalisations »[29]. Parmi certaines des 7 000 personnes qu'il a soulevé, sont inclus : Nelson Mandela[30], Desmond Tutu, Mohamed Ali, Sting, Eddie Murphy, Susan Sarandon, Roberta Flack, Yoko Ono, Jeff Goldblum, Richard Gere[31], Helen Hunt[32]. Vingt lauréats du prix Nobel et une équipe de lutteurs de sumo ont également été soulevés[33].

En 2011, un film intitulé Challenging Impossibility, évoquant les exploits de Chinmoy, a été présenté au festival du film de TriBeCa[34]. Cependant, malgré le soutien de nombreux culturistes connus, tels que Bill Pearl, Frank Zane et Hugo Girard, des doutes ont été exprimés au sujet de certaines de ses prétentions, telle que l'affirmation qu'il aurait soulevé des poids énormes avec un seul bras[34]. En 1989, Alex Zwarenstein, son photographe officiel, déclare qu'il lui aurait été demandé de retoucher des images pour donner l'impression que l'objet était soulevé plus haut qu'il ne l'était en réalité[réf. nécessaire].

Critiques[modifier | modifier le code]

Sri Chinmoy avec Jayanti Tamm en 1970, alors qu'elle n'avait que 4 mois. Il avait prédit qu'elle deviendrait une « disciple parfaite », mais elle a quitté le groupe en 1995 et a rédigé ses mémoires en 2009, contenant de sévères critiques à l'encontre de Chinmoy

Les critiques et controverses sont toutes en lien avec son statut de gourou et les abus décelés par des organismes antisectes ou allégués par d'anciens disciples. La commissions d'enquête parlementaires sur les sectes en France de 1995 a classé l'association Sri Chinmoy de Paris parmi les groupements de type orientaliste de 500 à 2000 personnes dans son rapport de 1995[35]. Les rapports rendus par ces commissions ne constituent néanmoins qu'un élément d'information et de proposition, ils n’ont aucune valeur juridique, et le gouvernement français a rappelé qu'ils ne pouvaient justifier aucune mesure discriminatoire à l'encontre des groupes qui s'y trouvent listés.

Jayanti Tamm est née dans l'organisation de Chinmoy. Après avoir été appelée « l'élue » par le guru, en partie, selon elle, pour expliquer sa naissance qui n'aurait pas dû se produire[36], puisqu'il avait demandé l'abstinence à ses parents, elle quitte le mouvement en 1995 et raconte sa vie dans le cercle des proches du maître dans un livre publié en 2009 : Cartwheels in a Sari: A Memoir of Growing Up Cult [37] et les raisons de son départ. Elle reproche à Chinmoy de l'avoir privée d'une enfance normale (pas de « petit ami », limitation de son éducation, ses parents entièrement dévoués au maître mais négligant ses intérêts à elle, un culte de la délation au sein du groupe rapproché du guru)[38].

Des allégations d'abus sexuels ont été exprimées par l'ancienne disciple Anne Carlton[39]. Chinmoy a pour sa part nié ces accusations, déclarant qu'il avait toujours été chaste et qu'il ne s'agissait que de diffamations.

Il est qualifié de manipulateur et d'exemple « d’abus sectaires dans des domaines variés, y compris commerciaux » par l'UNADFI qui relève ses nombreux soutiens de personnalités à ses marathons, tels que Silvia Sommerlath, reine de Suède, Mère Térésa, les Premiers ministres du Canada et d’Australie, François Mitterrand, Bill Clinton, Lech Wałęsa, Frederico Mayor, Jacques Delors, le dalaï-lama, Yasser Arafat, Nelson Mandela, Desmond Tutu, Linus Pauling, dont elle pense qu'ils ont été « utilisés » en tombant dans le « piège » tendu par Chinmoy. Le « marathon team » fit un procès à l'UNADFI à la suite d'un article de presse qu'elle publia lors de la tenue de cet événement au Mans, mais le perdit[réf. nécessaire].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Essais

  • (1974) Yoga and the Spiritual Life - Aum Publications
  • (1974) The Inner Promise: Paths to Self Perfection - Wildwood House
  • (1975) Astrology, the Supernatural and the Beyond - Aum Publications
  • (1977) Everest Aspiration - Aum Publications
  • (1984) The Summits of God-Life: Samadhi and Siddhi - Aum Publications
  • (1986) A Child's Heart and a Child's Dreams - Aum Publications
  • (1989) Meditation: Man-Perfection in God-Satisfaction - Aum Publications
  • (1990) On Wings of Silver Dreams - Aum Publications
  • (1992) Kundalini: The Mother-Power - Aum Publications
  • (1994) Garden of the Soul - Health Communications Inc.
  • (1994) My Life's Soul-Journey - Aum Publications
  • (1997) God Is... - Aum Publications
  • (1997) Wings of Joy - Simon and Schuster
  • (2007) Power Within: Secrets of Spirituality and Ocultism - Guru Noka Publications
  • (2007) Heart-Garden - New Holland Publishing

Poésie

  • (1979–1983) Ten Thousand Flower-Flames - Agni Press (100 volumes)
  • (1983–1998) Twenty-Seven Thousand Aspiration-Plants - Agni Press (270 volumes)
  • (1998–2007) Seventy-Seven Thousand Service-Trees - Agni Press (50 volumes)
  • (1973) The Dance of Life
  • (1974) The Wings of Light
  • (2000–2007) My Christmas-New Year-Vacation-Aspiration-Prayers (51 volumes)

Pièces de théâtre

  • (1973) Sri Ramachandra - My Rama is My All - A play on the life of Sri Ramachandra
  • (1973) The Singer Of The Eternal Beyond - A play on the life of Krishna
  • (1973) Siddhartha Becomes The Buddha - A Play on the life of Lord Bouddha
  • (1973) The Son - A play on the life of Jesus Christ
  • (1973) Lord Gauranga: Love Incarnate - A Play on the life of Sri Chaitanya
  • (1973) Drink, Drink, My Mother's Nectar - A play on the life of Ramakrishna
  • (1973) The Heart Of A Holy Man - various plays on spiritual figures
  • (1973) Supreme Sacrifice - a book of spiritual plays
  • (1974) The Descent of the Blue - A play about the life of Sri Aurobindo

Références[modifier | modifier le code]

  1. Sri Chinmoy, mage indien en concert parisien
  2. a, b, c et d Yoga Journal mars 1978 p. 6
  3. Encyclopedia of Hinduism par James D. Ryan, Constance Jones Infobase Publishing, 2007 p. 111
  4. Stump, Paul. Go Ahead John: The Music of John McLaughlin (p. 92). (ISBN 0-946719-24-1), 9780946719242
  5. Olympics : No limit to what he can do sur le Time, 30 juillet 1984
  6. Current biography yearbook, H. W. Wilson Co., 1977
  7. Sports
  8. Subcultures and new religious movements in Russia and East-Central Europe par George McKay, Christopher Williams Peter Lang, 2009, p. 321
  9. Bennett, Ultrarunning April 1987: 23–25.
  10. (en) Active Interest Media Inc, Yoga Journal, Active Interest Media, Inc., (lire en ligne)
  11. (en) « History of the Sri Chinmoy Marathon Team - Sri Chinmoy Marathon Team USA », sur us.srichinmoyraces.org (consulté le 20 avril 2017)
  12. « Sri Chinmoy Courses - Présentation du SCMT en France », sur www.srichinmoycourses.fr (consulté le 20 avril 2017)
  13. (en) « Biography of Sri Chinmoy - Part 3 — AspiringIndia.org »,‎ (consulté le 20 avril 2017)
  14. Greene, "Runners Span Globe" Salisbury Post 2005.
  15. Robert Mcg Thomas Jr et Samuel Abt, « SCOUTING; One More Time: A Torch Relay », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  16. « Home | The Sri Chinmoy Oneness-Home Peace Run », sur www.peacerun.org (consulté le 20 avril 2017)
  17. « Oxford Peace Mile », Student of Peace, 30 May 1987
  18. (en) « Sri Chinmoy », The Times,‎ (lire en ligne)
  19. « Sri Chinmoy Courses - Biographie du Fondateur du SCMT en France », sur www.srichinmoycourses.fr (consulté le 25 avril 2017)
  20. (en) Richard Weir, « NEIGHBORHOOD REPORT: JAMAICA; Running on Inner Strength », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  21. (en) Christopher Mathias, « 3,100 Mile Self-Transcendence Race 2011 Enters 23rd Day In Queens », Huffington Post,‎ (lire en ligne)
  22. (en) Himalayan Academy, « Hindu of the Year - Magazine Web Edition > December 1997 - Publications - Hinduism Today Magazine », sur www.hinduismtoday.com (consulté le 25 avril 2017)
  23. (en) « Inspiration-Lifts - Weightlifting of Sri Chinmoy », sur www.inspiration-lifts.org (consulté le 25 avril 2017)
  24. Modern Meditation: Science and Shortcuts par Thomas Valone, Integrity Research Institute, 2009, p. 21
  25. New age encyclopedia, Gale Research, J. Gordon Melton, Jerome Clark, Aidan A. Kelly, 1990, p. 109
  26. Black Belt octobre 1988, p. 90
  27. Pearl, Bill Beyond The Universe: The Bill Pearl Story 2003, p. 192
  28. New Zealand Fitness, February/March 2006 issue (No.77)
  29. (en) « Sri Chinmoy », sur www.srichinmoy.org (consulté le 25 avril 2017)
  30. (en) Sri Chinmoy soulève Mandela, « Sri Chinmoy meets with President Nelson Mandela and honors him with the "Lifting Up The World" Award »,‎ (consulté le 25 avril 2017)
  31. (en) Corey Kilgannon, « They're Not Heavy; They're His People; 72-Year-Old Sri Chinmoy Offers An Uplift Beyond the Spiritual », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  32. (en) PTI, « Who needs doctors when you can conceive courtesy Indian guru, Helen Hunt finds out », The Financial Express,‎ (lire en ligne)
  33. Corey Kilgannon, « Sri Chinmoy, Athletic Spiritual Leader, Dies at 76 », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne)
  34. a et b (en) Corey Kilgannon, « A Monument to Strength as a Path to Enlightenment », New York Times,‎ (lire en ligne)
  35. Commission d'enquête sur les sectes – Assemblée nationale
  36. Under The Thumb Of Cult Leader Sri Chinmoy Sur Forbes, avril 2009
  37. Brendan Brosh, « Child of Chinmoy ministry blasts 'cult' in new book », Daily News (New York),‎ (lire en ligne)
  38. Jayanti Tamm, Cartwheels in a Sari: A Memoir of Growing Up Cult, Crown, 2009
  39. Peter Occhiogrosso, The Joy of Sects 1994, p. 67

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :