Nouvelle Acropole

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Nouvelle Acropole
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Cadre
Forme juridique Organisation internationale. Association à but non lucratif
Fondation
Fondation
Fondateur Jorge Ángel Livraga Rizzi (Argentine)
Identité
Siège Bruxelles (Belgique)
Personnages clés Jorge A. Livraga Rizzi
Président Delia Steinberg Guzmán
Vice-président Georgios Alvarado Planas
Méthode Culture, philosophie et volontariat
Financement Dons et subventions
Volontaires 38 691
Site web Site officiel de l'organisation internationale Nouvelle Acropole

Nouvelle Acropole est une association internationale à but non lucratif[1] fondée en 1957 en Argentine par Jorge Ángel Livraga Rizzi (1930-1991), philosophe, écrivain[2], historien et poète[3].

Présente dans une cinquantaine de pays, Nouvelle Acropole se déclare indépendante, apolitique et non confessionnelle[4]. Elle affirme une vocation philosophique, culturelle et sociale, proposant l'étude comparée des philosophies d'Orient et d'Occident, conjuguée à des activités culturelles et des actions de volontariat social, écologique et humanitaire[5].

Il existe une polémique concernant le caractère sectaire de Nouvelle Acropole, assimilée à un mouvement aux idées politiques d'extrême droite.

Le sociologue Massimo Introvigne définit l'association comme « un mouvement post-théosophique, conjuguant des idées de la Société théosophique avec d'autres sources. Comparée à la Société théosophique, elle met l'accent sur l'ésotérisme occidental plutôt qu'oriental, et se centre particulièrement sur la philosophie grecque dans la tradition de Pythagore et Platon »[6].

Organisation[modifier | modifier le code]

Nouvelle Acropole est une organisation internationale (Organisation Internationale Nouvelle Acropole, association internationale sans but lucratif), inscrite au registre international des associations dont le siège est à Bruxelles (Belgique) sous le numéro 3/12-941/S[7],[8],[9]. L'organisation internationale est actuellement dirigée par Delia Steinberg Guzmán[10] et Jorge Alvarado Planas.

Dans certains pays elle collabore avec des organismes officiels internationaux, comme l'Organisation des États américains[11],[12].

En France, Nouvelle Acropole est une association loi 1901 légalement déclarée depuis 1978[13]. Actuellement l'association est une fédération qui compte 14 centres. Elle est dirigée par Fernand Schwarz, son fondateur[14], anthropologue et philosophe, auteurs de nombreux ouvrages et documentaires sur les philosophies et civilisations anciennes.

Objectifs[modifier | modifier le code]

La charte internationale de Nouvelle Acropole depuis sa création en 1957 est la suivante :

  1. Réunir des hommes et des femmes sans distinction de croyances, de cultures et de conditions sociales autour d'un idéal de fraternité universelle.
  2. Éveiller à une vision globale par l'étude comparée des philosophies, des sciences, des religions et des arts.
  3. Développer les aptitudes de l'individu pour qu'il puisse se relier harmonieusement à la nature et vivre selon les caractéristiques de sa propre personnalité.

Activités[modifier | modifier le code]

Selon Nouvelle Acropole, les activités qu'elle propose concernent trois domaines : la culture la philosophie et le volontariat.

Elle publie une revue électronique mensuelle intitulée Acropolis[15] ainsi que des dossiers d'étude.

Dans le domaine de la philosophie, elle propose des débats philosophiques et des cycles d'études des philosophies comparées d'Orient et d'Occident. Elle promeut annuellement la journée mondiale de la philosophie décrétée par l'Unesco[16]. Elle édite des publications à caractère philosophique.

Dans le domaine du volontariat, l'association propose des formations, des actions d'aide humanitaire sociales et écologiques[17] et de sauvetage dans le cadre de catastrophes naturelles[18]. Elle soutient les programmes internationaux de promotion du volontariat[19].

Selon Jean-Pierre Bayard, Nouvelle Acropole est une « école de philosophie axée sur l’ésotérisme et le symbolisme, [qui] organise l’étude comparée des religions par des cours et des conférences sur des sujets variés : mythes, philosophies, sciences, architecture sacrée, arts traditionnels, avec souvent l’apport de conférenciers extérieurs à l’organisation. Des voyages répondent à la même préoccupation spirituelle (Égypte, Grèce, Mexique). Quinze centres en France dispensent un enseignement moral d’un haut niveau en développant la recherche intérieure, en prônant la liberté de conscience et le respect de la personne humaine[20]. »

Influences[modifier | modifier le code]

L'universitaire Antoine Faivre décrit dans une étude[21] les auteurs et courants de pensée qui influencent Nouvelle Acropole :

« Jorge A. Livraga Rizzi voulait créer une « approche éclectique et rationnelle », selon ses propres termes, de différents courants pour mettre en lumière des ressemblances et des points communs entre la pensée d'Orient et celle d'Occident. Il s’agissait pour lui de définir les éléments d'une philosophie de type universel, en renouant avec toutes les racines spirituelles, y compris celles qu'a rejetées l'Occident ; par exemple, celles de l'Égypte ou de l'Asie. Fernand Schwarz a d'ailleurs, pour sa part, écrit plusieurs ouvrages sur la tradition égyptienne. Outre l'étude de sources antiques, Nouvelle Acropole tente également de favoriser celles d'auteurs contemporains comme C.G. Jung, Mircea Eliade, Joseph Campbell, Gilbert Durand, Henry Corbin, Paul Ricœur, Dane Rudhyar, Jean Chevalier ou Edgar Morin.. Plusieurs parmi ceux-ci, ainsi que d'autres philosophes, scientifiques et sociologues, se sont exprimés librement dans les colonnes de la revue de l'association. Dans le corpus de référence dont se réclament les publications françaises de Nouvelle Acropole on retrouve la philosophie de Pythagore, de Platon, du néoplatonisme, ainsi que de l'hermétisme alexandrin et de la Renaissance. À cela s'ajoutent les deux grands courants théosophiques, celui de Jacob Boehm et celui d'Héléna Petrovna Blavatsky, ainsi que des éléments de philosophie orientale (hindouisme notamment, à travers les trois écoles purushiaques, le bouddhisme mahayana et tibétain). »

Controverse[modifier | modifier le code]

En France, certains mouvements associatifs anti-sectes critiquent Nouvelle Acropole, comme l'Unadfi qui déclare qu'elle « cache un but politique »[22] et l'assimile à un mouvement « néo-fasciste » pointé par le rapport Vivien[23] en 1983 et souligne que « sous des apparences libérales démocratiques se profile un mouvement aux sympathies totalitaires[24] ». L'association se présente comme étant apolitique et laïque, se définit comme un mouvement humaniste[25], et a publiquement dénoncé les totalitarismes[26] et les diverses formes de racisme[27]. Elle déclare en 2011 qu'aucune plainte n'a été déposée en France depuis sa création en 1974[28]. Cependant, d'anciens membres de sa structure ont été impliqués dans un procès à la suite du vol et de la destruction d'un gisant[29].

En 1995, Nouvelle Acropole est citée dans le rapport d'une commission d'enquête parlementaire sur le phénomène sectaire en France, parmi 172 mouvements[30]. Cette liste est officiellement déclarée « obsolète » par une circulaire du gouvernement en mai 2005, au motif que certains critères étaient « des plus malheureux » selon les termes du député Alain Vivien[31]. Le président de la Miviludes déclare en 2005 que cette liste est « complètement caduque »[32].

En 2011, la délégation Aquitaine du Centre Roger-Ikor « pointait du doigt » le centre de Bordeaux, en rappelant que « la Nouvelle Acropole est classée comme secte par le rapport parlementaire de 1995 » et en affirmant que les cours de philosophie dispensés sont une façade culturelle permettant d'éprouver l'aptitude des adhérents pour intégrer la structure hiérarchique interne[28]. Pour l'ADFI Midi-Pyrénées, le mouvement possède une organisation paramilitaire composée de « forces vives »[33].

Certains auteurs décrivent l'association comme « une organisation militariste, sectaire, voire d'extrême droite »[34], ayant des « chefs de secteur », un « corps de sécurité », une « brigade de travail » et une « brigade féminine », et que cela « ressemble bien aux structures des SA allemands »[35]. L'association avancerait masquée et serait « l'une des sectes les plus promptes à solliciter des prêts de salles municipales » pour faire sa « propagande » en se présentant comme un « institut culturel privé »[36].

En 1996 l'universitaire Antoine Faivre, reconnu au niveau européen pour ses recherches sur les mouvements ésotériques contemporains, affirme dans une étude qui lui est consacrée que Nouvelle Acropole ne présente pas les caractéristiques d'un mouvement sectaire et qu'elle a comme principe fondateur de « dénoncer les méfaits d'une pensée unique, massifiante, d'une logique d'exclusion rendue responsable de conflits, de fractures sociales, de fragmentations »[21].

En Belgique, Nouvelle Acropole est citée en 1997 dans le rapport d'une commission d'enquête parlementaire sur les groupes et mouvements sectaires[37]'[38]. L'association est soupçonnée, en 2007, dans un article d'une revue anti-fasciste belge, d'affinités avec l'extrême-droite[39], ce qu'elle conteste formellement dans un droit de réponse[40]. Sous le nom de « Philo contre racisme » le centre de Bruxelles s'engage pour une « fraternité entre tous les hommes » et « une cohabitation des cultures »[41].

En 1998, Massimo Introvigne, sociologue italien publie « une étude quantitative auprès d'anciens membres de Nouvelle Acropole en France »[42] qui montre que 77% des personnes ayant quitté l'association estiment que les accusations concernant l'orientation politique de Nouvelle Acropole sont fausses.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'organisation internationale Nouvelle Acropole, en tant qu'association internationale à but non lucratif, est inscrite au Registre international des associations, reconnue par décret royal du 12 février 1990 (no 3/12-941/s) du royaume de Belgique
  2. "Notice d'autorité de personne" sur le site de la Bibliothèque nationale de France
  3. Biographie de Jorge Ángel Livraga Rizzi
  4. "Qui sommes-nous ?"
  5. Site international de la Nouvelle Acropole
  6. Étude de Massimo Introvigne, 1997, partie II : Les anciens membres de Nouvelle Acropole en France
  7. Moniteur no 48, 9 mars 1990, page 4489
  8. Nouvelle Acropole en Moniteur, pour la période de 2003
  9. Nouvelle Acropole en Moniteur, pour la période de 1981 au 30 juin 2003
  10. Biographie de Délia Steinberg Guzman
  11. OEA Lista de más de 360 asociaciones civiles de diversos países, que presentaron una solicitud a un programa de participación civil de la OEA (Organización de Estados Americanos), en 2006.
  12. OEA «Committee on Civil Society Participation in OAS Activities» (comité de participación de la sociedad civil en las actividades de la OEA). Dice: «El Comité decidió recomendarle al Consejo Permanente que acceda en la participación de las siguientes 35 organizaciones sociales civiles en las actividades de la OEA» (The Committee decided to recommend that the Permanent Council agree to the participation of the following 35 civil society organizations in OAS activities.
  13. http://www.verif.com/societe/FEDERATION-FRANCAISE-NOUVELLE-ACROPOLE-314186479/
  14. Site personnel de Fernand Schwarz
  15. Revue Acropolis
  16. Journée de la Philosophie
  17. Inside, Costa Rica
  18. OWIT, Perú
  19. Engagement for Global Compact, 2014
  20. Jean-Pierre Bayard, Guide des sociétés secrètes et des sectes", Oxus, 2004.
  21. a et b Antoine Faivre, Pour en finir avec les sectes, Cesnur-Di Giovanni, 1996. Extraits de l’article « Les exemples de Nouvelle Acropole et de la Rose-Croix d'Or »
  22. Nouvelle Acropole sur se site de l'UNADFI
  23. Mathieu Cossu, « rapport Alain Vivien 1983 première partie sectes en France », sur www.prevensectes.com (consulté le 18 octobre 2016)
  24. « Nouvelle Acropole. De la vitrine de la rue Daguerre aux arcanes du " niveau 2 "... », sur www.prevensectes.com (consulté le 18 octobre 2016)
  25. "Un nouvel humanisme", éditorial de la revue Acropolis no 213
  26. ThierryC, « Fernand Schwarz », sur fernand.schwarz.free.fr (consulté le 18 octobre 2016)
  27. ThierryC, « Fernand Schwarz », sur fernand.schwarz.free.fr (consulté le 18 octobre 2016)
  28. a et b Une association culturelle décriée, article du quotidien 20minutes daté du 25 février 2011.
  29. « Une secte qui s'avance masquée », sur La Dépêche du Midi,‎
  30. Rapport de la Commission d'enquête sur les sectes, 20/12/1995. sur le site de l'Assemblée nationale française
  31. "La fin des listes noires", article du journal Le Point
  32. Miviludes: le nouveau président veut aider les victimes à dénoncer les sectes, AFP, 29 septembre 2005.
  33. "Que cache la Nouvelle Acropole ?", Diselo Toulouse, avril 2013
  34. Petit dictionnaire des cultes politiques en France: 1960-2000 Par Cyril Le Tallec, édition de l'Harmattan, 2000, (ISBN 978-2-296-12941-2)
  35. Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours Par Jacques Leclercq, éditions de l'Harmattan, 2008, (ISBN 978-2-296-06476-8)
  36. Les Sectes et l'ordre public par Gilbert Klein, édition des presses universitaires de Franche-Comté, 2005, (ISBN 2-84867-109-2)
  37. Rapport d'enquête parlementaire visant à élaborer une politique en vue de lutter contre les pratiques illégales des sectes et le danger qu'elles représentent pour la société et pour les personnes, particulièrement les mineurs d'âge » de la Chambre des Représentants de Belgique, daté du 28 avril 1997 - Documents parlementaires - Législature 49, document 0313 : 007 et 008, cité par RésitanceS rapport en ligne
  38. « La Chambre des représentants de Belgique », sur www.lachambre.be (consulté le 17 octobre 2016)
  39. « Nouvelle Acropole, les liaisons dangereuses », sur www.resistances.be (consulté le 17 octobre 2016)
  40. Droit de réponse de Nouvelle Acropole in La Libre Belgique, 21/04/2007, article en ligne
  41. Discours contre le racisme en Belgique
  42. Étude en ligne du Centre pour l'étude des nouvelles religions datée de 1998.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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