Tabitha's Place

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Tabitha's Place ou Les Douze Tribus est un nouveau mouvement religieux d'inspiration chrétienne. La Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires ainsi que des associations anti-sectes comme l'UNADFI considèrent ce mouvement comme étant une secte.

Historique[modifier | modifier le code]

Ce mouvement est une branche du groupe américain The Twelve Tribes, basée à Hiddenite (en Caroline du Nord, aux États-Unis), et créée par Elbert Eugene Spriggs (né en 1937). En 1984, date de sa création aux États-Unis, le groupe comptait environ 400 personnes.

Croyances et pratiques[modifier | modifier le code]

Le groupe prétend procéder à une lecture fondamentaliste de la Bible, prise au pied de la lettre. Il désire vivre de la même manière que les premiers chrétiens au Ier siècle.

Les membres s'appellent entre eux par des noms hébreux. Ceux-ci, déterminés par les autres membres de la communauté, font référence à un trait de personnalité de celui qui le porte. Le nom de la communauté française (Tabitha) provient d'ailleurs d'une sainte de la Bible ressuscitée par l'apôtre Pierre (récit du Livre des Actes).

Se basant sur certains versets de la Bible, mais hors contexte, les parents sont encouragés à discipliner physiquement leurs enfants (les châtiments corporels sont encouragés par de nombreux verset de la Bible tel proverbe 13:24 qui dit "Celui qui épargne la verge hait son fils, mais celui qui l'aime met de la diligence à le discipliner."); ces derniers sont d'ailleurs scolarisés au sein même du groupe et ne vont donc pas à l'école publique. De l'avis général, l'éducation reçue dans la communauté est rigoriste. Différents témoignages d'adolescents sortis de la secte font état de sévices répétés, affirmant que jusqu'à 30 corrections peuvent être administrées à un enfant chaque jour par des coups de baguettes. Un reportage clandestin en caméra cachée pour le journal Sud Ouest présente un des membres de la communauté justifiant ces pratiques.

Le mouvement proscrit les vaccins.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le groupe produit lui-même ses biens élémentaires et vend dans ses commerces (boutiques, boulangeries, restaurants) ses productions artisanales (produits maraîchers, pain, objets de menuiserie, cosmétiques).

En interne, un conseil ou gouvernement (composé de membres âgés car expérimentés) décide des grandes orientations du groupe ainsi que des priorités budgétaires. Les différentes activités sont supervisées chacune par un responsable qui administre son propre domaine. Personne n'a l'exclusivité sur tous les pouvoirs et l'argent.

Le mouvement est souvent présent lors de grandes manifestations : par exemple, il a présidé, en 2000, plusieurs forums lors de "la Journée de la Terre" à Washington ; pareillement, l'un de ses restaurants était présent aux Jeux Olympiques de Sydney.

Rayonnement et effectifs[modifier | modifier le code]

Au niveau mondial, le groupe est composé de quelques communautés réparties au Brésil, au Canada, aux États-Unis, en Australie, en Angleterre, en Argentine, en Espagne et en Allemagne.

En France, il est présent à Sus, dans les Pyrénées-Atlantiques, où la communauté existe depuis 1983.

Les effectifs sont constitués d'environ 120 adultes, et de 40 enfants.

Controverses et polémique[modifier | modifier le code]

Secte ?[modifier | modifier le code]

Le rapport n°2468 de la Commission parlementaire française est défavorable au groupe, qui l'a listé comme une secte ayant entre 50 et 500 membres, et est considéré comme étant apocalyptique.

Pour sa part, le mouvement récuse cette appellation, affirmant ne pas avoir de gourou, ne pas pratiquer la manipulation mentale et ne pas être coupé du monde. Tous les témoignages de personnes sorties de cette secte disent, au contraire, que tout élément extérieur est considéré comme dangereux, néfaste, diabolique, et que l'endoctrinement, l'appauvrissement généralisé de la culture, l'ignorance de l'actualité y sont délibérément et autoritairement pratiqués.

Démêlés judiciaires[modifier | modifier le code]

En octobre 2001, la cour d'assises des Hautes-Pyrénées a reconnu coupables deux membres du groupe, de « privation d'aliments et de soins ayant entraîné la mort » de leur enfant, Raphaël, décédé en avril 1997 à l'âge de 19 mois. L'enfant souffrait d'une malformation cardiaque incurable connue sous le nom de "maladie bleue". Le couple a été condamné à douze ans de réclusion criminelle[1].

En mars 2002, la cour d'appel de Pau a condamné 19 membres du groupe à 300 euros d'amende et six mois de prison avec sursis pour soustraction aux obligations parentales légales, notamment refus de scolarisation et de vaccination[2].

Les activités de cette communauté font l’objet d’une information judiciaire ouverte en mars 2014 concernant des faits d’abus de vulnérabilité dans le cadre d’un mouvement à caractère sectaire, des faits de violences sur mineurs concernant les conditions d’éducation, des faits de travail dissimulé et de travail des enfants[3]. Les témoignages d'adolescents sortis ou échappés de la secte font état d'un travail harassant, chaque jour, dès le plus jeune âge. Aucune distraction, aucun jouet, aucune détente ne sont admis sous peine de punition corporelle.

Scolarisation interne[modifier | modifier le code]

Une école est en train d'être créée à Sus où les enfants seront éduqués par les membres.

Le mouvement justifie la non-inscription des enfants de la communauté à l'école publique par le fait qu'elle ne favorise pas l'élévation spirituelle à cause des mauvaises influences auxquelles les jeunes sont soumis et par la violence présente au sein des écoles publiques (physiques comme psychiques).

Le 21 novembre 2006, plusieurs députés (Brard, Philippe Vuilque, Gest, Fenech) se sont rendus à Sus afin d'enquêter sur le cas des enfants dans la communauté. Aucune maltraitance physique n'a été décelée, mais les députés ont affirmé que les dix-huit enfants présents vivaient coupés du monde extérieur et ne connaissent rien de la vie extérieure au groupe, ni par contact direct, ni par aucun média[4],[5]. Pourtant nombreux sont les visiteurs au sein de la communauté (voisins, marcheurs de Saint-jacques-de-compostelle, touristes...).

À la suite de cette visite, la communauté de Tabitha's place a présenté sa propre version des faits[6] et publié sur son site un communiqué, présentant notamment la différence entre les commentaires que leur auraient faits les députés durant cette visite et les déclarations faites ensuite à la presse.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Favorables 
Défavorable 

Notes et références[modifier | modifier le code]