Église de l'Unification

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Église de l'Unification
Image illustrative de l’article Église de l'Unification
Emblème officiel de l'Église de l'Unification
Dirigeant Hak Ja Han (en)
Fondateur Sun Myung Moon
Fondation 1954
Séoul, Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud

L'Église de l'Unification ou Association de l'Esprit Saint pour l'Unification du christianisme mondial ou « Association de l'Esprit Saint pour l'unification du christianisme mondial ». est une organisation religieuse fondée en Corée du Sud en 1954 par Sun Myung Moon (également connu sous le nom de Révérend Moon). L'Église est également connue sous le nom de secte Moon. Elle se fait désormais appeler Fédération pour la Paix universelle (FPU), en anglais Universal Peace Federation (UPF)[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Sun Myung Moon dit avoir reçu sa mission de Jésus à l'âge de 15 ans dans son village natal près de Pyongyang (Empire du Japon, aujourd'hui Corée du Nord). Il lui aurait demandé de poursuivre la tâche de construire le royaume des cieux sur terre. Moon se définit comme le nouveau Messie, le « Vrai Parent », le seul à pouvoir réellement comprendre et révéler tous les secrets de la Bible.

Pendant la Guerre froide, Sun Myung Moon se positionne contre le communisme. Il s'installe dans la banlieue de New York. En 1980, des membres de son église créent à sa demande l'organisation CAUSA International[2] basée à New York, pour lutter contre le communisme par l'éducation[3]. Le siège social du mouvement se situe au l'Hôtel New Yorker, à New York.

En 2012, la secte avance le chiffre de 3 millions de membres éparpillés dans le monde, dans plus de 200 pays, surtout en Corée, au Japon et aux États-Unis. Mais ce chiffre semble irréaliste pour plusieurs experts internationaux selon lesquels le nombre d'adeptes se situe plutôt autour de 100 000[4]. La secte est peu implantée en Europe. Elle compte, selon les estimations de la Miviludes en 2012, entre 200 et 300 membres en France. Ils restent nombreux aux États-Unis, en Asie (en particulier en Corée du Sud et au Japon) et en Amérique du Sud. L'Église est interdite à Singapour. Le révérend Moon était en bons termes avec le dictateur communiste nord-coréen Kim Jong-il à la fin de la vie de celui-ci. Il espérait ainsi jouer un rôle positif pour favoriser le dialogue entre les deux Corées.

Sun Myung Moon a fondé plusieurs organisations dans les domaines des médias (dont le journal Washington Times[5]), des arts, de l'éducation, de la santé. Il a également initié plusieurs entreprises dont une usine automobile (Panda) et une entreprise nommée Tong II. Son épouse est la fondatrice et présidente de la Women’s Federation for World Peace, WFWP, dont la branche française est la Fédération des femmes pour la paix, FFPM , qui se présente comme une ONG dotée du statut consultatif auprès du Conseil économique et social des Nations unies (ECOSOC)[6].

Sun Myung Moon a œuvré à travers le mouvement Causa pour dénoncer l'idéologie communiste. Il a rencontré Mikhaïl Gorbatchev et son épouse à Moscou en 1990. En 1991 il a rencontré le dirigeant nord-coréen Kim Il-sung à Pyongyang en Corée du Nord.

Sun Myung Moon meurt le à l'âge de 92 ans[7]. Hyung Jin Moon, son fils, est présenté comme son successeur. La direction mondiale de l'Église de l'Unification est actuellement assurée par son épouse Hak Ja Han Moon.

La Fédération pour la paix a organisé du 2 au en Corée du Sud à Gapyeong, à l'est de Séoul, un sommet mondial rassemblant 30 000 personnes du monde entier, pour commémorer le centenaire de la naissance de son fondateur, et ce, en dépit des injonctions du gouvernement coréen demandant aux autorités religieuses de ne pas tenir de grands rassemblements en raison de la pandémie de Covid-19. À cette occasion, l'organisation procède au mariage de 6000 couples. Plusieurs médias dans le monde relatent la participation de personnalités issues de différents pays, comme Felipe Gonzalez, Goodluck Jonathan, Jimmy Morales, Dioncounda Traoré ou encore José Manuel Barroso[8],[9].

Liens avec le Front national[modifier | modifier le code]

En France et en Belgique certains membres ont eu, à titre personnel, dans les années 1980, des liens étroits avec différents partis politiques d'extrême droite comme le Front national français ou belge. En particulier, en 1984 et 1989, Gustave Pordea[10] puis Pierre Ceyrac furent élus au Parlement européen sur la liste du Front national français.

L'Église de l'Unification s'associe au FN français à partir des élections législatives de 1986 : à la suite d'une rencontre organisée à Saint-Cloud entre le colonel coréen Bo Hi Pak, le chef politique de l’Église de l’unification, le révérend Moon et Henri Blanchard, président français de la secte, un « accord direct de coopération » est conclu entre Moon et le FN qui inclut une « aide logistique nationale et internationale » et des « arrangements financiers importants »[11]. La secte participe au financement du FN et joue les intermédiaires dans plusieurs déplacements internationaux de Jean-Marie Le Pen lors de la campagne présidentielle de 1988[12]. En contrepartie, le FN positionne Pierre Ceyrac, représentant de la secte, en position éligible lors des législatives de 1986[11]. Elle rompt ses relations avec le parti après les propos du président du FN sur les chambres à gaz[12],[13].

Caractère sectaire[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui, une association de plus de 300 avocats du monde entier (Lawyer Connection Society) plaide pour des personnes se déclarant victimes de la secte Moon. Au Japon, en 7 ans (1980-1987), la vente d'objets religieux de piété dits sacrés par des membres du mouvement aurait rapporté 3 milliards d'euros.[réf. souhaitée]

Ce mouvement a été classé comme « secte » dans un rapport parlementaire français adopté à l'unanimité par les membres de cette commission d'enquête au cours de sa séance du puis l'a remis au président de l'Assemblée nationale française[14].

Il est légalement enregistré en France en tant que Fédération pour la Paix universelle au titre des associations loi de 1901.

Se fondant sur la définition selon laquelle une secte est un « ensemble de personnes professant une même doctrine (philosophique, religieuse, etc.) », les « moonistes » (nom donné aux adeptes de la secte) acceptent l'appellation de secte, en ajoutant que l'Église de l'Unification est une secte au même titre que toutes les autres Églises existantes. Toutefois, ils rejettent l'idée que leur mouvement correspond point par point à cette définition, car selon eux l'Église est ouverte à toute personne, quelles que soient ses convictions philosophiques ou religieuses. Ils indiquent qu'elle a été créée non pas en opposition mais dans la continuité de toutes les spiritualités jusqu'alors établies (christianisme, islam, judaïsme, bouddhisme, etc.).[réf. souhaitée]

L'Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu, ayant pour origine une association de Rennes créée en 1974 par un médecin et son épouse dont le fils avait été embrigadé par l’Église de l'Unification, met régulièrement en garde contre les agissements du mouvement[15][source insuffisante].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nansook Hong, L'Ombre de Moon, Editionsʻ 1, 1998[16].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://eume.upf.org/index.php A l'onglet "Who we are" il est bien expliqué que Sun Myung Moon est le fondateur de l'UPF
  2. http://www.causafoundation.org/
  3. "Moon's 'Cause' Takes Aim At Communism in Americas", Washington Post, 28 August 1983.
  4. https://www.ladepeche.fr/article/2012/09/03/1431226-c-est-quoi-la-secte-moon.html
  5. https://www.washingtontimes.com/
  6. http://femmespourlapaix.org/ Consulté le 28.10.2020
  7. Le fondateur de la secte Moon est mort, Le Figaro, 2 septembre 2012.
  8. https://www.unadfi.org/groupes-et-mouvances/des-personnalites-a-un-rassemblement-de-moon/#more-12123
  9. https://www.challenges.fr/societe/coree-du-sud-mariage-collectif-chez-les-moonistes-malgre-le-virus_697831
  10. Valérie Igounet, Le Front National : de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées., Le Seuil, 502 p. (lire en ligne)
  11. a et b Valérie Igounet, « Dans le rétro du FN: 1988, ou la tentative de «vendre» la candidature Le Pen », sur Mediapart, (consulté le ).
  12. a et b Dominique Albertini, « Trente ans après, les 35 députés FN de 1986 sont presque tous partis », sur www.liberation.fr, (consulté le ).
  13. « Quand le Front national avait rendez-vous avec la secte Moon », sur lesinrocks.com, 12 septembre 2012.
  14. http://www.assemblee-nationale.fr/rap-enq/r2468.asp
  15. https://www.unadfi.org/mot-clef/moon-eglise-de-lunification/
  16. Nansook Internet Archive, L'Ombre de Moon, Paris : Editionsʻ 1, (ISBN 978-2-86391-883-8, lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]