Robert Bourgi

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Robert Bourgi
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (72 ans)
DakarVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Jaffar BourgiVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Directeur de thèse
Distinction

Robert Bourgi, né le à Dakar, est un conseiller politique français.

Spécialiste des questions africaines, il est considéré comme un représentant de la « Françafrique ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Né le à Dakar, au Sénégal, Jaffar (dit Robert[1]) Bourgi appartient à une fratrie de 13 enfants, issus d'une dynastie libano-sénégalaise. Fils de Mahmoud Bourgi, un riche négociant en textile, qui a choisi d'émigrer du Liban en 1918[2]. Il est le frère du professeur d'Université agrégé de droit public Albert Bourgi[3],[4].

Marié le à Catherine Vittori, il a trois enfants[5].

Formation[modifier | modifier le code]

Après des études au lycée Van-Vollenhoven à Dakar et des études de droit à l'université de Nice et à l'université Paris-I, il devient docteur d'État en droit public en 1978, son sujet de thèse porte sur « De Gaulle et l'Afrique »[6], et diplômé d'études supérieures en science politique[5].

Bien qu'il ait prêté serment en 1993, Robert Bourgi est un avocat qui n'a jamais plaidé[2].

Carrière[modifier | modifier le code]

Robert Bourgi est considéré comme un disciple de Jacques Foccart avec qui son père Mahmoud Bourgi, important commerçant gaulliste, avait noué des relations d'affaires. Il se dit « musulman chiite »[7]. Proche du pouvoir, il conseille la poursuite de relations avantageuses entre la France et le continent africain.

D'abord conseiller politique de Michel Aurillac (alors ministre de la Coopération de Jacques Chirac sous la première cohabitation, de 1986 à 1988) puis de Dominique de Villepin, il est passé dans le camp de Nicolas Sarkozy en septembre 2005 ; ce dernier l'a décoré de la Légion d'honneur en septembre 2007[8],[9]. Il a également endossé le rôle de délégué national du Club 89, chargé des pays en développement de 1981 à 1996, en plus d'être chargé de mission du Rassemblement pour la République (RPR), responsable des relations politiques avec les pays africains du Sud du Sahara.

Figure discrète de la « Françafrique », Robert Bourgi était un proche de l'ancien président gabonais Omar Bongo (en fonction de 1967 à 2009). Il est également proche de l'ancien président sénégalais Abdoulaye Wade (en fonction de 2000 à 2012) et du président congolais Denis Sassou-Nguesso (en fonction depuis 1997)[10].

Il a joué, à la demande d'Omar Bongo et de Denis Sassou Nguesso, un rôle décisif dans l'éviction de Jean-Marie Bockel de son poste de secrétaire d'État chargé de la Coopération et de la Francophonie[11],[12].

D'après Le Monde, « nombre de diplomates craignent que son influence auprès de Nicolas Sarkozy reflète l'idée que le président se fait de l'Afrique, celle d'"un continent qu'on ne tient que par les barbouzes"[7]. »

Robert Bourgi a soutenu ouvertement le futur nouveau président gabonais Ali Bongo Ondimba lors de la présidentielle 2009 : « Au Gabon, la France n'a pas de candidat, mais le candidat de Robert Bourgi, c'est Ali Bongo. Or je suis un ami très écouté de Nicolas Sarkozy. De façon subliminale, l'électeur le comprendra[7]. » Lors de l'élection présidentielle gabonaise de 2016, il soutient ouvertement Jean Ping, le principal opposant d'Ali Bongo. Lors des événements faisant suite à ce scrutin, il déclare publiquement sur la chaîne France 24 que son soutien à Ali Bongo en 2009 aurait enfanté un monstre.

Robert Bourgi est membre du Comité consultatif international de l'Organisation de la presse africaine (APO), qui assure notamment ses relations presse[13].

Le , il explique au Journal du dimanche avoir transporté à de nombreuses reprises dans les années 1990 « des millions d'euros » d'États africains faisant partie de la « Françafrique » au profit de Jacques Chirac, précisant que Dominique de Villepin était au courant de cette situation[14],[15]. Le même jour, Jacques Chirac et Dominique de Villepin ont fait savoir leur intention de déposer plainte contre l'avocat.

Le , il est mis en cause par Jean-François Probst, un ex-collaborateur de Jacques Chirac, dans la poursuite de ces opérations occultes : « Robert Bourgi s'est dépensé sans compter pour Sarkozy auprès de nombreux chefs d’États africains lors de la présidentielle de 2007[16]. »

Le même jour, au Grand journal sur Canal+, il indique que la campagne électorale de Jean-Marie Le Pen de 1988 a été financée par ce même système de « valises ». Ces propos lui valent une condamnation pour diffamation par le tribunal correctionnel de Paris le 13 décembre 2012[17].

Robert Bourgi participe à la libération de Clotilde Reiss. Le l'étudiante française, emprisonnée par les Iraniens à Téhéran depuis 2009, est relâchée, alors que les négociations semblent abandonnées. Jeune Afrique précise son rôle dans des négociations menées « à l’écart des ministères et des ambassades »[18]. Ce rôle essentiel joué par le Libanais de confession chiite est décrit par d'autres titres de presse. En effet Le Temps rapporte l'utilité de Bourgi ainsi que Le Point[19],[20],[21] . L'International quant à lui s'applique à détailler les principales étapes de l'importance de la médiation sénégalaise, incluant l'avocat natif de Dakar, son ami Karim Wade et le père de celui-ci, Abdoulaye Wade, dans son article du [22].

Il devient un proche de François Fillon en 2012 et organise son voyage au Sénégal puis en Côte d'Ivoire en 2013[23].

Il déclare début avril 2016 soutenir Nicolas Sarkozy pour la primaire présidentielle des Républicains[24], bien que celui-ci ne soit pas encore candidat.

En mars 2017, Robert Bourgi est identifié comme la personne ayant offert pour 13 000 euros de costumes au candidat Les Républicains à l'élection présidentielle, François Fillon[25]. Cette information révélée par la presse mène le Parquet national financier à accorder aux juges chargés de l'affaire Fillon l'ouverture d'un réquisitoire supplétif contre X pour « trafic d'influence ».

Ouvrage[modifier | modifier le code]

  • Le Général de Gaulle et l'Afrique noire : 1940-1969, Librairie générale de droit et de jurisprudence, Paris, Nouvelles éditions africaines, Dakar, Abdijan, 1980, 515 p. (ISBN 2-275-01134-X) (texte remanié d'une thèse d'État en droit public)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jaffar est son prénom musulman chiite.
  2. a et b Jules Pecnard, « Costumes de Fillon: quatre choses à savoir sur Robert Bourgi », sur lexpress.fr,‎ .
  3. Voir sur lemonde.fr .
  4. « Françafrique / Au cœur de la famille Bourgi : Voici le vrai visage de Robert et Albert », L'intelligent d'Abidjan,‎ (lire en ligne)
  5. a et b Jacques Lafitte, Stephen Taylor, Qui est qui en France, Jacques Lafitte, , p. 373.
  6. Sous la dir. de Pierre Dabezies, Le Général de Gaulle et l'Afrique noire, 1940-1969 (thèse d'État en droit public), Paris, université Paris-I, (SUDOC 041007840).
  7. a, b et c « Robert Bourgi, vétéran de la Françafrique », Le Monde, 29 août 2009.
  8. Discours de Nicolas Sarkozy lors de la décoration de Robert Bourgi.
  9. Thomas Hofnung, Portrait « M. Françafrique », Libération, 10 juillet 2009.
  10. Philippe Bernard, « Robert Bourgi, vétéran de la Françafrique », sur lemonde.fr,‎ .
  11. « Robert Bourgi : "La France n'avait pas de candidat au Gabon" (vidéo) », RTL, 7 septembre 2009.
  12. Pierre Haski, « Virer un ministre ? C'est simple comme un coup de fil de Bongo », Rue89, 7 septembre 2009.
  13. « Maître Robert BOURGI dément catégoriquement l'information publiée dimanche sur le site internet de Jeune Afrique », Afrikeco.com, 26 septembre 2010 : communiqué distribué par l'Organisation de la presse africaine pour Robert Bourgi.
  14. AFP, « Accusés de financement occulte africain, Chirac et Villepin portent plainte », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  15. Laurent Valdiguié, « Bourgi : "J'ai vu Chirac et Villepin compter les billets" », Le Journal du dimanche,‎ (lire en ligne).
  16. « Financement occulte : un témoignage accable Nicolas Sarkozy », sur letelegramme.com, consulté le 12 septembre 2011.
  17. « Robert Bourgi condamné pour avoir diffamé Jean-Marie Le Pen », liberation.fr, 13 décembre 2012.
  18. « Bourgi et Wade dans l´ombre de la libération de Clotilde Reiss », Laurane Provenzano, jeuneafrique.com, 18 mai 2010.
  19. « Clotilde Reiss libre grâce au Sénégal », lepoint.fr, 16 mai 2010.
  20. Voir sur letemps.ch.
  21. « Clotilde Reiss, la libération des polémiques », Le Temps,‎ (lire en ligne)
  22. Voir sur linternationalmagazine.com, le 19 mai 2010.
  23. « Un pilier de la "Françafrique" aurait payé les costumes de François Fillon », Radio Television Suisse,‎ (lire en ligne)
  24. Tristan Quinault Maupoil, « Pilier de la Françafrique, Robert Bourgi lâche Fillon pour Sarkozy », lefigaro.fr, 4 avril 2016.
  25. « L’avocat Robert Bourgi a bien réglé les costumes Arnys de François Fillon », lemonde.fr, 17 mars 2017.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]