Jean Ping

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Jean Ping
Jean Ping en 2012.
Jean Ping en 2012.
Fonctions
Président de la Commission de l'Union africaine

(4 ans 5 mois et 17 jours)
Prédécesseur Alpha Oumar Konaré
Successeur Nkosazana Dlamini-Zuma
Président de l'Assemblée générale des Nations unies

(11 mois et 30 jours)
Prédécesseur Julian Hunte
Successeur Jan Eliasson
Ministre d'État, ministre gabonais des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie

(9 ans et 12 jours)
Président Omar Bongo
Premier ministre Jean-François Ntoutoume Emane
Jean Eyeghe Ndong
Ministre gabonais de la Planification, de l'Environnement et du Tourisme

(1 an 11 mois et 29 jours)
Président Omar Bongo
Premier ministre Paulin Obame-Nguema
Ministre gabonais des Affaires étrangères et de la Coopération

(4 ans 8 mois et 4 jours)
Président Omar Bongo
Premier ministre Casimir Oyé Mba
Ministre gabonais des Mines, de l'Énergie et des Ressources hydrauliques

(1 an 6 mois et 24 jours)
Président Omar Bongo
Premier ministre Casimir Oyé Mba

(1 an 1 mois et 29 jours)
Président Omar Bongo
Premier ministre Léon Mébiame Mba
Casimir Oyé Mba
Ministre gabonais de l'Information, des Postes et des Télécommunications, du Tourisme et des Loisirs, de la Réforme du secteur parapublic
Ministre des Relations avec le Parlement
Porte-parole du gouvernement

(2 mois et 3 jours)
Président Omar Bongo
Premier ministre Léon Mébiame Mba
Biographie
Date de naissance (74 ans)
Lieu de naissance Omboué (Gabon, Afrique-Équatoriale française)
Nationalité gabonaise
Diplômé de Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Jean Ping, né le à Omboué (Gabon), est un diplomate et homme politique gabonais.

Ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération et de la Francophonie de la République du Gabon de 1999 à 2008, il préside l'Assemblée générale des Nations unies de 2004 à 2005 et la commission de l’Union africaine de 2008 à 2012. Il se présente à l'élection présidentielle gabonaise de 2016 face au président sortant, Ali Bongo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Situation personnelle[modifier | modifier le code]

Il est né à Omboué, petite ville sur la lagune Fernand Vaz, au sud de Port-Gentil[1]. Son père, Cheng Zhiping, est un Chinois de Wenzhou (sud-est de la Chine), recruté comme travailleur dans les années 1920 et devenu exploitant forestier. Wang Ping, marié à une Gabonaise[1],[2], a poussé son fils à faire des études et l'a envoyé en France.

Jean Ping est titulaire d’un doctorat d’État en sciences économiques de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, obtenu sous la direction de René Passet en 1975[1].

Ancien compagnon de Pascaline Bongo, fille du président Omar Bongo, avec qui il a deux enfants[3], il a ensuite épousé Marie-Madeleine Liane avec qui il a également eu des enfants. Il est aujourd'hui marié à Jeanne-Thérèse, d'origine italo-ivoirienne. Il est le père de 5 enfants dont Frank Ping, l'aîné.

Fonctions internationales[modifier | modifier le code]

En 1972, Jean Ping est fonctionnaire international à l’Unesco à Paris, puis, de 1978 à 1984, il y est délégué permanent du Gabon avant d'être engagé dans la politique de son pays.

Il préside l'OPEP, dont son pays est membre à l'époque, en 1993.

En 2004, il est choisi pour être le 59e président de l'Assemblée générale des Nations unies.

Il est élu au poste de président de la commission de l'Union africaine au premier tour de scrutin en 2008[4]. Il quitte cette fonction en 2012.

Jean Ping a plusieurs fois représenté le Gabon aux nombreuses conférences internationales : Unesco, Organisation de l'unité africaine devenue l'UA, Mouvement des pays non-alignés, Organisation de la conférence islamique (OCI), Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Banque mondiale, Sommets de la francophonie, France-Afrique, Afrique-Caraïbes-Pacifique-Union européenne, Forum Chine-Afrique, Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (Ticad), Conférences États-Unis-Afrique organisées dans le cadre de la loi en faveur de la croissance de l'Afrique et son accès aux marchés (AGOA).

Il a contribué à plusieurs médiations entreprises par le président Omar Bongo en vue de ramener la paix et la stabilité en Afrique centrale : Congo, Tchad, Centrafrique et São Tomé-et-Principe. Le , il est chargé par l'Union africaine de tenter une médiation en vue de trouver une solution à la crise en Côte d'Ivoire. Ce pays était à l'époque secoué par une lutte pour le pouvoir depuis le second tour de l'élection présidentielle du dont les deux candidats, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, se déclaraient vainqueurs.

Il critique l'intervention française en Libye en 2011, qui a selon lui détruit le pays et déstabilisé la région. Il qualifie cette politique de « néocoloniale », représentée par l'interventionnisme d'un Bernard-Henri Lévy et par les choix de Nicolas Sarkozy abandonnant les fondamentaux de la politique traditionnelle française pour « décider, tambour battant, de partir en guerre et de mener, par devant et par procuration, les hostilités, sous le manteau de la légitimité onusienne et sous le parapluie militaire de l’Amérique et de l’OTAN ». Il condamne une politique occidentale menée « sous la pression des émotions et des passions immédiates qui emportent leurs opinions »[5].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Carrière ministérielle[modifier | modifier le code]

Sa carrière ministérielle commence le , quand il est nommé ministre de l'Information, des Postes et des Télécommunications, du Tourisme et des Loisirs, de la Réforme du secteur parapublic, chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement.

Il n'occupe que brièvement ce poste avant de passer, le , à la tête du ministère des Mines, de l'Énergie et des Ressources hydrauliques jusqu'en , puis à nouveau du au , pendant dix-neuf mois.

Le , il devient pour la première fois responsable du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, avant de devenir, le 30 octobre, ministre délégué auprès du ministre des Finances, de l’Économie, du Budget et de la Privatisation.

Il est pendant deux ans, du au , ministre de la Planification, de l'Environnement et du Tourisme avant de prendre à nouveau en charge le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, augmenté cette fois du portefeuille de la Francophonie, et avec le titre de ministre d’État. Il le reste jusqu' son élection à la présidence de la commission de l’Union africaine, le , poste qu'il occupe jusqu'au 15 octobre 2012.

C’est au cours de ce dernier mandat ministériel de neuf ans qu’il préside, en 2004-2005, l’Assemblée générale des Nations unies.

Le , il annonce sa rupture avec le Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir et en démissionne le 19 février 2014[6].

Depuis, il entre en conflit ouvert avec le président Ali Bongo et s'attelle à l'unification des forces de l'opposition dans une structure appelée Front uni de l'opposition pour l'alternance (FUOPA).

Élection présidentielle de 2016[modifier | modifier le code]

Le , lors d'un meeting politique dans la ville d'Oyem, il déclare se porter officiellement candidat à la candidature unique de l'opposition en vue de se présenter à l'élection présidentielle de 2016[7].

En mai 2016, il est accusé par le gouvernement gabonais d'avoir prononcé un discours très controversé dans lequel il aurait qualifié les étrangers de « cafards » en appelant à leur « extermination ». Ces accusations sont dénoncées par ses partisans comme une tentative de l'empêcher de se présenter aux élections[8]. Le même mois, un billet du Times Gabon l'accuse d'avoir introduit en 2007 une société incapable de respecter ses engagements, alors qu'il était chargé de négocier un contrat d'exploitation du gisement de fer de Belinga (Nord-Est du Gabon) avec l'entreprise chinoise China Machinery Engineering Corporation (Cmec)[9].

À la veille de l'élection présidentielle de 2016, il est, avec le président sortant Ali Bongo, l'un des deux favoris, aux côtés de huit autres candidats. Il bénéficie du soutien de quatre autres candidats s'étant désistés à son profit : Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre, Guy Nzouba-Ndama, ancien président de l'Assemblée nationale, Léon Paul Ngoulakia, cousin du président Bongo, et Roland Désiré Aba'a Mink, candidat indépendant[10].

Ali Bongo remporte le scrutin avec 49,8 % des voix[11]. Sa victoire est contestée alors que Jean Ping, avec 48,2 %, est battu de seulement 5 594 voix. Des fraudes sont invoquées[12],[13], notamment dans la province du Haut-Ogooué, fief d'Ali Bongo, qui voit la participation atteindre 99,9 % contre 59,5 % au niveau national[14].

Le 2 septembre, Jean Ping déclare lors d’une conférence de presse « le monde entier sait qui est le président de la République : c’est moi, Jean Ping ». Il demande un recomptage des voix par bureau de vote[15].

Le , Ali Bongo est proclamé vainqueur par la Cour constitutionnelle avec 50,66 % des voix, suivi de Jean Ping avec 47,24 % des suffrages[16].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Au Gabon

En France

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Mondialisation, paix, démocratie et développement : l'expérience du Gabon (préf. Hubert Védrine), L'Harmattan, (ISBN 978-2747527071)
  • Éclipse sur l'Afrique : fallait-il tuer Kadhafi ?, Michalon,

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Biographie sur le site African Success.
  2. « Jean Ping : « Beaucoup agir, peu parler » », Les Afriques, 27 mai 2008.
  3. Gabon : les électeurs votent pour une présidentielle sous haute tension, Le Figaro, 27 août 2016.
  4. « Jean Ping, nouveau président de la Commission », RFI, 2 février 2008.
  5. Jean Ping, Éclipses sur l’Afrique : Fallait-il tuer Kadhafi ?, Michalon 2014, 217 pages
  6. « Gaboneco | Jean Ping annonce officiellement sa démission du PDG […] », sur www.gaboneco.com (consulté le 6 janvier 2016).
  7. « Présidentielle 2016 : Jean Ping candidat à la candidature unique du Front de l'opposition », sur info241.com (consulté le 6 janvier 2016).
  8. « Gabon: polémique autour de propos présumés de l'opposant Jean Ping - RFI » (consulté le 29 juillet 2016)
  9. TimesGabon, « Times Gabon / LIBRE COMME L'AIR »,‎ (consulté le 29 juillet 2016)
  10. Gabon : les résultats de la présidentielle connus 72 heures après le scrutin sur french.xinhuanet.com, 26 août 2016.
  11. « Présidentielle au Gabon: Bongo proclamé vainqueur par le ministre de l'Intérieur », sur LExpress.fr (consulté le 31 août 2016)
  12. « Présidentielle au Gabon : le président sortant donné vainqueur, l'opposition crie au scandale », sur lesechos.fr (consulté le 31 août 2016)
  13. « Ali Bongo réélu au Gabon, l'opposition crie à la fraude », sur Boursier.com (consulté le 31 août 2016)
  14. http://www.leparisien.fr/international/presidentielle-au-gabon-la-commission-electorale-valide-la-reelection-d-ali-bongo-31-08-2016-6083405.php
  15. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/09/02/jean-ping-affirme-etre-le-president-du-gabon_4991890_3212.html
  16. « Gabon : la Cour constitutionnelle valide la réélection du président Ali Bongo - France 24 », sur France 24 (consulté le 24 septembre 2016)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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