Radis

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Raphanus sativus

Le radis, Raphanus sativus (du latin radix, radicis, « racine, raifort », du grec ῥαπυς, ῥαπυος, « rave, navet »), dit est une plante potagère bisannuelle, de la famille des Brassicacées, cultivée pour son hypocotyle charnu, souvent consommé cru, comme légume. Le terme désigne aussi le légume.

La partie comestible, une racine pivot à chair blanche, est la partie gonflée, souterraine, de la tige, au-dessus de la racine. La peau du radis peut être de différentes couleurs, dont la plus courante est le rouge. Certaines variétés peuvent être bicolore, à peau rose, blanche ou noire.

Dénomination[modifier | modifier le code]

Anciennement en français : petite rave, rave, ravonet (Vilmorin-Andrieux 1904)[1] ou « ravanet, rabanet, rabe, rabeta, rabet, rafe, rafet » en provençal[2],

Historique[modifier | modifier le code]

Le radis cultivé est probablement originaire d’Asie Mineure.

Les premières cultures de radis auraient eu lieu en Mésopotamie et en Egypte il y a 4 000 ans.

Le radis était dédié à Apollon par les Grecs.

Il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle).

Au Moyen Âge les variétés utilisées n’avaient probablement pas grand-chose à voir avec les variétés actuelles.

Le radis noir n’est arrivé en France qu’au XVIe siècle, le petit radis rouge, tout rond, n’a fait son apparition qu’au XVIIIe siècle.

Description[modifier | modifier le code]

Morphologie d'un tubercule de radis.

Les radis sont considérés comme des plantes annuelles mais certains écotypes peuvent être bisannuels. Ils sont munis d'un hypocotyle tubérisé de forme variable (globulaire, effilé ou cylindrique, mais qui a tendance à régresser chez les espèces sauvages), qui se distingue d'après sa couleur variable (unicolore ou bicolore : du blanc au rose, rouge, violet, jaune et vert au noir) tandis que la chair est généralement blanche. Le tubercule de radis est prolongé en bas par une racine pivotante et est surmonté en haut par une rosette de 7 à 10 feuilles parmi lesquelles on peut reconnaître les deux cotylédons (un peu en forme de cœur) de la germination. Cet organe n'est donc ni un tubercule racinaire, ni un tubercule caulinaire mais un tubercule mixte, la tubérisation étant due à l'hypertrophie du xylème secondaire et étant étroitement liée à la photopériode et plus particulièrement aux jours longs[3].

La tige dressée, cylindrique et creuse, peu ramifiée, glabre ou quelque peu hérissée à la base, est haute de 20 à 100 cm de hauteur. Elle porte une rosette de feuilles basales (4-8 cm de longueur), caractéristiques de certaines Brassicacées : elles sont dites lyrées[4] ou lyriformes[5]. Les feuilles supérieures sont plus petites, lancéolées-spatulées et moins profondément découpées. Les fleurs blanches ou rose violacé, veiné de violet foncé, sont groupées en corymbe terminal qui devient une grappe par l'allongement de l'axe primaire. Cette inflorescence comporte 10 à 50 fleurs odorantes et très mellifères sont munies de pédicelles de 5-15 mm de longueur au moment de l'anthèse, 10-30 mm au moment de la fructification. La structure de la fleur est type des Brassicacées avec quatre sépales dressés (6-11 mm), les deux extérieurs gibbeux à la base ; quatre pétales (15-20 mm de longueur, 3-8 mm de largeur) obovales-obcordés, obtus, entiers, longuement onguiculés et opposés en croix ; l'androcée composé de six étamines tétradynames (avec à la base des 4 étamines plus petites, quatre glandes vertes nectarifères) ; un ovaire libre, grêle, se terminant insensiblement en un style assez long terminé par un stigmate en tête et glanduleux[6]. Le fruit est une silique lisse, étalée-dressée, oblongue-lancéolée, de 30-60 mm de longueur et 6-12 mm de largeur. Sa surface est traversée par 6 à 8 sillons longitudinaux. Ce fruit consiste en 2(-plusieurs) articles superposés, l'article inférieur très court et dépourvu de graines, le supérieur plus grand, cylindrique, spongieux et divisé en 2–12 compartiments contenant chacun une graine, indéhiscent, la partie supérieure insensiblement atténuée en bec (10-15 mm) dépourvu de graines[7]. La partie renflée contient de 5 à 15 graines (3-4 mm) vertes qui deviennent brunes ou rougeâtres à maturité[6].

Les radis sont des plantes à cycle court : 25 à 35 jours en primeur, moins en saison (si bien que les cotylédons, croissant jusqu'au 15e jour, persistent jusqu'à la récolte), 35-70 jours en culture abritée hivernale[8].

Le radis est une espèce diploïde, à 18 chromosomes (2 n = 18) mais il existe aussi des variétés tétraploïdes[9].

Variétés[modifier | modifier le code]

Diverses variétés de radis.

Les différentes variétés de radis cultivées en Europe peuvent être classées en deux grands types :

  • les radis de tous les mois qui se distinguent selon leurs formes (ronds ou 1/2 longs), leurs couleurs (unicolores, bicolores, rouges, violets, etc.) et selon leur type « hybride » ou « non hybride ».
  • les radis raves qui sont de forme longue et se distinguent selon leurs couleurs (blancs, noirs, roses, violets, jaunes, etc.) et selon leur type « hybride » ou « non hybride ».

Parmi les nombreuses variétés on peut citer :

  • de tous les mois non hybrides : A forcer rond écarlate, Cerise, De dix huit jours, Fakir, Flambo, Flamboyant, Gaudry 2, Lavergne, Mirabeau, Rond écarlate, Shahri, etc.
  • de tous les mois hybrides : Apache, Artus, Bacchus, Clipo, Expo, Fluo, Kocto, Saveur, etc.
  • rave non hybride : Noir gros long d'hiver de Paris, Noir gros rond d'hiver, Noir long maraicher, Blanche transparente, Rose d'hiver de Chine, Violet de Gournay, etc.
  • rave hybride : Structurator.

Trois variétés sont inscrites sur la liste « sans valeur intrinsèque » :

  • rave non hybride : Blauer Herbst und winter, Rave jaune d'or ovale, Serpent Rattail.

Près de 360 variétés sont inscrites au Catalogue européen des espèces et variétés et plus de 65 au Catalogue officiel français.

Les radis fourragers peuvent être pâturés ou sont utilisés comme plantes de couvertures du sol piège à nitrates.

Quelques types variétaux[modifier | modifier le code]

Raphanus caudatus ou radis serpent (Revue horticole 1866)

L'espèce a été subdivisée en 6 variétés botaniques[10] :

  • Raphanus sativus var.sativus ou petit radis
  • Raphanus sativus var.niger ou gros radis dont le radis noir, Raphanus sativus var. niger, parfois appelé improprement raifort[11], est beaucoup plus grand et plus épicé. C'est un radis du début de l'hiver, à la peau noire comestible mais très piquante.
  • Raphanus sativus var.gayanus (R.raphanistrum)
  • Raphanus sativus var.acanthiformis ou radis blanc, ou daikon, radis géant à saveur douce.
  • Raphanus sativus var.caudatus, le radis serpent ou Mougri consommé sur l'île de Java pour ses gousses[12]
  • Raphanus sativus var. oleiferus ou radis oléifères

Culture[modifier | modifier le code]

Les semences de radis germent rapidement, généralement en trois à sept jours. Ils arrivent à maturité en trois à quatre semaines.

Les périodes de récolte peuvent être étendues, grâce à des plantations répétées, espacées d'une semaine ou deux.

Les radis poussent le mieux en plein soleil dans un loam sableux à pH neutre.

Comme pour les autres légumes-racines, le labour du sol, préalable au semis, contribue à une meilleure croissance de la racine.

Pratiquement, après avoir fait un sillon, les graines de radis sont semées à faible écartement puis recouvertes d'un à deux cm de terre.

Allélopathie[modifier | modifier le code]

Pour des questions de compagnonnage, les radis poussent mieux lorsqu'on les sème proches de haricots, pois, capucines, choux, laitues, cresson, carottes, épinards, ou tomates.[réf. nécessaire]

On évitera, en revanche, de les planter près des concombres ou des pastèques.[réf. nécessaire]

Les radis éloignent également les mineuses des vignes.[réf. nécessaire]

Economie[modifier | modifier le code]

Nutrition[modifier | modifier le code]

Le radis est un légume-racine riche en minéraux et oligo-éléments. Il aide très efficacement à la reminéralisation de l'organisme. Il est également riche en soufre, qui lui donne sa saveur piquante et qui, surtout, stimule l'appétit et la digestion. Le tout avec un apport calorique des plus bas, seulement 15 kcal/100 g. Le radis contient, pour 100 g :

Ses fanes, dont on peut préparer un potage[13], sont une excellente source de provitamine A, antioxydante, ainsi que de vitamine C et de fer.

Comme d'autres végétaux de la famille des Brassicaceae (moutarde, choux, cresson...) le goût âcre est dû à la présence d'isothiocyanate, un composé soufré.

Le radis a des effets cholagogues, et est conseillé par la Commission E en cas de troubles biliaires ainsi que contre les inflammations de la gorge et des sinus paranasaux. Il ne doit toutefois pas être utilisé en cas de calculs biliaires installés[14].

Dans l'antiquité, en Egypte, les graines de radis étaient utilisées pour fabriquer de l'huile de radis. Cette huile était utilisée dans l'alimentation, particulièrement dans la région d'Alexandrie[15].

S'il a poussé sur des sols ou dans un air contaminé, il peut avoir concentré des métaux lourds toxiques[16] (le cadmium peut provenir de certains engrais phosphatés qui en contiennent une quantité significative[17])

Utilisations[modifier | modifier le code]

Cuisine[modifier | modifier le code]

On peut réaliser des jolies présentations de radis en hors-d'œuvre. Les radis fendus placés dans une eau fraîche s’ouvrent comme une corolle de fleur, en raison de la pression de turgescence des couches internes (l'osmorégulation, qui correspond à la régulation de la concentration en sucres dissous dans les cellules, est à l'origine de l'absorption d'eau et de la turgescence de ces cellules) et de la tension des couches externes[18].

Le radis noir est très apprécié en salade ou comme condiment dans la cuisine d'Europe centrale. Il peut être recommandé pour de petites cures de remise en forme : son action est reconnue pour le foie et la vésicule biliaire ; il est par ailleurs riche en vitamines B et C et en fibres.[réf. nécessaire] D'autres variétés ont une forme oblongue. Une grande variété, avec une peau jaune, a un goût subtil de citron.[réf. nécessaire]

Le radis blanc géant est parfois mangé cru, mais peut être cuit à la vapeur ou dans un bouillon. La chair crue a une texture croquante et une saveur poivrée.[réf. nécessaire]

Expériences scientifiques[modifier | modifier le code]

Mises à germer, les racines permettent de réaliser l'expérience de Sachs[19] et une expérience de gravitropisme[20] très démonstrative[21].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

En France, sous la IIIe République, les radicaux étaient souvent comparés aux radis : « Roses à l'extérieur, blancs à l'intérieur, et toujours près du beurre ». Ce dicton politique décrivait le comportement du parti radical : politiquement à gauche (« roses »), économiquement à droite (« blancs »), et presque toujours dans le gouvernement (le « beurre »).

Calendrier[modifier | modifier le code]

Au Mexique, à Oaxaca, le 23 décembre est l'occasion de fêter le radis. C'est la Noche de Rábanos (Nuit des radis).

Le 8 avril, généralement le 19e jour du mois de germinal dans le calendrier républicain français, est officiellement dénommé jour du Radis[22].

Arts[modifier | modifier le code]

Les radis sont présents dans Le Roi Carotte - opéra-bouffe.

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vilmorin-Andrieux 1904
  2. Etymologie occitane
  3. Valérie Boutin, Laurent Geray, Yann Krauss, Carole Vilbert, Atlas de Biologie, Dunod, , p. 79.
  4. Se dit d'une feuille pennatifide ou pennatiséquée dont le lobe terminal, arrondi, est beaucoup plus grand que les autres.
  5. Abderrazak Marouf, Joël Reynaud, La botanique de A à Z, Dunod, , p. 169.
  6. a et b Le Règne végétal, Librairie des sciences naturelles, , p. 189.
  7. G. J. H. Grubben, Légumes, PROTA, , p. 499.
  8. Michel Pitrat, Claude Foury, Histoires de légumes: des origines à l'orée du XXIe siècle, Editions Quae, , p. 149
  9. Michel Pitrat, Claude Foury, Histoires de légumes: des origines à l'orée du XXIe siècle, Editions Quae, , p. 150
  10. Michel Pitrat et Claude Foury Histoires de légumes 2003 INRA Edition p 150 ISBN 2-7380-1066-0
  11. Le raifort proprement dit, Armoracia rusticana, appartient à un autre genre de la même famille.
  12. Radis serpent (Potager d'un curieux, 1899) sur Pl@ntUse°
  13. Soupe aux fanes de radis
  14. « Radish (Raphani sativi radix) », sur buecher.heilpflanzen-welt.de (consulté le 4 novembre 2016)
  15. https://www.franceculture.fr/emissions/les-cours-du-college-de-france/les-cours-du-college-de-france-du-lundi-12-fevrier-2018
  16. Lagerwerff J.V (1971). Uptake of cadmium, lead and zinc by radish from soil and air. Soil Science, 111(2), 129-133.
  17. Williams C.H & David D.J (1976). The accumulation in soil of cadmium residues from phosphate fertilizers and their effect on the cadmium content of plants. Soil Science, 121(2), 86-93.
  18. (en) Marcel Cailloux, Chi Bao Do, « L'osmorégulation et la régulation de l'eau dans les protoplastes de tubercules de radis (Raphanus sativus) », Revue canadienne de botanique, vol. 76, no 11,‎ , p. 1835-1842 (DOI 10.1139/b98-140).
  19. Cette expérience de physiologie végétale permet de préciser à quel niveau de la racine se situe la croissance maximale. D'après (de) Ferdinand Gustav Julius von Sachs, Vorlesungen über Pflanzen-Physiologie, Engelmann, , p. 507.
  20. Roger Prat, Jean-Pierre Rubinstein et Véronique Vonarx, « Le gravitropisme : réalisation d'expériences simples chez les végétaux », sur planet-vie.ens.fr, (consulté le 9 mai 2018)
  21. Roger Prat, Expérimentation en biologie et physiologie végétales, éditions Quae, , p. 266.
  22. Ph. Fr. Na. Fabre d'Églantine, Rapport fait à la Convention nationale dans la séance du 3 du second mois de la seconde année de la République Française, p. 25.