Souchet comestible

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Cyperus esculentus

Le Souchet comestible (Cyperus esculentus L. 1753), également Souchet tubéreux ou Souchet sucré, est une espèce de plante herbacée rhizomateuse vivace de la famille des Cyperaceae (famille des papyrus et des carex). La plante est parfois appelée souchet sultan, amande de terre, gland de terre, noix tigrée ou pois sucré[réf. souhaitée] en raison de ses tubercules au goût légèrement sucré à saveur de noisette.

Description[modifier | modifier le code]

Le souchet comestible est une plante vivace de 25 à 40 cm de haut, à feuilles minces (5 à 10 mm de large) et allongées, formant une petite touffe, à tige dressée, lisse, à section triangulaire.

La racine donne naissance à des rhizomes grêles qui portent des petits tubercules globuleux ovoïdes, écailleux de couleur jaunâtre. Ces tubercules contiennent environ 50 % de glucides (saccharose et amidon), 22 % de lipides et 6 à 7 % de protéines.

Culture[modifier | modifier le code]

C'est une espèce qui aime l'humidité et qui pousse au bord de l'eau. Cette plante comestible n'est pas cultivée à grande échelle. Ses rhizomes jaunes forment de petits tubercules qui virent au brun-jaunâtre à maturité. Crus ou secs, ce sont ces derniers qui sont utilisés. Ils ont la forme et la taille d'une noisette.

La plante est extrêmement difficile à enlever complètement des pelouses et jardins, où elle est parfois considérée comme une plante envahissante, notamment en Suisse[1],[2] dans le Tessin, sur le Plateau dans la région des Trois Lacs (cantons de Berne, Fribourg, Argovie, Vaud) et jusqu'à l'est de la Suisse (cantons de Zurich, Thurgovie et Saint-Gall). Cela est dû à un système racinaire stratifié et en couches, avec des tubercules et des racines interconnectés à une profondeur de 50 cm ou plus. Les tubercules sont reliés par des racines fragiles qui sont sujettes à claquer lorsqu'il est tiré, ce qui rend le système racinaire difficile à retirer intact. La plante peut se régénérer rapidement si un seul tubercule est laissé en place. De plus elle se propage rapidement par agochorie, les bulbes se collant à des véhicules ou des machines.

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce est originaire du bassin méditerranéen (Europe méridionale, Afrique du Nord, de l'ouest et central , Proche-Orient).

Elle a été naturalisée dans de nombreuses régions du monde comme l'Espagne dans la région de Valence. On les trouve abondamment en Californie ainsi qu'en Guinee Ghana, Nigeria, Niger, Burkina Faso, Mali, Côte d'Ivoire où il est appelé "pois sucré" ou "tchongon" malinke

Utilisation[modifier | modifier le code]

Alimentation[modifier | modifier le code]

Tubercules secs vendus sur le marché de Banfora au Burkina Faso.

Entre 2,4 millions et 1,4 million d'années, les hommes mangeaient principalement des souchets comestibles et des souchets ronds (Cyperus rotundus) avec un supplément de fruits et d'invertébrés[3],[4].

Dans la région de Valence où ils ont été introduits par les Arabes, les souchets servent à préparer une boisson rafraichissante sucrée connue en Espagne sous le nom « horchata de chufa » (lait de souchet, ou plus précisément orgeat de souchet).

En Afrique, il est généralement consommé frais ou sec en tant que friandise. Au même titre que les arachides ou la noix de coco, on en extrait un lait végétal. On en tire aussi de l'huile et de la farine. On le trouve souvent sur les étalages des marchés.

Ce tubercule "se classe parmi les plus anciennes plantes cultivées en Égypte ancienne."[5]. La Chufa a été sans aucun doute un élément important de la nourriture dans l'Égypte ancienne à l'époque dynastique, durant laquelle on en faisait des gâteaux. Sa culture dans les temps anciens semble être restée (totalement ou presque totalement) une spécialité égyptienne[réf. nécessaire].

Ces tubercules ont un goût un peu sucré et une saveur de noisette, tandis que ceux de l'espèce Cyperus rotundus (souchet violet) ont un goût amer. Ils sont assez durs, et ils sont généralement trempés dans l'eau avant de pouvoir être consommés, les rendant ainsi beaucoup plus souples et d'une meilleure texture.

Les souchets ont d'excellentes qualités nutritionnelles, avec une composition semblable à l'huile d'olive et un contenu riche en minéraux, en particulier phosphore et potassium. L'huile de souchet contient 18 % d'acides gras saturés (acide palmitique et acide stéarique) et 82 % d'acides gras insaturés (acide oléique et acide linoléique).

100 mL de horchata de chufa contiennent 66 kcal, 0,5 g de protéines, 10 g de glucides dont 2 g d'amidon et 2 g de matières grasses. Le souchet peut être utilisé comme substitut du lait dans l'alimentation des personnes intolérantes au lactose, dans une certaine mesure.

Biocarburant[modifier | modifier le code]

Les tubercules contenant 20 à 35 % d'huile, C. esculentus a été envisagé comme culture oléagineuse potentielle pour la production de biodiesel.

Appât pour la pêche[modifier | modifier le code]

Les souchets sont utilisés en Grande-Bretagne comme un appât pour la carpe. Ils doivent être préparés pour éviter des dommages aux poissons. Les tubercules sont trempés dans l'eau pendant 24 heures et ensuite bouillis pendant 20 minutes ou plus, jusqu'à ce qu'ils soient complètement développés. Certains pêcheurs laissent bouillir puis fermenter pendant 24-48 heures les tubercules, ce qui peut accroître leur efficacité. Si les souchets ne sont pas correctement préparés, ils peuvent être extrêmement toxiques pour la carpe.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Néophytes, listes et fiches d'information », sur Infoflora.ch
  2. Le Conseil fédéral, « Le souchet prend racine en Suisse », sur www.admin.ch (consulté le 30 avril 2018)
  3. « Two million years ago, human relative 'Nutcracker Man' lived on tiger nuts »
  4. (en) Gabriele A. Macho, « Baboon Feeding Ecology Informs the Dietary Niche of Paranthropus boisei », PLOS ONE, vol. 9, no 1,‎ , e84942 (ISSN 1932-6203, DOI 10.1371/journal.pone.0084942, lire en ligne)
  5. Zohary D, Hopf M. 2000. Domestication of plants in the Old World. New York: Oxford University Press

Liens externes[modifier | modifier le code]