Réarmement moral

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Réarmement moral
Image illustrative de l’article Réarmement moral
Logo du Réarmement moral, 1938
Situation
Création 1938
Dissolution 2001
Type mouvement international
Domaine dialogue, réconciliation, consolidation de la paix
fondateur Frank Buchman (1878-1961)
dirigeant Peter Howard (1908-1965)
leader suisse Philippe Mottu (1913-2010)
leader suisse Theophil Spoerri (1890-1974)
leader indien Rajmohan Gandhi (né en 1935)

Le Réarmement moral (abrégé en français RAM, en anglais MRA, pour Moral Re-Armament) est un mouvement international qui a existé de 1938 à 2001. Il s'est développé à partir du Groupe d'Oxford, mouvement chrétien essentiellement anglo-saxon fondé dans les années 1920 par le pasteur américain Frank Buchman, mais il est devenu un réseau international, et en grande partie informel, de personnes de toutes confessions et origines, qui s'est illustré à plusieurs reprises dans le domaine de la réconciliation entre les peuples ou dans le domaine social en travaillant pour la tolérance et la compréhension mutuelle par le changement personnel[1]. Le mouvement, désormais dirigé de manière collégiale, a été renommé Initiatives et Changement en 2001, signalant ainsi qu'il s'éloignait de ses origines religieuses[2].

Historique[modifier | modifier le code]

Lancement[modifier | modifier le code]

En 1938, le monde fait face à la "montée des périls", sur fond de crise économique mondiale. Très bien informé des réalités, notamment allemandes[3], le pasteur Buchman, qui est alors le leader respecté d'un mouvement spirituel œcuménique international appelé Groupe d'Oxford, est convaincu que le réarmement militaire ne résoudrait rien et conduirait à une guerre catastrophique. Lors d'un meeting réunissant 3 000 personnes à l'hôtel de ville de East Ham, à Londres, le 29 mai 1938, il lance alors une campagne pour le "réarmement moral". "La crise est essentiellement d'ordre moral, disait-il dans ce discours ; il faut que les nations réarment moralement. Car le redressement moral est par le précurseur indispensable du redressement économique. (...) Le redressement moral, loin d'engendrer les crises, crée la confiance et l'unité dans chaque phase de la vie[4]."

La formule rencontre immédiatement un grand succès, et de nombreuses personnalités britanniques y souscrivent publiquement. Le grand champion de tennis britannique Bunny Austin fait paraître le livre Moral Rearmament (The Battle for Peace), qui se vend à 500 000 exemplaires[5].

Lancement du Réarment moral à New-York au Madison Square Garden en 1939 (vue de la scène du théâtre).

L'accueil est le même aux États-Unis quelques semaines plus tard. Le maire de New York déclare que la semaine du 7 au 14 mai sera la « semaine du RAM » (MRA week) et 14 000 personnes se rendent au Madison Square Garden le 14 mai pour le lancement du Réarmement moral dans le pays. Trois semaines plus tard, une deuxième réunion de lancement a lieu à Constitution Hall à Washington, qui reçoit le message de soutien de la part de 240 députés britanniques. Enfin, le 19 juillet 1939, au Hollywood Bowl de Los Angeles, 30 000 personnes assistent au lancement du Réarmement moral en Californie.

Le Réarmement moral se développe aussi dans plusieurs pays d'Europe continentale, notamment ceux où des Groupes d'Oxford existaient, notamment la France, la Suisse, les Pays-Bas, l'Allemagne et les pays scandinaves. Une "assemblée mondiale" du Réarmement moral se tient en particulier à Interlaken, dans le canton de Berne, le 1er septembre 1938[6]. Le Réarmement moral est également présent dans la plupart des pays où une population anglo-saxonne a été touchée par contrecoup des développements en Grande-Bretagne et aux États-Unis : Australie, Canada, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Rhodésie (futur Zimbabwe)...

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le Réarmement moral est réprimé dans tous les pays occupés par l'Allemagne nazie. En Norvège, ses dirigeants sont emprisonnés[7]. En 1945, après la chute du régime nazi, un rapport de 126 pages de la Gestapo sur Buchman, le Groupe d'Oxford et le Réarmement moral a été découvert[8]. Ce document dénonce Buchman et le Réarmament moral pour « avoir adopté sans ambiguïté une opposition frontale au national-socialisme… Il prêche la révolution contre l'État national et est devenu de toute évidence son adversaire chrétien[9]. »

Lorsque la guerre éclate, beaucoup de ceux qui étaient actifs dans la campagne pour le Réarmement moral rejoignent les forces armées. D'autres travaillent dans la société civile pour augmenter le moral des populations. Le livret et surtout la revue musicale "You can defend America" créée en 1941 quelques semaines avant l'attaque de Pearl Harbour marque les particulièrement les esprits[10],[11]. Une autre pièce de théâtre créée en 1940, The Forgotten Factor ("L'élément oublié"), écrite par Alan Thornhill, est donnée au théâtre de Mackinac Island dans le Michigan ; traduite en 12 langues, elle sera vue par quelque 850 000 personnes en 10 ans[12]. Le Réarmement moral est aussi actif pour surmonter les difficultés sociales qui handicapent en particulier les industries préparant l'effort de guerre américain. Le sénateur et futur président Harry Truman, président du comité Truman du Sénat enquêtant sur les contrats de guerre, lui rend cet hommage lors d'une conférence de presse tenue à Washington en 1943 : "Les soupçons, les rivalités, l'apathie et la cupidité sont à l'origine de la plupart des goulots d'étranglement. C'est là qu'intervient le groupe du Réarmement moral. Là où d'autres ont juste pris leurs distances et émis des critiques, eux ont retroussé leurs manches et se sont mis au travail. Ils ont déjà obtenu des résultats remarquables en développant le travail en équipe dans l'industrie, sur le principe de "ce qui est juste" et non de "qui a raison" (not "who's right" but "what's right")[13]."

En Angleterre puis en Amérique, une polémique naît en 1940 des attaques de Tom Driberg dans le Daily Express et du journal communiste Daily Worker, qui font ressortir que 29 des membres de l'équipe du Réarmement moral qui travaillent en Amérique sont des citoyens britanniques en âge de combattre qui ne devraient pas être exemptés de leur devoir militaire. A son arrivée au ministère du travail, malgré la très vive opposition des milieux d'église qui provoque un débat à la Chambre des communes et un autre à la Chambre des Lords, Ernest Bevin fait annuler la disposition légale qui permettait cette exemption et les intéressés rentrent au Royaume-Uni en 1941. Un effet imprévu de cette polémique très dommageable au Réarmement moral est le "retournement" du journaliste anglais Peter Howard, qui est d'abord très critique du Réarmement moral mais qui, après avoir mené une enquête personnelle, se découvre en accord profond avec le mouvement. Lorsque le Daily Express refuse de publier sa réponse à Tom Driberg, il écrit et publie un pamphlet en défense du Réarmement moral, Innocent Men, qui se vendra à 155 000 exemplaires[14].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Vue de Caux en 1948 avec les principaux bâtiments rachetés par le Réarmement moral en 1946 : le Caux-Palace, au premier plan, et le Grand Hôtel, au-dessus.

À la fin de la guerre, les travailleurs du RAM reprennent leurs activités dans différents pays et entreprennent de créer les conditions d'une paix durable. L'appui des autorités américaines et anglaises qui occupent une partie de l'Europe va permettre de faire sortir les premières délégations d'Allemagne pour participer aux rencontres internationales organisées par le Réarmement moral dès 1946, notamment à Caux en Suisse[15].

En effet, 90 familles suisses engagées avec le Réarmement moral (et précédemment avec le Groupe d'Oxford) viennent d'acheter et de lancer la restauration du Caux-Palace, un grand hôtel abandonné à Caux, au-dessus de Montreux, qui devient un centre de rencontre international travaillant à la réconciliation européenne. Des milliers de personnes en provenance de tous les pays européens y viennent au cours des années suivantes, dont le chancelier allemand Konrad Adenauer et le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman[16]. Frank Buchman recevra la Croix de Chevalier de la Légion d'honneur par le gouvernement français, ainsi que la Grand-Croix allemande de l'Ordre du mérite en raison de la contribution faite par le Réarmement moral à la cause de la réconciliation franco-allemande.

Frank Buchman avec Konrad Adenauer à Caux en 1960.

L'historien Edward Luttwak décrit ce travail comme "une contribution significative à la mise en oeuvre et au succès du Plan Monnet, un accomplissement qu'il ne faut pas sous-estimer étant donné l'impact important du moindre retard ou de la moindre accélération apportée à la réconciliation franco-allemande pendant ces années critiques[17]."

Pendant cette période, le Réarmement moral développe sa production de pièces de théâtre et de comédies musicales, ce qui constituera un média particulièrement efficace pour transmettre l'appel du mouvement au changement personnel. Bien que plusieurs de ces œuvres soient censées être le produit du travail d’un groupe (selon les cas de jeunes Japonais, des étudiants sud-américains, des mineurs allemands ou des dockers brésiliens), Peter Howard est le principal auteur de ces pièces. Au total, il sera l’auteur de 14 productions théâtrales ou musicales[12]. Dans l'immédiat après-guerre les principales productions du Réarmement moral sont : IDeas have legs (1947) et The Good Road (1947)[12].

En France, un meeting du Réarmement moral rassemble plus de 2 000 personnes pendant 3 jours au Touquet en octobre 1948. La revue musicale "La bonne route" y est donnée, et Paul Misraki, qui en est l'un des compositeurs, est présent[18]. En 1958, le célèbre philosophe Gabriel Marcel préface et édite un livre, "Un Changement d'Espérance, à la rencontre du Réarmement Moral", qui réunit notamment les témoignages d'un leader socialiste français, d'un docker brésilien, d'un chef tribal africain, d'un moine bouddhiste ou d'un industriel canadien qui tous ont trouvé une nouvelle approche grâce au RAM[19]. Ce livre a été traduit en anglais, sous le titre Fresh Hope for the World.

Aux États-Unis, le RAM a commencé à tenir des conférences régulières sur l'île de Mackinac, dans le Michigan, en 1942, d'abord dans un hôtel loué, puis au Grand Hôtel. Au début des années 1950, le RAM acquiert grâce à des dons une propriété foncière considérable sur l'île. Entre 1954 et 1960, avec l'aide de volontaires internationaux, le Réarmement moral américain construit un vaste centre de formation comprenant un théâtre et un studio d'enregistrement cinématographique qui sera utilisé pour la production de films tels que The Crowning Experience, Voice of the Hurricane ou Decision at Midnight.

En Grande-Bretagne, 2 857 dons individuels permettent de financer l'achat du Westminster Theater à Londres[12], en tant que mémorial vivant aux hommes et aux femmes de Moral Re-Armament qui étaient morts en service de guerre. De nombreux militaires ont donné leur solde de fin de service[17]. Au cours des 50 années suivantes, le Westminster Theater a présenté une multitude de pièces de théâtre et de comédies musicales axées sur les fondations morales et spirituelles nécessaires à une société juste et démocratique. L'une des plus connues est la pièce costumée Give a Dog a Bone (en version française "Le chien, son os et moi"), qui a été donnée pendant la saison de Noël pendant de nombreuses années.

Mais c'est en Allemagne que le Réarmement moral conduit après-guerre l'une de ses plus vastes campagnes. Le 9 octobre 1948, un groupe international comptant 260 personnes part de Zurich en bus en direction d'Ulm puis de Munich[20]. Pendant près de quatre ans, une centaine de personnes[21] du Réarmement moral vont se rendre dans toutes les régions et les villes du pays, où, pour beaucoup d'Allemands, leur visite marque la réouverture de l'Allemagne au monde extérieur. La pièce "L'Élément oublié" est jouée des centaines de fois, les radios interviewent des membres du groupe qui compte notamment d'anciens résistants au nazisme, par exemple les Norvégiens Leif Hovelsen[22] et Jens Wilhelmsen[23] ou la Française Irène Laure[24]. Dans les régions industrielles telles que la Ruhr, le Réarmement moral séduit de nombreux syndicalistes communistes, y compris parmi les cadres locaux du Parti qui y voient un accomplissement de l'idéal de fraternité socialiste, ce qui a le mérite d'irriter les responsables communistes nationaux (qui font rapidement exclure les dissidents du Parti) et de combler d'aise Konrad Adenauer, qui avait été, avec d'autres responsables politiques allemands, l'un des demandeurs de cette campagne[20]. Adenauer n'hésite pas à attribuer une influence sans doute exagérée[20] au mouvement lorsqu'il déclare, constatant que la part des communistes est passée de 73% à 8% dans les élections professionnelles dans la Ruhr entre 1948 et 1952 : « J’ai suivi le travail du Réarmement moral de près depuis de nombreuses années et je le soutiens complètement. Le succès qu’il a rencontré dans la Ruhr m’a apporté la preuve de son efficacité[25]. » Néanmoins, le Réarmement moral a pu être qualifié par un chercheur comme « l’organisation non-gouvernementale qui a eu l’impact le plus fort en Europe à la fin des années 1940[26]. » Des groupes de mineurs de la Ruhr font ultérieurement avec le Réarmement moral des visites en France qui renforcent la dynamique de réconciliation franco-allemande comme par exemple la cérémonie de 1960 au Mont Valérien en présence de Madame Anthonioz-de Gaulle[27].

Expansion mondiale[modifier | modifier le code]

Dans les années qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, le RAM a envoyé des "task forces" aux quatre coins du monde pour y transmettre son message, en utilisant notamment des pièces de théâtre et des revues musicales mettant l'accent sur la coopération, l'honnêteté et le respect mutuel entre les groupes opposés[28]. Parmi les productions théâtrales et musicales de cette époque, il y a Jotham Valley (1951), The Vanishing Island (1955), Freedom, écrit par des Africains et qui traite de la question de la décolonisation (1955), The Crowning Expérience (1957), The Turning of The Tide (1958), Hoffnung, écrite en allemand avec le concours d'ouvriers de la Ruhr (1960), The Tiger, qui part de la situation insurrectionnelle au Japon en 1960 et donne la parole à des "révolutionnaires japonais" (1960). Certaines de ces pièces font de longues tournées internationales[12].

Dans les années 1950 et 1960, le travail du RAM s'est donc développé dans de nombreux pays à travers le monde. Quoique pasteur, Frank Buchman a été un pionnier des initiatives multiconfessionnelles. Pour lui, « Le Réarmement moral est la bonne route d'une idéologie inspirée de Dieu sur laquelle tous peuvent s'unir. Catholiques, juifs et protestants, hindous, musulmans, bouddhistes et confucianistes - tous découvrent qu'ils peuvent changer, lorsque c'est nécessaire, et qu'ils peuvent voyager ensemble sur cette bonne route[29]."

Ces idées séduisent de nombreux pays africains et asiatiques qui s'acheminaient alors vers l'indépendance. Les dirigeants de ces luttes pour l'indépendance ont rendu hommage au RAM pour avoir contribué à réaliser l'unité entre les groupes en conflit et pour avoir facilité la transition vers l'indépendance. En 1956, le roi Mohammed V du Maroc envoie ce message à Buchman : "Je vous remercie pour tout ce que vous avez fait pour le Maroc au cours de ces dernières années d'epreuves. Le Réarmement moral doit devenir pour nous musulmans une aide autant qu'il l'est pour vous chrétiens et pour toutes les nations[30]." En 1960, l'archevêque Makarios et le Dr Fazıl Küçük, respectivement président chrétien et vice-président musulman de la république de Chypre, envoient conjointement le premier drapeau de Chypre indépendante à Frank Buchman à Caux en reconnaissance de l'aide du RAM dans le processus d'indépendance[31].

Le Réarmement moral est alors en mesure, en s'appuyant sur des équipes locales, d'ouvrir des centres de rencontres à Odawara, au Japon, en 1961[32], à Panchgani, en Inde, en 1968[33] et à Pétropolis, au Brésil.

Peter Howard et la période anti-communiste[modifier | modifier le code]

Exemple de publicité pleine page publiée par le Réarmement moral entre 1961 et 1965, ici en 1963 dans "The Michigan Daily".

Au décès de Frank Buchman en 1961, lui succède le journaliste et écrivain anglais Peter Howard, qui décèdera à son tour en 1965[28]. En journaliste et publiciste à la plume acérée, Howard donne au mouvement une exposition médiatique accrue et une tonalité très incisive et beaucoup plus conservatrice, d'une part sur le plan moral, en se prononçant par exemple publiquement contre "l'homosexualité, le lesbianisme, l'adultère et tous les mensonges qui font qu'un péché n'en est plus un à partir du moment où suffisamment de gens aiment à le commettre", et d'autre part sur le plan politique, où il invoque volontiers la lutte idéologique qui opposerait le Réarmement moral et le communisme, abandonnant de ce fait le langage chrétien caractéristique de Frank Buchman. C'est à cette époque que paraissent dans différents pays du monde des publicités en pleine page dans les grands journaux dans le but de diffuser le message du Réarmement moral, laissant la tonalité conservatrice et anti-communiste de Peter Howard dans toutes les mémoires[34],[35]. Ces proclamations retentissantes d'idées anglo-saxonnes passent plus ou moins bien dans les cultures d'autres pays et font même, en Suisse, l'objet d'un conflit spectaculaire avec la Gazette de Lausanne qui écorne sérieusement la réputation du Réarmement moral dans ce pays[36].

Pendant cette période, l'activité théâtrale du Réarmement moral atteint des sommets : en 1964, pas moins de 9 productions sont représentées en différents endroits du monde[12].

Division[modifier | modifier le code]

En 1965, J. Blanton Belk et plusieurs membres du Réarmement moral américain décident d'orienter leur activité vers un programme de formation musicale pour jeunes qui leur permette d'entrer en contact avec les réalités du monde. Pour cela, les jeunes participants monteront des spectacles empreints d'esprit positif et de professionnalisme musical, et ils les présenteront au cours de tournées nationales ou internationales[37],[38]. Très vite, cette initiative, qui reprend une partie des idées et des méthodes du Réarmement moral tout en en réorientant complètement les buts, crée une scission dans le mouvement. En 1968, la rupture est consommée et une nouvelle organisation, Up with People (en), est créée[39],[40]. Cette nouvelle organisation connaît des succès, notamment des représentations lors de plusieurs Super Bowls. Elle est présente dans une dizaine de pays et son siège actuel est à Denver dans le Colorado, avec des représentations à Bruxelles et à Mexico[41].

Le Réarmement moral poursuit son action en parallèle, de manière moins médiatique étant donné que ses ressources se trouvent fortement diminuées, s'appuyant notamment sur ses bases de Londres, de Caux en Suisse et, à partir de 1968, de Panchgani en Inde, où une nouvelle dynamique s'est développée à partir de 1963 autour de Rajmohan Gandhi[42].

L'après-Howard et la fin du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Sans leader mondial incontesté, sans structure de coordination internationale et privé d’une bonne partie des ressources sont il avait bénéficié jusqu’au milieu des années 1960[43], le Réarmement moral va revenir à partir de cette date à des initiatives diversifiées en fonction des centres d’intérêt de ses équipes et groupes locaux ou nationaux. La dimension nécessairement plus réduite de ces initiatives en ordre dispersé est en total contraste avec les années d’ultra-médiatisation de 1938 à 1965. Ces initiatives concernent le plus souvent la formation civique, la consolidation de la paix, le dialogue et l’éthique dans le domaine économique et abordent les thèmes de la démocratie, des droits de l'homme, du multiculturalisme, de la sécurité économique[44]. En voici quelques-unes :

Civisme et intégrité, formation morale[modifier | modifier le code]

  • Des campagnes en vue d'élections "propres" (c'est-à-dire exemptes de corruption) ont été lancées par le Réarmement moral à Taïwan, au Brésil et au Kenya[44].
  • Le Caux Scholars Program, un cycle d’étude en partie résidentiel à Caux, est lancé en 1991 en Suisse[44].
  • Le programme Foundations for Freedom (« Fondations pour la Liberté »), lancé en 1993, a permis de former des milliers de jeunes Européens de l’Est confrontés aux questions que pose le e d’organisation de leur société aux fondements éthiques sous-jacents à toute société démocratique. Le programme se transformera en association de droit ukrainien quelques années plus tard[45].
  • Les programmes du centre de rencontres de Caux comporentent également de nombreux modules destinés aux jeunes. Le centre de Panchgani est dès l'origine conçu pour être un centre de formation[46].

Consolidation de la paix[modifier | modifier le code]

Les interventions du Réarmement moral dans ce domaine, parfois le fait de quelques personnes seulement, concernent une grande variété de situations :

Dialogue entre communautés ethniques dans les centres urbains[modifier | modifier le code]

  • Le programme américain Hope in the Cities est une initiative prise par une équipe du Réarmement moral de Richmond (Virginie). A partir de 1982, cette équipe construit son expérience sur place dans le domaine de l’énonciation de la vérité historique sur l’esclavage et la ségrégation, et des pratiques préparatrices et transformatrices des ressentiments et des divisions du présent. En 1993, l’équipe décide de lancer une conférence nationale intitulée "Healing the Heart of America". Sept cents participants nationaux et internationaux viennent à Richmond pour cet événement, suscitant une réponse collective du gouvernement, des organisations à but non lucratif, des institutions éducatives, des groupes civiques et du secteur des affaires de Richmond qui reconnaît publiquement l'histoire raciale complexe de Richmond en participant à une marche de l'unité ou « marche à travers l’histoire »[44]. Les méthodes de travail développées par ce programme ont été intégrées au document signé par le président Bill Clinton en et diffusé par la Maison Blanche comme guide pour le dialogue interracial et intercommunautaire[49]. Le programme a à présent essaimé dans plusieurs autres États américains et en dehors des États-Unis (Canada, Royaume-Uni, Australie, Afrique du Sud, Brésil et Inde.)[50].
  • Des initiatives similaires mais de moindre envergure sont prises en Angleterre et en France[51].

Dialogue et éthique dans le domaine économique[modifier | modifier le code]

  • En France comme en Angleterre, en Allemagne ou aux États-Unis ou encore en Inde[52], le Réarmement moral se préoccupe de rétablir les conditions d’un dialogue social constructif entre patronat et syndicats[53].
  • 1964 : accord international sur la stabilisation des cours du jute, conclu grâce au lobbying actif de l’industriel français Robert Carmichael, membre du conseil de la Fondation de Caux[54],[55].
  • 1986: les présidents de grandes entreprises européennes, japonaises et américaines réunis à Caux, dont Ryuzaburo Kaku (Canon) et Frits Philips (Philips), lancent la Table Ronde de Caux, pour éviter que les frictions commerciales ne dégénèrent en affrontements internationaux.
  • 1994 : publication des « principes pour la conduite des affaires » (Caux Principles for Business) par la Table ronde de Caux, et développement d’une méthode d’auto-évaluation éthique destinée aux entreprises.

Transformation en "Initiatives de changement"[modifier | modifier le code]

En 2001, le Réarmement moral a changé de nom pour devenir Initiatives et Changement (I&C). Ce changement de nom parachève la transformation d'un mouvement "moral et spirituel" encore marqué par le christianisme en une ONG inclusive et non-confessionnelle[2].

Initiatives et Changement International est l'organisation faîtière qui fédère désormais les entités nationales et programmes d'Initiatives et Changement, et leur permet de s'interfacer avec des organisations internationales telles que les Nations Unies et le Conseil de l'Europe. Elle a élu dommicile à Caux, en Suisse.

En 2014, Initiatives et Changement a reçu le prix Ousseimi pour la tolérance. La Fondation Ousseimi a produit une brochure décrivant le travail du Réarmement moral et, depuis 2001, d'Initiatives et changement dans la consolidation de la paix et la transformation des comportements depuis 1946[1].

Principes et convictions clés[modifier | modifier le code]

L'une des idées fondamentales du Réarmement moral était la conviction que changer le monde commence par chercher le changement en soi, et que ce changement personnel commençait par l'écoute intérieure - voix de Dieu pour certains, voix de la conscience pour d'autres. Le mouvement préconisait l'examen de conscience face à ce qu'il appelait les « quatre critères moraux absolus » (honnêteté absolue, pureté absolue, désintéressement absolu et amour absolu) et a encouragé ses membres à agir en fonction des injonctions de leur conscience, pour restituer, réparer et restaurer ce qui ressortait de cet examen de conscience, avant de s'impliquer activement dans les questions politiques et sociales[56].

La propagation du Réarmement moral s'appuyait en particulier sur la technique du storytelling : les participants racontaient comment leur vie avaient été transformée afin de transformer les vies d'autres personnes[57]. Ceux qui adhéraient aux idées et se lançaient dans le changement personnel étaient encouragés à former des "équipes" locales qui se rencontraient régulièrement pour des réunions de partage et d'entraide. Dès que possible, ils étaient assistés par un ou plusieurs permanents, qui décidaient de se consacrer totalement et bénévolement à ce travail et qui étaient généralement logés et soutenus financièrement par des membres de l'équipe locale[58].

Organisation et gouvernance[modifier | modifier le code]

L'une des caractéristiques déroutantes du Réarmement moral, c'est qu'il a toujours été rebelle par principe à toute notion de structure centralisée ou administrative[59]. Des entités légales sont créées uniquement pour administrer les biens acquis ou légués et respecter les règles légales nationales ; par exemple en Suisse, la Fondation du Réarmement moral est fondée le 30 novembre 1946 pour administrer le centre de rencontres de Caux[60]. Buchman estime en effet qu'il est primordial de se laisser guider par Dieu, dont on peut percevoir la volonté dans le silence, et que le leadership doit aller à ceux qui sont "en forme spirituellement" (the spiritually fit)[61]. Pendant les années 1938-1958, Buchman est au centre de toutes les décisions. C'est lui qui lance les grandes initiatives comme par exemple la campagne du Réarmement moral en Allemagne de 1948 à 1952 qui mobilise des centaines de personnes en réponse à l'appel des hommes politiques allemands venus à Caux en 1947[20]. Lorsque l'initiative vient des équipes locales, on sollicite un avis de Frank Buchman avant de passer à l'action, comme pour l'achat de l'ancien Caux-Palace[62] ou de la mise à disposition du Réarmement moral de la maison de famille de Robert et Diane de Watteville à Boulogne-Billancourt[63]. Son style personnel de leadership n'est toutefois pas charismatique : il ne préside pas les réunions, préférant se tenir en retrait et laisser parler ses proches[64], et il consulte la petite équipe qui l'entoure avant de prendre ses décisions[65].

À partir de 1958, la dynamique du mouvement se grippe lorsque Buchman, diminué par la maladie, se retire à Tucson, en Arizona, ce qui le rend plus difficile d'accès aux membres du mouvement[66].

À son décès en 1961, il est remplacé par celui qui apparaît comme son successeur naturel, le journaliste et écrivain anglais Peter Howard[28], qui donne une nouvelle impulsion au mouvement, dans un style assez différent, plus charismatique et plus incisif[34].

La mort inattendue de Peter Howard en 1965[28] place le mouvement devant la nécessité de passer à une direction collective, ainsi que Buchman l'avait espéré[65], mais cela ne va pas sans mal, et le mouvement fait alors l'expérience de la division (voir ci-dessus Up with People)[67].

À partir de 1965, le réseau mondial du Réarmement moral est donc constitué de divers groupes nationaux dont certains ont créé au cours des années précédentes une structure juridique ad hoc, notamment pour administrer leur biens immobiliers (c'est le cas de la Suisse en 1946 et de la France en 1952). Ils n'ont aucun lien organique entre eux, ni aucune coordination formelle[58]. Les consultations entre les leaders nationaux et vétérans de l'équipe de Frank Buchman sont informelles et n'ouvrent que ponctuellement à des initiatives internationales. Cette situation qui empêche aussi toute représentation du mouvement auprès des grandes organisations internationales conduit les dirigeants du Réarmement moral à mettre en place tous les 3 ou 4 ans un système de consultations mondiales, dont la première a eu lieu en 1989. Ces consultations, qui regroupent généralement 30 à 35 participants et durent typiquement une semaine, ont pour but d'identifier les questions importantes pour le mouvement dans le monde entier et de recommander des lignes d'action. Les participants sont proposés par les équipes nationales du Réarmement moral, la sélection finale étant assurée par un comité directeur ad hoc afin de garantir le meilleur équilibre entre les sexes, les âges et les cultures[58]. Ces consultations désignent un Conseil international chargé d'assurer une supervision morale des activités du mouvement. Elles concluent aussi à la nécessité de fédérer toutes les branches nationales au sein d'une entité internationale, ce qui sera fait en 2002 peu après le changement de nom qui met fin à l'existence du Réarmement moral[58].

Critique[modifier | modifier le code]

Dans les milieux politiques[modifier | modifier le code]

Dans les années 1950, le Réarmement moral a été régulièrement attaqué par le service étranger de Radio Moscou. En novembre 1952, cette radio déclare par exemple : "Le Réarmement moral substitue à l'inévitable lutte des classes la "lutte permanente entre le bien et le mal" et "a le pouvoir d'attirer des esprits révolutionnaires radicaux[68]."

En Angleterre, l'un des critiques les plus virulents du Réarmement moral est le journaliste et homme politique Tom Driberg, que tout oppose au Réarmement moral : il est tout à la fois conservateur sur le plan religieux (il est membre militant de la Haute Église anglicane), membre du Parti communiste de Grande-Bretagne (puis du Parti travailliste qu'il présidera brièvement en 1957-1958), et soupçonné d'être un espion soviétique[69]. En outre, il mène une vie particulièrement dissolue voire scandaleuse elle aussi aux antipodes des idées du Réarmement moral[69],[70], ce qui alimente l'antagonisme entre eux dès ses premiers reportages en 1928 et jusqu'à la parution d'un livre très critique en 1964[71],[72].

Dans les milieux religieux[modifier | modifier le code]

Le théologien catholique John Hardon (en) a affirmé que les idées politiques du mouvement étaient naïves, car elles semblaient supposer que le réveil moral résoudrait "les problèmes sociaux qui ont tourmenté l'humanité depuis l'origine de l'humanité" et il affirme aussi que le Réarmement moral est un mouvement religieux indépendant de l'Église catholique, et que les catholiques ne peuvent donc en aucun cas coopérer avec lui[73]. En outre, le Saint-Office est méfiant à l'égard de ce mouvement d'origine protestante qui attire certains catholiques[74], et lui fait reproche de verser dans l'indifférentisme[75] et le syncrétisme[76]. Des mises en garde formelles sont publiées par le cardinal Ildefonso Schuster en 1952 puis par le cardinal Suenens en 1953[76]. Par la suite d'autres catholiques ont adopté un point de vue différent. Plusieurs cardinaux ont été proches du Réarmement moral, notamment Eugène Tisserant (1884-1972), Achille Liénart (1884-1973), évêque de Lille, Richard Cushing (1895-1970), archevêque de Boston de 1944 à 1970[77] ou Franz König (1905-2004). Ce dernier, archevêque de Vienne, écrivit en 1993 que "Buchman a été un tournant dans l'histoire du monde moderne à travers ses idées[78] ."

Un certain nombre de critiques proviennent également des milieux protestants. Reinhold Niebuhr et Dietrich Bonhoeffer considèrent eux aussi que le Réarmement moral fait preuve de naïveté lorsqu'il s'adresse aux politiques[79], particulièrement quand il a cherché à « convertir Hitler. »[80]. Le théologien protestant suisse Emil Brunner et plusieurs autres théologiens ont néanmoins été proches du Réarmement moral. Klaus Bockmühl, professeur de théologie et d’éthique à Regent College à Vancouver, écrivit : « le génie du Réarmement moral est de mettre la substance spirituelle centrale de christianisme sous une forme laïque et accessible, et d’en faire la démonstration de manière souvent plus spontanée et plus puissante que ne le font les Églises. D’où l’insistance sur les quatre critères moraux absolus. Mais la direction par l’Esprit saint est tout autant essentielle… Le génie est dans l’équilibre des deux[81]. »

Autres[modifier | modifier le code]

L'actrice Glenn Close, dont les parents faisaient partie du mouvement et l'ont laissée pendant de longs mois dans une sorte de pensionnat tenu par des membres du mouvement, en a décrit l'atmosphère comme sectaire[82].

Influence[modifier | modifier le code]

Dans les relations internationales[modifier | modifier le code]

Après la guerre, le Réarmement moral a joué un rôle non négligeable dans la réconciliation franco-allemande au travers de ses conférences à Caux et de son travail au sein des industries du charbon et de l’acier des deux pays[83]. Le chancelier allemand Konrad Adenauer se rendait régulièrement aux conférences du Réarmement moral à Caux et Frank Buchman permit d’établir la confiance entre lui et le ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman à un moment où, sous la pression des partis nationalistes, divers projets de démembrements de l'Allemagne pesaient lourdement sur les relations franco-allemandes[84]. En reconnaissance de ces services, Buchman fut fait Chevalier de la Légion d'honneur par le gouvernement français[85] et Grand Croix de l’Ordre du Mérite par le gouvernement allemand. Les contacts de Buchman avec des Allemands opposés au nazisme avant la guerre ont joué un rôle important pour faciliter les contacts et la réconciliation après la guerre[3].

Frank Buchman avait réuni une importante équipe du Réarmement moral à San Francisco lors de la première conférence des Nations unies en 1945. La résolution d'un conflit à propos de la gestion des territoires sous tutelle (chapitre XIII de la charte des Nations unies), débloqué par le changement d’attitude du général philippin Romulo, est attribué au Réarmement moral[86].

Le Réarmement moral a aussi facilité la réintégration du Japon dans le concert des nations. En 1950, une délégation de 76 Japonais, dont plusieurs parlementaires représentant les principaux partis politiques, sept gouverneurs de préfectures, les maires de Hiroshima et Nagasaki et des dirigeants de l’industrie, de la finance et des syndicats se rend au centre de conférence de Caux[87] puis en Amérique, où leur porte-parole, Chorijuo Kurijama, prend la parole devant le Sénat en demandant pardon pour « la grande erreur du Japon. » En 1957, le premier ministre japonais Nobusuke Kishi fait une tournée d’excuses auprès de neuf nations du Sud-est asiatique. À son retour à Tokyo, il déclara à la presse : « J’ai été impressionné par l’efficacité du Réarmement moral pour créer l’unité entre des peuples qui ont été opposés. J’ai fait moi-même l’expérience du pouvoir d’excuses sincères pour guérir les blessures du passé[88]. » L'empereur Hirohito lui décernera l'Ordre du Soleil levant (2e classe) en 1955[89],[90].

En 1968-1969, la venue à Caux de sept délégations du Haut-Adige permet de résoudre le conflit interculturel dur qui pénalisait cette province italienne en partie germanophone[47].

L'influence positive du Réarmement moral pour créer le dialogue et éviter les violences est documentée dans plusieurs épisodes de la décolonisation : Tunisie[91], Maroc, Cameroun, Kenya[92] et, au début des années 1980, Zimbabwe[93].

Dans l'économie[modifier | modifier le code]

Le Réarmement moral a été très actif dans le monde de l'économie. Buchman estimait que Direction et salariés pouvaient "travailler ensemble comme les doigts sur la main", à condition de libérer les cœurs et les esprits de ces personnes des motivations égoïstes ou des préjugés qui empêchent d'arriver à des solutions justes et conduisent à des conflits sociaux.

Des syndicalistes ont rendu hommage à l'apport du Réarmement moral et à la formation reçue par les syndicalistes à son contact : William Grogan, vice-président international du syndicat des travailleurs du transport ( Transport Workers Union[94] ) ou Evert Kupers (en), président pendant 20 ans du NVV (Nederlands Verbond van Vakverenigingen (en), Confédération néerlandaise des syndicats professionnels[95] ). Le Français Maurice Mercier, secrétaire-général de la fédération textile du syndicat Force Ouvrière, déclare : "la lutte des classes, aujourd'hui, veut dire une moitié de l'humanité contre l'autre, chacune disposant d'un appareil de destruction formidable (...) Pas un cri de haine, pas une heure de travail perdue, pas une goutte de sang versée, c'est là la révolution à laquelle le Réarmement moral convie patrons et ouvriers." Il faut dire qu'il avait rencontré au travers du Réarmement moral une personnalité du patronat français, Robert Carmichael, préoccupée de justice sociale et internationale[96]. Grâce à l'action de Maurice Mercier et à ses contacts de confiance dans le patronat sont signés les accords de branche du 9 juin 1953, qui permettent des augmentations de salaire de 8% par an, l'accord d'une semaine supplémentaire de congés payés et de cinq jours feriés, la création d'une caisse de retraite complémentaire, d'une école de formation syndicale et d'un organisme de contrôle pour surveiller l'application de l'accord[97].

Les rencontres "L'Homme et l'économie", tenues régulièrement à Caux, ont permis le développement de la Table ronde de Caux qui réunissait des PDG et des représentants de grands groupes internationaux. Aujourd'hui, les principes de la table ronde de Caux pour la conduite des entreprises, un code de conduite établi en commun par des Américains, des Européens et des Japonais, sont mis en œuvre par les entreprises de nombreux pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Initiatives et Changement, une histoire de consolidation de la paix et facilitation du changement », sur le site de la Fondation Ousseimi (consulté en 14 janvier2020)
  2. a et b "Le mouvement international "Réarmement moral" vient de prendre le nom de "Initiatives et changement" pour rappeler que les changements dans l'ordre du monde ne saurait faire l'économie d'initiatives d'ordre moral et spirituel à l'échelle de chaque personne. Le thème des rencontres internationales qui se sont tenues à Caux en Suisse du 5 juillet au 19 août était : "Mondialiser la responsabilité. Délier les cœurs." (...) Ce pragmatisme a une consonance évangélique :"délier les cœurs", mais "Initiatives et changement" tout autant que le "Réarmement moral" ne peut être considéré comme un mouvement religieux." Extrait du communiqué de l'agence de presse catholique infocatho « Le Réarmement moral change de nom », sur infocatho (consulté le 14 janvier 2020)
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  6. Diane de Watteville-Berckheim, Le fil conducteur, Alsatia/Caux édition, (ISBN 2-88037-025-6, notice BnF no FRBNF35605637), p. 86-87
  7. Articles du Sunday Times, 29 décembre 1940 and 5 janvier 1941.
  8. Diane de Watteville-Berckheim, Le fil conducteur, Alsatia/Caux édition, (ISBN 2-88037-025-6, notice BnF no FRBNF35605637), p. 128-129
  9. Article du Times, Londres, 29 décembre 1945.
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  59. Après une étude personnelle approfondie du mouvement, le futur cardinal Suenens écrit par exemple dans son "Que faut-il penser du Réarmement moral ?" paru en 1952 que "les ordres paraissent se transmettre par cercles concentriques, et selon les lois non révélées d'une hiérarchie invisible et graduée." Cité dans Michel J. Sentis, L'avenir était au-delà des vagues, Editions de Caux, (ISBN 9782880370435), p. 40.
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  65. a et b Postface de Pierre Spoerri dans Théophile Spoerri, La dynamique du silence, Caux éditions, (ISBN 3856010122) pp. 263-264.
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  70. Tom Driberg a bénéficié d'une protection qui lui a évité d'être arrêté pour pédophilie. Voir (en) Jonathan Owen, « Police blocked from charging former Labour MP Tom Driberg with sexually abusing boys, claims Simon Danczuk », sur le site du journal The Independant, (consulté le 17 janvier 2020).
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  72. (en) Francis Wheen, The Soul of Indiscretion: Tom Driberg, Poet, Philanderer, Legislator and Outlaw, Londres, Fourth Estate, (ISBN 1841155756), p. 67-68 (d’abird publié sous le titre de Tom Driberg: His Life and Indiscretions par Chatto & Windus, Londres, 1990)
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  75. Fait de considérer que toutes les religions se valent, ce qui ne peut convenir au catholicisme, témoin cette phrase du cardinal Suenens : "Ce qui nous intéresse n'est pas de confirmer chacun dans sa propre religion comme le fait le Réarmement moral, mais d'annoncer l'évangile à toute créature" cité dans (en) Ralph Martin, Will Many Be Saved?: What Vatican II Actually Teaches and Its Implications for the New Evangelization, Wm. B. Eerdmans Publishing, (ISBN 9781467436328), p. 18.
  76. a et b Michel J. Sentis, L'avenir était au-delà des vagues, Editions de Caux, (ISBN 9782880370435)
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  81. (en) Garth Lean, Frank Buchman - a life, Londres, Constable, (ISBN 9780094666504, lire en ligne), p. 2
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  84. Steven M. Schroeder, To Forget It All and Begin Anew: Reconciliation in Occupied Germany, 1944-1954, University of Toronto Press, 2013, (ISBN 9781442663558), 256 pages
  85. Décoration remise le 4 juin 1950 sur proposition de Robert Schuman, cité par Douglas Johnston, Cynthia Sampson dans "Religion, the Missing Dimension of Statecraft", Oxford University Press, 1995 - 350 pages, (ISBN 9780195102802), p.52
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  88. Lean, Frank Buchman, 497
  89. Document du Japanese American Museum "Dr. Frank Buchman honored at Moral Re-armament (MRA) party, Los Angeles, California, March 20, 1957"
  90. Philip Boobbyer, The Spiritual Vision of Frank Buchman, Penn State Press, 2013, 232 pages, Fig. 9.
  91. Diane de Watteville-Berckheim, Le fil conducteur, Alsatia/Caux édition, (ISBN 2-88037-025-6, notice BnF no FRBNF35605637), p. 174-178
  92. ref>(en) Garth Lean, Frank Buchman - a life, Londres, Constable, (ISBN 9780094666504, lire en ligne), p. 454-457.
  93. Article de Christine von Garnier qui rappelle en particulier le rôle joué par Alec Smith, fils de Ian Smith. « Mugabe et le Réarmement moral de Caux », sur le site du journal Le Temps, 9septembre 2019 (consulté le 12 septembre 2019)
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  95. Avant-propos de World Labour and Caux, Caux, 1950.
  96. Charles Piguet et Michel Sentis, Ce Monde que Dieu nous confie, Centurion, , p. 63-65.
  97. Jean-Jacques Odier, Nous rêvions de changer le monde, Le-Mont-sur-Lausanne, Editions Ouverture, (ISBN 2884131531), p. 94