Politique étrangère des Émirats arabes unis

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Un avion F-16 Block 60 émirati.

Les Émirats arabes unis (E.A.U.) jouent un rôle important au sein de l’OPEC et des Nations unies et est l’un des membres fondateurs du Conseil de coopération du Golfe. Sur le plan régional, les E.A.U. sont très proches des autres pays du Golfe et des autres pays arabes de manière générale. Les Émirats ont des relations diplomatiques très proches avec Égypte et y investissent plus que n’importe quel autre pays arabe[1]. Les E.A.U. ont également fourni une aide financière importante au Pakistan, avec lequel ils entretiennent de bonnes relations diplomatiques. Le Pakistan fut le premier pays à reconnaître la fédération de manière officielle lors de sa formation et est devenu aujourd’hui un partenaire commercial et économique important. Environ 400,000 expatriés d’origine pakistanaise sont actuellement employés à Dubaï[2],[3]. Une forte communauté d’expatriés d’origine indienne est également implantée et représente la plus forte minorité étrangère résident aux E.A.U.[4]. Comme beaucoup de pays dans cette partie du monde, les Émirats arabes unis et l’Iran se disputent la souveraineté de plusieurs îlots dans le Golfe persique. À la suite de l’invasion du Koweït en 1990, les E.A.U. coopèrent avec les forces occidentales afin de libérer le Koweït et signent des traités de défense et de coopération militaire avec la France et les États-Unis[5].

Récemment, les E.A.U. ont signé un traité de défense militaire dans lequel la France s’engage à protéger les E.A.U. en cas d’atteinte à leur souveraineté nationale. Les français ont également ouvert une base militaire dans la capitale Abou Dabi et les deux pays ont signé un accord nucléaire civil. Les Émirats arabes unis ont un accord similaire avec les États-Unis qui leur permet de recevoir l’expertise américaine en matière d’énergie nucléaire[6]. Au niveau commercial, ce sont le Royaume-Uni et l’Allemagne qui représentent les plus gros marchés d’exportation pour les Émirats.

Les Emirats seraient impliqués dans le maintient des tensions en Syrie et Mohammed ben Zayed Al Nahyane est accusé d'avoir offert de verser 3 milliards de dollars à Bachar Al-Assad en échange d'une reprise des combats à Idlib après la signature d'un fragile cessez-le-feu entre Ankara et Moscou le [7].

Relations bilatérales[modifier | modifier le code]

Relations avec la Chine[modifier | modifier le code]

Les relations diplomatiques entre la Chine et les Émirats arabes unis ont commencé en 1980.

Les deux pays collaborent dans le domaine de l’aviation et signent en 1980 et 1989 un accord bilatéral sur l’aviation et le transport aérien civil[réf. nécessaire].
En 1985, la Chine et les Émirats arabes unis signent un accord de coopération économique, commerciale et technologique.

Récemment, les relations économiques bilatérales entre la Chine et les Émirats arabes unis ont évolué de manière positive. En 2002, le volume d’échanges commerciaux s’élevait à $3.895 milliards de dollars ; les exportations de la Chine s’élevaient à $3.45 milliards de dollars et ses importations à $445 millions. Les produits exportés par la Chine aux Émirats arabes unis sont les textiles, les vêtements, les produits industriels, les métaux (or, argent, cuivre et fer), produits artisanaux et électroniques. La Chine importe de l’aluminium, des fertilisants et du pétrole des Émirats arabes unis.

La Chine ouvre[Quand ?] une branche de la Xinhua News Agency et des bureaux pour les journaux People's Daily et Economic Daily aux E.A.U.. Les deux pays coopèrent dans le domaine de la santé et plus de 60 infirmières chinoises travaillent aux Émirats. Des centres médicaux chinois sont également implantés à Abou Dabi, Sharjah, Al Ain et Ajman. De nombreux expatriés chinois travaillent aux E.A.U. dans le milieu du sport, le secteur tertiaire et le monde des affaires[réf. nécessaire].

Parmi les principaux accords signés entre les deux pays se trouvent :

  • l'accord sino-émirati sur la coopération culturelle (1989), accord sur la coopération technique dans le domaine médical entre les ministères de la santé chinois et émirati
  • l'accord pour l’envoi de médecins chinois aux Émirats arabes unis (1992),
  • l'accord pour l’envoi d’infirmières chinoises aux Émirats arabes unis (1992),
  • l'accord sino-émirati pour l’extradition judiciaire (2002)
  • l'accord pour la coopération culturelle (2002).

Relations avec les États-Unis[modifier | modifier le code]

Robert Gates et Sheikh Mohammad bin Zayed Al Nahyan, en août 2007

En 2019, les États-Unis, l'Arabie saoudite, l'Australie, les Émirats arabes unis et le Royaume-Uni forment une coalition maritime contre l'Iran[8].

En août 2020, l'administration américaine déclare qu'elle prépare de nouvelles séries de sanctions contre le régime syrien et qu'elle cherche à cibler les réseaux de soutien financier en dehors de la nation déchirée par la guerre. Dans sa phase de sanctions, le Trésor américain et le département d'État ont indiqué vouloir cibler les Émirats arabes unis, qui normalisent les relations avec la Syrie à des fins politiques et économiques. Le Cheikh Tahnoun ben Zayed Al Nahyan, du fait de son soutien financier d'environ 200 000 dollars à la nièce du président Bachar Al Assad, Aniseh Shawkat, a également été pris pour cible par les autorités britanniques, qui ont saisi les comptes bancaires, pour avoir contourné les sanctions de l'Union européenne contre le régime syrien[9].

Les Émirats procèdent en 2020 à l'achat de cinquante chasseurs furtifs F-35 aux États-Unis[10].

Le 18 novembre 2020, trois sénateurs américains (Bob Menendez, Chris Murphy et Rand Paul) annoncent quatre résolutions distinctes en désaccord avec le projet du président Donald Trump de vendre pour plus de 23 milliards de dollars de drones Reaper, d'avions de combat F-35, missiles air-air et autres munitions aux ÉAU[11].

Partenariat économique[modifier | modifier le code]

Les Émirats arabes unis représentent le plus gros marché au Moyen-Orient pour les produits exportés par les États-Unis, la valeur totale des exportations américains aux Émirats arabes unis atteignant la valeur de 14.4 milliards de dollars en 2008.

Les sociétés américaines jouent un rôle central dans le développement des ressources énergétiques des Émirats, qui représentent environ 10 % des réserves de pétrole mondiales. Les Émirats arabes unis demeurent l’unique producteur de pétrole dans le Golfe à accepter la participation du secteur privé dans l’industrie pétrolière et des firmes telles que Bechtel et Exxon Mobil y sont implantées.

Relations diplomatiques[modifier | modifier le code]

En 2005, les Émirats arabes unis ont fait don de 100 millions de dollars aux États-Unis suite au passage de l'ouragan Katrina.

Au sein du Gulf Cooperation Council (GCC), les Émirats arabes unis œuvrent pour que la région du Golfe soit vide d’armes nucléaires et traite avec l’Iran sur le sujet. Avec les États-Unis, les E.A.U. souhaitent que l’intégrité territoriale de l’Irak soit préservée et que le processus politique enclenché par les États-Unis garantisse la stabilité dans le pays et intègre tous les citoyens irakiens. Les navires de guerre américains visitent le port des Émirats arabes unis[Lequel ?] plus que n’importe quel autre port au monde. 600 d’entre eux s’y sont rendus en 2006 ;

Relations avec la France[modifier | modifier le code]

Les Émirats arabes unis entretiennent des relations diplomatiques cordiales avec la France depuis plus d’un siècle. Les deux pays ont récemment renforcé leur collaboration sur les plans nucléaire, économique, militaire et culturel.

En janvier 2008, la France et les Émirats arabes unis signent un accord nucléaire civil, établissant les fondements d'une coopération entre les deux pays dans le domaine de l’énergie nucléaire. Le traité nucléaire fut signé en même temps qu’un accord sur le transport, l’infrastructure et la sécurité routière dans le cadre du plan 2030 d’Abou Dhabi qui comprend la construction d’un train à grande vitesse allant de la capitale à Dubaï. Les autres accords comprennent:

  • un accord portant sur une présence militaire permanente aux Émirats arabes unis, destiné à ré-équilibrer la présence américaine ;
  • un arrangement administratif relatif à l’établissement dans les établissements pilotes d’Abou Dabi de classes de mathématiques et de sciences physiques ;
  • un arrangement administratif sur la coopération en matière de propriété intellectuelle ;
  • un arrangement sur la coopération dans le domaine des transports.

Au-delà de la coopération économique entre les deux pays, des efforts ont été faits pour augmenter les échanges culturels. Des initiatives telles que le Louvre Abou Dabi, l’Université de la Sorbonne aux E.A.U. et le projet immobilier Lyon Dubaï City.

Lors de sa visite aux E.A.U. à l’occasion de l’inauguration du camp militaire d’Al Salam, base militaire française à Abou Dhabi, Nicolas Sarkozy dépose la première brique du Louvre Abou Dhabi. Le gouvernement des Emirats paye la somme de 360 millions d’euros pour l'utilisation du nom « Louvre ». L’émirat paye également 520 millions d’euros pour l’emprunt d’œuvres d’art et pour recevoir le conseil d’experts français en matière de conservation d’art.

Relations avec la Lybie[modifier | modifier le code]

En Libye, en 2015, les E.A.U. prennent parti dans la guerre civile lybienne, défiant l’embargo des Nations unies. Le gouvernement de la Chambre des représentants élus en 2014 et son bras armé l'« Armée nationale libyenne » commandée par le général Khalifa Haftar est ponctuellement soutenu face aux djihadistes par les frappes aériennes des Émirats.

Relations avec la Syrie[modifier | modifier le code]

Le , le site Middle East Eye (en) rapporte que Mohammed ben Zayed Al Nahyane aurait offert de verser 3 milliards de dollars (soit 2,67 milliards d’euros) à Bachar Al-Assad si ce dernier acceptait de reprendre les combats à Idlib contre pour les troupes soutenues par la Turquie en Syrie ou un fragile cessez-le-feu avait été signé entre Ankara et Moscou le [7].

Les tentatives des Emirats Arabes Unis pour influencer la Syrie et relancer l'offensive d'Idleb auraient pour but d'attacher les forces turques dans le conflit et de les détourner de la campagne en Libye, où elle aide le gouvernement Fayez el-Sarraj (GNA) soutenu par l'ONU contre l'allié des Émirats arabes unis Khalifa Haftar[12].

Relations avec l'Inde[modifier | modifier le code]

À la suite du décès de son père, Khalifa bi Zayed Al Nahyan entretient de bonnes relations avec l’Inde. Les Émirats arabes unis accueillent plus d’un million d'expatriés indiens[13].

Les deux pays signent[Quand ?] de nombreux accord sur l’extradition judiciaire, le trafic de drogues, l’aviation civile, la coopération culturelle, technique et militaire. L’Inde participe également à toutes les International Defence Exhibition organisées par les Émirats. En juin 2003, Mohammed bin Zayed Al Nahyan se rend en Inde pour la signature d'un accord sur la coopération en matière de défense militaire, une commission sur la défense se réunit une fois par an[13].

Les Émirats arabes unis représentent le second marché le plus important pour les produits indiens. Dans le même temps, les indiens sont devenus des investisseurs importants aux Émirats arabes unis. Les échanges commerciaux indo-émiratis, qui atteignaient la valeur de 180 millions de dollars en 1970, s’élèvent[Quand ?] à plus de 18 milliards de dollars[13].

En tant que centre commercial du monde Arabe, les Émirats arabes unis sont également devenus le troisième centre de réexportation dans le monde après Hong Kong et Singapour. De ce fait, les Émirats arabes unis représentent un lieu stratégique en tant que centre d’approvisionnement pour d’autres marchés importants tels que l’Iran, l’Irak et l’Afrique[13].

Les Émirats arabes unis sont le second marché le plus important pour les produits indiens après les États-Unis d’Amérique.

L'Inde exporte essentiellement du coton, des accessoires, des bijoux et pierres précieuses, des produits artisanaux, des tissus, des métaux, des produits industriels et électroniques, du plastique et linoleum, du thé, de la viande et autres produits alimentaires. Les Émirats arabes unis, quant à eux, exportent du pétrole, de l’or, de l’argent, du métal, des perles et des pierres précieuses et semi-précieuses vers l’Inde[13].

Relations avec le Japon[modifier | modifier le code]

Les relations diplomatiques entre les Émirats arabes unis et le Japon ont commencé dès la création de la fédération en décembre 1971[14]. Les deux pays ont toujours eu de bonnes relations diplomatiques et commerciales; les produits exportés les plus exportés par les Émirats au Japon sont le pétrole et le gaz naturel tandis que le Japon exporte des voitures et des appareils électriques aux E.A.U[14].

Relations avec la Russie[modifier | modifier le code]

Les relations diplomatiques entre les Émirats arabes unis avec l'URSS puis la Russie sont établies le 8 décembre 1971[15]. En 1986, une ambassade soviétique est ouverte à Abou Dabi et une ambassade émiratie est ouverte à Moscou en 1987. En 2002, un consulat-général russe est établi à Dubaï.

Relations avec la Somalie[modifier | modifier le code]

Les relations des Émirats arabes unis avec la Somalie se dégradent fortement après le refus par cette dernière de rompre ses relations avec le Qatar, que les E.A.U. cherchent à isoler en juin 2017. Les EAU sont depuis soupçonnés de se livrer à des activités de déstabilisation, notamment en favorisant les séparatistes[16].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Egypt State Information Service - Egypt and U.A.E Relations », Sis.gov.eg (consulté le 15 juillet 2009)
  2. (en) « Pakistan Observer - Newspaper online edition - Editorial », Pakobserver.net, (consulté le 15 juillet 2009)
  3. (en) « Business New | Pakistan Observer Newspaper online edition », Pakobserver.net, (consulté le 15 juillet 2009)
  4. (en) « Embassy of India, UAE - India-UAE Bilateral Relations », Indembassyuae.org (consulté le 15 juillet 2009)
  5. (en) 11:14 AM, « UAE Confirms Discussions With France On Purchase Of Rafale - Page 3 - Defence Talk Forum », Defencetalk.com (consulté le 15 juillet 2009)
  6. url=« http://www.lexpress.fr/actualite/monde/sarkozy-aux-emirats-pour-des-accords-sur-le-nucleaire-civil_469280.htm »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) (consulté le 13 avril 2013) |titre=L'express
  7. a et b Khaled Sid Mohand, « Comment Abou Dhabi donne un coup de main à Damas », sur Orient XXI, (consulté le 25 juin 2020)
  8. Le Figaro, « Golfe: Riyad et Abou Dhabi rejoignent une coalition maritime dirigée par Washington », Le Figaro,‎ (lire en ligne, consulté le 14 septembre 2020).
  9. (en) « Trump Administration Eyes New Phase of Syria Sanctions », sur WSJ (consulté le 16 août 2020)
  10. Le Figaro avec AFP, « Des sénateurs américains veulent bloquer la vente de chasseurs F-35 aux Emirats », sur Le Figaro.fr,
  11. « Des sénateurs américains veulent bloquer la vente de chasseurs F-35 aux Emirats », sur Le Figaro (consulté le 18 novembre 2020)
  12. UAE offers Assad $3bn to strike Turkey-backed troops in Syria, middleeastmonitor.com, 9 avril 2020
  13. a b c d et e http://www.indembassyuae.org/induae_bilateral.phtml
  14. a et b Japan-United Arab Emirates Relations Ministry of Foreign Affairs of Japan
  15. http://www.mid.ru/ns-rasia.nsf/1083b7937ae580ae432569e7004199c2/ea9fc49475782a0a43256dd3002cc34b?OpenDocument
  16. « Rien ne va plus entre la Somalie et les Emirats arabes unis - RFI », RFI Afrique,‎ (lire en ligne, consulté le 9 mai 2018).


Articles connexes[modifier | modifier le code]