Opération Harpie

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Opération Harpie
Description de cette image, également commentée ci-après
Camp d'orpaillage dans la crique Ipoussing en Guyane.
Niveau Interministériel (France)
Localisation Guyane
Objectif Traquer les orpailleurs illégaux
Participant Gendarmerie
Forces armées en Guyane
douanes
Direction centrale de la police aux frontières (DCPAF)
Pertes 3 militaires (à date du 11 novembre 2012)

L’Opération Harpie est une opération interministérielle française réalisée en Guyane depuis le mois de , menée conjointement par les forces de gendarmerie et les forces armées en Guyane pour lutter contre l'orpaillage illégal en Guyane. Près d’un millier de militaires participent à cette mission.

Elle fait suite à l'opération Anaconda.

Objectifs[modifier | modifier le code]

Ordonnée par Nicolas Sarkozy, alors président de la République française, elle a pour objectif de paralyser les sites d’orpaillage clandestins sur tout le territoire du département de la Guyane. L’objectif est de diminuer la rentabilité de la production d’or des garimpeiros afin de les amener, à terme, à la cessation de leur activité.

Cet objectif d’éradication de l’orpaillage illégal sur le territoire guyanais est décliné en axes d’opérations. L'essentiel des efforts des opérations Harpie portent sur la destruction des sites et moyens de production. Cet objectif est assuré par des patrouilles conjointes, menées majoritairement par la Gendarmerie nationale et les Forces armées en Guyane (FAG) mais aussi par des agents de l'Office national des forêts, du Parc amazonien de Guyane, des douanes et de la police aux frontières, appuyées par des reconnaissances aériennes.

Ces patrouilles sont chargées de la saisie ou neutralisation des outils les plus coûteux tels que les concasseurs. De même, le mercure, indispensable à l’activité d’orpaillage est aussi une cible des patrouilles.

On observe cependant une adaptation rapide des garimpeiros qui s’installent dans des chantiers plus petits donc mieux dissimulés par la canopée. De même, les concasseurs neutralisés en forêt sont souvent réparés ou recyclés en quelques jours ce qui mène dès que possible à leur évacuation par hélicoptère.

Les réseaux logistiques des garimpeiros sont l’autre cible des opérations Harpie. Il ne s’agit pas de viser directement l’activité d’extraction aurifère, mais ceux qui l’approvisionnent en matériaux et vivres.

Avec la mise en place de barrages fluviaux permanents, les routes d’approvisionnement se sont déportées vers la forêt, provoquant une augmentation des délais, des prix et une diminution des quantités transportées. Si les réseaux démantelés sont souvent remplacés, les nouveaux peinent à retrouver leurs clients précédents et à rétablir une distribution aussi efficace qu’auparavant.

Les FAG opèrent depuis des camps situés autour de barrages fluviaux afin de repérer les points de passage et saisir ensuite la marchandise. Ces destructions affectent directement l’activité des garimpeiros et les profits engrangés puisqu'il y a moins de vivres et d’outils qui parviennent aux chantiers ce qui provoque à terme l’augmentation des coûts de fonctionnement des chantiers, parfois jusqu’à l’asphyxie de l’activité.

Ces résultats doivent être cependant largement modérés avec l'évidente augmentation des activités d'orpaillage illégal dans les années 2010[1].

Forces françaises engagées[modifier | modifier le code]

Arme de fabrication artisanale saisie par la Gendarmerie en Guyane
Arme de fabrication artisanale saisie par la Gendarmerie en Guyane

Trois cent cinquante militaires des Forces armées en Guyane et jusqu'à deux cents gendarmes sont déployés en permanence sur les réseaux fluviaux pour tenter de neutraliser les flux logistiques des orpailleurs et en forêt pour démanteler les sites d’exploitation d’or illégaux.

Parmi les éléments engagés, figurent les Douanes, la Direction centrale de la police aux frontières (DCPAF), la Gendarmerie (avec des unités locales dont l'Antenne du GIGN et des unités déplacées : escadrons de Gendarmerie mobile, pelotons d'intervention de la Garde républicaine) , l’Armée de terre (3e REI, 9e RIMa et de nombreuses unités d'infanterie et de génie en missions de courte durée), des hélicoptères et des avions de l’Armée de l'air, le Parquet, ainsi que des agents de l’Office national des forêts[2].

Le dispositif aérien était composé d’un avion CASA, de trois hélicoptères Puma, d’un hélicoptère Fennec et d’un hélicoptère EC-145 de la gendarmerie. Il a permis la mise en place des militaires aux abords immédiats du site d’exploitation Le soutien sanitaire a été assuré au plus près par deux équipes du service de santé des armées (SSA).

La Marine nationale peut intervenir aux embouchures des fleuves et faire part de son expertise sur certaines opérations.

En 2010, près de 600 opérations se sont traduites par l’interpellation de 1 500 étrangers en situation irrégulière.

Bilan humain pour les forces françaises[modifier | modifier le code]

Le 8 juillet 2010, Julien Giffard, un soldat de 1re classe du 1er Régiment d'infanterie, disparaît dans la rivière Tampok après qu’une embarcation clandestine a percuté une pirogue militaire. Son corps est retrouvé sans vie quatre jours plus tard. Son décès est le premier de l’opération Harpie[3].

Le 27 juin 2012, deux militaires, l’adjudant Stéphane Moralia, 29 ans, et le caporal-chef Sébastien Pissot, 34 ans, du 9e régiment d'infanterie de marine de Cayenne sont tués et quatre gendarmes du Groupe de pelotons d'intervention (GPI) de la gendarmerie en Guyane sont blessés, dont deux grièvement, dans une embuscade lors d'une opération conjointe entre l’armée et la gendarmerie dans la région de Dorlin, à environ 150 km au sud-ouest de Cayenne et à l’est de Maripasoula[4]. Le caporal-chef Pissot a été tué alors qu’il portait secours aux premiers blessés[5]. Près de 120 gendarmes français dont 22 membres du GIGN (ainsi que des unités des FAG sur place ont été mobilisés au cours de l'opération Alatale Nui[6] pour participer à une traque d’une ampleur sans précédent au cœur de la jungle à la poursuite des agresseurs. Le 27 juillet, trois suspects sont arrêtés par les forces de l’ordre[7].

Honneur et remerciements[modifier | modifier le code]

Depuis le 1er mars 2008, la médaille de la protection militaire du territoire possède l’agrafe Harpie et est décernée aux militaires ayant effectué trente jours de présence continus ou discontinus sur l'opération Harpie.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]