Mouvement flamand

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant la Région flamande
Cet article est une ébauche concernant la Région flamande.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

La forme ou le fond de cet article sur la politique est à vérifier. (indiquez la date de pose grâce au paramètre date)

Améliorez-le, ou discuter des points à vérifier. Si vous venez d'apposer le bandeau, merci d'indiquer ici les points à vérifier.

Article connexe : Nationalisme flamand.
Le drapeau de combat flamand, symbole du mouvement flamand.

On appelle collectivement mouvement flamand l'ensemble des associations et des individus qui mettent l'accent sur l'émancipation du peuple flamand dans le contexte belge. Sur le plan social, cette aspiration se traduit généralement par un combat en faveur d'une décentralisation de la structure de l'État.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origine revendiquée : la bataille de Courtrai[modifier | modifier le code]

Le 11 juillet 1302 eut lieu la Bataille des éperons d'or, appelée aussi bataille de Courtrai, qui vit des soldats principalement flamands vaincre le roi de France. Cette bataille, qui avait presque été oubliée pendant des siècles, est revendiquée depuis le XIXe siècle comme symbole de la conscience flamande. La date anniversaire de la bataille, le 11 juillet, est la fête officielle de la communauté flamande[1].

Avant l'indépendance[modifier | modifier le code]

Dans les Pays-Bas espagnols puis autrichiens au XVIIIe siècle et jusqu'à la Révolution brabançonne, la langue des lettrés est l'espagnol puis progressivement le français, mais accompagnés d'une langue vernaculaire. Les problèmes linguistiques ne se posaient alors pas.

C'est en 1788 que Jean-Baptiste Verlooy, juriste et home politique du sud des Pays-Bas publie un essai: « d'onacht der moederlycke tael » ou : sur l'indifférence envers la langue maternelle. On considère que c'est le premier mouvement faveur de la langue flamande, mais aussi de la liberté et la démocratie.

Avec la révolution française et Napoléon, jusqu'en 1815, la Belgique est rattachée à la France, qui impose sa langue officielle, ce qui a pour conséquence que les classes supérieures, wallonnes ou flamandes parlent le français[2].

Avant l'indépendance, de 1815 à 1831, la Belgique est sous le contrôle des Pays-Bas du roi Guillaume 1er des Pays-Bas, qui impose le néerlandais comme langue officielle[3] provoquant la colère des flamands au nord et des francophones au sud. Historiquement, Flandre et Pays-Bas ont été séparés au XVIIe siècle, avec l'indépendance des Pays-Bas espagnols, et la différence, notamment religieuse, est toujours présente. La Flandre catholique et son clergé sont ainsi violemment hostiles au royaume protestant, une des principales raisons de la Révolution belge.

À partir de l'indépendance[modifier | modifier le code]

La Belgique, à partir de son indépendance en 1831, devient un État unilingue francophone, car les classes dominantes, tant en Flandre qu'en Wallonie, parlent, principalement, le français. La vie publique en Flandre était donc dominée par le français (dans la politique, la justice, l'enseignement supérieur, l'armée, etc.). La connaissance du français constituait une sorte de barrière sociale.

La plupart de la population parle alors wallon, flamand, brabançon ou limbourgeois, qui ne sont pas des langues normées et unifiées. Lorsque la Wallonie effectue sa conversion linguistique du wallon au français, qui sont proches, la langue flamande plus proche du néerlandais que du français est vue comme menacée, et pas uniquement par des flamands, par exemple Lucien Jottrand, qui était wallon, catholique et membre du Congrès national, plus tard libéral radical, s'engagea très tôt en faveur du flamand. Il semble que la diversité des parlers flamands ait été un frein à leur reconnaissance, empêchant d'avoir une langue et une culture commune. Une certaine discrimination envers les flamands est alors observée.

L'émergence du mouvement flamand[modifier | modifier le code]

Les premières réactions contre la domination du français viennent des milieux artistiques, avec des écrivains tels que Hendrik Conscience, Albrecht Rodenbach et Guido Gezelle. Progressivement s'établit un flamingantisme culturel généralisé, bien que les artistes eux-mêmes appartiennent à la bourgeoisie.

À partir de 1870, le mouvement flamand reçut une base populaire plus large. Il s'apparenta de plus en plus à un mouvement politique avec des exigences telles que la néerlandisation totale de l'enseignement et de la vie publique en Flandre. Le mouvement étudiant flamand était à la base de cette évolution. Une intelligentsia catholique émergea avec des figures telles que August Vermeylen, Hugo Verriest, Cyriel Verschaeve, Frans Van Cauwelaert et Julius Vuylsteke.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Lors de la Première guerre mondiale, il a été rapportée que les soldats flamands ne comprenaient pas les ordres de leurs officiers supérieurs, et qu'ils étaient maltraités pour l'utilisation de leur langue[4]. Tous les ordres de l'armée étaient donnés en français, mais les sous-officiers étaient souvent bilingues[5]. Le problème semble avoir été moindre que celui des soldats français parlant patois et fusillés pour n'avoir pas obéi à des ordres qu'ils ne comprenaient pas, de plus, le roi Albert avait refusé les assauts inutiles, on ne sait donc pas vraiment parler de "chair à canon" pour les soldats flamands.

11 juillet 1917: soldats flamands arborant leur lion lors de la fête de la Flandre.

Une grande partie de la Belgique (à l'exception du voisinage de l'Yser) étant envahie, le mouvement flamand se divisa en trois groupes : les activistes, qui collaborèrent avec l'occupant allemand pour atteindre leurs objectifs, les passivistes, qui refusèrent toute collaboration avec l'occupant et le mouvement frontiste, qui lutta au front contre la domination du français au sein de l'armée belge. Ces derniers signalèrent leur mécontentement en plaçant des tombes portant les pierres AVV-VVK (Alles voor Vlaanderen-Vlaanderen voor Kristus, « Tous pour la Flandre – la Flandre pour le Christ ») sur les tombes de centaines de soldats flamands morts sur le front.

Seconde Guerre Mondiale et Collaboration[modifier | modifier le code]

Durant l'entre-deux-guerres, le mouvement flamand s'organisa politiquement autour du Frontpartij. Le 9 décembre 1928, Auguste Borms, un ancien activiste, fut plébiscité à Anvers lors d'une élection partielle. En 1932, le mouvement flamand obtint une première victoire : les premières lois linguistiques. Il connut aussi une évolution : alors qu'au départ il s'agissait d'un mouvement démocratique et progressiste, il s'apparenta de plus en plus à la droite autoritaire avec comme émanation le Vlaamsch Nationaal Verbond (VNV) et le Verdinaso. Durant la Seconde guerre mondiale, lors de la campagne des 18 jours, les troupes flamandes manquaient de combativité alors que certains belges en exode en France étaient appelés "boches du nord". Certaines composantes du mouvement flamand collaborèrent à nouveau avec les Allemands. À l'armistice, les collaborateurs furent poursuivis ; certains furent condamnés à mort, comme Leo Vindevogel et Auguste Borms.

Question royale[modifier | modifier le code]

Après la fin de la Seconde guerre mondiale, la question se pose si Léopold III, accusé de collaboration serait autorisé à régner de nouveau. Au référendum organisé, plus de 70% des flamands sont favorables au retour du roi, contre près de 60% des wallons opposés. Devant un début de déstabilisation de l'unité nationale, le roi abdique en faveur de son fils Baudouin, ce qui règle dans l'immédiat le conflit.
Le mouvement flamand se voit refuser la victoire au référendum (58% de oui sur toute la Belgique) et se radicalise, tandis qu'il prend conscience de sa force électorale (environ 60% de la Belgique serait flamande).

Le Walen Buiten et la régionalisation[modifier | modifier le code]

La destruction de la tour de l'Yser en 1946 et la Question royale donnèrent une nouvelle impulsion au mouvement flamand. Il reçut à nouveau un important soutien populaire entre 1957 et 1965. L'opposition au recensement linguistique conduisit à deux importantes marches sur Bruxelles rassemblant des dizaines de milliers de manifestants. La frontière linguistique fut fixée définitivement en 1962. En 1968 suivit le combat pour la néerlandisation de l'Université catholique de Louvain (voir affaire de Louvain appelée aussi Walen buiten). Puis avec le Pacte d'Egmont, la question de Bruxelles se pose.

Participation au pouvoir[modifier | modifier le code]

En 1977, la Volksunie, fondée en 1954, fut impliquée dans les négociations de la deuxième réforme de l'État. Les négociations aboutirent au pacte d'Egmont, nommé d'après le palais d'Egmont, où se tinrent, de nuit, les réunions secrètes. L'accord dut faire face à d'importantes protestations : l'aile droitière, radicale et antibelge du mouvement flamand estima qu'il était trop avantageux pour les francophones. Malgré les protestations, l'assemblée de la Volksunie approuva l'accord par une majorité des deux tiers. Néanmoins le Premier ministre Leo Tindemans finit par démissionner. Le pacte ne fut donc jamais appliqué. Le pacte d'Egmont provoqua finalement une scission au sein de la Volksunie, qui mena à la création du Vlaams Blok en 1978. Après la troisième réforme de l'État en 1988, un régime fédéral fut définitivement instauré en Belgique, ce qui fut officiellement entériné par les accords de la Saint-Michel en 1993.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Le nationalisme flamand est actuellement la tendance dominante du mouvement flamand. Une tendance très récente dans le mouvement est l'attention accordée aux immigrants (appelés « nouveaux Flamands »), notamment au sein du comité du pèlerinage de l'Yser, de l'OVV et du VOS (nl).

Question économique[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1960, la Flandre est plus riche que la Wallonie. Le PIB par habitant en 2007 est de 28286€ en Flandre, contre 20191€ en Wallonie[6],[7] . La région de Bruxelles-capitale concentre également une grande partie des richesses. Certaines taxes sont différentes par région, et des revendications concernant une plus grande séparation existent[8],[9]. Par ailleurs, en cas de séparation, la charge de la dette Belge ne saurait être supportée seule par la Flandre[10].

Une étude de l'université de Namur [11] estime à 7 milliards d'euros par an l'argent prélevé en Flandre et redistribué en Wallonie. En 2007, l'université catholique de Louvain estimait cette somme à 5,7 milliards[12].Selon Vives, en comptant Bruxelles, le transfert du Nord vers le Sud atteint plus de 11 milliards[13]. En 2015, le Vlaamse Belang a conduit 16 camions de Flandre en Wallonie, censés représenter les transferts d'argent d'un montant de 16 milliards d'euros, accompagnés du slogan "genoeg is genoeg" (trop c'est trop)[14]. Déjà il y a 10 ans la N-VA avait déversé 11,3 milliards de faux billets devant l'ascenseur de Strépy-Thieu pour dénoncer ces transferts financiers[15].

Différentes tendances[modifier | modifier le code]

On distingue les orangistes, favorables aux Pays-Bas, dont le nom vient des Orange-Nassau, rois des Pays-Bas; les séparatistes, favorables à une Flandre indépendante, comportant certains membres du Vlaams Belang; les confédéralistes, qui veulent une Flandre belge avec une forte autonomie, parmi lesquels on retrouve CD&V SPA et VLD; et les fédéralistes (Flandre belge avec une plus faible autonomie).

Partis politiques liés au mouvement[modifier | modifier le code]

Parti Abréviation Idéologie
Christen-Democratisch en Vlaams CD&V Démocratie chrétienne
Nieuw-Vlaamse Alliantie N-VA Droite conservatrice
Vlaams Belang VB Extrême droite
Liste Dedecker LDD Populisme

L'Open VLD, Groen! et le SPA possèdent également une aile proche du mouvement flamand.

À l'Open VLD, cette aile se concentre notamment autour de ses élus locaux du Brabant flamand et du think tank Nova Civitas. Au SPA, il s'agit principalement des figures suivantes : Bert Anciaux, Leo Peeters, Frank Vandenbroucke et surtout Norbert De Batselier. Ce dernier est l'auteur de Het Sienjaal, avec Maurits Coppieters.

Les petits partis suivants sont également liés au mouvement flamand :

Associations liées au mouvement[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]