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Flandre wallonne

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Flandre wallonne
Flandre wallonne
Le territoire de la Flandre wallonne, de la Flandre maritime et des Flandres artésiennes à la veille de la Révolution française.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Pays traditionnel
Province Drapeau de la Flandre Flandres
Capitale historique Lille
Villes principales Tourcoing
Roubaix
Armentières
La Bassée
Comines

La Flandre wallonne (Comitia Flandriae Wallonensis en latin) appelée aussi Flandre romane ou Flandre gallicante, est la partie de l'ancienne province de Flandre française qui comprenait les territoires des « pays » de Lille, Douai et Orchies. Sa capitale est Lille.

Ses habitants étaient appelés « les Flamands wallons » et parlaient aussi le dialecte picard avant le français[1]. Le flamand était cependant parlé dans une bonne moitié du territoire, au nord de Lille.

C'est une dénomination principalement politique même si elle fut également de manière sporadique assimilée aux termes Flandre romane et Flandre gallicante qui sont purement linguistiques.

Définition

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La Flandre wallonne comprenait les territoires des « pays » de Lille, Douai et Orchies. Dans l'ancien comté de Flandre un « pays », ou « quartier », désignait la subdivision d'une châtellenie. Par exemple, la châtellenie de Lille comprenait les pays de Carembault, de Ferrain, de Mélantois, de Pévèle et des Weppes (ou la Weppe).

Elle désigne à peu près le même territoire, le bailliage de Douai et la Châtellenie de Lille, mais à deux époques différentes. À l'époque des Pays-Bas espagnols, c'est la partie de la Flandre romane qui a signé le Traité d'Arras le . Après le Traité de Nimègue, la Flandre wallonne est une intendance qui forme avec celle de la Flandre maritime la province française de Flandre.

Culture locale

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Une bonne partie de la Flandre wallonne n'a jamais eu le flamand comme langue maternelle, le dialecte fut de tout temps le picard. Ainsi, dans le Dictionnaire Rouchi-Français de 1834, on regroupe les parlers de Lille et Douai avec ceux de Saint-Amand, Tournai, Bouchain, Cambrai, Valenciennes et Quiévrain dans un ensemble appelé rouchi[2].

Linguistiquement, on rapproche donc le sud de la Flandre wallonne, du Hainaut. Il arrive ainsi de qualifier ces secteurs de Picardie inférieure ou Basse-Picardie, située proche de la Flandre et du Brabant[3],[4], par opposition à une Haute-Picardie tournée vers Amiens[5].

A l'inverse, les alentours de Comines, Armentières et Tourcoing où l'on parle de nos jours les variétés circum-lilloises, étaient autrefois de langage flamand[6].

Le flamand dans la vallée de la Lys.

Au 19e siècle, le flamand est présent dans certaines communes du sud de la Lys à Warneton, Wervicq, Halluin et Roncq[7], selon Hermann Suchier, la population est mêlée à Halluin et Roncq[8].

Dans le circum-lillois[9], il y avait des conférences en flamand des les communes d'Armentières, Croix, Roubaix et Tourcoing. L'usage populaire du flamand était présent dans les messes à Roncq après 1891[10].

Bien qu'il ne soit plus la langue populaire des pays des Weppes et du Ferrain, il en reste cependant une langue spécifique des catégories ouvrières encore au 20e siècle, ainsi selon Firmin Lentacker, il forme un dialecte local populaire, ignoré des gens ayant connus une scolarisation française[11]. Selon Michel Hastings, dans le bilinguisme de la vallée de la Lys, les communes de Bousbecque, Wervicq-Sud, Halluin et Roncq se démarquent par la dominance du flamand[12].

Encore aujourd'hui, le flamand reste parler à Halluin[13], et de nombreuses communes de la partie belge du Ferrain accordent des facilités linguistiques aux néerlandophones, comme à Comines, Warneton, Ploegsteert, Houtem, Bas-Warneton, Mouscron, Dottignies, Herseaux et Luingne.

Bibliographie

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  • Adrien Bavelier, Essai historique sur le Droit d'élection et sur les anciennes assemblée représentatives de la France, Éd. Mégariotis Reprints, Genève, 1979, p269 [lire en ligne]

Articles connexes

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Lien externe

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Notes et références

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  1. Lebon, La Flandre Wallonne aux 16e et 17e siècle suivie... de notes historiques relatives à la Flandre flamingante et principalement à la ville de Bailleul..., , 220 p. (lire en ligne), p. 31.
  2. Dictionnaire Rouchi-Français (3ème édition),
  3. Le Grand dictionnaire historique, t. IX, (lire en ligne), p. 18
  4. Jean Baptiste d'Audiffret, La Géographie ancienne, moderne et historique, Jean Baptiste Coignard, (lire en ligne), p. 338
  5. (la) Bartholomaeus : Anglicus, De proprietatibus rerum, apud Wolfgangum Richterum, impensis Nicolai Steinii, not. & bibliopolae, , p. 690
  6. au Moyen-Age
  7. Victor Derode, Histoire de Lille et de la Flandre wallonne: 4. Chapitres complémentaires, suivis de souvenirs lillois (lire en ligne), p48
  8. Hermann Suchier, Le français et le provençal (lire en ligne)
  9. nord de Lille (Armentières, Comines, Roubaix, Tourcoing, Mouscron)
  10. Rester Catholique en France: L’encadrement religieux destiné aux migrants belgo-flamands du Lillois, de Paris et des campagnes françaises 1850-1960 (lire en ligne)
  11. Firmin Lentacker, En marge d'une métropole : Hier et aujourd'hui dans « la vallée de la Lys », (communes d'Halluin, Roncq et Bousbecque) (lire en ligne)
  12. Michel Hastings, Halluin la rouge 1919-1939: Aspects d'un communisme identitaire (lire en ligne)
  13. « Mark Ingelaere et la recherche des derniers Mohicans de Flandre française »