Lundi noir (1360)

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Siège de Chartres
Description de cette image, également commentée ci-après
Le roi Édouard III, pris avec son armée sous la tempête dans les champs de Sours et qui dévaste leur campement, implore le pardon de Dieu et envisage la paix. En arrière-plan, on reconnaît la cathédrale de Chartres. Lithographie tirée de l'ouvrage : A Chronicle of England, p. 313 - Edward Vows That He Will Make Peace.
Informations générales
Date 13 - 14 avril 1360
Lieu périphérie de Chartres (France)
Issue Défaite anglaise
Belligérants
Blason pays fr FranceAncien.svg Royaume de FranceRoyal Arms of England (1340-1367).svg Royaume d'Angleterre
Commandants
Blason Abbaye Cluny.svg Androin de la RocheRoyal Arms of England (1340-1367).svg Édouard III
Arms of the Prince of Wales (Ancient).svg Édouard de Woodstock
Sir Walter Manny, 1st Baron Manny, KG.png Wauthier de Masny[1],[2]
Arms of Edmund Crouchback, Earl of Leicester and Lancaster.svg Henry de Grosmont
Thomas de Beauchamp Arms.svg Thomas de Beauchamp
Thomas de Beauchamp Arms.svg Guy de Beauchamp
Forces en présence
faibles10,000 hommes
Pertes
nulles1,000 morts

Guerre de Cent Ans

Batailles

Guerre de Cent Ans

Le Lundi noir (anglais : Black Monday) eut lieu le lundi de Pâques de 1360 pendant la Guerre de Cent Ans, lorsqu'une immense tempête a frappé l'armée anglaise[3]. Cette tempête a tué environ 1 000 hommes et a été si dévastatrice qu'elle a causé plus de pertes militaires anglaises que n'importe laquelle des batailles de la guerre de Cent Ans livrées jusque-là[4].

Le siège de Chartres[modifier | modifier le code]

Le 5 avril 1360, Édouard III d'Angleterre conduit son armée de 10,000 hommes aux portes de Paris. Il a sous ses ordres 4,000 archers, 700 mercenaires continentaux et 5,000 cavaliers[1]. Il est suivi par ses plus fidèles compagnons d'armes dont Édouard de Woodstock, Henry de Grosmont, Guillaume de Bohun, Thomas de Beauchamp et Wauthier de Masny. Ces hommes s'étaient distingués lors des grandes victoires anglaises contre la France pendant les deux décennies précédentes. Les défenseurs de Paris sont sous les ordres du dauphin Charles de France. Ils refusent pourtant de livrer bataille, malgré les invitations du roi Édouard III. Sentant le temps tourner en faveur du dauphin, Édouard quitte Paris, pille la campagne environnante et se dirige vers Chartres.

Le 13 avril, jour du Lundi de Pâques, l'armée anglaise arrive devant les murailles de Chartres. Les défenseurs français refusent là aussi de livrer bataille et se réfugient derrière les puissantes fortifications de la ville. Le siège de Chartres commence, bien que les Français, conduits par l'évêque Androin de la Roche, soient largement en infériorité numérique.

La première nuit du siège, l'armée anglaise campe près de Chartres dans un champ ouvert. Une tempête soudaine éclate et la foudre frappe plusieurs soldats anglais. La température chute soudainement et des grêlons énormes s'écrasent sur le sol. La pluie qui tombe devient verglaçante. Paniqués, les chevaux se dispersent. Les cavaliers sont pris au piège et beaucoup sont tués en étant frappés par la grêle, car leurs tentes ne peuvent résister à la tempête et sont rapidement déchirées. Les équipements des Anglais sont perdus. En un quart d'heure, le froid intense et la tempête violente ont tué près d'un millier d'Anglais, ainsi que 6,000 de leurs montures. Parmi les morts, on compte Guy de Beauchamp, fils aîné de Thomas de Beauchamp, un des fidèles compagnons d'Édouard III.

Édouard est convaincu que ce phénomène est une punition divine face à son entêtement à vouloir poursuivre la guerre. Pendant la tempête, il serait descendu de sa monture et se serait agenouillé en direction de la cathédrale de Chartres. Il promet de faire la paix avec la France.

Peu après la fin de la tempête, le lendemain, l'évêque Androin de la Roche arrive au camp anglais avec des propositions de paix. Édouard III accepte les conditions sur les conseils de son ami Henry de Grosmont[5]. Le même jour, Édouard commence à battre en retraite avec son armée, mettant fin au siège de Chartres qui n'avait duré qu'un jour.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Le chroniqueur français Jean de Venette considère cette tempête apocalyptique comme la résultante du pillage par les Anglais de la campagne française pendant le jeûne de la période de carême.

Trois semaines plus tard, le 8 mai 1360, le traité de Brétigny fut signé, marquant la fin de la première phase de la guerre de Cent Ans[6].

Le souvenir de l'événement se retrouve dans l'œuvre de Shakespeare[7],[8] :

« It was not for nothing that my nose fell a-bleeding on Black Monday last, at six o'clock i' the morning.
Ce n'est pas pour rien que mon nez s'est mis à saigner ce dernier Lundi noir, à six heures du matin »

— Shakespeare: Le Marchand de Venise, ii. 5.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Clifford J. Rogers, The Wars of Edward III: Sources and Interpretations, Boydell & Brewer, (ISBN 9780851156460, lire en ligne)
  2. Jonathan Sumption, Hundred Years War Vol 2: Trial By Fire, Faber & Faber, (ISBN 9780571266593, lire en ligne)
  3. Eleanor Cracknell, Assistant Archivist, cites: Barnes, J., The History of that Most Victorious Monarch Edward IIId (Cambridge, 1688), p. 583. in 'A King is Born at Windsor', Windsor Castle Chapel Archives and Chapter Library at stgeorges-windsor.org
  4. Ian Mortimer, Edward III: The Perfect King, RosettaBooks, (ISBN 9780795335464, lire en ligne)
  5. Barbara W. Tuchman, A Distant Mirror: The Calamitous 14th Century, Random House Publishing Group, (ISBN 9780307793690, lire en ligne)
  6. James Bothwell, The Age of Edward III, Boydell & Brewer, (ISBN 978-1-903153-06-2, lire en ligne)
  7. (en) Notes and Queries, Oxford University Press, (lire en ligne)
  8. « Hail kills English troops », sur HISTORY.com (consulté le 22 janvier 2016)