Khamsa (symbole)

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Cette main s'appelle la "main de Fatima ". Elle est tout simplement un porte-bonheur

Khamsa utilisée comme pendentif

pour les personnes du nord de l'Afrique comme le sont, en d'autres régions du monde, une perle bleue ou une patte de lapin. Cela relève de la légende, du mythe populaire et de la superstition, et non de la foi religieuse musulmane. La khamsa ou khomsa, nom provenant du mot arabe (خمسة) désignant le chiffre cinq, est un symbole utilisé comme amulette, talisman et bijou par les habitants du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord pour se protéger contre le mauvais œil[1].

Il est également appelé couramment main de Fatma ou main de Fatima.

Le symbole[modifier | modifier le code]

La khamsa est une sorte de « main protectrice » ou de « main de Dieu ». Certains associent le signe des cinq doigts aux cinq piliers pour les sunnites ou aux cinq du manteau (Ahl al-Kisa) pour les chiites qui aurait comme effet de protection. Cette symbolique a sans doute évolué dans le temps au regard des preuves archéologiques. En effet, ce symbole existait dans la religion punique où il était associé à la déesse Tanit. Récemment, des promoteurs de la paix au Moyen-Orient ont choisi de porter la khamsa comme symbole d'une communauté d'origines et de traditions entre islam et judaïsme.

Les doigts pointent vers le haut ou vers le bas selon les goûts ou la décoration qui y est associée.

Tradition nord-africaine[modifier | modifier le code]

Soldats marocains tenant une « main de Fatma » en 1915.

La khamsa est essentiellement répandue dans le monde nord-africain et se voit vendue sous différentes formes, en particulier en Algérie, en Égypte, au Maroc et en Tunisie. Elle est souvent peinte sur les façades des maisons et des plaques, souvent réalisées en céramique de couleur turquoise, sont très communes dans l'Égypte moderne. Toutefois, beaucoup de Nord-Africains, chrétiens ou musulmans, la considèrent simplement comme un symbole de superstition : ils pensent que Dieu seul les protège et que la khamsa peut être interprétée comme un totem lié à de l'idolâtrie, ce qui constitue un péché majeur dans l'islam.

Aspect islamique[modifier | modifier le code]

Le sunnisme sous ses formes rigoristes ne reconnaît pas l'utilisation de la khamsa ni, a fortiori, la protection qui en découlerait. Selon ces écoles de pensée, Allah seul protège les croyants et c'est à lui que toute personne doit demander de l'aide : le faire par le moyen de la khamsa relèverait d'une forme de polythéisme car le risque serait de croire que la khamsa apporte par elle-même une protection, ce qui reviendrait à la diviniser.

En revanche, contrairement au sunnisme de stricte observance, le chiisme reconnaît une place à un signe qui réfère à Dieu. Les doigts de la khamsa y sont fréquemment gravés des cinq noms très respectés : Mahomet, Ali, Fatima, Hassan et Hussein. Louis Massignon (in « Écrits mémorables I », Bouquins, Laffont, 2009, (p. 249)) explique que, pour certains groupes minoritaires, appartenant au chiisme ou même à certains groupes soufis sunnites, cette main serait un rappel du nombre des prières à pratiquer quotidiennement, chacune de ces prières étant plus ou moins liée à l'un de ces cinq noms fondateurs.

Comparaison possible avec d'autres symboles

Une comparaison est possible avec d'autres symboles porte-bonheur :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]