Journées cinématographiques de Carthage

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Journées cinématographiques de Carthage
Image illustrative de l’article Journées cinématographiques de Carthage

Date de création 1966
Créateur Tahar Cheriaa
Prix principal Tanit d'or
Édition courante Journées cinématographiques de Carthage 2018
Durée 7 jours
Lieu Tunis
Siège social Cité de la Culture - Bloc Cinéma
Tunis
Site web jcctunisie.org

Les Journées cinématographiques de Carthage (arabe : أيام قرطاج السينمائية) ou JCC sont un festival de cinéma qui se tient tous les deux ans à Tunis, capitale de la Tunisie, en alternance avec les Journées théâtrales de Carthage. Les JCC deviennent un festival annuel en 2015.

Il est à ce jour la plus ancienne manifestation de ce genre encore active en Afrique[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Tahar Cheriaa, créateur des Journées cinématographiques de Carthage

Imaginée par le cinéaste Tahar Cheriaa et lancée officiellement en 1966 par le ministre tunisien de la Culture, Chedli Klibi, cette manifestation, une première du genre dans le monde arabe, a pour objectif premier de mettre en avant le cinéma d'Afrique subsaharienne et du monde arabe, créer des ponts de dialogues entre le Nord et le Sud et proposer une rencontre entre cinéastes et amoureux du cinéma de tous bords[2].

C'est ainsi que Klibi dit alors :

« Nous espérons d'abord un dialogue. Un dialogue, franc, lucide, sans arrière-pensées. Mais nous sommes sûrs qu'un tel dialogue ne peut conduire qu'à une meilleure connaissance réciproque entre Africains et Européens, entre Méditerranée du Sud et Méditerranée du Nord. »

À l'occasion de la 22e édition en 2008, Fawzia Zouari souligne l'aspect plus glamour du festival qui « a déroulé le tapis rouge à ses invités », en rupture avec l'esprit militant qui l'a longtemps caractérisé, ce que confirme le cinéaste Moncef Dhouib[1]. De plus, la concurrence accrue entre festivals réduit d'autant les inédits dont pouvaient bénéficier les JCC jusque-là, sans compter que le cinéma d'Afrique subsaharienne a vu le nombre de ses productions diminuer (quatre films représentés sur un total de 18 en 2008)[1]. Le fait que le festival ne dispose pas d'une structure administrative permanente pose également problème selon les organisateurs eux-mêmes[1].

La 25e édition des JCC se tient du 29 novembre au 5 décembre dans 22 salles de cinéma en Tunisie. La présidence du jury est confiée à l'acteur et producteur américain Danny Glover[3]. Cette édition est dirigée par Dora Bouchoucha[4].

En 2016, Ibrahim Letaïef est viré de son poste de directeur des JCC[5] et remplacé par le producteur Néjib Ayed[6],[7].

La 28e édition, qui a lieu du 4 au 11 novembre 2017, met le cinéma algérien à l'honneur[8].

La 30e édition doit avoir lieu du 26 octobre au 2 novembre 2019.

Programme[modifier | modifier le code]

Le programme officiel comprend plusieurs sections : la « compétition officielle » et la « section panorama » qui sont ouvertes aux films arabes et africains, la « section internationale » qui est ouverte aux films récents et de grande qualité artistique, une « section hommage » destinée au cinéma national ou à un cinéaste de renom, ainsi qu'un « atelier des projets » destiné à favoriser le développement des projets de films africains et arabes par l'octroi de « bourses au scénario » et une section vidéo compétitive.

Le principal prix, le Tanit d'or, tirant son nom de la déesse phénicienne Tanit, est doté en 2008 d'un prix de 20 000 dinars tunisiens[1].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Session Dates Tanit d'or Tanit d'argent Tanit de bronze
1re 4-11 décembre 1966 La Noire de... de Ousmane Sembène (Sénégal) Le Premier cri de Jaromil Jireš (Tchécoslovaquie) Non décerné
2e 13-20 octobre 1968 Non décerné Le veilleur de nuit de Khalil Chawki (Irak) Mokhtar de Sadok Ben Aïcha (Tunisie)
3e 11-18 octobre 1970 Ensemble de l'œuvre de Youssef Chahine (Égypte) dont Le Choix Des hommes au soleil de Nabil Maleh (en) (Syrie) de Marouane El Mouadhen (Syrie) de Mohamed Chahine (Syrie) Wechma de Hamid Bénani (Maroc)
Une si simple histoire d'Abdellatif Ben Ammar (Tunisie)
Khlifa le teigneux de Hamouda Ben Halima (Tunisie)
4e 30 septembre-8 octobre 1972 Les Dupes de Tawfiq Saleh (Syrie)
Sambizanga de Sarah Maldoror (République du Congo)
Mon village, un village parmi d'autres de Taïeb Louhichi (Tunisie)
 Le Charbonnier de Mohamed Bouamari (Algérie) Et demain... ? de Brahim Babaï (Tunisie)
Lambaye de Mahama Johnson Traoré (Sénégal)
La mer cruelle de Khaled Essedik (Koweït)
5e 26 octobre-2 novembre 1974 Les Bicots-nègres, vos voisins de Med Hondo (Mauritanie)
Kafr kasem de Borhane Alaouié (Liban / Syrie)
Sejnane d'Abdellatif Ben Ammar (Tunisie) Non décerné
6e 14-23 octobre 1976 Les Ambassadeurs de Naceur Ktari (Tunisie / Libye / France) Muna Moto (L'Enfant de l'autre) de Jean-Pierre Dikongué Pipa (Cameroun) Nationalité : immigré de Sidney Sokhona (Mauritanie)
7e 16-26 octobre 1978 Les Aventures d'un héros de Merzak Allouache (Algérie) Baara de Souleymane Cissé (Mali) Chafika et Metwalli d'Ali Badrakhan (Égypte)
8e 15-23 novembre 1980 Aziza d'Abdellatif Ben Ammar (Tunisie) Ali au pays des mirages d'Ahmed Rachedi (Algérie) Fad'jal de Safi Faye (Sénégal)
9e 22-30 octobre 1982 Finyè de Souleymane Cissé (Mali) Le Don de Dieu de Gaston Kaboré (Burkina Faso) Non décerné
10e 12-21 octobre 1984 Les Rêves de la ville de Mohammad Malas (en) (Syrie) Porté disparu de Mohamed Khan (Égypte) Les coopérants d'Arthur Sibita (Cameroun)
11e 14-25 octobre 1986 L'Homme de cendres de Nouri Bouzid (Tunisie) Le Moulin de monsieur Fabre d'Ahmed Rachedi (Algérie) Nyamanton, la leçon des ordures de Cheick Oumar Sissoko (Mali)
12e 21-29 octobre 1988 Noce en Galilée de Michel Khleifi (Palestine) Zan Boko de Gaston Kaboré (Burkina Faso) Arab de Fadhel Jaïbi (Tunisie) de Fadhel Jaziri (Tunisie)
13e 26 octobre-3 novembre 1990 Halfaouine, l'enfant des terrasses de Férid Boughedir (Tunisie) La Rose des sables de Rachid Benhadj (Algérie) Mortu Nega de Flora Gomes (Guinée-Bissau)
14e 2-10 octobre 1992 La Nuit (en) de Mohammad Malas (en) (Syrie) Samba Traoré (en) de Idrissa Ouedraogo (Burkina Faso) Les Yeux bleus de Yonta de Flora Gomes (Guinée-Bissau)
15e 12-19 novembre 1994 Les Silences du palais de Moufida Tlatli (Tunisie) Bab El-Oued City de Merzak Allouache (Algérie) Le Ballon d'or de Cheik Doukouré (Guinée)
16e 11-20 octobre 1996 Salut cousin ! de Merzak Allouache (Algérie) Po di sangui de Flora Gomes (Guinée-Bissau) Haïfa de Rashid Masharawi (Palestine)
17e 23-31 octobre 1998 Vivre au paradis de Bourlem Guerdjou (Algérie) La sueur des dattes de Redwan al-Kashif (Égypte) Faraw, une mère des sables d'Abdoulaye Ascofaré (Mali)
18e 20-28 octobre 2000 Dolé de Imunga Ivanga (Gabon) Les portes fermées d'Atef Hetata (Égypte) Sois mon amie de Naceur Ktari (Tunisie)
19e 18-26 octobre 2002 Le Prix du pardon de Mansour Sora Wade (Sénégal) Poupées d'argile de Nouri Bouzid (Tunisie) Hijack Stories (en) de Oliver Schmitz (Afrique du Sud)
20e 2-9 octobre 2004 À Casablanca, les anges ne volent pas de Mohamed Asli (Maroc) Lettre d'amour zoulou de Ramadan Suleman (it) (Afrique du Sud) Visions chimériques de Waha Al Raheb (Syrie)
21e 11-18 novembre 2006 Making of de Nouri Bouzid (Tunisie) Daratt de Mahamat Saleh Haroun (Tchad) Attente de Rashid Masharawi (Palestine)
22e 25 octobre- 1er novembre 2008 Teza de Hailé Gerima (Éthiopie) L'Anniversaire de Leila de Rashid Masharawi (Palestine) Khamsa de Karim Dridi (Tunisie)
23e 23-31 octobre 2010 Microphone d'Ahmad Abdalla (Égypte) Le voyage à Alger d'Abdelkrim Bahloul (Algérie) La Mosquée de Daoud Aoulad-Syad (Maroc)
24e 16-24 novembre 2012 La Pirogue de Moussa Touré (Sénégal) Mort à vendre de Faouzi Bensaïdi (Maroc) Sortir au jour de Hala Lotfy (Égypte)
25e 29 novembre-6 décembre 2014 Omar de Hany Abu-Assad (Palestine) C'est eux les chiens... de Hicham Lasri (Maroc) Before Snowfall de Hisham Zaman (Irak)
26e 21-28 novembre 2015 L’orchestre des aveugles de Mohamed Mouftakir (Maroc) La Rivière sans fin de Oliver Hermanus (Afrique du Sud) À peine j'ouvre les yeux de Leyla Bouzid (Tunisie / France / Belgique)
27e 28 octobre-5 novembre 2016 Zaineb n'aime pas la neige de Kaouther Ben Hania (Tunisie) Eshtebak de Mohamed Diab (Égypte) 3000 Nuits de Mai Masri (Palestine)
28e 4-11 novembre 2017 Comboio de Sal e Açucar de Licínio Azevedo (Mozambique) Les Initiés de John Trengove (Afrique du Sud) Volubilis de Faouzi Bensaïdi (Maroc)
29e 3-10 novembre 2018 Fatwa de Mahmoud Ben Mahmoud (Tunisie) Yomeddine d'Abu Bakr Shawky (Égypte) Le voyage inachevé de Joud Saïd (Syrie)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Fawzia Zouari, « Quel avenir pour Carthage ? », Jeune Afrique, 9 novembre 2008, p. 110-111
  2. Zeyneb Farhat, « Les Journées cinématographiques de Carthage : cette manifestation, fondée sur la représentation des films et les rencontres entre cinéastes, a pour but de promouvoir le cinéma national dans chacun des pays arabes et africains », Afkar/Idées,‎ , p. 105-107 (lire en ligne)
  3. « 25e édition des Journées cinématographiques de Carthage », sur institutfrancais-tunisie.com (consulté le 9 novembre 2017)
  4. « Dora Bouchoucha : "Les JCC sont un festival international et non national" », sur radioexpressfm.com, (consulté le 9 novembre 2017)
  5. « Le directeur des Journées cinématographiques de Carthage limogé », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 9 novembre 2017)
  6. « Qui est Néjib Ayed, nouveau directeur des Journées cinématographiques de Carthage ? », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 26 juillet 2017)
  7. « Journées cinématographiques de Carthage : fête du cinéma en Afrique, 28e prise ! », sur geopolis.francetvinfo.fr (consulté le 9 novembre 2017)
  8. « JCC 2017 : les films tunisiens en compétition dévoilés, le cinéma algérien à l'honneur », sur huffpostmaghreb.com, (consulté le 7 novembre 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]