Zeyneb Farhat

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Zeyneb Farhat
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Biographie
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Zeyneb Farhat, née en 1953, est une militante culturelle tunisienne, co-fondatrice et co-directrice de l'espace culturel El Teatro à Tunis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Zeyneb Farhat appartient à une fratrie de sept enfants, nés de la seconde épouse de son père. Celui-ci est directeur d'école et syndicaliste, ainsi que professeur au collège Sadiki : « Il était à fond pour la scolarisation des filles, mes deux sœurs aînées étaient d'ailleurs scolarisées dans les années 1940-1950, une rareté en ce temps-là », raconte-t-elle[1].

La vie de la famille évolue profondément à sa mort, en 1963, dans une prison tunisienne. « Quelques années après l'indépendance », explique-t-elle, « il y eut un projet de complot contre Bourguiba. Ce projet regroupait tous les frustrés de l'indépendance, mon père a été sollicité. Bien qu'il n'ait pas pris part au complot, il a été condamné à 5 ans de travaux forcés pour ne pas avoir dénoncé les coupables. Il est mort au bout de 10 mois, à 58 ans, dans un fort espagnol au nord de la Tunisie »[1]. Ces deux épouses successives dirigent alors la maison, de façon soudées et solidaires[1].

Devenue journaliste, elle co-fonde en 1987 avec son compagnon, le comédien et dramaturge Taoufik Jebali, un espace culturel à Tunis, El Teatro, lieu de spectacles de théâtre mais aussi lieu de réunions, de débats d'idées, galerie d'art, atelier de formation artistique, etc[2],[3]. L'endroit se veut « un espace libre et laïc, ouvert à toutes les expressions artistiques et associatives ». « C'était dans l'euphorie du changement qui a suivi la disparition de Bourguiba et 31 ans de pouvoir absolu », indique-t-elle, « nous avons connu 5 années faites d'attente, de souffle et d'espoir où nous avons été exonérés de persécution et d'oppression. On a eu la chance de commencer El Teatro à ce moment là. Jusqu'en 1993 on a pu positionner ce lieu comme un espace innovant ouvert à la société civile »[1]. L'ouverture du lieu, le , se fait avec comme premier spectacle Mémoires d'un dinosaure, une adaptation des Dialogues d'exilés de Bertolt Brecht, qui est censurée puis autorisée[4]. El Teatro subit des tracasseries policières durant des années et, en 1996, il est interdit à sa direction d'y abriter des manifestations autres qu'artistiques[5].

En 1989, elle commence aussi à militer au sein de l'Association tunisienne des femmes démocrates[1].

Lors de la révolution tunisienne et des manifestations de 2011, elle refait d'El Teatro un lieu de rencontres et d'échanges pour les artistes qui s'associent au mouvement[6].

Elle devient en 2019 présidente du Syndicat libre des espaces scéniques indépendants tunisiens pour deux ans[7].

Elle préside également une association éditant des ouvrages et animant des ateliers d'écriture, Zanoobya[8],[9],[10].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Nathalie Galesne, « Zeyneb Farhat, maîtresse en sa demeure », sur babelmed.net, (consulté le 12 août 2020).
  2. Laurent Ribadeau-Dumas, « Tunisie : rencontre avec Zeyneb Fehrat, directrice de théâtre », sur francetvinfo.fr, (consulté le 12 août 2020).
  3. « Les 30 ans de El Teatro évoqués par Zeyneb Farhat », sur rtci.tn, (consulté le 12 août 2020).
  4. Leïla Slimani, « Zeyneb Farhat : La culture a souffert de manque de transparence et de démocratie en Tunisie », Jeune Afrique,‎ (ISSN 1950-1285, lire en ligne, consulté le 12 août 2020).
  5. « Zeyneb Farhat », sur repertoire-artistestunisiens.com, (consulté le 12 août 2020).
  6. Leïla Slimani, « Les artistes tunisiens disent « Vive la révolution ! » », Jeune Afrique,‎ (ISSN 1950-1285, lire en ligne, consulté le 12 août 2020).
  7. « Zeyneb Farhat élue présidente d'un syndicat qui vient de naître », sur femmesetrealites.com.tn, (consulté le 12 août 2020).
  8. Lilia Blaise, « Torturées et emprisonnées dans les années 1970, des Tunisiennes de gauche livrent leur histoire », Le Monde,‎ (ISSN 0395-2037, lire en ligne, consulté le 12 août 2020).
  9. Hatem Bourial, « Mémoires militantes et mots incandescents », Le Temps,‎ (lire en ligne, consulté le 12 août 2020).
  10. Asma Drissi, « Bnet Essyassa en librairie : les filles de la politique écrivent », La Presse de Tunisie,‎ (ISSN 0330-9991, lire en ligne, consulté le 12 août 2020).