Jean Émile Laboureur

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Jean-Émile Laboureur
Portrait-de-l-artiste-1925-1928.jpg

Autoportrait d'Émile Laboureur, entre 1925 et 1928

Naissance
Décès
(à 65 ans)
Pénestin
Nom de naissance
Émile Laboureur
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Élève
Influencé par
A influencé

Jean-Émile Laboureur, né à Nantes le et mort à Kerfalher près de Pénestin, dans le Morbihan, le , est un peintre, dessinateur, graveur, aquafortiste, lithographe et illustrateur français.

Auteur de nombreuses gravures au burin, en planches individuelles ou pour des livres, il a illustré près de quatre-vingts livres, souvent d'auteurs contemporains comme André Maurois, Jean Giraudoux, Colette, André Gide, Paul-Jean Toulet, Maurice Maeterlinck ou François Mauriac.

Peintre de tableaux de genre, de paysages animés ou non, de natures mortes, il a réalisé aussi quelques fresques et des sculptures. Ses œuvres sont conservées dans plusieurs musées nationaux et provinciaux.

Il a fondé ou présidé des associations d'artistes indépendants.

Biographie[modifier | modifier le code]

Émile Laboureur est issu d'une famille de la bourgeoisie locale de Nantes[1]. Il est cousin du peintre Jules Grandjouan[2]. Il part étudier à Paris en 1895. Il s'inscrit en faculté de droit, selon la volonté de son père, mais ne s'y plait pas et s'inscrit en lettres[3].

Formation, voyages, premières expositions[modifier | modifier le code]

Laboureur fréquente plutôt l'Académie Julian. Il est initié à la gravure par Auguste Lepère, et débute au Salon de 1896[4]. Ses premières œuvres sont des gravures sur bois d'un type primitif, à la manière de Paul Gauguin[5]. Il rencontre des artistes comme Guillaume Apollinaire, Marie Laurencin ou Henri de Toulouse-Lautrec, lequel influence son art[2].

Laboureur part voyager en Europe et en Amérique du Nord. Il va d'abord en Allemagne où il visite les musées, puis aux États-Unis en 1904, où il adopte le prénom de « Jean-Émile », puis de nouveau en Amérique du Nord où il séjourne et expose à plusieurs reprises de 1905 à 1909, aux États-Unis et au Canada. Il va aussi en Grande-Bretagne, en Italie, en Grèce et en Turquie en 1911[6].

Rôle dans l'art moderne, enseignement de la gravure[modifier | modifier le code]

Il expose à Paris à partir de 1911 et s'y fixe en 1912. Il utilise alors moins le bois gravé et préfère l'eau-forte. Son dessin se rapproche du cubisme vers 1912-1913. Son rôle est jugé « considérable dans le grand mouvement de l'art moderne »[5]. Mobilisé en 1914, il continue cependant à créer, il compose trois suites de gravures sur le thème de la guerre, et s'inspire de son vécu pour d'autres œuvres ultérieures[7],[2].

Photo en noir en blanc montrat un homme de profil, chauve, plutôt corpulant, observant plusieurs jeunes femmes artistes, chacune avec son chevalet.
Jean-Émile Laboureur avec ses élèves en 1932.

Laboureur expérimente la technique du burin pour l'illustration de L'Appartement des jeunes filles de Roger Allard en 1919. C'est le premier d'une longue série de soixante-six livres illustrés[2]. Il collabore aussi à des revues comme la Gazette du Bon Ton, La Revue musicale. Dans son atelier parisien, Laboureur enseigne l'art de la gravure à des élèves comme Marie Laurencin et André Dunoyer de Segonzac.

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

Il illustre Suzanne et le Pacifique, de Jean Giraudoux[8], et des livres de Valery Larbaud, Colette, André Gide, Maeterlinck, Mauriac[7],[9]. En 1930, il compose de nombreuses gravures pour Les Contrerimes de Paul-Jean Toulet.

Selon Anne Lombardini, il atteint alors « le sommet de son art »[10]. Pendant l'entre-deux-guerres, en moins de vingt ans, il aura illustré près de soixante-dix livres, sans compter les frontispices. Il continue par ailleurs de créer des planches individuelles et organise plusieurs expositions[2].

Il travaille essentiellement à Paris, mais passe chaque année plusieurs mois en Bretagne où il a acheté une maison[11]. Il y dessine un paysage breton pour un timbre gravé par Jean Antonin Delzers et émis en 1935 pour une valeur faciale de 2 francs.

Fondateur d'associations, responsabilités, ouvrages[modifier | modifier le code]

Jean-Émile Laboureur fonde en 1923 le groupe des Peintres-graveurs indépendants, et préside en 1929 le Comité de l'art français indépendant, créé par le peintre Victor Dupont[12]. Membre de plusieurs sections de l'Exposition universelle de 1937, il contribue en 1938 à créer le Comité national de la gravure française[2].

En plus des livres illustrés et des gravures, il élabore plusieurs fresques, notamment à la Maison du travail en 1937 et travaille pour l'École nationale de la marine marchande de Paimpol avec Jean Frélaut et Pierre Dubreuil[2].

De 1928 à 1937, Laboureur écrit plusieurs ouvrages et articles sur la gravure et l'approche qu'il en a. Il établit aussi le catalogue de l'œuvre gravée de Marie Laurencin[7].

Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se retire, malade, dans sa maison de Pénestin où il meurt en 1943[2]. La rue Jean-Émile-Laboureur commémore son nom à Nantes[13].


Œuvre[modifier | modifier le code]

  • 1 728 gravures, dont 74 séries de gravures ou dessins pour livres illustrés[14].

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Par ordre chronologique :

  • Jean Giraudoux, Promenade avec Gabrielle, Paris, Éditions de La Nouvelle Revue française, 1919.
  • Évariste Parny, Chansons madécasses, trente bois, Éditions de La Nouvelle Revue française, 1920.
  • Jacques Cazotte, Le Diable amoureux, Bloch, 1921.
  • André Maurois, Les Silences du colonel Bramble[2], 1926-1929
  • Colette, L'Envers du Music Hall, trente gravures sur cuivre en taille-douce, Paris, Au sans pareil, 1926.
  • Nina Toye, A. H. Adair, Philippe Le Huby, Petits et grands verres. Choix des meilleures recettes de cocktails, vignettes, Au sans pareil, 1927.
  • Les Avantures satyriques de Florinde, habitant de la Basse Région de la Lune, publiées d'après l'exemplaire de 1625 et décorées d'eaux-fortes par J.-E. Laboureur, Paris, impr. Jacoub et Cie, 1928.
  • Remy de Gourmont, Un cœur virginal, gravures en couleurs, Pour les Cent bibliophiles, 1937.
  • Comtesse de Noailles, L'Ombre des jours, précédé du discours de Madame Colette à l’académie royale de Belgique en l’honneur de Mme de Noailles, Paris, Société du livre d’art, 1938.
  • Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleur, volume 1, NRF, 1946.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Principales expositions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lombardini 1987, p. 3.
  2. a, b, c, d, e, f, g, h et i Nantes, site officiel, page sur Laboureur.
  3. Lombardini 1987, p. 5.
  4. Karel 1992, p. 437.
  5. a et b Bénézit 1999, p. 119.
  6. Karel 1992, p. 437-438.
  7. a, b, c et d Karel 1992.
  8. Site de L'Express, page sur l'exposition à Nantes en 1996.
  9. Jean-Loup Avril, 1000 Bretons, dictionnaire biographique, 2002, p. 228.
  10. Lombardini 1987, p. 49.
  11. Lombardini 1987, p. 58.
  12. Yann Gobert-Sergent, « Le peintre Victor Dupont (1873-1941) - Un Boulonnais parmi les Fauves », in Bulletin de la Commission départementale d'histoire et d'archéologie du Pas-de-Calais, Arras, tome 19, octobre 2012, p. 55 à 77.
  13. « Rue Jean Émile Laboureur », sur streetdir.org (consulté le 27 avril 2017).
  14. Sylvain Laboureur, Catalogue complet de l'œuvre de Jean-Émile Laboureur, Neuchâtel, 1989-1991.
  15. Florence Pagneux, « Jean-Emile Laboureur, un graveur dans la Grande Guerre », sur la-croix.com, La Croix, (consulté le 27 avril 2017).
  16. « Jean-Émile Laboureur, Images de la Grande Guerre », sur chateaunantes.fr (consulté le 30 janvier 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Émile Laboureur, illustrateur, coédition Ville de Nantes et Éditions MeMo, 1996.
  • Sylvain Laboureur, Catalogue complet de l'œuvre de Jean-Émile Laboureur, Neuchâtel, Ides et calendes, 1989-1991. (Tome 1, Gravures et lithographies individuelles ; Tome 2, Livres illustrés ; Tome 3, Peintures, aquarelles et gouaches ; Tome 4, Documentation).
  • « Laboureur, Jean Émile », dans Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, t. 9, Paris, Gründ, , p. 119.
  • Anne Lombardini, J.E. Laboureur, vie et œuvre gravé, L'Équerre, .
  • « Laboureur, Jean-Émile  », dans David Karel, Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, Presses Université Laval, (ISBN 9782763772356 et 2763772358, lire en ligne), p. 437-438.
  • « Jean Émile Laboureur », dans Jean-Loup Avril, 1000 Bretons, dictionnaire biographique, Les Portes du large, 2002, p. 228.
  • Louis Godefroy, L'œuvre gravé de Jean-Émile Laboureur, 1929.
  • (en) A Salute to Marcel Boulestin and Jean-Emile Laboureur, Londres, Michael Parkin, 1981 (ISBN 0330269496 et 9780330269490).

Liens externes[modifier | modifier le code]