Tristan Derème

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Tristan Derème
Description de l'image Tristan Derème, portrait.jpg.
Nom de naissance Philippe Huc
Alias
Théodore Decalandre
Philippe Raubert
Naissance
Marmande
Décès (à 52 ans)
Oloron-Sainte-Marie
Activité principale
Poète
Auteur
Langue d’écriture français
Mouvement École fantaisiste
Genres

Œuvres principales

  • Les Ironies sentimentales (1909)
  • Patachou, Petit Garçon,(1929)

Tristan Derème, de son vrai nom Philippe Huc, né le à Marmande et mort le à Oloron-Sainte-Marie, est un poète français, connu également sous les pseudonymes : Théodore Decalandre et Philippe Raubert.

Il est le fondateur de l'École fantaisiste avec Francis Carco, Paul-Jean Toulet et Robert de La Vaissière. On lui doit de nombreux recueils de poèmes souvent humoristiques.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

De son vrai nom Philippe Huc, il naît « par hasard » à Marmande le et suit une scolarité vagabonde au gré des garnisons de son père, officier. Sa mère, Sophie Sandrin, est issue d’une vieille famille béarnaise, apparentée à l’illustre Pierre de Marca. Elle possède à Oloron-Sainte-Marie une maison au quartier Saint-Pée, où il séjourne souvent, point d’ancrage tout au long de sa vie et cadre fréquent de ses récits et poèmes.

Dès 1906, il se lie d’amitié avec Francis Carco et Robert de la Vaissière, tous deux répétiteurs au lycée d'Agen où il effectue sa scolarité : embryon d’où naîtra l’École fantaisiste. Dans les années d’avant-guerre, le groupe fantaisiste rassemble des noms comme Paul-Jean Toulet, Jean-Marc Bernard, Jean Pellerin, Francis Carco, Léon Vérane, Robert de la Vaissière, René Bizet, Noël Ruet, etc. De 1908 à 1921 il travaille comme receveur dans l’administration des impôts. Dès 1908 il collabore aux revues Hélios et L’Oliphant. Il adopte rapidement le pseudonyme de Tristan Derème. En 1914, il est mobilisé. Il devient secrétaire du député des Hautes-Pyrénées Achille-Armand Fould qu’il suit jusqu’au ministère de l’Agriculture (1930-1932). Il est l’ami de Louis Barthou, député d’Oloron-Sainte-Marie, président du Conseil et plusieurs fois ministre de la Troisième République. Il correspond avec Francis Jammes qui comme lui a des attaches en Béarn, dans ce Sud-Ouest où Derème est également proche de Joseph Peyré, tous deux étant amis et membres de l’Académie de Béarn dont Louis Barthou est, en 1924, le premier membre d’honneur.

En 1922, il est élu membre de La Pléiade[Laquelle ?], aux côtés de Charles Maurras, Anna de Noailles et Paul Valéry. En 1923 il rencontre Béatrix Dussane, la Clymène de ses poèmes. De 1927 à 1929, il collabore au Figaro avec une rubrique hebdomadaire. En 1938 il reçoit le Grand Prix de Littérature de l’Académie française. Il vit à Paris mais vient souvent se ressourcer à Oloron-Sainte-Marie où il meurt le  ; il est inhumé au cimetière de Saint-Pé, à Oléron-Sainte-Marie.

Tristan Derème est l'auteur de poèmes, ainsi que de recueils d’articles et de prose, parsemés de poèmes dont Patachou, petit garçon sur la vie quotidienne d’un enfant curieux et espiègle.

Chez les Fantaisistes, école provinciale, tout est musique douce, mélancolie voilée, émotion discrète, souci de liberté spirituelle. Michel Cointat propose la définition suivante de l'esthétique du poète : « L’œuvre de Tristan Derème peut se résumer par ces mots : élégance, simplicité, amour de la nature[1]. »

Œuvre[modifier | modifier le code]

Poésie[modifier | modifier le code]

  • Les Ironies sentimentales, Toulouse, Éd. de la revue "Poésie", 1909
  • Petits Poèmes, Paris, Lecène et Oudin, 1910
  • Le Poëme de la pipe et de l'escargot, Paris, Émile-Paul Frères, 1920
  • Le Poème des chimères étranglées, Paris, Émile-Paul Frères, 1921
  • La Verdure dorée, Paris, Émile-Paul Frères, 1922.
  • Le Zodiaque ou les étoiles sur Paris, Paris, Émile-Paul Frères, 1927, 15 pointes-sèches originales, dont une pour la couverture, par Hermine David.
  • L'Enfant perdu, Paris, Emile-Paul Frères, 1928.
  • Poèmes des colombes, 1929.
  • Songes du Poète, Émile-Paul Frères, 1931. (dédié à Jean Valschaerts)
  • Le Poème des Griffons, Grasset, 1938.
  • Tristan Derème, Sa poésie. Anthologie de 100 textes. Infocompo, Pau, 1989.
  • L'étoile

Prose[modifier | modifier le code]

  • L'Enlèvement sans clair de lune ou les propos et les amours de M. Théodore Decalandre. Paris, Émile-Paul Frères, 1924.
  • Toulouse. Paris, Émile-Paul Frères, coll. "Portrait de la France", no 13, 1927. Frontispice d'Hermine David.
  • Patachou, Petit Garçon, Paris, Émile-Paul Frères, 1929.
    • Jack Rollan éditeur, Lausanne, 1956. Illustrations de Creux.
    • Infocompo, Pau, 1989. Préface de Daniel Aranjo. Illustrations de R. Petit-Lorraine.
  • Le Poisson rouge. Paris, Grasset, 1934.
  • Le Violon des Muses. Paris, Grasset, 1935.
  • L'Escargot bleu. Paris, Grasset, 1936.
  • La Tortue indigo. Paris, Grasset, 1937.
  • L'Onagre orangé. Paris, Grasset, 1939.
  • La Libellule violette. Paris, Grasset, 1942. Illustrations d'Émile Bouneau.

Morceaux choisis[modifier | modifier le code]

  • La Verdure dorée, LV
Regarde. La glycine a jauni sur la porte,
Et voici que l’automne aux tempes couronnées
De lierre caduc et de roses fanées
S’avance et d’un pied lourd foule les feuilles mortes.
Il marche et son manteau de pourpre au crépuscule
Se dénoue et se mêle aux nuances champêtres (...)
  • La Verdure dorée, LXXXV
Je dirai pour l’instruction des biographes
Que ton corsage avait quarante-deux agrafes,
Que dans tes bras toute la nuit j’étais inclus,
Que c’était le bon temps, que je ne quittais plus
Ta chambre qu’embaumait un pot d’héliotrope (...)
  • La Verdure dorée, LXVIII
(...) Un jour, les écoliers penchés sur leurs pupitres
En écoutant vibrer les mouches sur les vitres
Trouveront-ils au fond des collèges moisis
Une page de moi dans leurs Morceaux choisis
(...)
Qu’importe ? N’ai-je pas cette aube que je bois,
Ce matin bourdonnant, ces feuilles et ce bois
Et toi qui dans tes bras endors toute amertume ?
Qu’un autre pour l’honneur d’une palme posthume
Ferme ses contrevents sur les jardins fleuris
Et meure dans son encre et dans ses manuscrits !
Mais moi qui sais jouer des cithares diverses
Et goûter le soleil, la lune et les averses,
Les roses de cristal sur les prés endormis,
Je chante pour moi-même et pour quelques amis,
Et j’écoute siffler l’air tiède dans ses flûtes
En levant vers l’azur ma pipe et ses volutes
Et sans me soucier sous ces arbres touffus
Que dans quatre mille ans on sache que je fus.
  • La Verdure dorée, CIX
Reste dans ta coquille et dédaigne, escargot,
Cet humide parfum de rose et d’abricot ;
Ta solitude sera douce si tu l’ornes
De beaux rêves ; il pleut ; tu mouillerais tes cornes.
L’averse drue et chaude écrase le gazon,
Et les tonnerres illuminent la maison
Et la muraille où tu te colles sous les toiles
D’araignées ; et le vent a soufflé les étoiles
Et la lune a roulé dans l’herbe comme un fruit.
Rentre tes cornes ; loin des éclairs et du bruit,
Médite sur toi-même et dore tes pensées.
L’orage fauche l’herbe et les feuilles froissées ;
Il siffle et fait voler les ardoises du toit.
Laisse le monde s’écrouler autour de toi.

Sur Tristan Derème[modifier | modifier le code]

  • Centenaire de la naissance de Tristan Derème (collectif), Revue Pyrénées, 1989.
  • Guirlande pour Tristan Derème, Revue de Pau et du Béarn, 1989.
  • Daniel Aranjo, Tristan Derème (1889-1941). Le télescope et le danseur. Anglet, Atlantica, 2001.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Tristan Derème (1889-1941), Le Cerf-volant, n° 130, 2e et 3e trimestres 1987, p. 24.


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