Isidore Odorico

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Isidore Odorico
Isidore Odorico.jpg

Isidore Odorico en 1925,
photographie anonyme non sourcée.

Naissance
Décès
(à 51 ans)
Rennes
Nationalité
Activité
Formation
Maître
Mouvement
Père
Isidore Odorico (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Beau-parent

Isidore Odorico, né le à Rennes (Ille-et-Vilaine), et mort le dans la même ville, est un mosaïste français issu d'une dynastie d'artisans italiens installés à Rennes. Reprenant la succession de son père, il réalise un très grand nombre de décorations en mosaïque, essentiellement dans l'ouest de la France.

Une dynastie de mosaïstes[modifier | modifier le code]

Isidore Odorico père (1845-1912)Vierge (vers 1897), smaltes vénitiens (pâte de verre), localisation inconnue.

Le père d'Isidore Odorico, également nommé Isidore Odorico (1845-1912) et son oncle Vincent Odorico viennent de Sequals, dans la province italienne de Pordenone (Frioul). Ils participent au chantier de l'Opéra Garnier à Paris sous la direction du mosaïste italien réputé Giandomenico Facchina (1826-1904). Ils s'installent ensuite en famille à Tours en 1881. En 1882, les frères s'associent pour fonder leur propre entreprise à Rennes.

Dans une région n'ayant aucune tradition de mosaïque, ils importent une technique venue de leur province d'origine[1]. Le coût de fabrication est réduit grâce à la technique de la pose par inversion, d'abord utilisée à l'Opéra Garnier et inspirée par les procédés de restauration des mosaïques antiques (Mora à Arles). Il l'est également par l'invention des « émaux dimensionnés » par émaux de Briare qui permet de gagner du temps sur les coupes de tesselles.

Très bons artisans, ils répondent éventuellement à des commandes passées par des architectes pour les diocèses d'Ille-et-Vilaine et des Côtes-du-Nord, dans la lignée des grands décors des basiliques mariales de la fin du XIXe siècle : Notre-Dame de la Garde à Marseille, Fourvière à Lyon, etc. Leur production courante est faite de décors au sol, principalement en marbre, pour des entrées d'immeubles ou des boutiques.

Isidore Odorico fils : l'artiste[modifier | modifier le code]

De 1908 à 1913, Isidore Odorico suit les cours de l'école régionale des beaux-arts de Rennes. Il reprend l'entreprise familiale après la Première Guerre mondiale et la développe considérablement dans l'entre-deux-guerres[1]. En 1922, il épouse Marcelle Favret, fille du mosaïste Pietro Favret. Dès lors il collabora à de nombreux chantiers avec son beau-père[2]. Il crée des motifs inspirés par le style Art déco, alors en vogue.

Odorico collabore avec différents architectes travaillant dans le Grand Ouest : Jean de La Morinerie (Le Petit Carhuel à Étables-sur-Mer), Emmanuel Le Ray (crèches pour la Ville de Rennes, palais du commerce), Pierre Laloy (postes de Saint-Lunaire, Tréguier, Rennes-République, etc.), Hyacinthe Perrin (église Sainte-Thérèse à Rennes), Roger Jusserand (la Maison bleue à Angers), Georges Robert Lefort (grand séminaire de Saint-Brieuc), Léon Guinebretière (Bains-douches de Laval à Laval).

Dans l'entre-deux-guerres, Rennes devient un des grands centres de production de mosaïque de France : on recense des œuvres de l'atelier Odorico dans 122 villes du Grand Ouest[3].

Fougères (35) Usine Morel et Gâté

Le footballeur[modifier | modifier le code]

École technique privée Odorico à Rennes.

Passionné de football, Isidore Odorico s'implique naturellement dans le club principal de sa ville natale, le Stade rennais. Il y entre comme joueur, d'abord entre 1912 et 1914, puis entre 1918 et 1925. Devenu dirigeant, il devient le président du club en 1931. En poste jusqu'au 12 juillet 1938, il marque durablement l'histoire du Stade rennais, contribuant au plan national à la mise en place du premier championnat de France professionnel en 1932.

Son nom a été donné à la structure qui soutient le centre de formation du Stade rennais : l'École technique privée Odorico, située route de Lorient, à côté du stade.

Principales réalisations[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La plus vieille cité universitaire de Rennes, classée aux Monuments Historiques, a fini d'être rénovée en 2015, pour un montant total de 2,4 millions d'euros, dont 1,9 millions d'euros financés par la Région Bretagne, et 500 000 euros par l'État. À noter, que pendant la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment, a servi de siège à la Gestapo locale, où officiait dans les sous-sols, la tristement célèbre unité nationaliste bretonne du Bezen Perrot

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b FR3, « Odorico », L'Ouest en mémoire (INA), (consulté le 4 août 2010)
  2. Marie-Christine Vallet, Cécile Vallet, Nevers autre(s) regard(s), Nevers, La Fabrique, , p. 48-49
  3. Région Bretagne, « L'inventaire du patrimoine culturel en Bretagne : Œuvres recensées d'Odorico », sur patrimoine.region-bretagne.fr (consulté le 23 septembre 2015).
  4. Rennes - Piscine et bains publics Saint-Georges, sur le site de l'inventaire du patrimoine culturel en Bretagne, consulté le 3 mai 2015
  5. Notice no IA22008287, sur Gertrude, base du service de l’Inventaire du patrimoine de la région Bretagne. Maison de villégiature dite villa Le Carihuel
  6. Laval. Des entreprises soutiennent la seconde vie des bains douches, sur le site entreprises.ouest-france.fr, consulté le 26 juillet 2014
  7. Trégastel - Hôtel de voyageurs dit Armoric Hôtel, sur le site de l'inventaire du patrimoine culturel en Bretagne, consulté le 3 mai 2015
  8. Château de Rou-Marson, sur le site eneri.canalblog.com, consulté le 26 juillet 2014
  9. « Patrizio redonne vie aux mosaïques Odorico à Rennes », sur France3
  10. Région Bretagne - Patrimoine Culturel, « 11 Quai Lammenais (anciennement quai de Nemours) », sur patrimoine.region-bretagne.fr (consulté le 21 septembre 2015).
  11. Région Bretagne - Patrimoine Culturel, « Rennes - Cité universitaire, dite maison des étudiantes », sur patrimoine.region-bretagne.fr (consulté le 21 septembre 2015).
  12. Région Bretagne - Patrimoine Culturel, « Rennes - Cité universitaire, dite maison des étudiants », sur patrimoine.region-bretagne.fr (consulté le 3 mai 2015).
  13. La Compagnie Française d’Aviation, sur le site matp.fr, consulté le 26 juillet 2014
  14. Rennes - Maison d'artiste, dite maison Odorico, sur le site de l'inventaire du patrimoine culturel en Bretagne, consulté le 3 mai 2015

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Hélène Guéné, « Odorico. de la couleur dans le quotidien de la vie urbaine », in Place publique, no 1, Rennes, octobre 2009, p. 79 à 82.
  • Hélène Guéné, Odorico mosaïste ; la production d´un atelier italien en Bretagne et Anjou, 1882-1978, Doctorat de troisième cycle en histoire et études des arts, Rennes : Université de Haute-Bretagne, 1983 (4 tomes : thèse : 688 pages ; catalogue des dessins (998 pièces : 818 du fonds Musée de Bretagne + 123 du fonds Janvier, Rennes + 57 du fonds Mander, Angers) : 608 pages ; catalogue des œuvres (442 programmes, 218 réalisations) : 654 pages ; annexes : 523 pages.
  • Hélène Guéné, Odorico, mosaïste art déco, Éd. Archives d'architecture moderne, Bruxelles, 1991 (2e édition, 2000).
  • Hélène Guéné, « Odorico Mosaïste : la vie d’un atelier d’artisans », in Arts de l’Ouest, Rennes, Université de Haute Bretagne, 1991, numéro spécial « Archéologie industrielle », vol. VIII, p. 181 à 199.
  • Hélène Guéné, « Odorico mosaïste », in Revue 303, no 16, 1er trimestre 1988, p. 10-23.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Odorico Mosaïste, 1992, réalisé par Frédérique Mathieu, 26 min, coproduction Union Régionale des CAUE Pays-de-Loire, France 3 Ouest.
  • Sur les traces d'Isidore Odorico, 1995, réalisé par Marie-Laurence et Franck Delaunay, 26 min, Coproduction Candela Productions, TV 10 Angers, TV Rennes, Canal 8 Le Mans, Région Bretagne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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