Frioul

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46° 10′ N 13° 00′ E / 46.17, 13 ()

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Frioul
Image illustrative de l'article Frioul
Vue sur Cividale del Friuli, en province d'Udine, et ses environs

Pays Italie
Région Frioul-Vénétie julienne, et Vénétie (canton de Portogruaro et commune de Sappada uniquement)
Ville(s) principale(s) Udine, Pordenone, Gorizia
Siège du pays Udine
Coordonnées 46° 10′ 00″ N 13° 00′ 00″ E / 46.166666666667, 13 ()46° 10′ 00″ Nord 13° 00′ 00″ Est / 46.166666666667, 13 ()  
Superficie approximative 8 240 km2
Relief Dolomites frioulanes, Alpes carniques et juliennes, vallée du Tagliamento
Production(s) Industrie & Artisanat (ex : Bois), Agriculture, Elevage, Tourisme, Sidérurgie
Population totale 1 060 446 hab. (2005)
Région(s) naturelle(s)
voisine(s)
Vénétie, Carinthie, Carniole

Image illustrative de l'article Frioul
Emplacement du Frioul sur une carte administrative de l'Italie
Drapeau du Frioul.

Frioul (Friuli en italien, Friûl et Furlanie en frioulan, Furlansko et Furlanija en slovène, Friaul en allemand) est une région historique et géographique qui correspond aux provinces actuelles d'Udine et de Pordenone et en partie aux provinces de Gorizia et Venise. La capitale historique du Frioul est Udine, ville qui fut déjà siège du Patriarcat d'Aquileia. Les principaux centres, à part Udine sont Pordenone (chef-lieu de province), Spilimbergo, Gemona del Friuli, Tarcento, Tricesimo, Buia, San Daniele del Friuli, Codroipo, Cervignano del Friuli, Gorizia (chef-lieu de province), Cividale del Friuli, Latisana, Tolmezzo et Sacile.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Frioul est historiquement délimité à l'ouest par la rivière Livenza, au nord par les Alpes carniques, à l'est par les Alpes juliennes, les premiers massifs du Carso et la rivière Timavo, au sud par la mer Adriatique. De nombreuses rivières irriguent la région du nord au sud. Parmi les principaux, le Tagliamento, outre ceux déjà cités, on trouve le Torre, le Natisone, la Stella, l'Isonzo, l'Ausa, le Timavo.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les origines et l’époque romaine[modifier | modifier le code]

Peuplée à l’origine par les Vénètes dans la plaine et par les Celtes Carni dans les Alpes Carniques, la région fut colonisée par les Romains au IIe siècle av. J.-C., et fut profondément influencée par la culture latine, grâce notamment à la présence importante d'Aquilée (Aquileia), quatrième ville de l’empire avec plus de 200 000 habitants et centre fluvial majeur sur le Natissa, et de plus, capitale de la dixième région augustea (Venetia et Histria) ; Le développement d’autres centres, parmi lesquels Forum Iulii (Cividale del Friuli) et Iulium Carnicum (Zuglio) a contribué à assurer à la région une certaine prospérité. Elle fut cependant exposée de plus en plus aux incursions barbares et à partir du milieu du IIe siècle commença son déclin. L’invasion des Huns marqua le début de la décadence, lorsqu’Aquileia fut littéralement rasée par Attila lors de l’invasion qu’il conduisit. Cette ville resta importante même pendant la période du déclin, de par la présence du Patriarche, une des plus grandes autorités chrétiennes de l’époque. Avec l’effondrement de l’empire, la plaine frioulane était de moins en moins sûre, étant donné que c’est de là qu’arrivèrent toutes les grandes invasions barbares. De nombreuses personnes se réfugiaient sur les îles de la côte ou dans les bourgs fortifiés des collines.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La capitale régionale fut transférée à Forum Iulii, qui fut fortifiée au cours du Moyen Âge pour qu’elle puisse résister aux barbares. En 568 la domination lombarde succéda au bref passage des Byzantins sur le territoire. Parmi les peuplades qui laissèrent des traces, on trouve justement les Lombards, qui créèrent un duché à Cividale del Friuli, qui devint alors la ville la plus importante du Frioul de l’époque. Suite à la défaite des Lombards par les Francs, le rôle des empereurs allemands gagna de l’importance, tout comme celui des seigneurs qui gouvernaient l’actuelle Autriche, même si le problème des saccages à l’est demeurait. Un Concile se tient à Frioul en 796, concernant la christologie, le mariage et l'observation du sabbat par certains paysans[1].

Entre temps, le pouvoir du Patriarcat de Aquileia s’accrut, et ce dernier contrôlant la plus grande partie du territoire, le , l’empereur Henri IV accorda au Patriarche Sigeard le comté du Frioul avec des prérogatives ducales pour sa fidélité au pouvoir impérial. Ligne qui fut suivie également par les successeurs de Sigeard et qui leur permit de consolider l’état, la « Patrie dal Friûl » qui engloba à différentes époques la ville de Trieste, l’Istrie, la Carinthie, la Styrie de façon à ce qu’il fût alors l’un des plus vastes de l’Italie d’alors. Pendant ce temps, le nouveau centre commercial d’Udine prit de plus en plus d’importance, et passa alors de simple commune à seigneurie des puissants Savorgnan et commença à disputer l’hégémonie de l’ancienne capitale.

De la domination vénitienne au Risorgimento[modifier | modifier le code]

L’expérience du Patriarcat, sous certains aspects très moderne, s’acheva en 1420, quand le Frioul fut annexé à la République de Venise, une des grandes puissances de l’époque, qui voyait ces régions comme son arrière-pays naturel. En 1516, l’Empereur d’Autriche prit le contrôle du Frioul oriental, alors que le Frioul occidental resta vénitien jusqu’en 1797, l’année du traité de Campo-Formio, quand suite aux campagnes napoléoniennes le Frioul fut également cédé à l’Autriche, qui le perdit un temps, pendant lequel il fit partie du Royaume Italique, de 1805 à la Restauration. Les régions d’Udine et de Pordenone furent annexées à l’Italie en 1866 avec la Vénétie, alors que le Frioul oriental (appelée Comté de Gorizia et Gradisca) resta autrichien jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale

Histoire contemporaine[modifier | modifier le code]

Pendant la période du fascisme, le Frioul dut supporter un processus d’« assimilation » qui comprenait la modification des noms de famille et des noms de lieux pour des formes plus « italiennes », jusqu’à la détention pour ceux qui s’opposaient à ces changements. Après 1943 le mouvement partisan acquit de plus en plus de puissance jusqu’à la création d’une République libre de Carnia. Entre temps, le Frioul a été intégré dans l’État allemand, intéressé par un débouché sur la mer Adriatique et qui visait à la fin du conflit la création d’un État tampon, séparé du reste de l’Italie.

Durant l'occupation allemande, 40 à 60 000 Cosaques ayant collaboré avec les Nazis se réfugient dans la région (plus particulièrement en Carnia) car Hitler leur a promis la création d'un État Cosaque indépendant.

Cependant, la défaite du Troisième Reich enterra ce projet et le Frioul redevint italien (même s’il y eut de violents heurts avec quelques partisans communistes qui désiraient l’application de l’idée de Tito d’annexer à la Yougoslavie tout le territoire jusqu'au fleuve Tagliamento).

Langue[modifier | modifier le code]

Presque tous les habitants de la région parlent l’italien en première ou seconde langue et sur la plus grande partie du territoire du Frioul, on trouve aussi plusieurs variantes très proches de la langue frioulane dont l'écriture varie suivant les éditeurs des dictionnaires mais qui, depuis l'arrivée d'internet, semble se simplifier et s'unifier et est utilisé couramment dans les blogs et les journaux en frioulan avec la même graphie. On rencontre des minorités vénètes près de la limite occidentale, autour des lagunes (Marano, Grado), à Pordenone et ses environs, dans le piémont préalpin carnique vers Sacile, et en limite orientale (Isontino), et aussi au centre à Udine, des minorités germanophones dans le Val Canale du Tarvisiano et dans le hameau de Timau di Paluzza près de la frontière avec l’Autriche. On trouve aussi des zones slovènophones dans les vallées du Torre et du Natisone (Benecija en langue locale, historiquement liée à la culture slave linguistiquement et culturellement mais au Frioul en ce qui concerne l’histoire politique et socio-économique) ainsi que dans le Collio Goriziano (contrefort septentrional des Slovènes Juliens). Il existe également des idiomes minoritaires et des dialectes résians (provenant du haut slave) parlés dans la vallée de Resia, et une langue germanophone de Sauris (îlot linguistique dans la région montagneuse de la Carnie). Toutes ces langues sont considérés par ceux qui les parlent comme des langues différentes du slovène et de l’allemand. Les parlers ladins de Erto et de Casso (en limite avec la Vénétie), ont de nos jours presque disparus au profit de l’italien, du frioulan occidental et du dialecte vénète de Belluno.

Économie[modifier | modifier le code]

Poterie artisanale du Frioul.

Jusqu’à la moitié du XXe siècle, le Frioul demeure une terre profondément rurale et très pauvre, ce qui provoquait une émigration continue vers des pays comme les États-Unis, le Canada, l’Argentine, le Brésil, l'Uruguay, le Vénézuela, la France, la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse, le Royaume-Uni, la Roumanie, l'Afrique du Sud ou l’Australie. Le développement débuta dans les années 1960 et entraîna la création de cet important tissu d’industries et d’entreprises artisanales qui sont à l’origine du développement du Nord-Est italien. La création des districts industriels, parmi lesquels le « triangle de la chaise » au sud-est de la province d'Udine (Manzano, S. Giovanni al Natisone) et le district du meuble dans la province de Pordenone (Brugnera) ont donné beaucoup d’élan au développement industriel. Dans la région d’Udine, l’industrie sidérurgique (Safau, Bertoli) et alimentaire (Bière Moretti) ont fait place à un réseau de distribution commerciale de moyenne et grande dimension, concentrée surtout au nord de la ville, alors que l’industrie lourde (aciéries ABS, Danieli) a été transférée dans l’arrière pays d’Udine. Le district industriel de l’Aussa-Corno, centré sur le port fluvial de San Giorgio di Nogaro a connu un grand développement ces dernières années.Une importante usine d'électro-ménager Zanussi-Electrolux est installée à Pordenone. Le tourisme représente une branche importante de l’économie frioulane, avec les stations balnéaires de Grado et Lignano Sabbiadoro, (sites majeurs de l’Adriatique), les centres historiques d’Udine, de Pordenone, de Spilimbergo, de Gorizia, d'Aquileia, de Palmanova, de Cividale del Friuli, de San Daniele del Friuli, de Gemona del Friuli et de Venzone, ainsi que de nombreuses possibilités de tourisme vert éparpillées dans tout le Frioul. Pendant la saison hivernale, les villages alpins (Tarvisio, Malborghetto-Valbruna, Pontebba-Passo Pramolo, Forni di Sopra, Forni Avoltri, Piancavallo, Ravascletto-Zoncolan, Chiusaforte-Sella Nevea, Sauris, Ampezzo, Claut, Cimolais, Verzegnis-Sella Chianzutan) sont fréquentés par les skieurs italiens et européens. L'agriculture, l'élevage, la pêche et l'artisanat y sont également importants : jambons crus de San Daniele del Friuli, de Sauris, de Cormons, speck fumé de Sauris, saucissons frioulans, truite fumée de San Daniele et de la Carnia, gibier, oie et ses dérivés, fromages Montasio, Asino, Malga, Latteria, produits laitiers, pâtisserie Gubana, biscuits Esse et Pordenone, vins mondialement réputés ,surtout les blancs:Picolit,Ramandolo,Friulano, bières industrielles et artisanales, eaux-de-vie(grappa friulana, slivovitz della Carnia),liqueurs et digestifs, eaux minérales, miels, fruits et leurs dérivés (pommes, poires, prunes, pêches, nectarines, cerises, kiwis, noix, noisettes, chataîgnes, framboises, figues, fruits des bois, huile d'olive, cidres, sirops, jus de fruit, confitures), légumes (haricots, asperges, topinambours, citrouilles, chicorées, choux, champignons, pommes de terre), volailles et leurs dérivés (oie principalement), produits de la pêche en eau douce et salée, artisanat du bois et des métaux (fer et cuivre), coutellerie de Maniago, bijouterie, mosaïques, céramiques artistiques.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]