Ion Gigurtu

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Ion Gigurtu
Illustration.
Ion Gigurtu
Fonctions
Présidents du Conseil des ministres du Royaume de Roumanie

(2 mois)
Prédécesseur Gheorghe Tătărescu
Successeur Ion Antonescu
Ministre des Affaires étrangères

(27 jours)
Prédécesseur Grigore Gafencu
Successeur Constantin Argetoianu
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Drobeta-Turnu Severin (Royaume de Roumanie)
Date de décès (à 73 ans)
Lieu de décès Râmnicu Sărat (République populaire roumaine)
Nationalité Roumaine
Parti politique FRN
Profession Ingénieur
Religion Orthodoxie

Ion Gigurtu
Liste des présidents du Conseil des ministres du royaume de Roumanie


Ion Gigurtu (né le à Drobeta-Turnu Severin, mort le à Râmnicu Sărat) est un homme politique roumain, membre du Front de la renaissance nationale (FRN). il est président du Conseil des ministres de Roumanie de juillet à septembre 1940.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires à Craiova il poursuit des études supérieures à l'École des mines de Freiberg et à l'université technique de Berlin à Charlottenburg dans l'Empire allemand. Il décroche un diplôme d'ingénieur des mines. Il participe durant la Première Guerre mondiale à la campagne de Roumanie en tant que lieutenant puis capitaine.

En 1919 il rejoint le Parti du peuple, fonde l'Organisation pour l'industrie et le commerce roumain et exerce diverses fonctions dirigeantes dans des entreprises roumaines.

Il est élu député en 1926-1927 et fait partie de la délégation roumaine de la Conférence navale à Genève en 1927. En 1932 il quitte le Parti du peuple pour le Parti national agraire. Il fonde le magazine Libertatea en janvier 1933. Après avoir rejoint le Parti national chrétien il est nommé en juillet 1937 au Conseil supérieur économique. Il participe au financement du Parti national paysan et de la Garde de fer. De décembre 1937 à février 1938 il est ministre de l'Industrie dans le cabinet éphémère d'Octavian Goga.

Le roi Carol II le nomme ministre de l'Information en novembre 1939, ministre des Affaires étrangères le 1er juin 1940 puis secrétaire d'État dans les cabinets de Gheorghe Tătărescu. Dans un contexte géopolitique où les pressions allemandes sur la Roumanie vont croissantes associées à la crainte de subir le même sort que la Finlande en guerre avec l'URSS[1] le roi Carol II le nomme président du Conseil des ministres le 4 juillet 1940 pour mener une politique de rapprochement avec l'Allemagne et les pays de l'Axe. Il rencontre Adolf Hitler le 27 juillet à Salzbourg pour débattre de la question territoriale, Hitler exigeant que la Roumanie fasse des concessions au bénéfice de la Hongrie et de la Bulgarie. Sur le plan intérieur il interdit le droit de grève, fait interner les politiciens de gauche et dissout l'assemblée législative. Il met en place en août 1940 une législation antisémite de bannissement en signant des décrets-lois qui excluaient les Juifs du service public et interdisaient le mariage entre Roumains de souche et Juifs[2].

En protestation contre le Diktat de Vienne qui contraint la Roumanie à céder le nord de la Transylvanie à la Hongrie, Ion Gigurtu démissionne le 4 septembre 1940. Il est arrêté le 5 octobre 1944 après le Coup d'État roumain de 1944 et la chute d'Antonescu. Accusé dans un premier temps d'avoir mené une politique pro-allemande et d'avoir céder la Transylvanie, la procédure est ensuite stoppée et Gigurtu est libéré en juin 1946. Après l'instauration en 1947 d'un régime communiste Ion Gigurtu est de nouveau arrêté en 1948. Dans la nuit du 5 au 6 mai 1950 il envoyé avec d'autres anciens politiciens dans la prison de Sighet. Accusé en 1956 d'avoir agi contre la classe ouvrière il est jugé et condamné à 15 ans de prison. Il meurt malade et très affaibli en 1959 dans le pénitencier de Râmnicu Sărat.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Philippe Marguerat Le troisième Reich et le pétrole roumain 1938-1940 p. 160 éd.Sijthoff - Institut des hautes études internationales 1977 (ISBN 90-286-0307-7).
  2. Sa politique antisémite moins radicale que celles d'Octavian Goga et de Ion Antonescu, Gigurtu fait libérer les artistes Juifs qui travaillaient pour l'État roumain.
    (en) Valentina Glajar, The German Legacy in East Central Europe, éd. Camden House, 2004, p. 56. (ISBN 1-57113-256-2).