Ana Pauker

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Ana Pauker
Photographie d'Ana Pauker.
Photographie d'Ana Pauker.
Fonctions
Ministre des Affaires étrangères de la République populaire Roumaine
Président Constantin Ion Parhon
Petru Groza
Gouvernement Petru Groza
Gheorghe Gheorghiu-Dej
Prédécesseur Gheorghe Tătărescu
Successeur Simion Bughici
Biographie
Nom de naissance Hannah Rabinsohn
Date de naissance
Lieu de naissance Vaslui (Moldavie)
Date de décès (à 67 ans)
Lieu de décès Bucarest
Nationalité Roumaine
Parti politique Parti communiste roumain
Conjoint Marcel Pauker

Ana Pauker

Ana Pauker, née Hannah Rabinsohn le 13 février 1893 près de Vaslui (Moldavie) et décédée le 14 juin 1960 à Bucarest, est une femme politique communiste roumaine. Elle tient un rôle de premier plan dans les premières années du régime communiste roumain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance, études et premiers engagements politiques[modifier | modifier le code]

Hannah Rabinsohn naît en Moldavie, dans une famille de rabbins. Elle rejoint en 1915, alors qu'elle est étudiante, le Parti social-démocrate roumain. Après 1917, lorsque celui-ci se scinde (comme partout ailleurs en Europe) entre sociaux-démocrates et maximalistes pro-bolchéviques, elle rejoint ces derniers et contribue à la fondation du Parti communiste roumain avant d'être élue en 1922 au Comité central de ce parti.

Elle épouse Marcel Pauker ; ils ont ensemble trois enfants : Tanio (1921-1922), Vlad (né en 1925) et Tatiana (née en 1928)[1]. Avec Eugen Fried, elle a eu une fille nommée Mașa ou Marie née en 1932[1],[2], élevée en France par Aurore Membœuf, la première femme de Maurice Thorez de 1933 à 1945[3].

Militantisme communiste[modifier | modifier le code]

Après une première arrestation en 1925 (son avocate, française, est la tante d'Alain Bombard, elle-même militante socialiste et féministe), Ana Pauker rejoint Moscou une fois libérée. En 1931, elle participe, sous la direction d'Eugen Fried, au « Collectif de direction » mis en place par l'Internationale communiste pour épauler la direction du Parti communiste français.

En 1938, son mari Marcel Pauker, ancien militant communiste qui se trouvait alors en URSS, est arrêté et exécuté à l'occasion des « Grandes Purges » staliniennes. Selon sa biographie officielle, en 1945, cet événement ne détourne cependant pas Ana Pauker « de ses ferventes convictions communistes et de son attachement au camarade Staline et à l'Union soviétique ».

La Seconde Guerre mondiale et l'après-guerre[modifier | modifier le code]

De retour en Roumanie, où elle mène une activité clandestine, elle est de nouveau arrêtée, puis libérée en 1940, à la suite d'un échange de prisonniers entre l'Union soviétique et le Royaume de Roumanie. En septembre 1944, elle devient membre du Secrétariat du Comité central du Parti communiste roumain.

Ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre[modifier | modifier le code]

Elle représente le PC roumain lors de la conférence de fondation du Kominform, puis devient ministre des Affaires étrangères en septembre 1947, et plus tard vice-Premier ministre. Durant cette période, une répression « qui se doit d'être impitoyable » (selon ses propres termes) s'abat sur la société roumaine, et notamment sur les intellectuels, et de façon générale sur tout « ennemi de classe », en particulier toute personne en lien avec les structures historiques de la société traditionnelle roumaine ; en Roumanie, le souvenir d'Ana Pauker, véritable criminelle politique, reste lié à cette époque[4]. En 1948, elle fait la une du Time magazine avec comme titre : « La femme la plus puissante d'aujourd'hui » (The most powerful woman alive)[5].

Renvoi et arrestation[modifier | modifier le code]

En 1952, dans un contexte d'antisémitisme au sein des mouvements communistes, elle est démise de ses fonctions dans le parti et au gouvernement pour « cosmopolitisme » (euphémisme qui désigne alors souvent les victimes juives des purges) et « déviation de droite » à la suite d'une lutte d'influence perdue face au premier secrétaire Gheorghe Gheorghiu-Dej, soutenu par Joseph Staline, alors que de nouvelles épurations sont organisées contre des anciens dirigeants communistes et qu'une campagne contre des intellectuels juifs est lancée (notamment l'affaire du complot des blouses blanches).

Elle est arrêtée en février 1953, puis libérée après la mort de Staline et placée pendant plusieurs années en résidence surveillée. Exclue du parti des ouvriers, elle est autorisée à travailler comme traductrice d'allemand et de français à la Maison d'éditions politiques.

Elle décède des suites d'un cancer, le 3 juin 1960, à Bucarest. L'un des fondateurs du Parti communiste roumain, le vétéran Gheorghe Cristescu, assiste à la cérémonie, lors de son incinération.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Levy 2001, p. 48
  2. (ro) « Fiica Anei Pauker se destăinuie », sur jurnalul.ro,‎
  3. Levy 2001, p. 229
  4. Cf. entre autres postface « Route sans horizon » Gal R. Chambe Plon 4e T1981 - edt10873/imp6947
  5. A Girl Who Hated Cream Puffs, Time, 20 septembre 1948.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Robert Levy, Ana Pauker: the rise and fall of a Jewish Communist, Berkeley et Los Angeles, University of California Press,‎ , 448 p. (lire en ligne).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]