Victor Ponta

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Victor Ponta
Victor Ponta en 2014.
Victor Ponta en 2014.
Fonctions
65e Premier ministre de Roumanie
(11e Premier ministre depuis 1989)
En fonction depuis le
(3 ans 3 mois et 25 jours)
Président Traian Băsescu
Crin Antonescu (intérim)
Traian Băsescu
Klaus Iohannis
Gouvernement Ponta I, II, III et IV
Législature 6e et 7e
Coalition PSD-PNL-PC (2012)
PSD-PNL-PC-UNPR (2012-14)
PSD-PC-UDMR-UNPR (2014)
PSD-PLR-PC-UNPR
Prédécesseur Mihai Răzvan Ungureanu
Président du Parti social-démocrate

(5 ans 4 mois et 21 jours)
Prédécesseur Mircea Geoană
Successeur Rovana Plumb (intérim)
Ministre délégué aux Relations avec le Parlement

(9 mois et 9 jours)
Premier ministre Emil Boc
Prédécesseur Mihai Voicu
Successeur Luminiţa Plăcintă (intérim)
Ministre délégué au Financement international et à l'Acquis communautaire
11 mars
(9 mois et 17 jours)
Premier ministre Adrian Năstase
Eugen Bejinariu
Biographie
Date de naissance (42 ans)
Lieu de naissance Bucarest (Roumanie)
Parti politique PSD
Conjoint Daciana Sârbu
Diplômé de Université de Bucarest
Profession Juriste
Religion Orthodoxe roumain
Résidence Palais Victoria (Bucarest)

Signature

Victor Ponta
Premiers ministres de Roumanie

Victor Viorel Ponta, né le à Bucarest, est un homme d'État roumain. Il est président du Parti social-démocrate (PSD) de 2010 à 2015 et Premier ministre depuis 2012. Il est actuellement mis en examen dans une affaire de corruption.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Victor Ponta est diplômé en droit de l'université de Bucarest. Il travaille comme procureur à partir de 1995. En 1998, il rejoint la Cour suprême de justice, dans la section anticorruption, poursuites pénales et criminelles. Le Premier ministre, Adrian Năstase, le promeut chef du département anticorruption du gouvernement en 2001. En 2003, Ponta soutient une thèse sur la Cour pénale internationale sous la direction de Năstase[1],[2].

Ascension politique[modifier | modifier le code]

En mars 2004, Ponta rentre au gouvernement Năstase en tant que Ministre délégué au Financement international et à l'Acquis communautaire. Il se présente aussi aux élections législatives dans le Județ de Gorj sous l'étiquette du Parti social-démocrate (PSD) et est élu, puis réélu en 2008[2].

En 2010, Ponta brigue la présidence du PSD face au président sortant Mircea Geoană et l'emporte[2]. En 2011, Ponta met en place une coalition politique, l'Union sociale-libérale (USL), unissant le PSD au Parti national libéral (PNL) et au Parti conservateur (PC), issus du centre droit.

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Le , le gouvernement de centre droit de Mihai Răzvan Ungureanu est renversé par une motion de censure et Ponta se voit chargé de former le nouveau cabinet. Il en annonce la composition le 1er mai[3]. Le Parlement ratifie la nomination du nouveau gouvernement le 7 mai par 284 voix contre 92[4].

Accusations de plagiat[modifier | modifier le code]

En juin 2012, il est accusé d'avoir plagié dans sa thèse doctorale les travaux de différents spécialistes, portant sur le sujet de l'historique et du fonctionnement de la Cour pénale internationale. La thèse, soutenue en 2003, était encadrée par le Premier ministre Adrian Năstase[5],[6],[1]. Il renonce à son titre de docteur en [7].

Conflit avec le président Băsescu[modifier | modifier le code]

Il entre en conflit ouvert avec le président Traian Băsescu dès , tout d'abord en limogeant de nombreux hauts fonctionnaires proches de Băsescu, puis en s'affrontant avec le président pour savoir qui doit représenter le pays au Conseil européen des 28 et 29 juin.

Le 3 juillet suivant, la coalition au pouvoir remplace les présidents de la Chambre des députés et du Sénat, alliés du chef de l'État. Trois jours après, Ponta obtient la suspension du président Băsescu lors d'un vote du Parlement. Le référendum organisé le 29 juillet et devant confirmer ou non la destitution du président n'est pas validé en raison d'une participation insuffisante. En conséquence, le 28 août suivant, Traian Băsescu retrouve ses fonctions à la tête de l'État.

Élections législatives de 2012[modifier | modifier le code]

Après la très large victoire de l'Union sociale-libérale aux élections législatives du 9 décembre 2012, qui remporte 58,6 % des voix et 273 sièges sur les 412 de la Chambre des députés et 60,1 % des voix et 122 sièges sur les 176 du Sénat, Victor Ponta est chargé par le chef de l'État, le 17 décembre, de former le nouveau gouvernement[8].

Devant le Parlement, il affirme sa volonté de trouver un nouvel accord avec le Fonds monétaire international (FMI) tout en se disant opposé à certaines préconisations formulées par le FMI, la Commission européenne et la Banque centrale européenne, après quoi son gouvernement obtient la confiance des parlementaires[9].

Dissolution de l'USL[modifier | modifier le code]

En février 2014, le PNL quitte la coalition USL, et le gouvernement Ponta se retrouve en minorité à la Chambre. Ponta réussit à reconstituer un gouvernement majoritaire à la Chambre dans une coalition nommée « Union sociale-démocrate » et composée du PSD, du PC et de l'Union nationale pour le progrès de la Roumanie (UNPR). Cette coalition est de plus soutenue par le parti de la minorité hongroise, l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR) qui obtient deux postes de ministres dans le nouveau gouvernement[10].

Candidature à la présidence[modifier | modifier le code]

Il annonce, le 29 juillet suivant, qu'il sera candidat lors de l'élection présidentielle des 2 et 16 novembre, souhaitant développer « un projet national pour une Roumanie puissante » et se félicitant d'avoir mis fin aux politiques d'austérité imposées par ses prédécesseurs[11]. Le 2 novembre, Ponta arrive en tête du premier tour avec 40,3 % des voix, devant Klaus Iohannis, le candidat du Parti national libéral, second avec 30,4 %[12]. Au second tour, il est nettement défait avec près de dix points de retard sur son adversaire libéral.

Il doit faire face, peu après, au départ de l'UDMR de sa coalition. En conséquence, il constitue le 14 décembre le gouvernement Ponta IV, auquel participent le PSD, le PC, l'UNPR et le Parti libéral-réformateur (PLR), formation dissidente du PNL constituée autour de Călin Popescu-Tăriceanu. Il remporte sans aucune difficulté le vote de confiance organisé devant la session conjointe du Parlement le lendemain, par 377 voix contre 134[13], soit une soixantaine de plus que le total de sa nouvelle majorité. À l'occasion de ce vote, il réaffirme son rejet de l'austérité et dit espérer une cinquième année consécutive de croissance économique[14].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

Le , la Direction nationale anticorruption (DNA) annonce l'ouverture d'une procédure pénale à son encontre. Il est soupçonné, entre autres, de corruption, d'évasion fiscale, de complicité de blanchiment d'argent et de conflit d'intérêts[15]. Ses relations avec son ancien ministre Dan Șova, qui fait l'objet d'une enquête pour corruption et est soupçonné de complicité d'abus de pouvoirs dans trois dossiers, sont notamment en cause.

C'est la première fois qu'un Premier ministre roumain en exercice fait l'objet de poursuites judiciaires. Le président Klaus Iohannis réclame alors sa démission, invoquant « une situation impossible » pour le pays. Victor Ponta refuse de démissionner, déclarant que « seul le Parlement peut [le] démettre »[16].

Le , il part en Turquie pour subir une opération au genou. Le vice-Premier ministre Gabriel Oprea assure alors ses fonctions jusqu'au [17]. Durant cette période, Victor Ponta est cité plusieurs fois par la DNA.

Victor Ponta démissionne de la présidence du PSD le [18]. Le lendemain, le , le parquet annonce sa mise en examen pour les faits qui lui sont reprochés[19]. Il réitère son intention de rester au pouvoir alors que des appels à sa démission apparaissent dans son propre camp[20].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Scandale en Roumanie : Le Premier ministre Ponta accusé de plagiat », sur balkans.courriers.info (traduction de RFI),‎
  2. a, b et c Julia Beurq, « Victor Ponta, itinéraire d’un homme pressé », sur Le Courrier des Balkans,‎
  3. « Roumanie : le gouvernement annoncé », Le Figaro,‎ .
  4. (en) « May 2012 », sur rulers.org (consulté le 7 mai 2012)
  5. (en) « Romanian prime minister accused of plagiarism », Nature,‎
  6. (de) « Plagiatsvorwurf gegen Rumäniens Ministerpräsident », Frankfurter Allgemeine Zeitung,‎
  7. « Victor Ponta, star déchue de la politique roumaine », sur lalibre,‎ (consulté le 5 août 2015)
  8. « Le président roumain désigne son rival Victor Ponta Premier ministre », Libération, le
  9. « Le gouvernement roumain obtient la confiance du Parlement », Le Nouvel Observateur, le
  10. Matei Martin, « Nouveau gouvernement en Roumanie : ça tangue pour Victor Ponta », Le Courrier des Balkans,‎
  11. « Roumanie/présidentielle: le Premier ministre Ponta candidat », sur afp.com,‎
  12. « Roumanie: Victor Ponta vainqueur du premier tour de la présidentielle », sur rfi.fr,‎
  13. (ro) « Traian Băsescu, atac la doi miniștri ai lui Ponta », sur cotidianul.ro,‎
  14. « Roumanie: le Parlement vote la confiance au gouvernement Ponta remanié », sur lesechos.fr,‎
  15. « Le premier ministre roumain visé par une enquête pour corruption », sur Lemonde.fr,‎ (consulté le 14 juillet 2015)
  16. « Roumanie : poursuivi pour corruption, le Premier ministre refuse de démissionner », sur ladepeche.fr,‎ (consulté le 14 juillet 2015)
  17. « Roumanie : Victor Ponta reprend la tête du gouvernement », sur lesoir.be,‎ (consulté le 14 juillet 2015)
  18. « Le Premier ministre roumain mis en examen pour corruption », sur rts.ch,‎ (consulté le 15 juillet 2015)
  19. « En Roumanie, le premier ministre mis en examen pour corruption », sur lemonde.fr,‎ (consulté le 15 juillet 2015)
  20. « Roumanie : Victor Ponta, mis en examen pour corruption, s'accroche », sur dhnet.be,‎ (consulté le 15 juillet 2015)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]