Dacian Cioloș

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Dacian Cioloș
Dacian Cioloș en octobre 2012.
Dacian Cioloș en octobre 2012.
Fonctions
Premier ministre de Roumanie
En fonction depuis le
(10 mois et 10 jours)
Président Klaus Iohannis
Gouvernement Cioloș
Législature 7e
Prédécesseur Sorin Cîmpeanu (intérim)
Victor Ponta
Ministre roumain de la Santé
(intérim)

(11 jours)
Premier ministre Lui-même
Gouvernement Cioloș
Prédécesseur Patriciu Achimas-Cadariu
Successeur Vlad Voiculescu
Commissaire européen à l'Agriculture
et au Développement rural

(4 ans 8 mois et 22 jours)
Président José Manuel Durão Barroso
Gouvernement Barroso II
Prédécesseur Mariann Fischer Boel
Successeur Phil Hogan
Ministre roumain de l'Agriculture
et du Développement rural

(1 an 2 mois et 11 jours)
Premier ministre Călin Popescu-Tăriceanu
Gouvernement Popescu-Tăriceanu
Prédécesseur Decebal Traian Remeș
Successeur Ilie Sârbu
Biographie
Nom de naissance Dacian Julien Cioloș
Date de naissance (47 ans)
Lieu de naissance Zalău (Roumanie)
Nationalité roumaine
Parti politique Indépendant
Diplômé de USAMV Cluj-Napoca
ENSA Rennes
ENSA Montpellier
Profession agro-économiste

Dacian Cioloș
Premiers ministres de Roumanie

Dacian Julien Cioloș[1], né le à Zalău, est un agro-économiste et homme d'État roumain, Premier ministre depuis 2015.

En parallèle d'un long parcours universitaire en Roumanie et en France, il travaille auprès des autorités locales, nationales et européennes en Roumanie sur des projets liés au développement rural. En 2007, le Premier ministre libéral Călin Popescu-Tăriceanu le nomme ministre de l'Agriculture et du Développement rural, fonction qu'il conserve pendant un an.

Il est désigné, en 2010, pour faire partie de la Commission européenne et obtient le poste de commissaire à l'Agriculture et au Développement rural, qu'il conserve jusqu'en 2014.

Le , il devient Premier ministre, à la tête d'un gouvernement technocratique, en remplacement de Victor Ponta.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Dacian Cioloș commence ses études agricoles au lycée agricole de Șimleu Silvaniei. Il les poursuit, de 1989 à 1994, à la faculté d'horticulture de l'université des sciences agricoles et de médecine vétérinaire de Cluj-Napoca, où il obtient son diplôme d'ingénieur horticulteur[2].

Il étudie ensuite à l'École nationale supérieure agronomique de Rennes en tant que boursier du gouvernement français entre 1995 et 1996. En 1996, Cioloș commence un DEA, suivi d'un doctorat en développement agricole de 2000 à 2005, à l'École nationale supérieure agronomique de Montpellier[2].

Vie professionnelle[modifier | modifier le code]

Au cours de 13 mois de stage, entre 1991 et 1996, il se spécialise dans l'agriculture écologique.

De 1997 à 1999, Dacian Cioloș travaille en tant que stagiaire auprès de la Commission européenne, en préparant le programme européen d'aide agricole SAPARD. Entre mars 1998 et octobre 1999, il occupe le poste de directeur du Programme de développement rural du județ d'Argeș.

Il travaille ensuite en tant que coordonnateur des programmes de coopération franco-roumaine dans le cadre du Centre international de coopération pour le développement agricole (CICDA) entre 1999 et 2001.

De janvier 2002 à janvier 2003, il est délégué de la Commission européenne en Roumanie en tant que gestionnaire de tâches en agriculture et développement rural. En janvier 2005, Cioloș rejoint le ministère de l'Agriculture, d'abord en tant que conseiller du ministre, ensuite en tant que représentant du gouvernement roumain auprès du Conseil de l'Europe jusqu'en 2007[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Le , à 38 ans, Dacian Cioloș est nommé ministre de l'Agriculture et du Développement rural dans le gouvernement minoritaire de centre droit du Premier ministre libéral Călin Popescu-Tăriceanu. Il quitte ses fonctions après la fin de la législature, le [2].

Environ quinze mois plus tard, le , il est investi par le Parlement européen au poste de commissaire européen à l'Agriculture et au Développement rural dans la deuxième commission José Manuel Durão Barroso. Bien que n'étant affilié à aucun parti politique, Dacian Cioloș est soutenu par le Parti démocrate-libéral, parti de centre droit au pouvoir à l'époque. Il assure cette fonction jusqu'au , date à laquelle il est remplacé par l'Irlandais Phil Hogan, nommé dans la commission Juncker. En juillet 2015, il devient conseiller pour la sécurité alimentaire de Jean-Claude Juncker, président de la Commission européenne[3].

Premier ministre[modifier | modifier le code]

Une initiative présidentielle[modifier | modifier le code]

Le , il est désigné par le président Klaus Iohannis pour occuper le poste de Premier ministre. Pour justifier cette nomination, le chef de l'État déclare : « Nous avons besoin d'un Premier ministre indépendant, ou technocrate comme on dit, d’une personne intègre, qui n’a pas été impliquée dans des scandales et qui a démontré être capable de gérer des situations compliquées. »[3]. Il annonce la composition de son gouvernement, constitué uniquement d'indépendants, le 15 novembre[4].

Une majorité large au Parlement[modifier | modifier le code]

Le jour même, le Parti social-démocrate annonce qu'il votera l'investiture du cabinet, rejoignant le Parti national libéral (PNL), l'Union nationale pour le progrès de la Roumanie (UNPR), l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR), et les députés représentant les minorités nationales, ce qui assure à Cioloș une écrasante majorité parlementaire[5]. Seuls s'y opposent l'Alliance des libéraux et des démocrates (ALDE) du président du Sénat Călin Popescu-Tăriceanu et le Mouvement populaire (MP) de l'ancien président Traian Băsescu[6],[7].

Le matin du 17 novembre, il décide de remplacer la ministre de la Justice, Cristina Guseth, dont la candidature a été approuvée par les commissions parlementaires mais dont les auditions ont révélé les faiblesses ; il envisage de proposer Mihai Selegean, ancien directeur de l'Institut national de la magistrature[8], mais désigne finalement Raluca Prună, fonctionnaire de la Commission européenne[9]. L'après-midi, il remporte le vote de confiance par 389 voix pour, 115 contre et 2 votes annulés[10]. Le soir au palais Cotroceni, il prête serment avec l'ensemble de ses ministres, devant le chef de l'État, les présidents des chambres parlementaires, le président de la Cour constitutionnelle, le Premier ministre par intérim sortant Sorin Cîmpeanu et les conseillers présidentiels[11].

De fréquents changements[modifier | modifier le code]

Le , il accepte la démission de sa ministre du Travail Ana Costea, à la suite d'un désaccord au sein du gouvernement sur la réforme des traitements dans le secteur public[12]. Il la remplace quatre jours plus tard par son conseiller économique, Dragoș Pislaru[13]. Il demande sept jours plus tard à la ministre des Fonds européens Aura Răducu de se retirer, se disant insatisfait de ses résultats à court terme[14]. Deux jours plus tard, il lui désigne comme successeur son conseiller aux affaires européennes, Cristian Ghinea[15].

À peine un jour plus tard, le , il reçoit la démission du ministre de la Culture Vlad Alexandrescu, qui justifie son départ par les conflits engendrés depuis trois semaines par son projet de réforme de l'Opéra national de Bucarest et ce alors qu'il est l'un des ministres les plus appréciés du gouvernement, notamment pour avoir mis un frein définitif à un projet controversé de mine d'or sur un site archéologique de grande valeur[16]. Corina Şuteu, secrétaire d'État du ministère et ancienne directrice de l'Institut culturel roumain à New York, prend sa suite le [17].

Moins d'une semaine plus tard, le , il annonce la démission du ministre de la Santé Patriciu Achimaș-Cadariu et qu'il prend lui-même la direction du ministère, en accord avec le président Iohannis, afin de de résoudre la crise née des révélations médiatiques selon lesquelles plusieurs hôpitaux publics ont cherché à tout prix à acquérir des désinfectants à moindre coût, achetant des produits inefficaces et mettant en danger la santé des patients[18]. Vlad Voiculescu lui succède au bout de onze jours.

Le , le ministre des Affaires intérieures Petre Tobă lui remet sa démission après que la direction nationale anti-corruption a demandé au président Iohannis de pouvoir ouvrir une investigation à son encontre, sur des soupçons de complicité de corruption[19]. Cioloș propose cinq jours plus tard au chef de l'État de remplacer Tobă par le chef de sa chancellerie, Dragoș Tudorache, qui aura notamment la tâche d'organiser les élections parlementaires du [20].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Dacian Cioloș est marié avec une Française[21]. Il parle français et anglais.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (ro) « Destinul franțuzesc al premierului desemnat. Ambasada Franței: "Dacian Cioloș nu e cetățean francez" », sur Realitatea.net,‎ (consulté le 20 novembre 2015).
  2. a, b, c et d (ro) « Cine este Dacian Cioloș, Premierul desemnat de Iohannis », sur Mediafax.ro,‎ (consulté le 11 novembre 2015).
  3. a et b « Roumanie : Dacian Ciolos, un nouveau premier ministre très francophile », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  4. (ro) « Lista miniștrilor lui Dacian Cioloș », sur Cotidianul.ro,‎ (consulté le 15 novembre 2015).
  5. (ro) « PSD, vot pentru noul Guvern », sur Cotidianul.ro,‎ (consulté le 15 novembre 2015).
  6. (ro) « Parlamentarii ALDE vor vota împotriva Guvernului Cioloș », sur Jurnalul.ro,‎ (consulté le 17 novembre 2015).
  7. (ro) « Traian Băsescu: Parlamentarii Mișcării Populare nu vor vota pentru instalarea Guvernului », sur Jurnalul.ro,‎ (consulté le 17 novembre 2015).
  8. (ro) « Mihai Selegean, noua propunere a lui Cioloș pentru ministerul Justiției - Surse », sur Jurnalul.ro,‎ (consulté le 17 novembre 2015).
  9. (ro) « Raluca Prună este noua propunere pentru portofoliul Justiției », sur Jurnalul.ro,‎ (consulté le 17 novembre 2015).
  10. (ro) « Cabinetul Cioloș a trecut de Parlament », sur Cotidianul.ro,‎ (consulté le 17 novembre 2015).
  11. (ro) « Cabinetul Cioloș a depus jurământul de învestitură », sur Jurnalul.ro,‎ (consulté le 18 novembre 2015).
  12. (en) « Romania’s labor minister resigns after public wage law scandal », Romania Insider, le .
  13. (en) « Romanian PM’s adviser takes over as the new labor minister », Romania Insider, le .
  14. (en) « Second change in Romania’s Government: EU funds minister resigns », Romania Insider, le .
  15. (en) « Romania’s Prime Minister promotes another one of his advisers to minister », Romania Insider, le .
  16. (en) « Romania’s culture minister resigns after scandal at the Opera », Romania Insider, le .
  17. (en) « Romania’s Prime Minister names new culture minister after scandal at the Opera », Romania Insider, le .
  18. (en) « Romania’s health minister resigns amid hospital disinfectants scandal », Romania Insider, le .
  19. (en) « Romania’s minister of interior resigns amid large corruption investigation », Romania Insider, le .
  20. (en) « Romanian PM appoints new interior minister », Romania Insider, le .
  21. (ro) « Soția premierului nu este româncă », sur capital.ro,‎ (consulté le 11 novembre 2015).

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]