Eugène-Melchior de Vogüé

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Eugène-Melchior de Vogüé
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Eugène-Melchior de Vogüé
(photographie de Nadar)

Nom de naissance vicomte Marie-Eugène-Melchior de Vogüé
Naissance
Nice
Décès (à 62 ans)
Paris
Activité principale
diplomate et homme de lettres
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

Le Roman russe (1886)

Compléments

membre de l’Académie française

Le vicomte Marie-Eugène-Melchior de Vogüé est un homme de lettres, diplomate et homme politique français, né à Nice le et mort à Paris le . Passeur de la littérature et de l'âme russes en France, il est connu comme auteur du Roman russe (1886), recueil d'articles sur les écrivains vedettes russes du XIXe siècle : Alexandre Pouchkine, Nicolas Gogol, Fiodor Dostoïevski et Léon Tolstoï.

Biographie[modifier | modifier le code]

Eugène-Melchior de Vogüé passe sa jeunesse au château de Gourdan dans la commune de Saint-Clair près d'Annonay (Ardèche). Il est volontaire en 1870 et se blesse à la bataille de Sedan.

Il entre dans la carrière diplomatique comme attaché d'ambassade à Constantinople sous les ordres de son oncle, Melchior de Vogüé. Puis il est secrétaire d'ambassade au Caire et à Saint-Pétersbourg, où, le 25 janvier 1878, dans la chapelle du palais d'hiver, il épouse Alexandra Annenkoff[1], fille du général Nicolas Annenkoff, aide de camp de l'empereur, contrôleur général de l'Empire, et sœur du général Michel Annenkoff, créateur du chemin de fer transcaspien. De ce mariage, sont issus trois fils : Henry (1879), Raymond (1881) et Félix (1882).

Il quitte le service diplomatique pour se consacrer à la littérature. Après Syrie, Palestine, Mont Athos (1876) et Histoires orientales (1880), il publie en 1886 son œuvre principale, Le Roman russe qui révèle à l'opinion française les richesses intellectuelles et spirituelles de la Russie et marque une date importante dans l'histoire littéraire et politique de la fin du XIXe siècle. Ce livre contribue à l'élection de son auteur, âgé de tout juste quarante ans, à l'Académie française en 1888 ; il y reçut son ami Paul Bourget en 1894. Il traduit plusieurs auteurs de romans russes et devient le premier grand spécialiste français de littérature russe. Il fait ainsi connaître Dostoïevski au public français.

Parlant de la littérature et de la culture russes en France et incitant les Français à tourner leurs regards du côté de la Russie, Vogüé contribua d'une façon colossale au rapprochement franco-russe qui, en 1891, aboutira à l’alliance entre les deux pays. Admirant le conservatisme orthodoxe russe, le vicomte voulait rappeler à la France en crise aussi politique que spirituelle l’ensemble du savoir qui fonde la vie de l’être humain : compatir, aimer, aider et d’autres sentiments issus de la morale chrétienne. Toutes les œuvres de Vogüé sont ainsi imprégnées du désir d’aider la France, de la sauver du désastre spirituel, politique et littéraire. Et c'est la Russie, et elle seule, qui, selon lui, est capable d'aider la France à surmonter les crises qu'elle vit. Patriote russophile et conservateur libéral nostalgique de l'Ancien Régime, Vogüé voit en Russie l'exemple de la synthèse du passé et du présent, de la matière et de l'esprit[2]. Ce rêve de synthèse accompagnera Vogüé toute sa vie, ce qui le fera croire profondément à la conciliation entre le cœur et la raison, la tradition et le progrès, l'autocratie et la démocratie, la religion et la science, l'universalisme et le particularisme[3].

Collaborateur régulier de la Revue des deux Mondes et du Journal des débats, il influence le rapprochement de Léon XIII avec la Troisième République et favorise le mouvement du catholicisme social et les initiatives françaises aux colonies.

Eugène-Melchior de Vogüé s'illustre également par son œuvre de romancier avec notamment Jean d'Agrève, Le Maître de la Mer et Les Morts qui parlent. Ces derniers titres ont été publiés dans la Collection Nelson.

Il fut par ailleurs député de l'Ardèche entre 1893 et 1898.


En 1910

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Syrie, Palestine, Mont-Athos, 1876
  • Histoires orientales, 1880
  • Les Portraits du siècle, 1883
  • Le Roman russe, 1886
  • Spectacles contemporains, 1891
  • Notes sur le Bas-Vivarais, 1893
  • Cœurs russes, 1894
  • Jean d'Agrève, 1897
  • Les morts qui parlent, 1899
  • Le Maître de la mer, 1903
  • Sous l'horizon, 1904
  • Journal du vicomte Eugène-Melchior de Vogüé : Paris, Saint-Pétersbourg 1877-1883, publié par Félix de Vogüé, Les Cahiers Verts, 1932

Sources[modifier | modifier le code]

  • « Eugène-Melchior de Vogüé », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Anna Gichkina, Le Roman russe d'Eugène-Melchior de Vogüé dans l'histoire intellectuelle, spirituelle, politique et culturelle de la France,Thèse de doctorat, Paris, Université Paris-Sorbonne, 2014, 331 p.
  • Paul Delsemme, Téodor de Wyzewa et le cosmopolitisme littéraire en France à l’époque du Symbolisme, Bruxelles, Presse universitaire de Bruxelles, 1967.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La vicomtesse de Vogüé était aussi la sœur de personnalités de l'aritocratie européenne d'alors : Marie, épouse de l'ambassadeur Karl de Struve, et Élisabeth, princesse Galitzine.
  2. Anna Gichkina, Le Roman russe d'Eugène-Melchior de Vogüé dans l'histoire intellectuelle, spirituelle, politique et culturelle de la France, Paris, Thèse de doctorat, Université Paris-Sorbonne, , 331 p.
  3. Paul Delsemme, Téodor de Wyzewa et le cosmopolitisme littéraire en France à l’époque du Symbolisme, Bruxelles, Presse universitaire de Bruxelles,

Article connexe[modifier | modifier le code]

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