Carvi

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Carum carvi

Carum carvi, le Carvi ou Cumin des prés, est une espèce de plante herbacée bisannuelle de la famille des apiacées (Ombellifères), cultivée pour ses feuilles et surtout ses graines, utilisées pour leurs qualités aromatiques (comme condiment) et médicinales. C'est une plante proche du Fenouil, de l'Anis vert et de l'Aneth odorant. À forte dose, cette plante peut être toxique[réf. nécessaire]. Il est parfois appelé Anis des Vosges, Cumin de Hollande[2] ou Cumin des montagnes[3].

En Alsace et en Suisse romande le Carvi est appelé Cumin, ce qui peut prêter à confusion.

Il fait partie des plantes dont la culture est recommandée dans les domaines royaux par Charlemagne dans le capitulaire De Villis (fin du VIIIe ou début du IXe siècle)[réf. nécessaire].

Terminologie[modifier | modifier le code]

En grec ancien, le terme utilisé pour le Carvi est karon ou karô. L'arabe emprunte l'une des formes du nom grec, Ibn al-Baytār l'appelle ainsi kammūm ārminī (cumin d'Arménie). Le latin médieval reprend le nom arabe carvi qui a donné carvi, en anglais caraway mais aussi chervis en français, qui désigne Sium sisarum[4].

Description[modifier | modifier le code]

Feuille.
Tige.

C'est une plante bisannuelle haute de 30 à 60 cm, glabre, à racine charnue, longuement pivotante en fuseau, nue au sommet, odorante. La tige est sillonnée anguleuse, rameuse souvent dès la base. Les feuilles sont oblongues, divisées en deux folioles, à lanières linéaires, courtes, paraissant en croix sur le pétiole, les supérieures munies à la base de la gaine de deux segments finement découpés[2].

Ombelle.

Les ombelles possèdent 6 à 12 rayons très inégaux, dressés après la floraison. L'involucre et l'involucelle sont nuls ou à un à quatre folioles. Les styles sont une fois plus longs que le stylopode. Le fruit est ovoïde, aromatique[2].

Distribution[modifier | modifier le code]

Plante originaire d'une vaste zone à climat tempéré à chaud : Afrique du Nord, Asie (Turquie, Caucase, Afghanistan, Irak, Chine...), Europe[5]. C'est une plante spontanée en France, au Portugal. L'utilisation du Carvi est attestée dans l'Égypte ancienne 1500 ans avant Jésus-Christ[réf. nécessaire], et cette plante est citée dans Henry IV de Shakespeare : dans le IIe acte, Falstaff est invité à prendre un repas de reinettes et carvi, censé faciliter la digestion. Elle est largement cultivée dans toutes les régions tempérées. Elle est naturalisée dans le nord-est de l'Amérique du Nord.

Culture[modifier | modifier le code]

Groupe de Carvis.

Demande un sol frais, léger, légèrement calcaire et une exposition ensoleillée. Multiplication par semis au printemps. La récolte intervient au bout de 3 mois pour les feuilles, puis pendant la période de végétation en fonction des besoins, et la deuxième année pour les graines.

En résumé :

Zones de rusticité : 3-7 (bi-annuelle)

Exposition : soleil 

Sol : sol alcalin, sol humide, vaseux, sol riche. Remarque : arrosage régulier

Multiplication : semis à l'extérieur à l'automne

Usages : comestible ****/5 (tisane/condiment, feuilles, racines, graine), médicinal ***/5.

Usage alimentaire[modifier | modifier le code]

Graines de carvi

Les feuilles tendres, fraîches, hachées servent à aromatiser certains plats : salades, potages, tomates.

Mais ce sont surtout les graines, plus aromatiques, qui sont utilisées, notamment pour parfumer les viandes : porc, gibier, oie… Elles s'emploient aussi dans les fromages (en particulier avec le munster, le gouda[4] et les chèvres frais), la charcuterie (Murson), la choucroute, le goulash, la harissa tunisienne, la harira (h'rira) ainsi que dans certaines pâtisseries et confiseries. Les graines de Carvi sont parfois improprement baptisées cumin, alors qu'il s'agit de deux épices distinctes. C'est un ingrédient traditionnel de la cuisine germanique.

On le retrouve dans de nombreux autres alcools : l'aquavit, le gin, le schnaps, le Brennivín, ou le kummel, liqueur traditionnelle allemande.

Ses semences sont carminatives et stomachiques[6], elles faisaient partie au Moyen-Âge des quatre semences chaudes avec l'anis, le fenouil et la coriandre[4].

La racine est aussi comestible, elle a l'odeur de carotte[4].

Production[modifier | modifier le code]

Le Carvi est principalement produit en hiver par les Pays-Bas, la Pologne, la Hongrie et la Russie. L'Egypte et l'ouest de l'Inde en produisent au printemps[4].

La production mondiale d'huile essentielle est estimée à 30 tonnes[4].

Depressaria daucella et l'acarien Aceria carvi sont les principaux ravageurs du Carvi[7].

Synonymes[modifier | modifier le code]

L'espèce est décrite en premier par le naturaliste suédois Carl von Linné en 1753, qui la classe dans le genre Carum sous le nom binominal Carum carvi[1].

Carum carvi a pour synonymes[1] :

  • Apium carvi Crantz, 1767
  • Bunium carvi (L.) M.Bieb., 1808
  • Carum aromaticum Salisb., 1796
  • Carum carvi var. intermedium Rouy & E.G.Camus, 1901
  • Carum carvi var. pterochlaenum DC., 1830
  • Carum decussatum Dulac, 1867
  • Carum officinale Gray, 1821
  • Carum rosellum Woronow, 1933
  • Carum velenovskyi Rohlena, 1903
  • Carvi careum Bubani, 1899
  • Karos carvi (L.) Nieuwl. & Lunell, 1916
  • Ligusticum carvi (L.) Roth, 1788
  • Selinum carvi (L.) E.H.L.Krause, 1904
  • Seseli carum Scop., 1771
  • Seseli carvi (L.) DC., 1805

Menaces et conservation[modifier | modifier le code]

L'espèce est classée « en danger » (EN) en Picardie, en Midi-Pyrénées, et « espèce vulnérable » (VU) en Bourgogne et en Champagne-Ardenne[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Muséum national d’Histoire naturelle [Ed]. 2003-2021. Inventaire National du Patrimoine Naturel, Site web : https://inpn.mnhn.fr., consulté le 6 mai 2021
  2. a b et c Bock, B. (Tela Botanica, FCBN, Ministère chargé de l'Ecologie, MNHN). Base de données des Trachéophytes de France métropolitaine, consulté le 6 mai 2021
  3. Base de données mondiale de l'OEPP, https://gd.eppo.int, consulté le 6 mai 2021
  4. a b c d e et f Chauvet, Michel (1948-....)., Jousson, Jacky., Mansion, Dominique (1952-....). et Curiace, Gismonde (1960-....)., Encyclopédie des plantes alimentaires, Paris, Belin, 877 p. (ISBN 978-2-7011-5971-3 et 2-7011-5971-7, OCLC 1057475757, lire en ligne)
  5. Jean Guillaume, Ils ont domestiqué plantes et animaux : Prélude à la civilisation, Versailles, Éditions Quæ, , 456 p. (ISBN 978-2-7592-0892-0, lire en ligne), « Annexes ».
  6. Simon Judas Honnorat, Dictionnaire provençal-français ou Dictionnaire de la langue d'oc, ancienne et moderne, suivi d'un vocabulaire française provençal, Digne, (lire en ligne), p. 478
  7. (en) Rostislav Zemek, Miroslava Kurowská, Ludmila Kameníková et Gabriela Zemková Rovenská, « Studies on phenology and harmfulness of Aceria carvi Nal. (Acari: Eriophyidae) on caraway, Carum carvi L., in the Czech Republic », Journal of Pest Science, vol. 78, no 2,‎ , p. 115–116 (ISSN 1612-4766, DOI 10.1007/s10340-004-0079-9, lire en ligne [PDF], consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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