Cinq solae

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Les Cinq solae (ou cinq solas[1]) sont cinq formules en latin qui forment les cinq piliers du protestantisme en matière de sotériologie : autrement dit, il s'agit des cinq principes sur lesquels repose le salut de l'homme. Toutes commencent par l'adjectif solus (« seul »), au masculin ou au féminin : sola scriptura (ou solo verbo), sola fide, sola gratia, solus Christus [réf. nécessaire] (ou solo Christo) et soli Deo gloria. Il faut remarquer que chacune de ces expression est à l’ablatif et exprime donc un moyen (de salut) tandis que l'expression cinq solae est au nominatif féminin pluriel[réf. nécessaire] ; le changement de cas grammatical modifie la perspective théologique de chacune de ces expressions et en fait des dogmes, ce qui le sort de la perspective protestante[réf. nécessaire].

Chacune de ces cinq formules s'oppose plus ou moins explicitement à l'enseignement catholique[réf. nécessaire].

Les cinq solae[modifier | modifier le code]

Sola scriptura[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sola scriptura.

Sola Scriptura (l'Écriture seule) est l'affirmation selon laquelle la Bible est la seule autorité pour toutes les questions relatives à la foi et à la pratique. « L'Écriture et seule l'Écriture constitue la norme par laquelle tous les enseignements et doctrines de l’Église doivent être mesurés.» Ce point de vue là marqua la première opposition protestante contre l'Église catholique qui, depuis Saint Augustin, déclarait que l'Église seule pouvait définir le sens exact et la bonne interprétation de la Bible[2],[3].

L'origine de cette formule vient probablement de Martin Luther lors de son discours à la diète de Worms de 1521[4].


Sola fide[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sola fide.

Si l'homme n'est pas sauvé par ses œuvres, il lui est donc simplement demandé d'avoir confiance en Dieu : c'est la foi qui vient toujours par la médiation de la Bible (Romains chapitre 10 verset 17.)

Sola gratia[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sola gratia.

Cette devise qui caractérise la Réforme de Luther signifie d'abord que l'homme n'est pas sauvé par ses œuvres morales ou pieuses. En fait Luther désire instaurer une relation de confiance avec Dieu et non plus une relation basée sur la peur et la culpabilité. La Sainte-Cène, célébrée lors de chaque service liturgique à côté de la prédication, rappelle simplement que Dieu est un amour présent et réel dans le geste concret de son fils qui se donne pour le salut des hommes. Tout commence par cette initiative d'amour, cette main tendue. À cette époque en effet dominait la crainte de l'enfer et du jugement divin encouragée par certains prêtres peu scrupuleux de l'institution romaine. Paul Tillich, interprète de Luther, dira : « C'est cette grâce qui me réconcilie avec moi-même, avec les autres et le monde (Nature) et avec Dieu. » L'éthique sera une réponse à cet amour premier.

Solus Christus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Solus Christus.

À la différence de l'homélie, la prédication biblique de Luther n'est pas à la fois une fidélité aux doctrines du magistère de Rome de la Tradition (christianisme). Luther pense qu'il existe dans la Bible un noyau central interprétatif et qui est une fidélité à ce que les Évangiles et les Épîtres disent de Jésus-Christ, et qui rejoint les grandes affirmations du symbole des apôtres et des confessions reconnues foi telle la confession d'Augsbourg. Et le prédicateur enraciné sur cette parole symbolique, et participant à la société et la culture de son temps, prendra le risque d'analogies, métaphores et corrélations qui font de lui un prophète et un homme de compassion. Une des fonctions prioritaires des évêques et même du pape sera de former les pasteurs fidèles à leur tâche de prédicateurs bibliques et d'animateur de la liturgie.

Soli Deo gloria[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Soli Deo gloria.

À Dieu seul la gloire signifie qu'aucun culte n'est rendu à un être humain, mort ou vivant, ni à un objet, ni à un symbole, même sacré.

Accord luthéro-catholique de 1999[modifier | modifier le code]

La Déclaration commune à l'Église catholique romaine et à la Fédération mondiale luthérienne sur un point de doctrine qui divisait : est-on sauvé par ses œuvres ou par sa foi ? La déclaration énonce une position commune :

« Nous confessons ensemble que la personne humaine est, pour son salut, entièrement dépendante de la grâce salvatrice de Dieu. »

La déclaration a été signée à Augsbourg le 31 octobre 1999 par le cardinal Edward Cassidy, représentant de l'Église catholique, et l’évêque Christian Krause, président de la Fédération mondiale luthérienne. Elle constitue une étape décisive dans le rapprochement entre l'Église catholique romaine et les Églises luthériennes.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.info-bible.org/histoire/reforme/sola.htm
  2. http://www.gotquestions.org/Francais/Reforme-protestante.html
  3. http://www.museeprotestant.org/Pages/Notices.php?scatid=164&noticeid=989&lev=1&Lget=FR
  4. http://www.christocrate.ch/les-cinq-solas/