Chenard et Walcker

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Chenard et Walker
logo de Chenard et Walker
Création 1899
Fondateurs Ernest Chenard et Henry Walcker
Personnages clés Lucien Chenard, Eugène Henry, René Donnay, Henri Toutée, Paul Clouet, Jean Donnay
Forme juridique Société anonyme
Siège social Drapeau de France Asnières (1899-1908) ; Gennevilliers (1908-1993) (France)
Activité Constructeur automobile
Produits Automobiles et camions
Société mère devient filiale de la Société des usines Chausson en 1936

Chenard et Walcker est une marque d'automobiles française créée par Ernest Chenard et Henry Walcker en 1899. Quatrième constructeur français en volume vers 1922 sous la direction de Lucien Chenard, il est le premier vainqueur de la première édition des 24 Heures du Mans en 1923 et collectionne les victoires en compétition automobile. Son succès commercial est assuré par ses luxueuses automobiles de sport et de tourisme.

Outre sa gamme automobile, des camions sont produits à partir de 1931. La société est filialisée par la Société des usines Chausson en 1936 et la production automobile cesse en 1940. Après la Seconde Guerre mondiale, la société produira des camions et utilitaires commercialisés par la marque Peugeot.

Historique[modifier | modifier le code]

Fondation (1888-1900)[modifier | modifier le code]

Ernest Chenard sur Chenard & Walcker (Caravane Paris-Nice de 1902)

La maison Chenard est fondée en 1888 par Ernest Chenard (1861-1922) pour la fabrication de bicylettes, tricyles et quadricyles. Une licence de brevet d'invention sur le quadricycle est vendue à un industriel anglais nommé Duncan[1], ce qui apporte des capitaux à Chenard pour assurer l'expansion de son entreprise. En 1899, celle-ci est transformée en société en commandite Chenard et Walcker ; Henry Walcker (1873-1912), partenaire de la commandite, était un client de Chenard intéressé par l'automobile.

Ernest Chenard et Henry Walcker installent leur atelier rue de Normandie à Asnières début 1899 pour y fabriquer des cycles, des motocycles (tricycles et quadricycles) puis des moteurs et des voiturettes.

Essor automobile (1900-1914)[modifier | modifier le code]

La première automobile produite sort de l'usine en 1901. Si cette voiture possède encore un châssis en bois renforcé de métal, elle adopte des éléments d'un caractère plus novateur : le moteur est équipé de soupapes d'admission commandées et un essieu arrière double composé d'un essieu moteur et un essieu porteur accolés l'un derrière l'autre. Ce système sera utilisé jusqu'en 1927. Cette voiture comporte un moteur à deux cylindres. La quatre-cylindres sera lancée en 1902.

En 1903, Darré remporte le troisième « Critérium de la consommation », où Walcker termine deuxième avec le même modèle routier 12 CV.

En 1906, « Chenard Walcker et Cie » est transformée en « Société anonyme des anciens établissement Chenard & Walcker », avec René Donnay comme fondé de pouvoir issu de la banque Victor, partenaire de Chenard et Walcker depuis 1899.

En 1907, l'entreprise déménage à Gennevilliers rue du Moulin-de-la-Tour dans une usine située dans le quadrilatère bordé par l'avenue Chandon, la rue Henri-Barbusse, la rue des Écoles et la rue Paul-Vaillant-Couturier.

« Chenard et Walcker se hisse progressivement aux premières places de l'industrie française. Et sa situation financière lui permet d'absorber la Société Parisienne de Carrosserie Automobile qui devient ainsi le carrossier exclusif de la marque. Mais l'euphorie générale est brutalement stoppée nette le 20 juin 1912, lorsque Henri Walcker décède des suites d'une appendicite découverte trop tard. C'est René Donnay qui prend désormais en main toutes les fonctions commerciales de la marque, le côté technique étant toujours assuré par Ernest Chenard, secondé par Henri Toutée, un ancien de l'Ecole des Mines[2]. »

Cinq modèles à quatre cylindres seront livrables en 1914 dont la 6 HP de 1,2 litre. Depuis fin 1912, une 20 HP à moteur six-cylindres s'ajoute à la gamme. Toutes recevront un radiateur rond.

Première Guerre mondiale (1914-1919)[modifier | modifier le code]

Pendant la Première Guerre mondiale, l’usine se reconvertit à la fabrication d'obus et de moteur d'avions Hispano-Suiza, sous la direction de Paul Clouet, gendre d'Ernest Chenard.

Automobiles de sport et tourisme de luxe (1920-1936)[modifier | modifier le code]

En 1920, un nouveau modèle sort, la 3 litres Sport, qui est une voiture sportive équipée d'un moteur à soupapes en tête et de freins à l'avant. La division des trains routiers Chenard et Walker FAR débute la fabrication de tracteurs avec un attelage en hauteur.

En 1922, Ernest Chenard décède[3] et son second fils, Lucien Chenard, prend sa succession[4]. Lucien Chenard est tout juste diplômé ingénieur IDN (École centrale de Lille) lorsqu'il devient administrateur-délégué. La direction commerciale est prise en charge par Jean Donnay, lui aussi ingénieur IDN. Jusqu'en 1936, la direction technique est assurée par Lucien Chenard et Henri Toutée.

La Chenard et Walcker Sport victorieuse de l'édition 1923 des 24 Heures du Mans (musée des 24 Heures).

En 1923, André Lagache et René Léonard remportent la première édition des 24 Heures du Mans sur une voiture à moteur quatre-cylindres de 3 L à arbre à cames en tête à la moyenne de 92 km/h devant Bentley et Lorraine-Dietrich, tandis que la seconde et la septième places sont aussi remportées par des équipages Chenard et Walcker. De 1923 à 1926, l'écurie de courses Chenard et Walcker s'impose en tête de la pluspart des compétitions sportives automobiles où elle est représentée (jusqu'en 1937).

Autres victoires sportives de la marque :

L'ancienne voiture de tourisme 10 HP (type TT) existe toujours et les ateliers s'agrandissent pour fabriquer et vendre les cyclecars Sénéchal jusqu'en 1927. L'effectif de la société Chenard et Walcker en 1925 est de 4 500 personnes qui produisent trois cents véhicules par mois, et monte à mille véhicules par mois en 1930.

Pour résister à la concurrence française des marques (Citroën et Renault) et abaisser les prix de revient, une entente est constituée de 1927 à 1931 avec Delahaye. Ainsi, chaque partenaire fabrique des modèles communs vendus par les deux firmes.

En 1927, une voiture économique propulsée par un quatre-cylindres d'1 litre de cylindrée intègre la gamme, mais la plus populaire des petites Chenard est la 8/10 CV de la série Y à moteur 1,5 litre qui, plus puissante, devient le modèle « Tank » ainsi nommé pour sa carrosserie enveloppante et longue rappelant les voiturettes de course de 1 100 cm3 victorieuses de l'unique Coupe Rudge-Whitworth (en 1925, pour ses résultats en 1923/1924/1925)[5] au 24 Heures du Mans et deux fois à la Coupe Boillot. Comme celles-ci le « Tank » type Y8 a des soupapes d'admission en tête mais les soupapes d'échappement sont placées latéralement. La Y8 atteint 129 km/h.

Au Salon de Paris 1931, la firme présente trois camions : de 2, 2,5 et 3,5 tonnes de charge utile[6].

Un an plus tard, la gamme automobile se compose des Aiglon 8 (8 CV), Aiglon 10 (10 CV), Aigle 4 (12 CV) et Aigle 6 (14 CV).

Au Salon 1933, les roues avant indépendantes, une calandre inclinée à motif central et la 20 CV Aigle 8 à moteur V8 apparaissent.

Deux ans plus tard, tous les modèles reçoivent un bloc à soupapes en tête (le moteur est dit « culbuté »).

Première période Chausson (1936-1940)[modifier | modifier le code]

À cause de l'insuccès de la Super-Aigle 4 (12 ou 14 CV), version à traction avant de l'Aigle 4 conçue par Lucien Chenard et Jean-Albert Grégoire, face à la concurrence de la Citroën Traction Avant, la firme connaît des difficultés financières la menant à être absorbée par la Société des usines Chausson fin 1936. Les fabrications sont alors réduites, les voitures adoptent la carrosserie Chausson de la Matford, les moteurs sont remplacés par ceux de la Citroën Traction Avant 11 CV et de la Matford Alsace V8, les camions sont abandonnés et FAR, qui présentera en 1937 le « cheval mécanique », un tracteur à trois roues avec un attelage automatique, continue indépendamment ses fabrications jusqu'en 1972. Ce tracteur sera adopté par les messageries de la SNCF et plus tard le Sernam.

En 1937, Charles Rigoulot est vainqueur du Bol d'or automobile à Montlhéry sur un tank 1 100 cm3 privé.

En 1940, la fabrication des automobiles cesse.

Seconde période Chausson-Peugeot (1945-1992)[modifier | modifier le code]

Après la Seconde Guerre mondiale, l'entreprise se spécialise dans la fabrication d'une camionnette de charge utile 1 500 kg à cabine avancée et à traction avant équipée d'un moteur bi-cylindres deux temps puis d'un quatre-cylindres provenant de la Peugeot 202[7].

Chenard reste indépendante jusqu'à ce qu'elle soit définitivement absorbée par la Société des usines Chausson, elle-même filiale de Peugeot puis continue à produire ses camionnettes commercialisées dans le réseau Peugeot sous cette marque (Peugeot D3 et D4).

Juridiquement, l'entreprise ne sera pas dissoute et perdurera jusqu'en 1992 au travers de Chausson qui construira des utilitaires Citroën, Peugeot et Renault. Le nom « Chenard et Walcker » n'apparaîtra plus nulle part sauf au registre des sociétés (source infogreffe).

Personnalités ayant œuvré pour Chenard et Walcker[modifier | modifier le code]

Au cinéma[modifier | modifier le code]

L'acteur français Jean Gabin conduit une Chenard et Walker dans le film Le Tatoué[9].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Chenard - Henri Walcker et le Peugeot D3 - 203peugeot.free.fr (site personnel de Olivier Carra)
  2. « Histoire : Chenard & Walcker, ça pulsait fort ! », Gazoline.net
  3. « Avis de décès d'Ernest Chenard », Base Léonore
  4. « Chenard & Walcker : Ingénieurs constructeurs », mini.43.free.fr (site personnel de Thierry Trezel),‎
  5. Le premier trophée de l'histoire du Mans exposé au Musée des 24 Heures - Cécile Bonardel, Site officiel, 19 décembre 2015
  6. Camion Chenard et Walcker type T10D35 de 1933 - Fondation de l'Automobile Marius-Berliet
  7. cf : Chenard & Walcker Far : L'Empire disparu de Gennevilliers, Histoire & Collections, 2008 (page ?)
  8. (en) All Results of Manso de Zúñiga - RacingSportsCars
  9. La Chenard et Walcker de Jean Gabin dans Le Tatoué (1967) - Nimotozor99.free.fr (site personnel de Franck Jerome)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Claude Rouxel, Jacques Dorizon, Marc Clouet et François Vauvillier, Chenard & Walcker Far : L'Empire disparu de Gennevilliers, Histoire & Collections, 2008 (ISBN 978-2-9081-8277-4)

Liens externes[modifier | modifier le code]